AGENDA NOVEMBRE 2019

NOVEMBRE 2019

Jeudi 14, Journée nationale de mobilisation, manifestation à Paris « Sauvons l’hôpital public »:   Appel à manifester du Printemps de la psy, RDV à 12 h, Métro Port-Royal.

Samedi 16, 13 h – 17 h : Réunion mensuelle du Printemps de la psychiatrie. Bourse du Travail, 3 rue du Château d’eau (métro République), Salle Pottier.

Samedi 16, 10 h – 16 h : Réunion du Fil conducteur psy à Notre-Dame-du- Travail, 34/36 rue Guilleminot 75014 Paris,  salle St François, 1er étage.

Lundi 25, à 18 h 30 : Réunion de la Commission du Printemps « Action contre les outils gestionnaires » , à la Bourse du travail, 3  rue Château d’eau (métro République), salle commission A, 1er étage. commissionoutilgestionnaire@gmail.com

MARSEILLE , mardi 26, à 16 h 30 : rencontre-débat sur le thème du Renouveau du soin psychique, C.H VALVERT, 78 Boulevard des Libérateurs, salle des instances.

Samedi 30,  11 h – 17 h Assemblée Générale du Printemps de la psychiatrie, au « T2G », Théâtre de Gennevilliers, 41 avenue des Grésillons (métro Gabriel Péri, ligne 13).

 

« Rexister » : psychiatrie et ébullition du monde de la santé

Le monde de la santé est en ébullition, la psychiatre toujours en feu et ses pompiers pyromanes sont aux commandes. La lutte à venir est nécessaire, décisive pour « réxister ». Rendez-vous le 14 novembre pour la mobilisation nationale de la santé et pour l’AG du printemps de la Psychiatrie fin novembre.

L’ébullition du monde de la santé est en cours, l’embrasement de la psychiatrie continue au Rouvray, à Toulouse, à Moisselles et ailleurs. Une constellation d’organisations prépare une mobilisation d’ampleur le jeudi 14 novembre 2019 avec un rassemblement à Paris et des événements en région pour celles et ceux qui ne pourront pas venir ou qui souhaiteront faire des événements locaux.

Ce front large constitué du collectif inter-hôpitaux, d’une intersyndicale large de la santé (syndicats de personnels et de médecins de toutes les spécialités confondues : Action Praticiens Hospitaliers, SNPHARE, CGT, CFDT, UNSA, SUD), de la Coordination Nationale de défense des maternité et hôpitaux de proximité, du Printemps de la Psychiatrie et du Collectif inter-urgences est en accord sur la plateforme revendicative pour soutenir le service public de santé dans son sens large à rebours de la politique de destruction de Macron, de la ministre de la santé Buzyn et de ses sbires. Il est demandé plus d’effectifs, l’arrêt des fermetures de lits et de services et la réouverture d’un certain nombre d’entre eux ainsi qu’une revalorisation salariale pour les personnels sous-payés, épuisés, maltraités par ces politiques de rationnement.

Une action médiatique est prévue le 29 octobre quand le plan de destruction de la santé publique, nommé chaque année Projet de loi de Financement de la sécurité sociale (PLFSS), fera la navette entre l’Assemblée Nationale et le Sénat. Un appel large est diffusé pour organiser des rassemblements locaux dans les établissements et / ou dans la cité, avec la population. Il faut interpeler les députés qui vont voter la loi afin qu’ils précisent publiquement leurs engagements concernant la santé publique qui se résume à cette simple question : pour ou contre la destruction du système de santé ? Tous les parlementaires qui voteront pour le PLFSS seront responsables et coupables de cette destruction.

Une action d’envergure dans une forme en cours de définition se passera le jeudi 14 novembre avec mobilisation à Paris coordonné à des actions locales pour celles et ceux qui ne veulent ou qui ne peuvent pas venir.

Pour la psychiatrie, ce premier temps de mobilisation pour sauver un système de santé public accessible devra se poursuivre par une question simple : des effectifs et des moyens supplémentaires mais pour quelle psychiatrie ?

Car des tenants de FondaMental sont dans cette mobilisation, ce qui est déjà en soi un paradoxe. Car FondaMental et l’Institut Montaigne ne font que de répéter qu’il ne faut pas plus de moyens mais une meilleure organisation… Que le programme de FondaMental est en cours d’application avec des parlementaires complices appuyés par le délégué FondaMentaliste à la psychiatrie. Alors que penser des FondaMentalistes mobilisés ? Prise de conscience tardive des écarts voire du clivage qui existe entre leur position politique pour la santé et leurs engagements cliniques pour la psychiatrie ? Ou nouveau détournement de la colère au profit de leur lobby ?

Autre point qu’il faudra éclaircir ensuite : la question de la proximité, de l’accessibilité des soins et de la question de l’hospitalo-centrisme. Les centres experts sont hospitalo-centrés et cette psychiatrie-là qui se veut hégémonique ne fait pas de soins réels dans la durée, contrairement à ce une psychiatrie ouverte et démocratique dont il est fait l’éloge dans deux ouvrages qui vont paraître aux éditions D’Une.

Pour penser ces questions et avoir un programme clair pour une psychiatrie ouverte et émancipatrice construite avec les usagers, leurs familles, les citoyens et les professionnels, le printemps de la psychiatrie invite à une Assemblée Générale qui aura lieu soit le 23 novembre à Rouen, lieu de mobilisation des blouses noires de l’hôpital psychiatrique du Rouvray, soit le 30 novembre à Paris. L’information sera diffusée sur le site du printemps de la psychiatrie prochainement. L’enjeu est de construire un proposition politique concrète pour la psychiatrie dans son sens large (pédo-psychiatrie, travail social, médico-social…) qui ne serait pas prises dans les conflits d’intérêt, l’obsession pour la privatisation puis la privation de soin. Un appel pour que les personnes dans leurs lieux et les collectifs de soin en lutte fassent un travail préalable de ce qu’il faut localement et nationalement pour la psychiatrie est nécessaire. A partir de cette première élaboration, un pot commun pourra se construire et s’articuler pour élaborer un programme d’envergure pour une psychiatrie à visage humain.

« Rexister » : l’enjeu des pratiques altératrices en psychiatrie

Dans ce contexte et à rebours de la fondation FondaMental et des solutions « ready-made » portés par le rapport Wonner et par le délégué à la psychiatrie, nous souhaitons témoigner de pratiques autres qui ne cèdent ni sur la mise en question de l’institution de la société présentée comme « inchangeable » ni sur sa tentative de transformation voire sur les possibilités d’émancipations des personnes et des institutions.

La question est de trouver des contre points aux hégémonies actuelles, de créer et soutenir des « pratiques altératrices ». Pratiques d’altérations de l’institué, en partant de là où l’on se trouve et en l’articulant à des échelles plus grandes. Ces pratiques altératrices sont vectrices de rencontres, de croisements, d’altération réciproques des personnes prises dans ces pratiques, de nouvelles circulations, de nouveaux agencements. Elles émergent et surgissent à partir et contre la fragmentation actuelle du lien social, des cloisonnements de nos espaces de travail et de vie.

Si dans la séquence précédente, les luttes se menaient contre le système asilaire matérialisé par les établissements psychiatriques, actuellement, ceux-ci sont en cours de destruction par le pouvoir. Nous devons donc prendre la mesure des nouveaux axes et des nouvelles formes de lutte : soutenir l’institué – en cours de destruction- tout en travaillant à sa subversion permanente pour que les personnes ayant affaire avec la psychiatrie puissent s’en émanciper à leur mesure : à partir d’elle, avec elle et / ou contre elle.

La question démocratique est une boussole pour nous orienter dans nos lieux et dans nos pratiques. La démocratie s’invente dans tous les espaces où des humains sont ensemble, en psychiatrie comme ailleurs, elle supporte et institue des contre-pouvoirs, des espaces de conflictualité et d’élaborations collectives. Les collectifs de soin (patients, soignants, proches) qui émergent de la situation contemporaine travaillent à l’institution d’espaces de co-élaboration, de co-délibération et de co-décision en partant des différences de chacun, des différences de statuts, d’histoires de vie, de styles, des différences d’idées… Le chemin n’est jamais tracé par avance et la façon de faire ensemble, d’être ensemble, de se tenir ensemble invente du radicalement nouveau dans un moment où chacun est sommé de s’identifier à des particularités de son être, de son apparence, de son existence, de ses croyances.

Les pratiques altératrices partent de la conflictualité et de la pluralité pour créer de nouvelles formes de vie et d’être ensemble. Sans cette éthique de l’accueil, de la prise en compte de la singularité et des constructions collectives pour la soutenir, la psychiatrie ne peut que prétendre au statut d’entreprise de redressement et de dressage. Ce pari démocratique ouvre une voie largement laissée en suspens par notre société.

Au mois de mai 2019, lors d’une séance du journal « Et Tout et Tout », association ayant la fonction de club thérapeutique sur le secteur d’Asnières sur Seine, une discussion s’engage suite à une invitation au plateau des Glières dans le cadre de la rencontre « citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui ». Pour préparer ce moment aux côtés des Pinel en Lutte, de la Psychiatrie Parisienne Unifiée et de l’association Humapsy, les journalistes d’Et Tout et Tout engage une discussion avec les personnes présentes. La scène se passe dans le salon du service hospitalier, lieu de création de cet article :

« … Nous on essaye de faire le lien entre la résistance et la psychiatrie…

– C’est compliqué comme question.

– Excusez-moi, je m’en vais c’est compliqué avec les médicaments.

– Réxister ?

– Finalement, en psychiatrie résister c’est ré-exister. Si on ne fait rien, on n’existera plus.

– C’est vrai, c’était bien ce que t’as dit.

– Résister pour exister.

– Réxistons ![1]»

Cette création géniale précise ce dont il est question : résister, exister, ré-exister à partir de cette résistance. Entre lapsus et néologisme, une forme émerge, un monde s’entrouvre.

Dans son roman « les furtifs », Alain Damasio décrit un monde entièrement privatisé où l’accès aux différents espaces urbains est conditionné par le type d’abonnement payé à l’entreprise propriétaire de la ville. Pour avoir accès aux différents services, les individus sont « bagués ». Pourtant, dans les interstices de ce monde articulant société du contrôle et de la norme néolibérale, il existe aussi des groupes autonomes inventant de nouvelles formes de lien humain faisant avec le respect du sacré, les coutumes et des émergences non déjà connues. Cette forme-là de la liberté qui ne serait pas dictée par avance par le cadre de la société de la norme ouvre à des espaces de fabrique du commun et de non appropriable. Dans ce roman d’anticipation où la folie est l’horizon de certaines rencontres entre deux mondes, Damasio crée des néologismes pour décrire de nouvelles pratiques tant du gouvernement et des firmes que des groupes qui construisent cet autre lien social subvertissant le fichage informatique, l’appropriation, l’accaparement et la privatisation de tout lien.

La lutte pour l’existence digne de tout un chacun impose une résistance. Mais nous pouvons également penser que résister permet de créer de nouvelles conditions d’existence. En suivant cette piste avec les journalistes de Et Tout et Tout, il convient de « rêviser » les pratiques et les luttes à l’aune de nos productions psychiques singulières et collectives. Viser à d’autres formes de liens, que ce soit par le rêve ou autre, est l’enjeu pour « rexister » et pour « rêviser » le monde dans lequel nous sommes.

Mathieu Bellahsen, 18 octobre 2019,

publié sur son blog Mediapart

[1] Article à paraître dans le numéro 7 de Et Tout et tout

Action du C.H. du Rouvray le 15 octobre

 

Des manifestants du centre hospitalier du Rouvray envahissent la mairie de Rouen : « On n’en peut plus, aidez-nous »

Après un envahissement de la mairie de Rouen, Yvon Robert a accepté de recevoir une délégation de manifestants du centre hospitalier du Rouvray, jeudi 15 octobre 2019.

Publié le 15/10/2019 à 15:41  (Paris Normandie.fr)

Ils réclament le respect des engagements pris en 2018. Les manifestants du centre hospitalier du Rouvray se sont rassemblés, mardi 15 octobre, devant la mairie de Rouen. Ils dénoncent la non-application du protocole obtenu après 18 jours de grève de la faim, qui promettait 30 postes (infirmiers et aides-soignants) et une unité pour adolescents.

Les 80 personnes ont envahi le balcon de la mairie en demandant d’être reçus par le maire.
Après discussion, Yvon Robert a accepté de recevoir une délégation. Celle-ci a rappelé les revendications : « On devait être 449 agents avec un renfort de 30, les postes ne sont pas là. Nous sommes moins nombreux qu’avant. Rien n’a avancé depuis 15 mois, depuis la grève de la faim. On est même moins nombreux qu’avant avec les arrêts maladie. Il y a des enfants hospitalisés en secteur adulte, avec des phénomènes de harcèlement. On devait avoir une unité adolescent cette année ! On n’en peut plus, aidez-nous » poursuit la délégation, qui estime que « la qualité des soins ne cesse de se dégrader, on a en permanence 20 à 30 lits supplémentaires installés dans les bureaux et les couloirs. On va multiplier les actions jusqu’à ce qu’on ait les postes ».
Yvon Robert leur a répondu qu’il « passerait quelques coups de fil ».

 

 

AGENDA OCTOBRE 2019

AGENDA OCTOBRE

Jeudi 3 Octobre à Nîmes, 19 h – 22H  : réunion publique du Printemps de la psychiatrie.

Jeudi 10 Octobre : participation du Printemps de la psychiatrie à l’AG du collectif inter hôpitaux (C.I.H.) à la Salpêtrière, Paris.

Samedi 12 Octobre à Paris, 13 h – 17 h, « annexe Varlin » de la Bourse du Travail, 85 rue Charlot, 75003 (métro République), salle au RDC :  réunion mensuelle du Printemps de la psychiatrie.

Mardi 29 Octobre : Premier passage du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale.

Le collectif Inter Hôpitaux, donne RDV à 12 h, au métro Chevaleret Paris 13e(en blouse pour les soignants, pour former un cortège « funéraire »vers Bercy). Ils demanderons à être reçu, ferons une minute de silence à 13h devant Bercy.
Ils proposent  dans tous les hôpitaux publics français ce jour-là  des actions de soignants avec les usagers (cortège vers les ARS, rassemblements dans les hôpitaux, minute de silence à 13h …). Page Facebook

« Les organisations syndicales représentatives médicales et paramédicales AMUF, APH, CFE-CGC, CFDT, CGT, SUD, SN PHARE, UNSA, le collectif Inter Urgences, le collectif Inter Hôpitaux, le printemps de la Psychiatrie et la Coordination Nationale des comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité, réunis à la bourse du travail le mercredi 16 octobre 2019 appellent à la mobilisation des salarié.e.s et des usager.ère.s pour défendre notre système de Santé et d’Action Sociale. »

Nîmes, le 3 octobre : réunion publique

L’Union Syndicale de la Psychiatrie et le syndicat SUD Santé Sociaux Gard-Lozère, organisent un « Printemps de la psychiatrie » dans le Gard, afin d’ouvrir un débat public sur la grande misère de la psychiatrie, de ceux qui en sont les acteurs et de ceux qui en « bénéficient » ou la subissent, à l’heure où le dernier « rapport sur la psychiatrie » (dévoilé le 18 septembre) promet de grands changements…

fly 3 oct 2019 printemps psy gard V2(1) - copie

Communiqué de soutien aux blouses noires

Communiqué de soutien à la grève des professionnels de Saint-Etienne-du-Rouvray

19 septembre 2019

Le Printemps de la psychiatrie apporte son soutien à la nouvelle mobilisation des professionnels de la psychiatrie publique en grève depuis ce jour à Saint-Etienne-du-Rouvray. En mai 2018, ces professionnels avaient été jusqu’à mettre en jeu leur vie dans une grève de la faim inédite en psychiatrie. Leur lutte avait été le détonateur des soulèvements des secteurs et hôpitaux de la psychiatrie publique partout sur le territoire.

Au terme de leur lutte, ils avaient obtenu des engagements des tutelles et de leur direction pour le recrutement de nouveaux professionnels. Là comme dans d’autres champs de la société, les promesses non tenues deviennent la règle pour les directions et les tutelles, qui sont plus intéressées par leur communication et leurs éléments de langage plutôt que par le traitement réel de la situation.

Les professionnels du Rouvray se retrouvent encore à la place de lanceurs d’alerte de la catastrophe en cours pour les usagers de la psychiatrie publique, les professionnels et tout citoyen. La psychatrie et la pédo-psychiatrie sont prises en tenaille entre d’une part les pénuries de sens, de travail collectif, de financement et d’autre part l’inflation des contraintes physiques (camisoles, isolement), des contraintes managériales (réduire toujours plus le nombre de professionnels) et les contraintes budgétaires des chantres de la rigueur.

Le nouveau soulèvement du Rouvray en appelle d’autres. Dans les suites de l’assemblée générale du collectif inter-urgences, le printemps de la psychiatrie appelle à soutenir les usagers et professionnels du Rouvray ainsi que toutes les initiatives qui ne se contenteraient pas de l’adaptation à cette situation d’effondrement généralisé. Que ce soit en psychiatrie, aux urgences, dans les EHPAD, dans le travail social et plus largement dans le service public de santé.

Lors de la conférence de presse hier pour présenter son rapport, sollicitée au sujet de cette grève, Martine Wonner proposait de « donner toutes les autorisations au privé pour faire du secteur ». Ne laissons pas faire cette politique de destruction massive qui sous couvert de réorganisations entend faire toujours plus de profits.