Thouars, 13 février 2020

Communiqué de l’U.S.P. du 27 février 2020

Jeudi 13 février, une infirmière exerçant au centre spécialisé de Thouars est morte dans l’exercice de son métier, tuée par un jeune patient hospitalisé. Nous sommes fortement touchés par ce drame qui brise une vie, une famille, des collègues et amènera probablement ce patient au crépuscule quand il s’en rendra compte.

Richard Ferrand ne l’a pas compris, montrant une inhumanité crasse face à la demande de Caroline Fiat, à l’Assemblée nationale, d’une minute de silence à la mémoire de cette jeune femme fonctionnaire.

Si un tel passage à l’acte de patient est rarissime, comportant toujours une part de mystère tenant au déchainement de la folie, il n’en reste pas moins que les professionnels exerçant en psychiatrie ont le sentiment d’être de plus en plus exposés à l’agressivité des patients, particulièrement dans les unités d’hospitalisation. L’accroissement des mesures d’isolement et de contentions montre leurs difficultés à y faire face.

Depuis au moins deux ans, les professionnels de la psychiatrie tentent de faire entendre leur voix pour dénoncer le manque de moyens que sont les leurs pour soigner correctement les sujets qu’ils ont à prendre en charge. Les grèves dures n’y ont pas suffi, le Printemps de la psychiatrie non plus. Les choses n’ont pas changé et ne font qu’empirer.

Pour abaisser ce niveau de violence dans les services, il faut de toute urgence des renforts de personnels pour donner de la disponibilité à la relation, donner du temps pour écouter, penser, comprendre, donner du temps pour faire la cuisine ensemble, donner du temps pour se promener dans les jardins. Ne plus retarder toujours le moment de la rencontre, qui parfois n’a jamais lieu.

Il faut du temps aussi pour l’analyse clinique et institutionnelle.

Il faut d’urgence des formations qui permettent aux médecins de découvrir une pluralité des pratiques, alliant l’apprentissage des psychothérapies à la pharmacopée, et pas uniquement en centres universitaires. Des formations spécifiques pour les infirmiers, dont la psychiatrie représente une portion congrue des trois années d’enseignement post-bac.

Le ministère déplore qu’isolement et contentions sont devenus les réponses de première intention aux phénomènes de violences émergeant dans les services, mais que fait-il pour enrayer le phénomène ?

La psychiatrie, ses usagers et ses professionnels étouffent de cette situation intenable et inhumaine pour tous.

Pour l’USP,
Delphine Glachant

Meurtre réel, politiques criminelles et meurtres d’âmes : l’horreur, ça suffit!

« Toutes nos idées sur la vie sont à reprendre à une époque où rien n’adhère plus à la vie. Et cette pénible scission est cause que les choses se vengent, et la poésie qui n’est plus en nous et que nous ne parvenons plus à retrouver dans les choses ressort, tout à coup, par le mauvais côté des choses ; et jamais on n’aura vu tant de crimes, dont la bizarrerie gratuite ne s’explique que par notre impuissance à posséder la vie. »

Antonin Artaud

Meurtre réel, politiques criminelles et meurtres d’âmes : l’horreur, ça suffit!

Suite à l’horreur de la mort d’une infirmière tuée par un patient d’une unité psychiatrique dans les Deux-Sèvres, le printemps de la psychiatrie souhaite manifester sa solidarité envers la famille de cette professionnelle et en premier lieu envers ses enfants, envers ses collègues, et également envers les patients qui ont assisté à cette catastrophe.

Cette situation est inacceptable. Il est inacceptable qu’une professionnelle de santé meure dans l’exercice de ses fonctions. Il est inacceptable qu’une personne hospitalisée pour des soins recoure à un tel acte de violence.

Il est également inacceptable que toute cette horreur se produisent dans le climat de destruction de l’hôpital public et de la psychiatrie publique en particulier.

Nous n’avons pas les détails de l’enchaînement des faits, ce qui nous invite à la prudence. Nous n’avons pas le détail sur l’effectif, la saturation du service, nous ne savons rien sur l’état clinique du patient au moment du passage à l’acte.

Ce que nous savons, de manière générale c’est que depuis 2008 l’augmentation des moyens en psychiatrie finance exclusivement du sécuritaire (chambres d’isolement, caméras de surveillance, renforcement de la hauteur des murs…). Aucun investissement dans des moyens humains n’a été fait sauf à créer des unités pour malades difficiles et des unités d’hospitalisation pour soins aménagés (UHSA)

12 ans plus tard, les soignants sont dans la rue pour dénoncer la honte quotidienne dans l’exercice de leur travail, l’indignité des conditions d’accueil et de soins des patients, les tensions régnantes à l’hôpital tant avec l’administration, entre collègues, avec les usagers etc.

Depuis plus d’une dizaine d’années, les rapports du contrôleur général des lieux de privation de liberté indiquent la déshumanisation globale qui règne dans la psychiatrie publique, le sous-effectif, le manque de formation, les maltraitances ordinaires…

Quand allons nous arrêter ces politiques criminelles qui sont un terrain propice à ce que le pire surgisse ? Politiques de santé qui non seulement n’arrangent rien mais aggravent encore plus la situation et sa brutalité.

Si nous ne savons rien des causes précises de ce drame, nous connaissons la catastrophe qui sévit dans l’hôpital public dans son ensemble et dans les secteurs de psychiatrie en particulier. 

Nous vivons au quotidien des drames : des personnes qui se suicident, des professionnels en burn-out, des usagers attachés et enfermés quand ils ne sont pas mis à la rue faute de structures ambulatoires etc. Des familles qui ne sont pas entendues ni écoutées.

La violence de la société s’infiltre dans tous les espaces de la société, le monde du soin n’y échappe pas.

Pour que des drames de la sorte ne puissent pas se répéter facilement, il faut pouvoir prendre le temps de soigner, prendre le temps d’écouter et d’apaiser, avoir le temps de se soigner, créer un climat de confiance entre toutes les personnes présentes dans les lieux de soins… Tout ce qui manque pour apaiser et rendre une ambiance de soin sécurisante. 

Pour ce faire, le minimum est de sanctuariser les secteurs du lien humain et d’arrêter d’appliquer des logiques comptables, gestionnaires et déshumanisants qui renforcent toujours plus le terreau favorable au pire.

Conférence de presse du 12 février 2020

Intervention de Serge Klopp pour le Printemps de la psychiatrie lors de la conférence de presse du 12 février 2020

Après la conception sécuritaire de la psychiatrie mise en place sous Sarkozy, le Printemps de la psychiatrie dénonce aujourd’hui une psychiatrie normalisatrice, déshumanisée, impulsée par le Ministère.

Cela, au travers de soins standardisés, fondés sur la seule approche des neurosciences et d’une caricature du comportementalisme qui s’apparente plus a du conditionnement qu’à du soin.

La prise en compte du psychisme ou de l’environnement social n’étant plus jugés valides par la Haute Autorité de Santé.

La psychiatrie, étant considérée comme une spécialité comme les autres, depuis la Loi Touraine elle intègre le parcours de soins. De ce fait la psychiatrie ne devrait s’occuper que de la crise, le suivi des patients stabilisés relevant des médecins généralistes.

Vu la pénurie de généralistes, chacun mesure l’aberration de cette orientation. Sauf à considérer qu’il s’agit de l’exclusion de la continuité des soins au long cours des plus démunis.

Nous ne sommes pas contre les neurosciences, mais nous demandons le retour à une psychiatrie humaine, fondée sur la prise en compte de la triple dimension biopsychosociale de la personne, au travers d’un soin relationnel.

Ce qui suppose à minima de réintroduire dans les études des infirmiers, des médecins et des psychologues, l’enseignement de la théorie psychanalytique ainsi que l’étude de la sociogenèse des troubles ainsi que la sociothérapie qui en découle.

Suite à la première action du Printemps l’hiver 2019, la Ministre Buzyn avait annoncé 10 millions pour la psychiatrie.

10 millions c’est dérisoire pour le Secteur !

Dans le même temps l’Hôpital du Vinatier dans le Rhône s’est vu retirer 10 millions de son budget.

10 millions c’est énorme pour un établissement !

Cela n’a pas vraiment affecté l’activité de cet établissement pour 2019, mais a creusé son déficit.

Aujourd’hui il s’agit pour le Directeur de résorber ce déficit au travers de mesures drastiques. Les décisions viennent de tomber et elles sont lourdes de conséquence pour les patients !

  • Fermeture d’un CMP de pédopsychiatrie, alors que tout le monde connaît les manques dans ce domaine et les délais d’attente insupportables pour un premier rendez vous.
  • Des menaces de fermeture sur d’autres CMP, risquant de se transformer en fusions pour récupérer les postes. Ce qui entrainera un éloignement des patients. Alors que l’on sait que la proximité est un gage de la continuité des soins. Là on organise la rupture des soins. Les conséquences de ces ruptures sont connues, elles se traduisent trop souvent par des suicides des patients et parfois par des homicides. C’est scandaleux !
  • La fermeture de 2 foyers et d’une unité pour personnes souffrant d’autismes ou se psychoses infantiles vieillissantes. Ces patients sont considérés comme stabilisés mais ne peuvent vivre de manière autonome et n’ont pas pu trouver de structures adaptées en dehors de l’hôpital. Pour l’heure il n’y a aucun projet d’alternative individualisé pour ces patients qui sont les plus vulnérables !

Nous demandons l’arrêt de toutes les fermetures, fusions de structures et la réouverture immédiate des CMP, CATTP, fermés ou fusionnés avec la création des postes nécessaires pour les faire fonctionner.

Nous demandons en priorité l’embauche immédiate de milliers de psychologues pour résorber les listes d’attentes des CMP et améliorer les prises en charge pluridisciplinaires tant en hospitalisation qu’en CATTP.

Ces postes doivent être des créations et non des redéploiement, c’est pourquoi nous demandons un collectif budgétaire pour augmenter l’ONDAM à hauteur des besoins et que l’ONDAM prévu par le PLFSS 2021 en cours d’élaboration prolonge ces augmentations à hauteurs des besoins de la population et non des orientations économiques libérales de Bercy.

 

clip_image002

Préavis de grève le 14 février 2020

logo usp

Mme Agnès BUZYN

Ministre des Solidarités et de la Santé

14 avenue Duquesne

75350 PARIS 07 SP

Courrier recommandé avec accusé de réception n° 1A 164 238 2039 2

Objet : préavis de grève

 

Madame la ministre,

L’Union Syndicale de La psychiatrie (USP) dépose un préavis de grève national pour la journée du 14 février 2020. Ce préavis concerne tous les personnels médicaux ou non quel que soit leur mode d’exercice en psychiatrie ou dans le médico-social.

L’USP appelle à manifester et à se joindre à la population et aux organisations parti-prenantes de la tribune unitaire inter-organisations. L’USP est membre d’APH et est un des membres fondateurs du mouvement Printemps de la psychiatrie pour un renouveau des soins psychiques et contre les violences institutionnelles.

Avec les autres organisations, nous exigeons les mesures immédiates qui permettront d’endiguer l’hémorragie qui met en péril l’hôpital public, fleuron de notre système de santé, et les missions de services publics dans les autres établissements du sanitaire, médico-social et social, notamment :

L’augmentation du budget consacré à l’hôpital au moins égale à l’évolution naturelle des dépenses (4,4%), la reconnaissance et la revalorisation générale des carrières médicales et non médicales, notamment en début de carrière, se traduisant par une augmentation salariale, le recrutement immédiat de professionnel.le.s supplémentaires et un plan de formation pluridisciplinaire, la reconnaissance de la pénibilité de nos métiers, l’arrêt des fermetures de services, d’établissements et des réouvertures de lits, partout où cela est nécessaire, une gouvernance des hôpitaux, des établissements plus ouverts aux professionnel.le.s, aux personnels et aux usagè.re.s, l’égalité d’accès, d’accueil et de prise en charge de qualité pour la population sur tout le territoire.

Toutefois, malgré les beaux discours dont le dernier au congrès de l’Encéphale où vous avez défendu « une psychiatrie ancrée dans l’organisation du secteur » et les lois qui successivement promeuvent l’égalité d’accès aux soins, c’est bien l’inverse sur le terrain qui se produit.

Il faut que cela cesse.

Pendant que vous parliez vos petits soldats, partout, dans les ARS, les directions, avec la complicité parfois de présidents de CME, de chefs de pôle, de prétendus services qualité, certaines par discipline et soumission, d’autres par conviction, par opportunisme budgétaire, par bêtises ou pour toutes ces raisons à la fois contribuent à détruire la politique de secteur, la psychiatrie, la pédopsychiatrie, les CMPP etc. Les migacs, les ordonnances d’Etat qui constituent votre lettre de mission, les budgets fléchés (outre l’appauvrissement des pratiques) ont un coût : ils sont source de gaspillages, ils cassent des dispositifs pertinents et ainsi génèrent un surcoût.

Il faut que cela cesse et l’USP demande le retrait immédiat de l’Instruction n°DGOS/R4/2019/10 du 16 janvier 2019.

Pour parfaire ce dispositif, la psychanalyse (L’USP répond à la députée Martine Wonner qui demande l’interdiction de la psychanalyse et Une lettre de notre collègue Claude Schauder en défense de la psychanalyse) fait l’objet d’une attaque sans précédents et Madame Wonner qui a clarifié sa position en se prononçant contre le secteur en toute logique y participe… Si l’on tente de résumer, en faisant du bébé une personne, Mme Dolto aurait encouragé son viol et la pédophilie, parce que la personne on peut en abuser… Certes, la psychanalyse ne vaccine pas contre les dérapages comme on l’a vu avec le soutien de certains « au nom du père » à la « manif pour tous », mais à ce train-là, alors que chacun sait que la petite fille aimerait se marier avec son papa, si elle le dit trop haut, ces gens-là risquent de la placer, de prononcer une mesure d’éloignement pour le père, et d’incarcérer celui qui travaille cette question pour incitation au viol. Plus besoin de brûler les livres, un clic poubelle et l’interdiction des formations suffisent.

Il faut que cela cesse !

Ce n’est pas une petite médicalisation des GHT qui va réparer la casse et notamment l’embolisation des urgences et la violence associée.

Si l’idée d’un territoire de taille « raisonnable » où il y aurait tout accessible à tous est intéressante, elle n’est pas compatible avec la dictature comptable (communiqué Appel pour le 10 octobre : non à la dictature comptable), la productivité, la compétition, la concurrence, l’intéressement qu’il soit individuel ou collectif, la T2A, les inégalités sociales, la dépendance professionnelle etc.

Le financement doit dépendre des besoins de la population avec une dotation à l’habitant prenant en compte la réduction nécessaire des écarts, des retards, de la précarité et du niveau de pauvreté (dans l’attente de son traitement politique). La gouvernance doit être équilibrée, préservant l’indépendance professionnelle avec un statut solide, un concours pour les praticiens hospitaliers, des chefs de services (et dans l’immédiat des chefs de pôles) élus par leurs pairs et nommés par le ministre, une CME composée des seuls membres élus dont l’avis est obligatoire, un directeur moins dépendant des ARS dont il faut envisager la transformation en passant du bras armé de Bercy à un rôle facilitateur, de support.

Si votre constat et votre analyse proposés début janvier 2018 nous avaient encouragés à exprimer nos meilleurs vœux, non sans quelque ironie, cela va depuis de mal en pis. Vous sembliez avoir mesuré la casse du service public, la transformation de celui-ci en entreprise au management agressif depuis Hôpital 2007 et sa T2A (puis renforcé par les lois Bachelot et Touraine).

L’indépendance des médecins hospitaliers devait alors être attaquée par une fragilisation de leur statut et un intéressement (communiqué Appel à la grève du 11 mai 2006). Le rôle du médecin, notamment en psychiatrie qui se confronte à des situations de privation de liberté, s’est trouvé attaqué. Ses conditions d’emploi (embauche par le directeur, contrat local) livre sa force de travail au pouvoir gestionnaire (motion USP de 2009 Loi HPST).

L’objectif essentiel de ces lois était de soumettre l’ensemble des personnels à des diktats productivistes et, notamment, des médecins au directeur, lui-même soumis à l’ARS, elle-même au ministère de la Santé, ce dernier étant soumis à Bercy pour garantir l’austérité…
En fait, vous avez continué ce travail de sape du service public et l’avez accéléré.

C’est bien de la promotion de la toxicité des relations au niveau local provoquant perte de sens, épuisement, souffrance au travail, voire suicide, dont il s’agit en fragilisant encore un peu plus les survivants.
L’ensemble du projet de mise au pas de la fonction publique (communiqué Tous en grève et dans la rue le 22 mars du 12 février 2018) va dans ce sens, y compris donc pour les directeurs…

Là où un directeur pouvait encore « un peu » résister, il suffira d’engager un contractuel (proposition actuelle de 1 an à 6 ans) payé double pour, par exemple, fusionner des établissements et supprimer des postes. Il s’agit bien ici d’une arme de destruction massive, le grand chantier de la Macronie!

Il faut que cela cesse !

L’abrogation des lois HPST, Bachelot, Hôpital 2007, Touraine, l’avortement de Ma santé 2022 sont inévitables dans ce contexte.
Les PH et les chefs de secteur, notamment en psychiatrie, doivent être nommés par la ministre après avis de la commission statutaire, les directeurs aussi ! Cette orientation est d’autant plus importante que la pression sécuritaire ne cesse d’augmenter et que cette fragilisation est un danger majeur pour les libertés individuelles. Les équipes de secteur ont besoin de confiance, d’indépendance et de lisibilité sur la durée.

L’accès aux soins doit-être lisible pour tous, il faut en finir avec les trajectoires humiliantes pour les plus précaires, le contrôle des vies pour obtenir une prise en charge incertaine qui conduit le plus souvent aux urgences. Il faut adopter les 100 % Sécu pour tous, en revenir aux principes de solidarité là où le chacun pour soi est érigé en modèle, en finir avec un exercice libéral à l’hôpital qui autorise des inégalités dans la rapidité de prise en charge, le confort, en finir avec les dépassements d’honoraires.

Il faut que cela cesse !

Si la précarité doit être prise en compte, elle doit surtout être traitée politiquement. Il faut donc augmenter les salaires, les pensions, favoriser l’accès au logement pour tous, abroger les dernières lois travail qui fragilisent les travailleurs. Les secteurs sont bien placés pour faire le constat de l’augmentation de la souffrance au travail, des arrêts longue maladie, des invalidations, des exclusions de pôle emploi, des travailleurs pauvres.

Madame Pénicaud affichera néanmoins sa fierté pour les derniers chiffres du chômage, conséquence de ces dégâts et de la compétition avec les voisins pour le plus haut chiffres de travailleurs pauvres ou d’« inemployables ». Elle se dira capable d’humanité quand le président le lui demande à propos du congé « post-deuil », même s’il est probable qu’il s’agisse à nouveau d’une manœuvre de réajustement de son algorithme (tribune Panne d’algorithme : Macronie suite et fin ?) du chacun pour soi.

Sur le même plan, l’USP s’associe aux cheminots et à toutes les organisations qui dénoncent l’« ONDAR » (objectif national des dépenses de l’assurance retraite) que représente la réforme proposée où les travailleurs devront se battre les uns contre les autres pour se partager un gâteau définitivement limité, le reste sera individuel et privé .

Il est temps que cette violence cesse au même titre que la surdité de l’Etat à tous les étages où la gouvernance est celle de celui qui sait, qui explique ce qu’il faut faire et mesure le rapport de force. Ces gens (Darmanin, Lemaire, Legendre, Lois, Philippe, Macron etc.) n’ont pas accès au principe de solidarité, ils s’étonnent qu’une catégorie puisse se battre pour une autre, une génération pour une autre etc. Ils répètent en cœur et de la même façon jusqu’à l’intonation leur vérité que l’on pourrait résumer par : « Il n’y a plus de progrès social possible ».

Vous avez vous même inventé le « fait économique » ! Mieux que la dépression, la colère ne tombera pas ! 

A la mesure du danger, l’USP renouvellera son appel à soutenir toute lutte ou mouvement non violent et non fascisant permettant de mettre fin à cette politique (communiqué Redonnez-nous un(e) ministre de la Santé !) et il est évident que nous rejoindrons et appelons à rejoindre fédérations et confédérations dans leurs combats.

Veuillez accepter, Mme Buzyn, nos salutations syndicales.

Pascal Boissel, président                           Pierre Paresys, vice-président

FAISONS-LES BATTRE EN RETRAITE !

 PSYCHIATRIE : NOUVELLE OFFENSIVE CONTRE LES CITOYENS…

FAISONS-LES BATTRE EN RETRAITE !

Alors qu’un mouvement social inédit soulève la société depuis des mois, des attaques sans précédent se poursuivent dans le monde de la psychiatrie, qu’elle soit publique ou associative. Elles concernent aussi bien les enfants que les adultes.

1) À Lyon, au Centre hospitalier du Vinatier, l’attaque est double :

– sur les structures de soins entraînant l’exclusion du soin de certains patients parmi les plus vulnérables qui ne sont pas en capacité de vivre de manière autonome.

– et sur la pluralité des pratiques, ce qui nuit à la qualité des soins psychiques.

Soutenu par l’ARS et le ministère de la Santé, l’actuel directeur du Vinatier (qui est également président de l’Association nationale des directeurs d’établissements psychiatriques) poursuit son plan d’économie de 10 millions d’euros. Montant identique à celui que la ministre Agnès Buzyn avait débloqué pour un « fond d’innovation organisationnel en psychiatrie »[1] ayant d’abord pour objectif d’innover dans le détournement des fonds consacrés aux soins réels vers des gadgets new age de l’ère numérique et du management néolibéral.

Au niveau de la pluralité des pratiques, toute approche faisant une place à l’humain dans sa complexité et ne figurant pas « dans le projet d’établissement » est bannie.

Donc, au Vinatier :

– Fermeture d’un CMP en pédopsychiatrie, mise en péril d’autres CMP. Ce qui va entraîner un éloignement des structures de soins et de ce fait des ruptures de soins, puisque l’on sait que la proximité est une des conditions de la continuité des soins.

– En plus des restrictions de personnel et des postes gelés non remplacés, 73 lits seraient en passe d’être fermés. S’y ajouterait la fermeture de deux foyers et d’une unité pour personnes avec autisme et problématiques complexes…

Inclusion promue pour les uns, exclusion masquée pour les autres[2].

2) Dans la région Nouvelle Aquitaine, ce sont des structures associatives, les Centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP) qui sont attaquées.

Les CMPP doivent « se restructurer » pour non plus soigner mais pour orienter et coordonner les flux des usagers vers des structures qui, soit n’existent plus, soit sont privées et soumises aux critères de rentabilité (cabinets libéraux etc.). Mais pas d’inquiétude, des cabinets d’audits et de conseils – grassement payés par les contribuables – vont soutenir les professionnels de ces associations pour « les accompagner dans ce changement » afin de les y adapter. Drôle de POC (Plateforme d’Orientation et de Coordination) qui préfère financer des structures dont le seul but est la production de formulaires nouveaux et de compte rendus débouchant sur le néant. Autrement dit, les soins et l’accompagnement des proches[3] seront pour les plus riches qui pourront les financer.

3) Partout en France, 1200 médecins ayant des postes de responsabilité à l’hôpital public ont annoncé leur démission de leurs fonctions[4], les services d’urgence sont en grève depuis bientôt un an[5], des actions se sont multipliées lors des vœux des directions hospitalières…

Des pressions et des représailles sont tentées par les tenants de « l’ordre ». Lors de l’assemblée générale nationale du Printemps de la psychiatrie en novembre dernier, les collectifs venus de toute la France ont pu témoigner de cette répression qui s’abat sur eux, individuellement, sous divers prétextes. Mieux vaut sanctionner les professionnels que de remettre en question la destruction honteuse et indigne du système public de soins. Récemment, un soignant du Collectif inter-urgences a reçu un blâme de sa direction pour ne pas avoir respecté « le devoir de réserve ». Jusqu’à quand allons-nous accepter que ce devoir de réserve soit le complice des toutes les maltraitances managériales que vivent en premier lieu les citoyens malades et les professionnels de santé ? 

Une mobilisation inédite du monde de la santé et du social a eu lieu le 14 novembre 2019 ; très prochainement, une nouvelle mobilisation se déroulera le vendredi 14 février 2020 à laquelle nous participerons. Depuis décembre, une conscience collective a émergé : la lutte pour des retraites dignes est intimement liée aux questions de santé et de système de soin. La campagne de communication gouvernementale et l’utilisation perverse des mots n’y font rien. Peu de personnes restent dupes de « l’universel », « la justice sociale » et autres éléments de langage de ces politiques néolibérales.

 Le Printemps de la psychiatrie encourage et soutient la poursuite de toutes les actions visant à se révolter contre la transformation réactionnaire du système de sécurité sociale (santé, retraite, chômage) et à intensifier l’invention de nouvelles formes de liens entre les citoyens (qu’ils soient usagers, professionnels, familles, accompagnants) et de luttes solidaires au sein de la société. 

Le Printemps de la Psychiatrie

Lundi 3 février 2020

printempsdelapsychiatrie@gmail.com

Quelques clips et vidéos d’actions de ces dernières semaines :

La psychiatrie en détresse, le clip

Balance ton plan, le clip

CH Claudel, Charente. Les Sacrifiés

Des soignants jettent leurs blouses lors des vœux du directeur !

Colère des agents hospitaliers de l’hôpital de Mantes-la-Jolie

Contre le manque de moyens, à l’hôpital Saint-Louis, à Paris..

Urgences Valence

Flash mob, « A cause de Macron ! »

Soignant.e.s de Toulouse, clip en 2018

NOTES

[1] https://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/sante-et-psychiatrie-agnes-buzyn-annonce-les-resultats-de-deux-appels-a-projets

[2] Tract intersyndical, CH du Vinatier.

[3] Cf texte du Dr Anne Delègue et la lettre ouverte de trois psychiatres d’enfants.

[4] Collectif Inter-Hôpitaux.

[5] Collectif Inter-Urgences.

Grève des données

« La commission action contre les outils gestionnaires informatisés du printemps de la psychiatrie s’est créée en septembre 2019. Pendant plusieurs mois, nous avons mené de nombreuses recherches et investigations sur ces logiciels avec différents professionnels de la santé, du social, de la recherche ainsi qu’avec le collectif Ecran Total.

Ce travail donnera lieu prochainement à des écrits détaillés et analysés.

Nous vous proposons de nous faire part de vos remarques, témoignages, réflexions et analyses de ces logiciels »

Pour les contacter, merci d’envoyer un mail en indiquant votre numéro de téléphone : commissionoutilgestionnaire@gmail.com

page 1 tract num

page 2 tract num

 

 

 

 

conférence de Bellivier et Wonner le 25 novembre

Face à l’hiver néolibéral, préparons les printemps…

Le 25 novembre, le collège des Bernardins accueillera dans son cycle « Questions de médecine » une conférence dont le titre, Quels moyens pour quelle psychiatrie ? est presque mot pour mot celui du Printemps de la psychiatrie pour la Manifestation du 14 novembre : Il faut des moyens pour la psy ! Mais pour quoi faire ?. Ce lundi soir, les réponses seront apportées côté psychiatres par deux communicants du gouvernement : Martine Wonner, députée LREM – et auteure de mission flash et rapport parlementaire sur la psychiatrie, et Franck Bellivier, délégué ministériel issu de FondaMental. Ils auront à leurs côtés, Claude Finkelstein, présidente de la FNAPSY. Quelques jours plus tard, le vendredi 29 novembre, c’est avec l’ARS Île de France que Franck Bellivier poursuivra le plan de com d’ En marche par la « journée d’échange sur la feuille de route santé mentale et psychiatrie ».

Au prétexte d’une meilleure « organisation » – et sans moyens réels – ils préconisent que les services soient considérés et financés comme des entreprises concurrentielles de production de soins. Le cœur de ce projet, c’est la privatisation du marché de la santé.

Comment sans moyens humains supplémentaires le gouvernement entend-il diminuer les recours à la contrainte et lutter contre les conditions d’accueil indignes et les atteintes aux droits des patients ? Derrière les fausses promesses d’un «virage inclusif» ou de nouvelles stratégies (surtout numériques) pour la « prévention et la réhabilitation psycho-sociale », de quelles pratiques psychiatriques font-ils la promotion ? Quelle valeur peut accorder une psychiatrie exclusivement bio-médicale incarnée par FondaMental à la parole et à l’expérience des patients?

Face à l’entreprise de destruction de la psychiatrie publique menée par le gouvernement, le Printemps de la Psychiatrie tiendra son Assemblée Générale Nationale au théâtre de Gennevilliers le samedi 30 novembre 2019. Nous appelons à participer à ces échanges, débats et décisions d’actions, pour un réel accueil de la souffrance psychique et de la folie, à l’hôpital et en ambulatoire, dans le médico-social et la société dans son ensemble.

Nous voulons déterminer les moyens nécessaires pour une psychiatrie et une pédopsychiatrie ouvertes et citoyennes, considérant les patient.e.s dans leur singularité.

Pour soigner sans entrave

COMMUNIQUE DE PRESSE du 20 novembre 2019

Pour soigner sans entrave

Le printemps de la psychiatrie a été partie prenante de la manifestation, le jeudi 14 novembre 2019, de l’ensemble des acteurs du système public de santé. Si nous nous sommes réjouis de son ampleur, force est de constater qu’en regard, la « réponse » apportée ce jour par le gouvernement est inadmissible. La stratégie de communication déployée et les mesures proposées n’annoncent que la poursuite de la réorganisation néolibérale de l’hôpital public et sa destruction progressive. Même pas besoin d’en changer le nom, « Ma Santé 2022 » poursuit ses métastases.

Dans ce contexte, l’Assemblée Générale nationale du Printemps de la psychiatrie le samedi 30 novembre (dès 10h30 au Théâtre de Gennevilliers, 41 avenue de Grésillons à Gennevilliers, Métro Gabriel Péri) s’inscrit dans la mobilisation de grande ampleur du mouvement de toute la santé.

La journée sera diffusée en direct sur la plateforme de la radio associative Colifata France (www.alsolnet.com/stream/lacolifataenlace/) avec possibilité d’interventions en direct (Whats App : + 33 669 239 243  FaceBook )

Seront présents les Blouses noires de Rouen, les Perchés du Havre, les Pinel en Lutte d’Amiens, la pédopsychiatrie en lutte du 19ème arrondissement, la Psychiatrie Parisienne Unifiée, la Mili’tente de Toulouse, Le collectif Artaud de Reims, les asphyxiés de Lavaur, Humapsy, des membres du TRUC (terrain de rassemblement pour l’utilité des clubs), Serpsy, La Criée, Le collectif des 39, le Point de Capiton, des représentants des syndicats et des partis politiques ainsi que les collectifs de Caen, Lyon, Marseille, Niort, Besançon…

Plusieurs enjeux structureront cette assemblée générale :

– Faire un état des lieux des mobilisations de la pédo-psychiatrie et de la psychiatrie publique qui, depuis un an et demi, luttent pour un accueil digne et humain des personnes en souffrance psychique et de leurs familles.

– Poursuivre la construction collective du Printemps de la psychiatrie, penser son fonctionnement pour les temps à venir en lien avec les autres secteurs

– Lancer l’élaboration collective d’un programme alternatif pour l’ensemble de la Psychiatrie incluant la pédopsychiatrie et le travail social qui ne soit ni celui des lobbys (FondaMental, Institut Montaigne, laboratoires pharmaceutiques, groupes privés lucratifs, assurances privées) ni celui des représentants gouvernementaux qui leur sont serviles (Franck Bellivier – délégué ministériel à la psychiatrie, Martine Wonner – rapporteure de la mission flash et du rapport éponyme) et entendent détruire toute possibilité de soin psychiatrique sous couvert de « réorganisation »

Enfin, nous appelons également à la mobilisation nationale du jeudi 5 décembre pour rejeter l’ensemble de ces politiques destructrices du lien social.

Le Printemps de la Psychiatrie

Programme prévisionnel de l’AG

10h00 : Accueil Café

10h30 : Prises de parole en préambule à l’AG

11h00 : Début de l’AG

Auberge espagnole pour le déjeuner

17h00 : Clôture

Contact