Non à la maltraitance psychique de la population du Tarn !
Pour une psychiatrie publique de Secteur répondant à ses besoins de Santé Mentale !
Le Printemps de la psychiatrie dénonce la situation qui est faite au CH de Lavaur entrainant en quelques mois, la fermeture de lits, d’un service de post cure, d’un hôpital de jour, la fusion des CMP, la réduction des moyens humains des équipes pluridisciplinaires…
Ce qui a conduit récemment à jeter à la rue des patients hospitalisés, soi-disant faute de solution d’accueil adaptées. Et maintenant la transformation d’un service d’accompagnement et de resocialisation dans lequel il n’y avait pas de limite de durée d’accueil, en 2ème service d’admission. Une des raisons invoquées est de permettre de désengorger les services Toulousain, eux même victimes de fermetures de services, qui permettent entre autres de faire des économies sur la masse salariale à Purpan ! Pire ils envisagent d’y mettre une chambre d’isolement et sont en train de réfléchir comment fermer le service d’admission actuel resté ouvert pendant plus de 50 ans !!
Tout cela en mettant en avant le droit des patients, la désinstitutionalisation, le décloisonnement, l’ouverture sur la cité, le travail communautaire, le rétablissement…
Ce qui n’empêche pas la direction de considérer les patients qui se sont mobilisés en dormant une nuit devant l’hôpital pour dénoncer l’expulsion à la rue de certains patients comme des irresponsables, manipulés par l’intersyndicale CGT, FO, CFDT. Quel mépris !
C’est une dégradation désastreuse, sans précédent, de la prise en charge de la santé mentale dans le département du Tarn, alors qu’elle est déjà catastrophique dans le pays.
Cette situation n’est malheureusement pas isolée, partout se multiplient les fermetures de structures ambulatoires et de lits, même si à Lavaur elle dépasse toutes les limites de l’odieux.
Si le Gouvernement a déclaré la Santé Mentale grande cause nationale, il ne s’agit malheureusement que d’un effet de communication politicien. En effet aucun moyen supplémentaire n’est prévu pour la psychiatrie publique alors que depuis 40 ans ce sont des milliards qui ont été supprimés dans ce secteur (1èrposte de dépenses de la Sécu).
Mais la psychiatrie ne souffre pas que d’un manque de moyens. C’est aussi le résultat d’une conception déshumanisante de la personne. Depuis 25 ans on considère que les souffrances psychiques n’auraient qu’une causalité biologique niant les causalités psychiques et sociales. Il ne s’agit donc que de dysfonctionnements neuronaux qu’il faut traiter symptomatiquement sans tenir compte de la réalité biopsychosociale de la personne.
Par ailleurs on a dissocié santé mentale et psychiatrie, la psychiatrie ne devant plus s’occuper que des malades en crise. Il serait donc inutile de continuer à suivre en psychiatrie (ce qui « coute » très cher) les patients stabilisés. Ils doivent intégrer le parcours de soins, un suivi par le généraliste jusqu’à la prochaine crise.
C’est au nom de cette conception qu’on en vient aujourd’hui à considérer que le Secteur de psychiatrie publique n’est plus que l’intervenant de 2ème ligne, le généraliste, les psychiatres et psychologues libéraux s’occupant de la 1ère ligne, alors que le Secteur à été inventé pour assurer justement la continuité des soins de prévention de cure et postcure ayant pour mission d’accueillir toutes les souffrances psychiques de sa population de référence.
C’est pour défendre cette philosophie du Secteur et une conception humaine de la psychiatrie que nous dénonçons la situation faite à Lavaur, par le Gouvernement relayé par l’ARS et la Direction, aux patients, aux soignants et plus généralement à toute la population du Tarn et leur apportons tout notre soutien.
Au-delà du Tarn, nous appelons toute la population, les patients, leurs familles les soignants à se mobiliser pour refonder une psychiatrie publique de Secteur respectueuse de l’humain et dans l’immédiat pour obtenir un plan d’urgence pour inverser la tendance avec le vote d’une Loi de programmation budgétaire pluriannuelle.
