Région PACA : première rencontre-débat le 25 juillet 2019

VERS UN RENOUVEAU DU SOIN PSYCHIQUE

Le renouveau du soin psychique appelé de nos vœux n’est pas l’affaire de spécialistes, autorisés ou non, ce n’est pas une énième resucée de vieilleries ânonnées par de grands anciens radoteurs, ce n’est pas la santé mentale des inspecteurs gadget de la HAS ou de Fondamental, qui sera aussi vite oubliée qu’énoncée mais qui nourrira les caisses des laboratoires, ce n’est pas l’application miraculeuse qui renseignera nos smartphones sur nos taux de dopamine et de noradrénaline, ce n’est pas non plus cette psychiatrie de programme de soins à vie, d’isolement et de contention.

Le renouveau du soin psychique c’est une réalité à fabriquer ensemble par l’échange et la réflexion collective, par la lutte aussi.

Quels soins voulez-vous pour demain ? Comment souhaitez-vous accueillir ceux qui souffrent de troubles psychiques ? Avec quels dispositifs ?  Comment voulez-vous être accueilli quand vous franchissez la porte d’un CMP ? Quand vous vous retrouvez aux Urgences ?  Quelle place pour le consentement ? Pour l’expérience de la folie (à ne pas confondre avec l’expérience de l’institution et du soin) ? Quelle formation pour les soignants ? Que faut-il jeter ou garder du dispositif actuel ? Comment trouver ou retrouver sa place dans une société sans cesse plus dure pour ceux qui vivent pensent et dépensent d’une façon différente ? Etc., etc.

Le printemps de la psychiatrie, les associations Serpsy (Soin Etudes et Recherche en PSYchiatrie) et le Point de Capiton, l’ USP (Union syndicale de la psychiatrie), se proposent de sillonner la Région PACA en tous sens et en tous lieux où on les invitera (lieux de soins, lieux de culture, Gems, clubs thérapeutiques, etc.) pour organiser des soirées/débat, susciter des rencontres entre usagers et professionnels, entre familles et théâtreux, entre travailleurs du social et artistes, entre citoyens tous concernés, de près ou de loin, par les troubles psychiques et la façon dont ils sont accueillis, soignés, accompagnés, dépassés, intégrés, cultivés, approchés, magnifiés, compris.

Ça commence le 25 juillet 2019 de 17 h 30 à 20 h

au Centre Hospitalier Montperrin, à Aix-en-Provence (13).

Ces rencontres/florilège nourriront un livre multicolore qui dessinera le soin à venir.

Lyon, le 27 juin : barbecue revendicatif devant la Préfecture

infos reçues de la CGT Vinatier  :

L’organisation syndicale CGT, santé, éducation, services publics de la Fonction Publique affirment de nouveau son attachement aux valeurs du service public, à une Fonction Publique et au statut général au service de toutes et tous, porteurs de l’intérêt général.

Elle appelle, ensemble, le gouvernement à entendre leurs demandes en matières Salariales.

Le projet de loi Fonction Publique, est la destruction de l’état Social. C’est l’externalisation des missions au profit du capital et au détriment du contribuable.

Alors que le Sénat étudie, à son tour, le projet de loi de transformation de la Fonction Publique, la CGT souligne son attachement aux instances actuelles de dialogue social qui permettent aujourd’hui de protéger les agent-e-s. Leur suppression risque d’entraîner une gestion opaque et priver les personnels de recours contre l’arbitraire.

A la veille du rendez-vous salarial du 2 juillet 2019, la CGT exige :

  • Le retrait du projet de loi Fonction publique
  • Un plan massif de résorption de la précarité
  • La création de postes statutaires pour répondre à tous les besoins
  • La valeur du point indiciaire
  • Le renforcement du statut
  • Un service public accessible partout et pour tous … page facebook

Urgences : appel à manifester le 6 juin

Communiqué du Printemps de la psychiatrie

Pour un accueil inconditionnel et digne des personnes aux Urgences

Nous, citoyen.ne.s signataires du Manifeste du Printemps de la psychiatrie  «Pour un renouveau des soins psychiques»,  qui commence par ces mots :

« La psychiatrie et la pédopsychiatrie n’en peuvent plus. Depuis déjà plusieurs décennies, ceux qui les font vivre ne cessent de dénoncer leur désagrégation et de lutter contre le déclin dramatique des façons d’accueillir et de soigner les personnes qui vivent au cours de leur existence une précarité psychique douloureuse. En vain le plus souvent. Ce qui est en crise, c’est notre hospitalité, l’attention primordiale accordée à chacun et à un soin psychique cousu-main, à rebours du traitement prêt-à-porter standardisé qui se veut toujours plus actuel. Les mouvements des hôpitaux du Rouvray, Le Havre, Amiens, Niort, Moisselles, Paris… ont su bousculer l’indifférence médiatique et rendre visible au plus grand nombre le chaos qui guette la psychiatrie. Pour percer le mur du silence, il n’aura fallu rien de moins qu’une grève de la faim … »

– avons apporté notre soutien à la mobilisation des soignants des services d’urgences par le communiqué du 30 avril dernier,

– nous engageons toujours davantage à leurs côtés en rejoignant leur appel à grève et manifestation le 6 juin 2019, relayé par la Fédération Sud Santé sociaux qui a déposé un préavis de grève.

Nous avons pris connaissance de la situation catastrophique des urgences du Centre hospitalier de Lons-le-Saulnier et des réquisitions de personnels que la police vient chercher à toute heure à leur domicile.

La situation aux urgences est le reflet de la déliquescence programmée des services, l’illustration de toutes les insuffisances : le défaut d’accès aux soins de ville, le reste à charge, l’humiliation des « parcours sociaux » réservée aux plus précaires et aux pauvres, le défaut de moyens aux urgences, en psychiatrie et dans les EHPAD, l’attente grandissante, l’épuisement secondaire des équipes.

Faute de formation aux problématiques psychiques, faute d’un nombre suffisant de soignants et donc de temps pour un accueil attentif des personnes en grande souffrance ou en crise, le passage aux urgences se termine pour elles bien trop souvent par la mise sous contention et une hospitalisation sous contrainte, des traumatismes qui pourraient être évités.

La mort d’un patient en mai 2018 à l’Hôpital européen Georges Pompidou à Paris dans des conditions dénoncées par des médecins réanimateurs eux-mêmes est sous le coup d’une omerta de la part de la direction de l’Hôpital et de l’AP-HP (Mediapart, article du 2 juin 2019).

Fusions de services et restructurations génèrent des soins sous haute tension. Chaque site dysfonctionnant devient l’occasion d’une fermeture avec de lourdes conséquences pour les sites voisins.

Comme les soignant.e.s des urgences, nous citoyen.ne.s, exigeons les moyens humains nécessaires pour soigner les personnes et les accueillir dans des conditions dignes, qui respectent leurs droits fondamentaux et, selon une éthique sur laquelle il est impossible de transiger.

Printemps de la psychiatrie, le 4 juin 2019

 

Rendez-vous à Montparnasse le 6 juin à 13 heures, pour manifester en direction du ministère des Solidarités et de la Santé.

 

AGENDA / MAI 2019

9 mai  : Manifestations pour la fonction publique

PARIS : Départ à 14h de Denfert-Rochereau en direction des Invalides
Place Denfert-Rochereau > Bd Raspail > Montparnasse > Invalides / Place Vauban

La Commission mobilisation du travail social IDF, le Printemps de la psychiatrie, la P.P.U., le Collectif de la pédopsychiatrie du 19ème en lutte !, se donnent RDV pour former un cortège commun santé-social-psy à 13h au métro RASPAIL
et à 19 h 30 pour une assemblée générale :
Salle Henaff, Bourse du Travail de Paris ,
29, boulevard du Temple, 75011, métro REPUBLIQUE

L’appel intersyndical Ile-de-France  « Le gouvernement veut en finir avec les services publics. Toutes et tous en grève et en manifestation le 9 mai ! »/ Solidaires, CGT, FO, FSU, et l’Appel intersyndical national  « Les services publics et la fonction publique appartiennent à tous. Protégeons-les ! »/ CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FAFP, FO, FSU, Solidaires, UNSA sont sur Démosphère

Le Printemps de la psychiatrie, appelle à manifester le 9 mail,  « Avec le printemps de la psychiatrie est venu le printemps des urgences et des libertés publiques », et l’USP et SUD ont déposés des préavis de grève.

 

Communiqué du 30 avril 2019

Communiqué :  Avec le printemps de la psychiatrie est venu le printemps des urgences et des libertés publiques.

Le printemps de la psychiatrie apporte son soutien et se joint à la mobilisation des services d’urgence partout dans le pays contre la dégradation des conditions d’accueil des patients et de leurs proches. Le printemps de la psychiatrie s’associe à ce combat pour la dignité des personnes en précarité physique, psychique et sociale et pour la dignité de celles et ceux qui les soignent tant au quotidien que dans les situations d’urgence.

Pour la psychiatrie, les services d’urgences sont l’un des dispositifs sous pression du fait de la dégradation des conditions d’accueil et de la non prévention des crises et des pathologies aiguës. Faute de temps, faute de personnels formés, faute de moyens, faute de conception de ce qu’il faut en psychiatrie pour qu’une situation aiguë ne se transforme pas en situation d’urgence, les dispositifs de dernier recours sont toujours plus sollicités.

La déconstruction de réelles pratiques de prévention au profit de pratiques de court terme aggrave l’engorgement des urgences par des personnes ayant des troubles psychologiques ou psychiatriques qui se retrouvent sans soins ou sans assez de soins.

La déconstruction du travail social, des services publics de la petite enfance au grand âge favorise l’arrivée aux urgences de personnes qui auraient pu s’en passer.

L’agressivité ou la violence qui peuvent se présenter aux urgences sont aussi le révélateur de la violence de la société, des décideurs politiques et d’un modèle économique qui abandonnent les personnes ayant des troubles psychiatriques à leur sort, qui abandonnent les équipes tentant de les accompagner dignement au quotidien, qui abandonnent les soignants des urgences les prenant en charge en dernier recours une fois que l’urgence est dépassée.

Cette situation de catastrophe est aggravée par des pratiques de contentions florissantes aux urgences comme a pu le révéler le contrôleur général des lieux de privation de liberté avec sa recommandation en urgence lors d’une visite dans un centre hospitalier.

Là aussi, les contentions sont révélatrices d’un problème structurel : celui l’abandon de la relation interhumaine comme l’une des thérapeutiques essentielles pour toute personne malade.

Par ailleurs, le printemps de la psychiatrie s’indigne de la constitution d’un fichier criminalisant encore plus le mouvement social des gilets jaunes, comme cela a été révélé par le Canard enchaîné.

Dans le champ psychiatrique, nous rappelons que l’ensemble des personnes hospitalisées sous contrainte sont déjà fichées depuis la circulaire Collomb de mai 2018.

Des associations de psychiatrisés (CRPA), la CNIL, des syndicats de professionnels (USP, SPH) et des associations de famille (UNAFAM) se sont mobilisés auprès du conseil d’État pour dénoncer ce fichier, véritable casier psychiatrique assimilant les personnes malades à des potentiels terroristes.

Nous appelons donc à la mobilisation contre tout type de fichage réduisant les libertés publiques à leur portion congrue et faisant des professionnels de santé des auxiliaires d’une politique autoritaire et sécuritaire.

Le printemps de la psychiatrie sera partie prenante des mobilisations du 1er mai 2019 et du 9 mai 2019.

Le Printemps de la Psychiatrie

Manifestation du 1er Mai :

RDV à 13 h au Métro Vavin pour former une cortège « psychiatrie-santé-social »

L’évènement Facebook  ici

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printempsdelapsychiatrie@gmail.com

La page Facebook du Printemps

Collectif Pédopsychiatrie du 19ème en lutte

Appel du Collectif Pédopsychiatrie du 19ème en Lutte !

Venez nous soutenir le 17 avril 2019, au 114 avenue de Flandre

Nous sommes des soignants du secteur de pédopsychiatrie du 19ème arrondissement de Paris en lutte contre les politiques anti-sociale et la casse de nos services publics.
En 2016, nous nous sommes constitués en collectif, portés par les mouvements sociaux contre la loi travail du gouvernement Hollande et la nécessité de réagir aux regroupements (qui ont eu lieu au sein) de nos hôpitaux Parisiens dans une indifférence quasi générale imposés par à la loi HPST de 2009 dites « Loi Bachelot » et renforcés par la loi Santé « Tourraine » en 2016. 

Au sein de notre secteur nous avons organisé de nombreuses manifestations en lien également avec d’autres collectifs du secteur social et médico-social (19ème côté adulte et 10ème côté pédopsychiatrie, la commission « action travail social », la commission « psy-soins-accueil », etc.).
Nous sommes en lutte localement pour la défense de nos budgets de formation et notamment pour le droit à la formation individuelle. Nous nous sommes également opposés au contrat de pôle (délégation de gestion) qui consiste à faire de nous des gestionnaires soumis aux dictats de la toute-puissante administration. Nous luttons également pour la défense de nos associations de secteur que l’administration incite outrageusement à transformer en caisses de gestion des budgets de secteur ou à faire disparaître comme dans de nombreux secteurs de psychiatrie et de pédopsychiatrie. 

Une attaque au long cours 

Cela fait plusieurs années que la pédopsychiatrie publique connaît de graves attaques idéologiques et financières de la part des gouvernements successifs, mettant à mal notre capacité à répondre à nos missions. Nous sommes au quotidien auprès d’enfants ayant besoin de soins psychiques nécessitant du temps, de la disponibilité psychique des soignants, ce qui se traduit par la possibilité de les recevoir régulièrement ainsi que leurs parents, mais aussi par le fait de travailler le lien avec les partenaires que sont l’Education Nationale, l’Aide Sociale à l’Enfance, mais également les institutions médico-sociales et les associations de quartier. Grâce à ce travail, nous pouvons tisser autour de l’enfant un maillage sur-mesure à même de le soutenir dans ses potentialités. 

Nos outils de travail sont l’accueil, l’écoute, le jeu, la parole, des sorties, des séjours, mais surtout du temps pour penser en équipe les enfants que l’on accueille et la liberté de pouvoir modifier le cadre institutionnel en fonction de chacun d’eux. En effet, nous accueillons bien des enfants et leur famille et non pas des pathologies ou des troubles. Des enfants qui viennent avec leur histoire singulière et qu’aucun cadre préexistant, aucun protocole ou classification diagnostique ne peut saisir dans sa globalité. Nous nous appuyons sur des concepts théorico-cliniques qui empruntent à différentes approches : psychodynamiques, psychanalytiques, développementales, éducatives et cognitivo-comportementales. On peut appeler cela de la psychothérapie institutionnelle, de la sociothérapie ou encore des pratiques intégratives, après tout peu importe. Il s’agit de pouvoir être- là, créatifs chaque jour auprès des enfants, de tenter de comprendre quelque chose de leurs aliénations psycho-sociales, de leur « être-empêché » et de leur permettre ainsi de s’appuyer sur la relation thérapeutique pour s’apaiser, changer, et de poursuivre leur vie dans les meilleures conditions. 

Ce travail, lorsqu’il est possible, permet à beaucoup d’enfants de pouvoir entrer en relation, c’est-à- dire de pouvoir dire, de leur place, ce qui se passe pour eux mais aussi d’entendre ce que les autres ont à leur dire. Lorsque nous en avons les moyens, ce travail permet aux enfants de se libérer de leurs angoisses et donc des souffrances multiples qu’elles engendrent. Autrement dit, nous pensons simplement les aider, avec leur environnement proche, à être sujet d’eux-mêmes et à être le plus épanouis et heureux possible. 

Pour de nombreuses familles, le travail psychothérapeutique effectué en CMP permet à l’enfant de reprendre une vie de famille apaisée, une scolarité qui était devenue impossible, une vie sociale qui était entravée, etc. Dans d’autres situations, cela se traduit parfois par « des petits riens » plus difficiles à objectiver : un regard, la possibilité de jouer, de partager un jeu avec un autre enfant, ou encore la possibilité pour certains parents de sortir dans la rue avec leur enfant ou de prendre les transports lorsque ce n’était pas possible avant. Mais « ces petits riens » sont en fait les signes d’importants changements subjectifs.
Et c’est ce travail, de rencontre et de lien, qui est attaqué par les mesures autoritaires et liberticides que nous combattons aujourd’hui ! 

La mise en place des Groupement Hospitalier Universitaire, énorme fusion qui vise à réduire les coûts, apporte un lot de mesures incompatibles avec le cœur de notre activité: 

Nous subissons le passage en force d’une Organisation du Temps de Travail (OTT) imposée par la direction du nouveau GHU Psychiatrie-Neuroscience. De nombreuses protestations se sont faîtes entendre, une grève a eu lieu, mais la direction a gardé le même cap, à l’instar de nos gouvernants autoritaires. Cette OTT inadaptée nous pousse à recevoir les enfants moins longtemps et moins souvent sous le prétexte fallacieux de pouvoir recevoir plus de familles et ainsi de tenir la cadence des demandes.
Mais nous n’y arrivons plus depuis longtemps déjà ! Sur notre secteur, il y a aujourd’hui des centaines d’enfants qui attendent une première consultation depuis plus de six mois à un an. Nous sommes en flux tendu permanent et nous perdons des jours de congés. L’épuisement général se fait sentir. De plus en plus de soignants partent en arrêt maladie ou bien quittent tout simplement le service public. La qualité des soins s’en trouve gravement atteinte. Alors que dans le même temps, le 19ème arrondissement a vu sa population augmenter de 10 000 habitants en 10 ans et 20 000 en 20 ans, sans augmentation des effectifs soignants.
Nous réclamons au moins le double de nos effectifs actuels pour mener à bien notre mission de service public. Et nous réclamons la liberté de choix des équipes dans leur Organisation du Temps de Travail. 

Nous subissons également une baisse de moyens en matière de formation. Nous avons perdu l’équivalent de 11000 euros de budget formation en 2016 soit 50% de notre budget initial. C’est pourtant le poumon de nos métiers qui alimente notre pratique clinique au quotidien auprès des enfants. Elle nous permet d’enrichir nos pratiques, de les questionner, bref de remettre de la pensée là où parfois elle s’épuise…
Nous avions créé une commission formation (la loi HPST de 2009 instaurait la création de ces instances décisionnelles sans en définir un mode particulier de fonctionnement). Cette commission était un véritable outil de démocratie autogestionnaire où chaque profession et chaque unité fonctionnelle du secteur était représentée. Ce mode d’organisation avait ouvert des espaces de réappropriation1 de nos outils de travail où étaient liées pratique clinique et formation. Nous avions pu construire ainsi des formations plus adaptées à la réalisation de nos projets cliniques. Aujourd’hui par exemple nous peinons à suivre des formations d’orientation analytique, qui sont pratiquement absentes des nouveaux plans de formation. A l’inverse, apparaissent de plus en plus de formations aux méthodes comportementales.
Nous exigeons donc le maintien d’un budget de formation à hauteur de 22000€, ainsi que la possibilité de travailler démocratiquement le choix de nos formations en commission. 

Nous subissons la dotation des activités quotidiennes et du matériel (c’est à dire l’enveloppe de secteur qui concerne l’achat de jeux, jouets etc.) en fonction de la file active (nombre de nouveaux patients pris en charge par an). Cet alignement a été entériné par la signature du contrat de pôle qui lie la cheffe de pôle avec l’administration. C’est une des raisons pour laquelle nous nous étions battus en 2016 afin d’empêcher cette signature de passer en silence comme dans de nombreux services. Mais en vain.
Comme la quasi-totalité des services de psychiatrie et pédopsychiatrie, nous sommes ainsi soumis à la VAP (Valorisation de l’Activité en Psychiatrie) qui n’est rien d’autre qu’une Tarification à l’Acte (T2A) amenuisée (car elle n’influe pas sur la masse salariale). Cette organisation gestionnaire vise uniquement une logique de rentabilité. Cette dernière s’accompagne de moyens informatiques de contrôle qui nous oblige à saisir des actes pour alimenter des données en ce qui concerne la file active ce qui nous fait perdre de l’énergie et un temps soignant conséquent. Chez nous, ce logiciel s’appelle Cortexte, et les données saisies permettent en retour de mettre en compétition les unités fonctionnelles du secteur. 

Ces pratiques de rationalisation du travail digne des grandes entreprises nous mettent en grande souffrance éthique. Il y a de moins en moins de place faite à la confiance et à l’intelligence collective.
Nous souhaitons mettre un terme à ces outils de contrôle gestionnaire ! Organisons la grève des outils de gestion numérique, (cortexte(s) et cie !!) 

Nous subissons les recommandations de bonnes pratiques (traduire «directives ministériels ») de la HAS (Haute Autorité de Santé) s’appuyant sur une prétendue « scientificité » qui n’est souvent que du scientisme au bénéfice de lobbies cherchant à vendre des méthodes « toutes faites » qui promeuvent la prescription de médicaments. Ces directives font pression pour que les équipes adoptent de façon systématique des méthodes qui ne conviennent pas à tous les enfants.
Nous n’avons pas besoin de méthode. Encore une fois, nous avons besoin de liberté et surtout de temps pour accueillir les enfants et leurs familles. Nous avons besoin de confiance pour élaborer collectivement des soins adaptées à chacun d’eux. Les lobbies, la secrétaire d’état, certaines associations de parents d’enfants, nous attaquent, alors que nous sommes déjà à terre. Il s’agit d’une véritable instrumentalisation de la souffrance des patients et de leurs parents.
A l’heure où la place est donnée aux start-up en santé mentale et à la financiarisation de ce secteur (le concept de « décloisonnement » dans le projet de loi « ma santé 2022 »), où l’on parle de désinstitutionnalisation des enfants handicapés, de la dé-psychiatrisation des enfants autistes, de plus en plus de parents sont laissés pour compte. Ils doivent s’arrêter de travailler parce que les enfants sont déscolarisés et sans aucune solution de prise en charge institutionnelle. Ces parents ont bénéficié de « l’excellence » des CHU en matière de diagnostic et d’orientation…
Bravo l’inclusion ! Mais quelles solutions sur le long terme ?
Nous exigeons l’arrêt des recommandations de « bonnes pratiques », véritable usine à gaz qui cache la campagne de désinvestissement de l’Etat en matière de soin gratuit pour les enfants. 

En 2017, la direction a demandé aux associations de secteurs (notamment les clubs thérapeutiques) de se mettre en conformité avec la loi de 2016, dite de modernisation de notre système de santé, qui oblige ces associations à signer une convention avec l’établissement. Ce type de convention est censée permettre aux associations de secteur de continuer à fonctionner avec des soignants salariés, dans les locaux de l’hôpital et en recevant une subvention du service financier de l’établissement (environ 4000 à 8000€). L’association de secteur est un outils de soin en ce qu’il tend à la fabrication du collectif au sein de l’hôpital psychiatrique, en permettant aux patients et aux soignants d’avoir un espace de vie démocratique, en se projetant ensemble dans des activités diverses ayant trait à la culture, la vie de quartier, les loisirs, bref, tout ce qui permet de modifier un peu le contexte social, même localement, pour le rendre plus vivable ou en tout cas moins pathogène. La loi change simplement les missions générales de l’association pour en faire « une association en santé mentale » devant mettre en œuvre un projet thérapeutique visant les soins, la prévention, la réadaptation et la réhabilitation des patients. Le problème est que la direction profite de cette mise en conformité pour introduire une règle ne relevant pas du texte de loi. Par exemple, elle impose par le biais d’une convention-type que notre associations de secteur (l’AUSA 19) gère la globalité de l’enveloppes de secteurs allouée aux activités thérapeutiques, achat de matériel, courses quotidiennes etc. (soit 20 000 à 40 000€). Si nous refusons, elle menace tout simplement de ne pas passer de convention, ce qui entraînerait in fine sa dissolution. Or, nous savons qu’il s’agit pour la direction de pouvoir se décharger d’une tâche de gestion qu’elle ne parvient plus à remplir pour que ce soit les soignants qui s’en chargent via l’association.
La Coordination des Associations de Maison-Blanche s’est constituée en réaction à cette campagne et œuvre depuis plus d’un an à défendre la spécificité des associations de secteur. 

Nous nous battons actuellement pour que nos associations (conventionnées) puissent continuer à être subventionnée avec la possibilité pour les soignants d’œuvrer à la vie de l’association avec les patients et les familles sur du temps salarié et dans les locaux de l’établissement, comme cela est encore le cas aujourd’hui. 

Nous refusons la délégation de gestion des activités thérapeutiques via les associations pour des raisons pratiques, éthiques et idéologiques. Nous ne pouvons pas gérer, nous soignants et patients, des budgets s’élevant de 20 000 à 40 000€. Nous ne pouvons pas prétendre à un fonctionnement démocratique en gérant les activités thérapeutiques qui serait inféodées au Chef de Pôle qui a le pouvoir de décider seul des orientations de soin. 

Nous y voyons aussi et surtout le glissement vers un mouvement plus global de privatisation des soins en santé mentale en amenant les soignants à intérioriser des préoccupations gestionnaires et à s’habituer à fonctionner à partir d’appels à projets et de partenariats publics/privés. 

Ces mesures abjectes sont appuyées par une véritable campagne communicationnelle. Nous recevons chaque semaine des dizaines de mails du GHU-communication relayant tel article sur l’excellence de notre hôpital ou telle proposition de start-ups en innovation sanitaire (E-santé mentale).
Nous réclamons l’arrêt des financement des campagnes de communication pro-GHU par l’établissement, dépenses à nos yeux inutiles ! 

Et nous aurions encore à témoigner de tant de choses … 

Les perspectives de notre combat 

Il est temps de s’organiser et de construire des stratégies politiques sur le long terme qui soient partagées par le plus grand nombre. Si chaque hôpital est touché par ces politiques de façon spécifique et en fonction des arrangements ou des luttes locales, il est aujourd’hui plus que nécessaire de construire un rapport de force large et rassembleur. 

Nous, soignants de la pédopsychiatrie du 19ème, pensons que les logiques à l’œuvre ne sont pas le fruit d’erreurs de parcours ou d’incompréhension en ce qui concerne notre travail. Toutes ces attaques servent un plan élaboré. Le projet futur des technocrates pour notre secteur peut se résumer ainsi : réduire nos missions afin de les limiter à effectuer des bilans et à poser des diagnostics sur les enfants. Cela a déjà commencé dans de nombreux CHU. Dans ce cadre, les soins seraient assurés par le milieu associatif et le libéral. Ce sera donc une « pédopsy guichet » ou «low-cost » qui n’accompagne plus, ni ne soigne, les enfants et leur famille, même les plus démunies, au quotidien et sur le long terme, et qui ne travaille plus avec ses partenaires (l’école, l’Aide Sociale à l’Enfance, la PMI etc.), qui souffrent déjà par ailleurs eux-mêmes de coupes budgétaires et d’attaques en tout genre (La dernière « Loi Blanquer » pour citer un exemple)… 

Nous sommes déterminés à nous opposer à cette désagrégation programmée de la pédopsychiatrie publique, ici comme partout ailleurs !
Ces politiques s’attaquent en effet également aux secteurs du social, du medico-social, de l’éducation nationale et à tous les métiers de l’humain et de l’éducation de nos enfants. Il est impératif de construire un front large, déjà amorcé par de nombreux mouvements, notamment celui des gilets jaunes, pour nous rendre visible et rendre visible les populations les plus précaires avec lesquelles nous travaillons ! Il nous faut travailler aux bases d’une solidarité populaire capable de repenser le bien fondé de nos secteurs. « On juge du degré de civilisation d’une société à la façon dont elle traite ses fous » disait Lucien Bonnafé. Si la psychiatrie est la loupe grossissante de notre société alors n’attendons plus pour élargir et structurer nos luttes ! 

Nous nous battons pour construire une pédopsychiatrie humaine et respectueuse des enfants, de leur famille et des personnels soignants. Nous nous battons pour une meilleure répartition des richesses et un service public en bonne santé. Nous nous battons contre ce gouvernement autoritaire au service des lobbies, de la finance et du patronat ! 

C’est pourquoi nous démarrerons une grève sur notre service le 17 avril prochain. Rendez- vous au 114 avenue de Flandre dès 9h30 pour une journée de mobilisation festive ! 

9H30 ACCUEIL
10H00 POINT INFORMATIONS
10H30 GROUPE DE MUSIQUE ‘‘binObin’’
11H00 SPECTACLE DE CLOWN ‘‘La Chouquette’’ 

11H30 DISCUSSIONS ET ÉCHANGES 

12h30 REPAS PARTICIPATIF / PARTAGEZ VOS PETITS PLATS !! 

14H30 POINT PRESSE + ÉCHANGES ET DÉBAT INTERVENTION DES ACTEURS DU QUARTIER 17H00 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 

Contact : collectifpedopsy19@gmail.com 

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La pedopsy du 19ème en grève : RDV le 17 avril

 

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APPEL DU COLLECTIF PEDOPSYCHIATRIE DU 19ème EN LUTTE :

Grève et manifestation festive le 17 avril

Rendez-vous à 9 h 30 au 114 avenue de Flandre, 75019 PARIS

Nous, soignantes et soignants de la pédopsychiatrie publique du 19ème arrondissement de Paris, sommes de nouveau en grève.

Cela fait plusieurs années que la pédopsychiatrie connaît de graves attaques idéologiques et financières de la part des pouvoirs politiques en matière de Santé Publique, mettant à mal notre capacité à répondre à nos missions.

Nous avons décidé de nous mettre en grève et d’organiser une manifestation festive pour défendre notre secteur, notre éthique de travail et notre attachement au service public.

Cette journée se construit également en lien avec les Semaines De La Folie Ordinaire et le Printemps pour la psychiatrie.

Ce que nous dénonçons :

  • Un hôpital-entreprise débouchant sur une fusion des hôpitaux psychiatriques parisiens1 dans des logiques purement gestionnaires.

  • Du temps soignant perdu à remplir des actes sur un logiciel de traçage conçu par des gestionnaires dans un but comptable.

  • Une nouvelle organisation du temps de travail incompatible avec les réalités du terrain passée en force (diminution du nombre de consultations, suppression de temps de réflexion, travail avec les partenaires institutionnels rendu difficile, suppression de RTT, …).

  • L’explosion des demandes de soins sans moyen supplémentaire, 22% en 15 ans avec une augmentation des situations complexes (voir le rapport de l’IGAS 2).

  • Les listes d’attente qui augmentent avec des enfants et adolescents qui attendent depuis plus de 12 mois pour être suivis sur le service (de 100 à 300 demandes)

  • Une baisse des budgets de formation de 50% soit 11000 euros supprimés en 2016.

  • Des techniques de management brutales qui mettent à mal le personnel et la dimension collective de notre travail.

  • Une pression de la direction pour nous imposer la gestion de notre budget de secteur via notre association de santé mentale, opérant ainsi un glissement certain vers la privatisation de nos activités thérapeutiques.

Ce que nous défendons et revendiquons :

  • Des moyens humains et matériels à la hauteur des besoins de la population en doublant les effectifs médicaux et non médicaux (éducateur, infirmier, orthophoniste, secrétaire, …)

  • Des locaux adaptés pour un accueil digne des patients.

  • Une hausse des budgets des activités thérapeutiques et des séjours thérapeutiques pour soigner enfants et adolescents dans de bonnes conditions de l’ordre de 20000€ supplémentaires.

  • Des moyens de formations à hauteur des besoins des professionnels soit 25000€ / an.

  • Un temps de réflexion clinique indispensable qui garantit un travail thérapeutique de qualité et du temps pour le travail de réseau avec les partenaires de l’enfance (école, collège, ASE, PMI, etc., …)

  • L’arrêt de la nouvelle organisation du temps de travail.

  • Une liberté dans le choix de nos références théorico-cliniques et de nos pratiques sans qu’elles soient dictées par des politiques gestionnaires ainsi que par la Haute Autorité de Santé.

  • Une garantie du maintien et du fonctionnement des associations de santé mentale qui financent des actions auprès des enfants et des familles avec du personnel soignant.

  • Une politique de secteur de proximité (un secteur pour 200.000 habitants au maximum).

Cette journée de grève nous permettra de rencontrer les parents des enfants et adolescents que nous suivons, les habitants du quartier, les associations, les écoles et collèges, les partenaires sociaux, les syndicats, les élus et toute personne concernée par la dégradation de nos conditions de travail et d’accueil des enfants ayant besoin de soins psychiques et psychiatriques dans le 19ème arrondissement de Paris.

1 Intégré au Groupement Hospitalier Universitaire Sainte Anne psychiatrie et neuroscience depuis janvier 2019 sans aucune réelle concertation avec le personnel. Regroupement de 5 hôpitaux : Perray Vaucluse, Saint Anne, Maison Blanche, ASM13, Saint Maurice. Ces groupements hospitaliers naissent partout sur le territoire. Cette politique de la sante devrai permettre à l’état d’effectuer 22 milliards d’économies.

 

Tract Pédopsychiatrie 19eme(1)