Appel à manifester le 21 mars

Après la manifestation du 22 janvier à l’appel de Pinel en lutte et de la Psychiatrie Parisienne Unifiée rejoints par des délégations du Havre, de Niort et beaucoup d’autres, le Mouvement pour un Printemps de la psychiatrie appelle à une journée de mobilisation nationale le 21 mars. Des préavis de grève sont déjà annoncés par des syndicats.

APPEL à manifester le 21 mars :

La psychiatrie veut sortir d’une insupportable hivernation qui a vu prospérer chambres d’isolement et contentions. Le soin, l’accompagnement et la relation sont en danger, étriqués par les protocoles, déformés par la certification qui atteste surtout que les procédures sont respectées. Soignants et travailleurs sociaux, eux-mêmes précarisés, sont trop occupés à nourrir les ordinateurs, ce qui les empêche d’être disponibles au quotidien auprès des usagers, des patients et de leurs familles.
L’argument scientifique, plus que jamais, devient un instrument mis au service des restrictions budgétaires.
Ainsi en pédo-psychiatrie, en psychiatrie, dans le médico-social, il est exigé d’établir les diagnostics les plus précoces et les techniques normalisantes les plus sophistiquées, au besoin en faisant appel à des cabinets privés (chers). Dans le même temps, les services publics de proximité sont privés des moyens pour répondre aux besoins, voire supprimés dans les zones les plus précaires, les plus rurales et les plus sensibles.
Les témoignages de cette régression parviennent de partout et cette catastrophe ne peut plus durer.
Le fond de l’air est nauséeux, il est au management brutal depuis de nombreuses années maintenant. L’humain se résume à son utilité économique, à sa performance. En revanche, les dépenses sont toujours plus grandes pour les plus privilégiés (CICE, évasion fiscale de soixante milliards d’euros par an). 
Voilà ce qui a motivé le Manifeste pour un renouveau des soins psychiques et le mouvement du « Printemps de la psychiatrie ».
Le printemps de la psychiatrie est écologique : il prône une psychiatrie « raisonnée », respectueuse de l’environnement des personnes et de la société ; il est adepte des circuits courts et des soins de proximité. Le printemps de la psychiatrie milite pour une recherche publique, transparente, sans conflits d’intérêts et plurielle. Le printemps de la psychiatrie ne durera pas qu’une saison, il s’inscrit dans le temps long des semences et des récoltes. Le printemps de la psychiatrie aspire à être un printemps de la santé et du social. Un printemps de la société.

 

Manifestation à Paris le 21 mars :
Parcours confirmé par la pref ! Venez fleuris ou avec des fleurs à partir de 9h30, 47 boulevard de l’Hôpital (square Pierre et Marie Curie), Métro Saint Marcel, Paris 13ème.
10 h 00 : Opération « La statue de Pinel en fleurs »
11h – 11 h 45 : Graines d’interventions pour expliquer la mobilisation
12 H – 13 h : Marche des jardiniers de la statue de Pinel à la place de la République
13 h – 15 h Récolte de paroles et de propositions lors du forum
15 h – 16 h : AG à la Bourse du travail, salle
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Agenda Mars

MARS 2019, un mois de folie !

14 mars : appel national de la CGT  à  manifester localement.

19 mars :  Manifestation à Paris, mobilisation interpro
Nouvelle journée de grève interprofessionnelle à laquelle se joint la commission de mobilisation du travail social IDF, qui appelle à un nouveau cortège psy, santé, social et à une AG à 17h pour discuter des suites, notamment du 21 mars. RDV à 12h à Port Royal. Soyons encore plus massif que le 05 février dans un cortège visible et dynamique !

21 mars : Manifestation « Printemps de la psychiatrie »
à Paris – 10 H/15 H
Du boulevard de l’hôpital à la République, en passant par la Bastille ! La psychiatrie se déchaîne !

à Reims :  Le 21 mars à 17 H 30, les SDLFO, 9ème édition ! Soirée-débat Connexions… en présence des cinéastes Philippe Borrel et Nicolas Contant, à la Maison commune du Chemin Vert.

23 mars, 14 H : La Parole Errante – Montreuil (93) – Salle du haut, 9 rue François Debergue – M° Croix de Chavaux

14-16h : Après-midi proposée par le Terrain de Rassemblement pour l’Utilité des Clubs (Truc), la Fédération des Exceptions (Fedexc) et le Mouvement pour un Printemps de la Psychiatrie

30 et 31 mars : journées de débats en clôture des SDLFO franciliennes, 2ème édition,  à la Parole errante, 9 rue François Debergue – M° Croix de Chavaux, Montreuil.

Plus d’info ici

 

 

 

 

Mardi 19 à la fac Paris 8, 18 H

La moindre des choses, de Nicolas Philibert

Dans le cadre des « Semaines de la Folie Ordinaire », l’université Paris 8 Vincennes à SAINT-DENIS (93), propose une projection-débat de La moindre des choses (1996) de Nicolas Philibert, en présence du réalisateur et de Linda de Zitter.

Entrée libre et gratuite : SALLE DE CINEMA  – BATIMENT A – Salle A1- 181

M° Saint-Denis Basilique  (face à l’université)

PROGRAMME de la Semaine de la Folie Ordinaire 2019 :
 
ET SUR LE SITE DE PARIS 8 :

 

Préavis de Rêve : 21 mars 2019

Mouvement pour un Printemps de la psychiatrie

  Préavis de Rêve le 21 mars

La psychiatrie veut sortir d’une insupportable hivernation qui a vu prospérer chambres d’isolement et contentions. Les formations initiales, réduites à leur portion congrue, ne savent plus que décliner des pseudos-compétences, de vagues savoir-faire, qui ne permettent plus de penser la clinique contemporaine.

La science est mise au service du pouvoir économico-politique et ne sait plus qu’énoncer : « Le cerveau ! Le cerveau vous dis-je. Il faut plein d’euros pour la neuro. Et des roupies pour la psychiatrie. »

Les usagers promus pairs-aidants aujourd’hui ne sont que des faire valoir, les dernières têtes de gondole des think tanks néolibéraux, alors qu’une reconnaissance du savoir expérientiel et du potentiel soignant de tous leur sont déniés.

Attention, les blouses ne réussiront bientôt plus à enfermer les soignants !

Ne sentez-vous rien ?

Le fond de l’air est nauséeux. Le désodorisant bon marché des communicants a beau tenter de le parfumer, il n’en reste pas moins un air vicié que l’on peut sentir, que l’on peut ressentir. Le fond de l’air de notre société est aux économies imposées aux services publics et aux services à la personne. Le fond de l’air est à la rationalisation économique, à la promotion de l’utilitarisme depuis de nombreuses années maintenant. L’humain se mesure à son utilité économique, à sa performance. Le fond de l’air est également aux dépenses toujours plus grandes pour les plus privilégiés, à l’absence toujours plus nette de socialisation des profits (CICE, évasion fiscale de soixante milliards d’euros par an). 

Une sève nouvelle irrigue nos veines. Des parfums chatoyants titillent nos narines.

La psychiatrie est à la rue !

Le soin et la relation qui le sous-tend se désagrègent, fracassés par les protocoles, cadenassés par la certification qui atteste surtout que les procédures sont respectées … à la lettre. A défaut de respecter les patients !

Il suffit d’attendre que le traitement fasse son effet… En étant attentif à la qualité de l’hôtellerie… Et à l’identitovigilance ! Il y a des giboulées qui se perdent.

Soignants et travailleurs sociaux, eux-mêmes précarisés, sont trop occupés à nourrir les ordinateurs, pour être présents au quotidien auprès des patients. Et vogue la nef. Plus de salles de réunions pour échanger mais une inflation de chambres d’isolement, un déluge de sangles, alpha et omega du soin néolibéral. Il n’y a plus de débat que grand. La pensée, elle, est aux abonnés absents … Mais ça bourgeonne de partout. Il se pourrait même que nous couvions un Igor Stravinski.

La psychiatrie est dans la rue !

La rue c’est chez nous, la rue des rencontres et des déambulations qui se sont muées, pour certains d’entre nous, toujours plus nombreux en quartier d’errance et d’abandon. Ces quartiers que les soignants de secteur parcouraient à pied, ces immeubles dont ils connaissaient chaque gardien, ces bistrots tranquilles où ils rencontraient les personnes qu’ils suivaient pour le lien, pour ne pas les envahir.  Les familles les recevaient en sortant les tasses en porcelaine. Elles les appelaient bien avant la crise. Nul n’avait encore formalisé l’éducation thérapeutique mais petit à petit chacun repérait des signes annonciateurs d’une rechute et savait auprès de qui chercher de l’aide. Les hospitalisations sous contrainte n’avaient pas encore explosé. Et puis, ces soignants ont été contraints de les abandonner, petit à petit. Faute d’être arrosées, nos rues, aujourd’hui territoire de santé, sont devenues un désert psychiatrique.

Les jardiniers sont de retour.

Rejoignez-nous pour le Sacre du Printemps à Paris le 21 mars.

Venez avec des fleurs à partir de 9h30 . Lieu de RDV en attente de l’accord de la préfecture.

9h30  Accueil

10h00 : Jardinage collectif !

11h-11h45 : Graines d’interventions pour expliquer la mobilisation

12h-13h  : Marche des jardiniers dans les rues de Paris

13h-15h00  : Récolte de paroles et de propositions lors du forum (place de la République)

15h-16h :  AG à la bourse du travail

Contact : printempsdelapsychiatrie@gmail.com

Agenda février

5 février à 13 h : Manifestation à Paris, cortège commun à l’appel de Commission Mobilisation du Travail Social, Psychiatrie Parisienne Unifiée, Collectif Pédopsy du 19ème en lute, Sud Santé Sociaux…

à 18 h : AG à l’annexe de la Bourse du travail, Salle Henaff, 29 Boulevard du Temple – M° République, Paris

8 février : Journée du Serspy « Qu’est-ce qu’on risque? » au centre hospitalier Montperrin, Aix-en-Provence. Plus d’infos ici.

9 février à 14 h 30  : Réunion de la « Fedexc », Fédération des pratiques altératrices en psychiatrie, au Lieu-dit, 6 rue Sorbier, Paris 20ème.