Préavis de grève le 21 mars (SUD)

entête sudMme Agnès BUZYN

Ministre des Solidarités et de la Santé

14 avenue Duquesne 75350 PARIS 07 SP

Objet : préavis de grève

Madame la Ministre,

La Fédération Nationale des syndicats SUD Santé Sociaux dépose un préavis de grève national le 21 mars 2019 (En ce qui concerne les agent-es et salarié-es soumis-es à des services continus et dont les horaires d’embauche et de débauche débordent les jours et horaires précités, ce préavis couvre ces personnes en amont et en aval de cette journée.)

Ce préavis concerne l’ensemble des personnels médicaux et non médicaux pour :

– les hôpitaux, cliniques, maisons de santé, maisons de retraite, de cure, des soins de suite, les laboratoires, officines pharmaceutiques, cabinets paramédicaux, Ehpad, services d’aide et de soins à la personne, – l’ensemble des structures relevant du médico-social et social, – l’ensemble des structures de l’animation, de l’éducation populaire, de la prévention spécialisée, de l’accueil d’urgence, des services à la personne, travail au domicile, de la petite enfance, des foyers de jeunes travailleur-se-s, auberges de jeunesse, maisons de jeunes et de la culture, organismes de formation, centres sociaux, crèches, du tourisme social et familial, du logement social et d’une manière générale toutes les structures en lien avec un public… – aux salarié-es des OPCA des branches et activités sanitaires, médico-sociales et sociales. Ce champ s’étend à l’ensemble des personnels d’une structure dès lors que cette structure assume une des activités au moins ci-dessus, ainsi qu’aux travailleuses et travailleurs en formation, aux étudiant-es des métiers sanitaires et sociaux, aux retraité-es, aux privé-es d’emploi des secteurs ci-dessus.

Il s’étend également :  aux salarié-es des entreprises sous-traitantes intervenant dans les établissements des secteurs ci-dessus

Pour cette journée de grève, nos revendications portent sur :

– une augmentation des budgets et des dotations globales pour répondre aux besoins sanitaires, sociaux et médico-sociaux de la population, dont la psychiatrie adulte et infanto-juvénile, la protection de l’enfance, la dépendance, le handicap, les dispositifs d’insertion, – une véritable formation pour les professionnels de la psychiatrie, – un seuil minimum de 150 soignant-es pour un secteur de psychiatrie de 60 000 habitant-es, – un recrutement dans tous les secteurs à la hauteur des besoins,

– La prise en compte de la souffrance éthique des professionnel-les face à l’inadaptation des réponses du fait des politiques d’austérité (manque de moyens, absence de place dans les structures qu’elles soient thérapeutiques où éducatives …). – la résorption effective des emplois précaires dans tous les secteurs, avec l’embauche immédiate des contrats aidés, – l’amélioration des conditions de travail, – L’arrêt des politiques de restriction budgétaires, – des moyens pour l’accès aux soins, l’action sociale et médico-sociale, – l’abrogation du décret sur les GHT, – l’abrogation de la T2A, de la loi HPST – Bachelot, de la loi santé – Touraine, de la loi travail 1 – El Khomri, loi travail 2 – Pénicaud ; l’abandon des politiques d’austérité : de la loi NOTRe ainsi que du pacte de responsabilité… – création conséquente de dispositif extrahospitalier, l’arrêt des fermetures et ré-ouverture d’unités d’hospitalisation, – l’arrêt des fusions-absorptions, des suppressions de postes, et des processus de mise en concurrence entre les associations, les établissements publics et le secteur privé lucratif, – un moratoire sur les restructurations et/ou fusion d’établissement, – l’arrêt des attaques faites aux plus démuni-es, comme la remise en cause des contrats jeunes majeurs, de l’assistance aux mineur-es isolé-es non accompagné-es, du soutien à la parentalité… – le respect de l’article L112-3 du CASF par l’Etat et les Départements afin de garantir la prise en compte des besoins fondamentaux de l’Enfance, – l’accès aux droits fondamentaux sur l’ensemble du territoire national, – l’abrogation de la loi 2002-2, l’arrêt des appels à projets, des CPOM, ainsi que toutes ces stratégies de mise en concurrence, de restructuration, de concentration et de marchandisation du secteur, – retrait des lois travail 2016 et 2017

Plus généralement, nos revendications portent sur : – l’augmentation générale des salaires avec un SMIC à 1700€ net, – l’égalité salariale femme/homme, – Une carrière avec évolution linéaire et sans barrage pour tous-tes les salarié-es, – la réalisation d’une étude sur la morbidité des professionnels dont le ministère des Solidarités et de la Santé a la charge, – la réduction du temps de travail, 32h en 4 jours et 30h en 3 nuits par semaine, – le maintien du décret sur la prime d’installation dans les régions et zones tendues qui en bénéficient, – un système de protection sociale unique, uniforme et universel, assuré à 100% par la Sécurité sociale, avec une gestion démocratique par les représentant-es des travailleuses et travailleurs. – la suppression de tous les ordres professionnels, – une loi sanitaire et sociale décidée en tenant compte des attentes des professionnel-les et des usager-ères. – la consolidation et le développement du droit à l’IVG et de son accès – l’arrêt immédiat de la répression envers les militant-es syndicaux-ales, ainsi que de toutes et tous les militant-es qui luttent pour la défense des droits humains ainsi que les militant-es impliqué-es dans des luttes rejoignant nos revendications.

En vous en souhaitant bonne réception, acceptez Madame la Ministre, nos sincères salutations.

Pour la Fédération SUD Santé Sociaux,

Corinne LORAINE

Paris, le 21 février 2019

Fédération SUD Santé Sociaux – 70 rue Philippe de Girard – 75 018 PARIS Téléphone : 01 40 33 85 00 FAX : 01 43 49 28 67 – contact@sudsantesociaux.orghttp://www.sudsantesociaux.org

Intervention SUD Santé Sociaux le 22 janvier

Texte de SUD Santé Sociaux, lu le 22 janvier 2019, place de la République

La Fédération SUD Santé Sociaux remercie les personnels de l’hôpital psychiatrique d’Amiens, les « Pinel », d’avoir pris l’initiative de cet appel.

Elle tient également à saluer les luttes des nombreux collègues qui ont fait parler d’eux ces derniers temps : à Bourges, Allonnes, Rennes, Montfavet, Cadillac, Aix, Uzès, Morlaix, Quimper, Caen, Toulouse, Le Havre, St Etienne du Rouvray… La liste n’en finit plus…

Partout le même constat… ça ne peut plus durer !

L’offre de soins d’hospitalisation est saturée, au point que la pénurie de lits est devenue le critère déterminant la durée de séjour des personnes malades. Les délais de consultation dans les CMP s’allongent. Des structures ambulatoires ferment ici et là, faute de personnels. C’est autant de « perte de chances » pour les usagers de la psychiatrie publique, qui sont par ailleurs de plus en plus nombreux. Les patients et leurs familles se sentent abandonnés, sans recours. Des centaines de personnes en souffrance sont laissées pour compte, à la rue, dans les prisons ou hébergées sans soin dans des structures médico-sociales…

C’est le résultat de 30 ans d’attaques tout azimut : réduction des budgets, suppression de milliers de postes de soignants, d’administratifs, de techniques et d’ouvriers, réduction de 70 % de la capacité d’hospitalisation lits sans compensations alternatives, anéantissement progressif des espaces pluri professionnels de réflexion pour penser les soins…

La disparition des formations spécialisées de psychiatres et d’infirmiers, les lois liberticides, l’influence des lobbies pharmaceutiques et la montée en puissance de la psychiatrie biologiste ont méthodiquement détricoté les pratiques de secteur et désarticulé l’organisation globale des soins.

C’est au cœur de nos pratiques que nous soignants sommes touchés, nous dénonçons le recours toujours plus fréquent à l’isolement et à la contention. Près de 100 000 personnes sont traitées sans leur consentement et pas moins de 8,3 % des patients hospitalisés sont placés en isolement, c’est inacceptable !

Les patients en souffrent, nous aussi soignants.

Nous avons honte des conditions dans lesquelles nous sommes contraints d’exercer nos métiers aujourd’hui. C’est au nom de l’éthique que nous occupons des toits, entrons en grève de la faim, et que parfois certains d’entre nous se suicident…

Tous les signaux sont en rouge.

Malgré les alertes et parfois les drames, le secteur est confronté à la surdité et à l’aveuglement des puissances tutélaires. Plans de retour à l’équilibre, mise en GHT, télé consultation et bientôt e-neuroleptiques sont les seules réponses à nos revendications !

C’est d’un véritable plan d’urgence dont la psychiatrie a besoin !

Les psy sont venus dire aujourd’hui qu’ils n’étaient pas des gardiens de prisons, que leur rôle est d’accueillir la souffrance psychique, d’aider ceux qui la subisse à l’identifier, à la nommer, à rompre l’isolement et lutter contre la stigmatisation, à retrouver des conditions de vie décentes.

Nous ne sommes pas résignés au naufrage de la psychiatrie publique. Nous sommes en colère et déterminés. Après les longues luttes de ces derniers mois, ce 22 janvier, premier grand rendez-vous du secteur depuis des lustres, est l’Acte 1 de la mobilisation nationale de la Psy !

A la Ministre de la mauvaise santé qui doit présenter « sa stratégie » jeudi 24 janvier nous disons, il n’y a qu’une stratégie possible : l’arrêt de l’étranglement budgétaire, des travaux pour rendre décents nos hostos, la titularisation de tous nos collègues aux statuts précaires, la création de dizaines de milliers d’emplois, les formations qui vont avec, les salaires qui vont avec…

IL Y A URGENCE à retrouver de la dignité pour les personnes soignées et celles qui soignent ! Oui, ce 22 janvier est une réussite. Il rassemble professionnels, usagers, collectifs, associations, syndicats, élus et simples citoyens. C’est tous ensemble que nous allons construire les conditions d’un mouvement d’ampleur de la psychiatrie. Sous ces flocons doit fleurir le printemps de la psychiatrie !

[Plus largement, la Fédération SUD Santé Sociaux appelle l’ensemble du secteur sanitaire, social et médico-social à s’organiser et coordonner ses luttes. Les soins dans les EHPAD, maternités, services d’urgences médicales, l’accueil dans les foyers de l’enfance, de migrants, dans les CHRS (…) sont attaqués par les mêmes politiques austéritaires au détriment des publics les plus vulnérables et des professionnels.