« La psychiatrie d’après », congrès de l’USP du 11 au 13 septembre

Le 35ème congrès annuel de l’USP, initialement prévu du 20 au 22 mars, annulé en raison de la crise sanitaire, se tiendra du 11 au 13 septembre 2020 sur le thème :

LA PSYCHIATRIE D’APRÈS

à l’Institut protestant de théologie, 83 Boulevard Arago, PARIS 14ème

(le vendredi à 20h, débat ouvert à tous en présence du Printemps de la psychiatrie)

Nous sortons tout juste de la crise sanitaire de la Covid, sans savoir de quoi sera fait l’avenir sur le plan sanitaire comme sur le plan social.
Cette crise a montré sans surprise que la psychiatrie n’était pas une priorité pour le gouvernement. Et pourtant, les professionnels de notre champ disciplinaire ont été présents pour faire en sorte que les soins continuent malgré les empêchements et les contraintes majorées. Cette crise a aussi montré que les droits des citoyens, y compris des personnes hospitalisées en psychiatrie, étaient attaqués, toujours plus.
La fin provisoire de crise ne nous laisse pas de répit, quels que soient les lieux de soins où nous exerçons – CMP, cabinets, hôpitaux. Ce gouvernement, dès juin, a décidé d’une concertation expresse avec les acteurs de la santé. Loin du nécessaire « plan massif d’investissements et de revalorisation des carrières », il ne s’agit manifestement, à l’heure où nous écrivons, que « d’accélérer la mise en place des réformes ». C’est la mise en place de la loi « Ma santé 2022 » avec la généralisation des partenariats publics/privés qui apparaît être la feuille de route réaffirmée du gouvernement et du ministre de la Santé.
Nous réaffirmons à l’inverse que la santé n’est pas et ne peut pas être une marchandise.
Les enjeux cruciaux pour notre discipline et pour la santé que nous voulons travailler lors de notre prochain congrès s’imposent donc :
Quel risque pour nos pratiques de voir le mode de financement de notre discipline évoluer ?
Quelle gouvernance peut être partagée avec les usagers, leurs familles, les personnels de tout statut ?
Quels sont les enjeux actuels en pédopsychiatrie ?
Quelle psychiatrie voulons-nous continuer à défendre ?

Vendredi 11 septembre

9 h – 12 h
Après une introduction par Delphine Glachant, discussion présidée par Philippe Gasser sur l’état actuel de la psychiatrie et les enjeux pour demain.
En présence de Danielle Simonnet, conseillère de Paris, Danièle Obono, députée de Paris et des représentants des syndicats SUD et CGT.

14 h – 16 h
Confinement, isolement, enfermement. Les avatars de la sécurité sanitaire en psychiatrie. Réunion présidée par Claire Gekiere.
En présence de Laurence Cohen, sénatrice, de Sarah Massoud, secrétaire nationale du Syndicat de la Magistrature, de Florian Borg du Syndicat des avocats de France, de Yves Gigou et Jean-Luc Landas, membre de la LDH, et de l’association d’usagers Humapsy.

20 h – 22 h 30
Réunion ouverte en présence du Printemps de la psychiatrie, présidée par Pierre Paresys.
Financement de la psychiatrie et gouvernance hospitalière.
En présence de Frédéric Pierru, sociologue ; de Bernard Odier du Syndicat des psychiatres des hôpitaux et de Jean Vignes, infirmier de secteur.

Samedi 12 septembre

10 h– 12 h 30
Transmission aux internes et place des neurosciences dans la formation et les pratiques actuelles, présidée par Delphine Glachant.
En présence de plusieurs représentants d’internes et Patrick Landman (STOP DSM)

14 h – 17 h
Réunion ouverte sur la pédopsychiatrie : crise ou effondrement, présidée par Pascale Rosenberg.
En présence des pédopsychiatres :
Bernard Golse, psychanalyste
Pierre Delion, psychanalyste
Patrick Belamich, psychanalyste, directeur du CMPP de Fontainebleau et président de la FDCMPP
Anne Délègue, Annecy
Mounia Terki, Essonne (USP)

17 h – 19 h
Conférence gesticulée par Fethi Brétel : « Je ne suis pas là pour vous écouter ou la démission de la psychiatrie face au capitalisme »
Suite au mouvement désaliéniste d’après-guerre émerge en France une pratique psychiatrique humaniste, vite menacée par le virage libéral des politiques publiques. Suivez le parcours d’un psychiatre de l’an 2000 qui, à travers sa pratique hospitalière, s’est retrouvé à naviguer à contre-courant du tout-cerveau, du tout-médicament et du tout-sécuritaire…

Dimanche 13 septembre

10 h – 13 h
Vote des motions

 

 

Pour un contre Ségur !

Communiqué de l’USP du 11 juin 2020

Le Ségur de la santé a commencé le 25 mai et dès le discours inaugural d’Édouard Philippe, nous avons compris qu’il ne s’agirait même pas de concertations mais d’une mascarade.
L’USP revendique pour la psychiatrie de secteur et pour la santé d’une façon générale :

- 300 € nets et budgétés de hausse de salaires pour tous les professionnels de santé.
- Les embauches de personnels médicaux et non médicaux et des revalorisations de carrière.
- Le maintien des 35 heures et le paiement des heures supplémentaires pour les personnels non médicaux.
- Le maintien du statut de praticien hospitalier.
- La suppression totale de la dette des hôpitaux sans condition de restructuration. La fin de la T2A et la fin du point flottant.
- L’arrêt de tout processus d’inclusion de l’activité et du codage dans le financement de la psychiatrie.
Une dotation à l’habitant, après rattrapage régional, comme nous l’avons défendue à l’Assemblée nationale.
- Une augmentation de l’ONDAM à 5 % lors du prochain vote du PLFSS 2021.
- L’interruption de la grande bascule public/privé et ses partenariats.
- Le respect d’une pluralité des pratiques en psychiatrie, sans hégémonie de l’approche neuroscientifique.
- Le changement de gouvernance : installation d’une vraie démocratie sanitaire avec instances décisionnaires incluant usagers, personnels médicaux et non médicaux en plus de la direction.

L’USP exige de revenir à un véritable service public de santé avec un accueil et des soins de toutes et tous, inconditionnels, et le 100 % Sécu.

L’USP appelle à se mettre en grève pour soutenir toutes ces revendications lors d’un contre Ségur le 16 juin 2020.

Delphine Glachant, présidente de l’USP

Mariotti : démission !

Communiqué de l’Union Syndicale de la Psychiatrie , le 12 mai 2020

MARIOTTI : DEMISSION !

Le 8 avril, Christophe Lannelongue, directeur de l’Agence régionale de santé du Grand Est a été démis de ses fonctions par Olivier Véran après avoir défrayé la chronique par ses propos indécents : « Il n’y a pas de raison de remettre en cause le Copermo (Comité interministériel de la performance et de la modernisation de l’offre de soins hospitaliers) pour le CHRU de Nancy » qui prévoyait la réorganisation totale de ses infrastructures, la suppression de 174 lits et 596 postes. Ceci au moment où la région Grand Est subissait de plein fouet l’épidémie de Covid-19.

Le 23 avril, Guy Collet et Gérard Vincent, directeurs d’hôpitaux, anciens de la FHF, dans un entretien avec Le Monde, affirment le « cadre de performance » de transformer l’hôpital public en établissement privé pour être rentable et performant sur le marché du soin.

Ce que les uns et les autres ont dit ou écrit, Pascal Mariotti le fait !

Directeur depuis 2017 de l’hôpital Le Vinatier à Bron (69), il illustre à lui tout seul les trois dérives qui détruisent l’hôpital public et plus particulièrement la psychiatrie.

Dérive financière, qui vise à faire de l’hôpital une entreprise rentable sur un marché du soin. Alors que la tarification à l’activité sévit et est dénoncée partout, elle guette la psychiatrie. Rien n’arrête Pascal Mariotti dans la politique de restructuration d’unités, en pleine crise sanitaire, sous couvert d’ouvertures d’unité Covid-19, décidées dans l’urgence et sans concertation avec le corps médico-infirmier, alors même que les lits libérés pour l’accueil de patients Covid-19 sont déjà largement suffisants. Il s’agit de non réouverture d’unités fermées à la hussarde !

Et pourtant, le 29 avril, Olivier Véran, au micro de l’Assemblée nationale, annonçait la suspension de tous les plans de restructuration, y compris au Vinatier.
Dérive managériale, dans la droite ligne de la gouvernance hospitalière de la loi HPST. Le directeur est seul maître à bord de son navire entreprise, décide, tranche. Les pôles sont mis en concurrence. Pascal Mariotti joue des rivalités entre médecins et favorise le clivage comme stratégie.

En pleine crise institutionnelle, il décide de ne plus recevoir les syndicats de personnels soignants, sauf celui qui soutient ses projets.
Dérive idéologique, qui voit se mettre en place l’hégémonie de l’approche neuronale dans la discipline.

Pascal Mariotti promeut les universitaires neuroscientifiques ! Il s’autorise à dire sa volonté d’interdiction professionnelle de la psychanalyse, laisse son directeur des soins mépriser les médecins défenseurs de la psychiatrie de secteur dans le bulletin quotidien de l’hôpital.

Les médecins ayant encore une affinité avec le champ psychanalytique ou la psychothérapie institutionnelle sont au mieux priés de partir, au pire terrorisés et bloqués dans leur parcours, et aussi, non recrutés.

Combien de temps les professionnels de la psychiatrie subiront-ils ce pouvoir gestionnaire technocratique ?

L’USP en appelle à la reprise d’un dialogue social démocratique avec tous les personnels du Vinatier.

L’USP demande la réouverture des unités actuellement fermées du Vinatier pour accueillir les nouveaux patients qui arrivent nombreux dans ce 2e temps de la crise sanitaire dans le cadre d’une politique de secteur et dans une vraie concertation avec les équipes.

L’USP demande à ce que toutes les approches de notre discipline gardent leur place au Vinatier, sans exclusivité pour les approches neurocomportementales.

L’USP demande à ce que Pascal Mariotti et tous les directeurs qui suivent sa voie soient remis à disposition du ministère.

Pour le conseil national
Delphine Glachant, Présidente
Jean-Pierre Martin, Membre du CN

Communiqué de l’USP du 30 avril 2020

Communiqué de soutien de l’USP à l’appel du Printemps de la psychiatrie « Opération déconnexion, halte au codage du soin », le jeudi 30 avril 2020

Si le projet de loi de financement de la psychiatrie, applicable au 1er janvier 2021, prévoit une dotation majoritairement populationnelle, il prévoit également des dotations complémentaires qui verront récompensées l’exhaustivité et la qualité du codage, jugées insuffisantes, particulièrement dans les CMP (Dépêche APM du 25/10/19).
Ce codage, selon Didier Guidoni, membre de la Task force Réforme du financement du système de santé au ministère des Solidarités et de la Santé, servira à « réfléchir aux futurs modes de financement dans 10 ans ».
L’USP refuse le codage des soins qui serait la porte ouverte à la T2A en psychiatrie.
L’USP réclame une dotation globale calculée en euros par habitant, c’est-à-dire selon la démographie du secteur (contribution de l’USP pour la table ronde du 17 janvier 2020 à l’Assemblée nationale).

L’USP exige un re-basage de la dotation annuelle par rapport aux déficits actuels, notamment que soient pris en compte le GVT, l’augmentation du point d’indice, les nouvelles primes… dans les DAF allouées chaque année, ce qui n’est pas le cas actuellement !
L’USP et les professionnels de la psychiatrie sont prêts à rendre compte de leur travail, particulièrement dans cette période de crise sanitaire où les nombreuses expériences menées montrent la vitalité et la créativité des équipes de soins mais l’USP refuse de compter, toujours compter, rien que compter…
Les professionnels de la psychiatrie en ont assez de ces recueils de données informatisées chronophages et veulent reprendre en main leur temps passé auprès des patients.

Les droits de l’Etat doivent préserver l’Etat de droit

Communiqué de presse de l’U.S.P. du jeudi 2 avril 2020 :

Les droits de l’Etat doivent préserver l’Etat de droit

Depuis 2015, une série d’attentats terroristes a endeuillé la France. La représentation nationale a déclaré l’état d’urgence, générant des lois d’exception, dont nous trouvons encore les traces. En 2019, le gouvernement a décrété que les patients hospitalisés en psychiatrie sans leur consentement (fichier Hopsyweb), quelle que soit leur pathologie, devaient être confondus avec les personnes fichées S, suspectées de terrorisme (fichier FSPRT), au nom de la sécurité publique.
Le 27 mars 2020, le conseil d’État a rejeté le recours exercé par le CRPA, l’Unafam, la LDH et le syndicat des psychiatres des hôpitaux, laissant libre cours à cette pratique discriminatoire et infamante pour les personnes présentant des troubles psychiatriques graves. Ceci alors que la dėstigmatisation des usagers de la psychiatrie est affichée comme une priorité du rapport de mesdames Wonner et Fiat sur la santé mentale en septembre 2019. S’il y a bien un lien entre schizophrénie et dangerosité, c’est parce que les patients schizophrènes sont plus souvent victimes de violences que le reste de la population.

Sur le plan local, les préfets ont tenté durant les deux dernières années, de briser le secret médical en demandant aux psychiatres des hôpitaux de signaler les patients susceptibles d’être radicalisés, ce qu’ils n’ont pas fait, sauf situation exceptionnelle de non assistance à personne en danger.

Dernièrement, la représentation nationale a voté l’état d’urgence sanitaire.

L’USP s’inquiète de la dérive sécuritaire actuelle, sous un prétexte sanitaire, et s’interroge sur un certain nombre de lois votées dans l’urgence, venant rogner les droits fondamentaux, notamment les lois du travail. Elle s’inquiète également de l’instauration du traçage des individus par leur téléphone portable (tracking) et l’utilisation de drones pour pister les resquilleurs au confinement.

L’USP s’inquiète des dérives sécuritaires sanitaires actuelles dont les patients présentant des troubles psychiatriques sont, comme de nombreuses autres catégories de population vulnérables, les premiers à faire les frais. Ces patients qui se mettent souvent en retrait du monde sont confinés chez eux. Les soins ambulatoires habituellement dispensés sont très réduits, voire suspendus.

Dans les hôpitaux psychiatriques, les directives tombent chaque jour dans les services, les cellules de crise relayant des règles toujours plus strictes des Agences régionales de santé, à l’opposé du travail de lien quotidien. La prévention du Covid-19, énoncée comme priorité absolue, vient arrêter toute pensée clinique et éthique concernant les pratiques liberticides mises en place.

Nous serons par la suite extrêmement vigilants sur les suites données à ces lois et pratiques liberticides, le passé récent nous ayant montré qu’il en reste toujours des traces.

Pour l’USP

Delphine Glachant, présidente
Olivier Boitard, secrétaire adjoint

communiqué de l’USP : Une couronne pour Macron ?

Une couronne pour Macron ?

Les professionnels de santé seraient donc devenus les héros de la Nation. Ils n’en demandaient pas tant. Les citoyens reconnaissent déjà depuis longtemps leur dévouement et disent leur attachement à un service public de santé.

Le président Macron nous annonce que les personnes vulnérables sont devenues une priorité pour lui. Quelle mouche l’a piqué ? Une fièvre de solidarité l’aurait-elle saisi ?

« Il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. »

Lui qui ne se réclamait du ni gauche ni droite et agit clairement à droite depuis son élection, aurait-il découvert l’intérêt de l’Etat providence et des valeurs de gauche comme socle d’une société de progrès ? Serait-il prêt à revenir sur la marchandisation de la santé, lui qui a cédé de gigantesques marchés au privé ?

L’ARS de Nouvelle-Aquitaine, qui organise la liquidation des soins psychiques aux enfants dans les CMPP et transfère leur prise en charge aux acteurs privés pourrait en prendre de la graine ! A quand la fin de la mise en concurrence du public et du privé ?

Emmanuel Macron nous a à plusieurs reprises montré sa capacité à adapter son discours à la situation et parfois même quelques actes pour orienter un groupe contre un autre.

Rapidement, dès la crise passée, il renforcera son immunité contre les solidarités.

Depuis près d’un an, les professionnels de santé réclament des augmentations d’effectifs, de salaires, des réouvertures de lits, les moyens pour respecter les patients.

Nous ne sommes pas dupes de l’opportunisme du président, dont le gouvernement n’a eu de cesse de démanteler les services publics, mais prenons M. Macron au pied de la lettre quand en résumé il affirme que le mouvement LREM avec ses conséquences était une erreur.

Nous appelons à une convergence des luttes les 15 et 22 mars comme nous l’avions dit dans le communiqué de l’USP du 10 mars.

Pour l’USP

Pascal Boissel, président
Philippe Gasser, vice-président
Delphine Glachant, membre du CN
Pierre Paresys, vice-président

Thouars, 13 février 2020

Communiqué de l’U.S.P. du 27 février 2020

Jeudi 13 février, une infirmière exerçant au centre spécialisé de Thouars est morte dans l’exercice de son métier, tuée par un jeune patient hospitalisé. Nous sommes fortement touchés par ce drame qui brise une vie, une famille, des collègues et amènera probablement ce patient au crépuscule quand il s’en rendra compte.

Richard Ferrand ne l’a pas compris, montrant une inhumanité crasse face à la demande de Caroline Fiat, à l’Assemblée nationale, d’une minute de silence à la mémoire de cette jeune femme fonctionnaire.

Si un tel passage à l’acte de patient est rarissime, comportant toujours une part de mystère tenant au déchainement de la folie, il n’en reste pas moins que les professionnels exerçant en psychiatrie ont le sentiment d’être de plus en plus exposés à l’agressivité des patients, particulièrement dans les unités d’hospitalisation. L’accroissement des mesures d’isolement et de contentions montre leurs difficultés à y faire face.

Depuis au moins deux ans, les professionnels de la psychiatrie tentent de faire entendre leur voix pour dénoncer le manque de moyens que sont les leurs pour soigner correctement les sujets qu’ils ont à prendre en charge. Les grèves dures n’y ont pas suffi, le Printemps de la psychiatrie non plus. Les choses n’ont pas changé et ne font qu’empirer.

Pour abaisser ce niveau de violence dans les services, il faut de toute urgence des renforts de personnels pour donner de la disponibilité à la relation, donner du temps pour écouter, penser, comprendre, donner du temps pour faire la cuisine ensemble, donner du temps pour se promener dans les jardins. Ne plus retarder toujours le moment de la rencontre, qui parfois n’a jamais lieu.

Il faut du temps aussi pour l’analyse clinique et institutionnelle.

Il faut d’urgence des formations qui permettent aux médecins de découvrir une pluralité des pratiques, alliant l’apprentissage des psychothérapies à la pharmacopée, et pas uniquement en centres universitaires. Des formations spécifiques pour les infirmiers, dont la psychiatrie représente une portion congrue des trois années d’enseignement post-bac.

Le ministère déplore qu’isolement et contentions sont devenus les réponses de première intention aux phénomènes de violences émergeant dans les services, mais que fait-il pour enrayer le phénomène ?

La psychiatrie, ses usagers et ses professionnels étouffent de cette situation intenable et inhumaine pour tous.

Pour l’USP,
Delphine Glachant

Réactions au drame de Thouars : « on est au bout du bout »

Une infirmière tuée à l’hôpital de Thouars (79). Premières réactions face à ce drame. « On est au bout du bout »

Nous avons lu dans La Nouvelle république des Deux Sèvres daté du 14 février cette poignante réaction d’ un infirmier psychiatrique CGT de cet hôpital, Alain Fouquet : « Les salariés sont bouleversés, les équipes vivent un calvaire ».

Entre émotion et froide colère, Alain Fouquet est venu s’exprimer devant les médias au nom des salariés du centre hospitalier Nord Deux-Sèvres (CHNDS), au lendemain du drame qui a coûté la vie à Elodie, infirmière de 30 ans décédée suite à un coup de couteau porté par un jeune patient du centre de psychothérapie de Thouars.

Il sortait d’une réunion de plus de deux heures, en présence notamment du délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, Frank Bellivier, durant laquelle une centaine d’agents hospitaliers des unités de psychothérapie du CHNDS étaient réunis. « On aurait préféré que la ministre Agnès Buzyn se déplace, mais c’est à elle qu’il faut demander pourquoi elle n’a pas jugé bon de venir, a ajouté Alain Fouquet, infirmier en psychiatrie depuis 1983 et élu CGT, syndicat majoritaire au sein de l’établissement. Cela dit, la considération d’un ministre, c’est bien joli mais il faut surtout donner enfin à l’hôpital les moyens de fonctionner correctement. »

« Dire que ce drame est uniquement dû au manque de moyens serait un raccourci dégueulasse, a-t-il poursuivi, ému aux larmes. Mais ça participe… C’est une effroyable goutte d’eau supplémentaire. C’est vraiment terrible ce qui arrive. »

« Nous alertons depuis des années sur le manque de moyens, de personnel, de formation, de médecins : ça ne peut plus durer ! Au service psy du centre hospitalier Nord Deux-Sèvres, quatorze postes sont budgétés mais seulement cinq sont pourvus. Ils touchent des salaires misérables pour risquer leur vie… »

« On ne devrait pas se retrouver avec seulement deux soignants pour gérer quinze à vingt patients. On a alerté le ministère à plusieurs reprises, et à chaque fois il nous renvoie vers l’Agence régionale de santé. C’est facile de laisser les ARS se débrouiller… Madame Buzyn doit arrêter les mots, les grandes annonces, et passer aux actes en donnant réellement à l’hôpital les moyens de fonctionner. Sinon on ne fera que repousser l’échéance de la prochaine catastrophe. On est au bout du bout, ici comme dans tous les hôpitaux. »

Nous recommandons également la lecture de l’article du blog du journaliste renommé Jean-Yves Nau : « Au lendemain de la mort de l’infirmière poignardée, le cri du Printemps de psychiatrie »

(article du site de l’U.S.P.)