


Les personnels d’une Unité sanitaire en milieu pénitentiaire interpellent le directeur de l’ARS PACA, et le Directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille, sur l’insuffisance de l’offre et de l’accès aux soins.





JEUDI 7 , 17 h 30 – 19 h 30, réunion du collectif pour l’avenir de l’hôpital à Saint-Maurice (94).
JEUDI 7, 19 h 30 présentation du livre de Mathieu Bellahsen Abolir la contention, sortir de la culture de l’entrave, à la Librairie de l’Atelier, 2 bis rue de Jourdain, 75020Paris.

Les autres dates de présentation du livre sont dans cet article du blog de Mathieu Bellahsen.
SAMEDI 9, à 16h30 à l’A.E.R.I. (Montreuil) : pièce de théâtre La tête loin des épaules, écrite et interprétée par Kristina Chaumont suivi d’un débat avec la participation du Printemps de la psychiatrie.

LUNDI 11, à partir de 18 H, 29 boulevard du Temple 75003 Métro République : Lancement du tour de France pour la Santé.

Le Tour de France pour la Santé appelle à mobilisations à l’approche du vote du PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale). Cela fait suite au Procès des Politiques de Santé, et à la tribune du collectif Notre Santé en Danger « Nous vous accusons! signée par le Printemps de la psychiatrie.
Jeudi 14, de 9h à 12h30 et de 14h à 17h30: Pierre DELION en visio-conférence « Actualités de la psychothérapie institutionnelle ». (Formation payante, replay disponible pour les inscrits).
Jeudi 14 à partir de 19 h au Café-Librairie Michèle Firk de Montreuil (7/9 rue François Debergue, métro Croix de Chavaux) : Les Désaxé.e.s vous invitent à une rencontre avec la psychanalyste Françoise Davoine autour de la question des liens entre folie et trauma, à partir de son ouvrage Histoire et Trauma, La folie des guerres, co-écrit avec Jean-Max Gaudillière, paru en 2006 aux éditions Stock.
15-17 septembre la Fête de l’Humanité ! Des débats « Santé » en particulier dans l’Espace Économie sociale et solidaire.
La Coordination Nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, qui est en lien avec le Printemps de la psychiatrie, sera présente pour expliquer les enjeux du vote du PLFSS..

Samedi toujours à la fête de l’Huma, à 17 h 30, au stand de la FI, « Comment relancer la lutte à l’hôpital ? » un débat signalé par le Collectif Inter-Urgences et le Printemps de la psychiatrie.
Mardi 19, 17 h 30 – 19 h 30, nouvelle réunion ouverte à tou.te.s du collectif pour l’avenir des l’hôpitaux de Saint-Maurice, Les Murets. (le nom s’est agrandi depuis la précédente réunion du 7)
Vendredi 22, à 20 h au Cinéma l’Ecran, Saint-Denis (Métro Basilique, ligne 13) : Soirée « Paysages de la Folie », organisée par la Trame et le collectif Déconniatrie. Projection du film « Take Over : How We Occupied a Hospital and Changed Public Health Care ». 4 euros. (première soirée du programme « SDLFO entre Paris et le 93 », lien plus bas)
Dimanche 24 à la Cantine des Pyrénées Paris XXème : Repas de soutien aux Semaines de la folie ordinaire franciliennes (prix libre) . 77 rue de la Mare. Métro Pyrénées.

suite du programme, à Saint-Denis (Métro Basilique – Ligne 13) :

Découvrir la suite du Programme des sdlfo 2023 ( jusqu’au 19 octobre) entre Paris et le 93
27 septembre au 1er octobre : Festival Trace(s) #2, accès libre, co-organisé par le CH Les Murets et Les hôpitaux de Saint-Maurice.

Mercredi 27 septembre, au siège national LDH, la rencontre-débat santé mentale avec Mathieu Bellahsen.


Réunion du Collectif pour l’avenir des hôpitaux Saint-Maurice les Murets, mardi 19 septembre à 17 h 30
Pour s’y rendre en transports publics : Métro ligne 8 direction Créteil, arrêt CHARENTON-ECOLES, puis à pieds ou Bus 111 direction Champigny (2ème arrêt) : Hôpital de Saint-Maurice


Précédentes réunions :


A Paris un rassemblement aura lieu de 13 h à 16 h devant l’Hôtel de Ville


« Plus nombreuses sont les caméras de surveillance, plus vides sont les chambres, les espaces et les couloirs, plus la rencontre avec le patient est empêchée, plus il est relégué ». A la suite de l’assassinat d’une infirmière et de la tentative d’une secrétaire médicale au CHU de Reims, l’association de familles, patients et soignants « Le Fil Conducteur Psy », membre du Printemps de la Psychiatrie, rappellent qu’en psychiatrie, les mesures sécuritaires ne sont ni sécurisantes, ni pertinentes.
L’ assassinat d’une infirmière et la tentative d’assassinat d’une secrétaire médicale au CHU de Reims, le lundi 22 mai 2023, ont suscité une très vive et très légitime émotion. D’autant que l’auteur du crime, suivi depuis près de quarante ans en psychiatrie, était en attente d’une décision de justice sur son irresponsabilité pénale pour l’agression au couteau, en 2017, de quatre membres du personnel de l’ESAT où il était pris en charge.
Nous, Fil conducteur psy, association qui réunit des familles, des patients et des soignants, et qui participe au Printemps de la Psychiatrie, partageons cette émotion, et sommes particulièrement sensibles à la demande de sécurité qui a suivi ainsi qu’aux commentaires sur les insuffisances du soin en psychiatrie.
Cependant, face aux demandes de plus de mesures de contraintes et d’enfermement, nous rappelons, en accord avec les psychiatres du Printemps de la Psychiatrie qui se sont exprimés dans la presse :
– que le passage à l’acte est très rare et qu’il y a moins de crimes commis par des personnes psychotiques qu’en population générale, qu’il n’y a pas de raison de criminaliser la folie.
– que le risque zéro n’existe pas, quelles que soient les modalités de la prise en charge, et que le passage à l’acte, même s’il est plus risqué en cas de rupture de soin, reste imprévisible.
– que, si la demande de sécurité est légitime, ce n’est pas l’augmentation des mesures sécuritaires d’enfermement sous contrainte et, à l’intérieur des établissements fermés, la banalisation de l’isolement et notamment de la contention, qui suffiront à lever la peur des soignants.
Les mesures d’enfermement sous contrainte ont déjà beaucoup augmenté depuis la loi de 2011, en particulier en cas de péril imminent, sur décision du préfet. Et les mesures d’isolement et de contention ont proliféré à partir du discours d’Antony, en 2008, qui donnait à la psychiatrie des consignes de type carcéral.
Or ces mesures sécuritaires ne sont pas sécurisantes ; elles contribuent plutôt au sentiment d’insécurité des soignants et par ricochet des patients, au moment où les patients ont besoin de se sentir en sécurité : ils sont censés être accueillis, au plus fort de la crise et de la violence de l’épisode délirant. Et on les met sous contention.
Au cours de l’hospitalisation, ce sentiment de sécurité ne peut venir que du soin, de la présence et de l’écoute de soignants : plus nombreuses sont les caméras de surveillance, plus vides sont les chambres, les espaces et les couloirs, plus la rencontre avec le patient est empêchée, plus il est relégué, moins il y a de soin. Et plus on réduit le rôle des infirmiers à celui de surveillants, moins ils croient au sens de leur métier. Et plus ils ont peur.
Quant à enfermer ceux qui sont dehors et devraient être dedans ? L’enfermement des individus « perturbants » est, de fait, de plus en plus fréquent ; et l’enfermement s’accroît paradoxalement à mesure que s’accentue le virage ambulatoire.
Et patient qui ne dérange pas trop, lui, est quasiment renvoyé à lui-même, déclaré co- responsable de son « parcours de soin », trop souvent réduit à la prise de médicaments. D’où « les ruptures de soin », les crises et les ré-hospitalisations, en urgence, le plus souvent avec contention, des mesures sécuritaires et maltraitantes en place de structures permanentes d’accueil et de soin.
Il y a de plus en plus d’enfermement, à la suite d’enfermements répétés pour la même personne. C’est « le tourniquet ». De moins en moins de lits : le souci premier est de faire sortir les patients au plus tôt avec leur prescription. Et ils vont revenir, comme à la maison, certains.
Car hors les murs, la continuité des soins, indispensable pour les troubles sévères, n’est plus assurée. Les structures de soin ferment les unes après les autres au profit de plateformes d’experts délivrant un diagnostic, une prescription de médicaments et un programme d’e-éducation à la « compliance » sur le modèle des prises en charge des maladies organiques. Les mots « d’alliance thérapeutique », qui supposaient la rencontre entre le médecin et son patient, et le soin psychothérapeutique, ont disparu.
Le secteur de proximité, inventé dans les années 1960-70 -prenant en charge le même patient dans et hors l’hôpital, dans la continuité, avec les mêmes équipes, n’existe plus, sauf dans quelques îlots préservés. De même pour la psychothérapie institutionnelle qui crée un milieu de vie habitable pour ceux que l’inquiétante étrangeté de la folie désaccorde d’avec eux-mêmes et d’avec les autres.
L’enfermement augmente à mesure que ces lieux de soin de proximité disparaissent, qui pourraient dissiper les peurs.
C’est pourquoi nous déclarons nécessaire :
– que soit restauré le secteur psychiatrique de proximité et la continuité des soins assurée, et restitués les moyens budgétaires et humains à la hauteur des besoins de la population.
– que soit restaurée la formation spécifique des infirmiers en psychiatrie – supprimée en 1992 – et restaurée leur formation clinique, au chevet et à l’écoute du patient.
– que la priorité soit donnée à la fonction soignante des professionnels, par rapport aux tâches numériques et administratives induites par les protocoles, qu’ils aient le temps de travailler en équipes et en binômes ainsi que de penser le sens et l’organisation de leur métier.
– que soit restaurée l’équipe unique de secteur, dans et hors l’hôpital. Que soient maintenues les équipes qui ont bâti leur savoir-faire dans la constance de ce travail, qu’on cesse de fermer les structures qu’ils ont animées.
Nous réaffirmons que les mesures sécuritaires, dans leur outrance, et sans discernement, lorsqu’elles qu’elles sont prises en place de politique de santé publique, sont dangereuses.
Nous réaffirmons la nécessité de restaurer un service de psychiatrie publique digne de ce nom et la dimension d’un humanisme éclairé dans le soin psychique.
Texte également publié sur le blog Mediapart du Fil Conducteur
« Qui sommes nous ? » /le blog : Le Fil Conducteur Psy
Communiqué du PCF publié le 31/05/2023 sur leur site.
Toutes nos pensées vont à la famille de Carène, 38 ans, décédée cette nuit des suites d’une agression violente au couteau par un patient déjà connu pour des troubles psychiatriques sévères.
Notre soutien va aussi à la secrétaire médicale, elle aussi victime et encore hospitalisée, ainsi qu’à tous leurs collègues endeuillés.

Pour l’heure nous ne connaissons rien des circonstances exactes de ce drame, ni de ce qui a pu conduire cette personne à de tels actes.
Mais il ne faudrait pas que cela conduise à une stigmatisation des patients suivis en psychiatrie. Chaque jour les soignants dénoncent la déshérence, alertent à répétition leurs directions, le ministère de la Santé, du manque de moyens et de formation des services de psychiatrie qui ferment les uns derrière les autres depuis 10 ans.
François Braun annonce ce matin, « la réunion d’un comité sur la sécurité des soignants », titre l’APM News! Est -il besoin de rappeler que, de la sécurité des soignants dépend la sécurité des patients et vice et versa ?
Rappelons que si les personnes souffrant de psychose ne sont statistiquement (d’après les chiffres avant Covid) pas plus dangereuses que la population générale, le risque suicidaire est six fois plus élevé chez elles.
Depuis des décennies, la psychiatrie voit ses moyens diminuer proportionnellement à la population, les services d’hospitalisation et services ambulatoires sont saturés, les listes d’attente s’allongent, provoquant une rupture de soins et des patients fragiles psychiquement, abandonnés sans accueil, ni soins.
Or l’on sait que le risque de tels actes auto ou hétéro-agressifs est majoré en cas de rupture de soins.
La psychiatrie de secteur avait été pensée pour garantir la continuité des soins de prévention de cure et de postcure. Cette continuité ne devait plus reposer sur la contrainte comme du temps de l’asile, mais sur la qualité du lien relationnel entre chaque patient et les soignants. C’était un parcours de soins spécifique avant l’heure.
Pourtant depuis la Loi Touraine, les patients dit stabilisés sont censé ne plus être suivis en ambulatoire par leur secteur, mais doivent intégrer le parcours de soins généraliste, comme les autres pathologies. Alors que l’on sait que si ces patients vont bien, c’est parce qu’ils bénéficient de ce suivi. C’est ce que montre avec force et humanité le film « Sur l’Adamant ».
Aujourd’hui par cette politique, on organise la rupture de soins !
Par ailleurs, les conséquences sociales du Covid ont provoqué une explosion de décompensations psychiques dans toutes les tranches d’âge, les tout petits, les adolescents, les adultes et les personnes âgées.
La seule réponse du gouvernement a été de rembourser quelques séances de psychologue libéral (normalement les séances de psychologues ne sont pas remboursées), alors que chaque année des centaines de psychologues nouvellement formés doivent renoncer à leur métier par manque de poste en psychiatrie de secteur et parce qu’ils n’ont pas les moyens financiers d’ouvrir un cabinet.
Pour prévenir d’autres drames que celui qui vient de survenir à Reims, même si on sait qu’on ne pourra jamais tous les prévenir, nous exigeons en urgence :
• une augmentation des moyens de la psychiatrie de secteur, avec l’embauche dès cet été d’au moins deux psychologues par secteur sur des postes titulaires
• la reconnaissance de la psychiatrie comme une discipline à part entière et non comme une spécialité médicale comme les autres
• et de ce fait la reconnaissance du dispositif de secteur comme un parcours de soins spécifique pour ce qui concerne les pathologies psychiques.

Initialement publié le 25 mai sur le site :

Le meurtre d’une infirmière à Reims
Le meurtre – requalifié en assassinat – d’une infirmière par un patient de la psychiatrie remet, sur la scène médiatique, une avalanche de commentaires, comme un fait social majeur.
L’acte exige, évidemment, la réflexion soignante sur la prise en charge thérapeutique et ses limites. Mais, il est nécessaire de souligner, avec une étude d’Anne Lowell de 2010, que les crimes de malades mentaux restent exceptionnels, sept fois moins que dans la population dite normale.
Une presse sensationnaliste ou d’extrême droite appelle, bien entendu, à un grand renfermement du fou comme étranger absolu de notre société. L’enjeu politique est bien la mise au pas de la psychiatrie publique et de ses pratiques de soins relationnels et institutionnels. C’est le secteur public de psychiatrie et son hôpital qui est visé.
La politique de réduction du soin à un facteur de rentabilité marchande et de son management s’impose à toutes les pratiques. Elle vise à réduire le soin à une analyse factorielle de bonnes pratiques de maîtrise et de contrôle sécuritaire du symptôme. Cela ne règle en rien la durée de la maladie de la subjectivité psychique.
Dans ce contexte d’instrumentalisation économiste et politique où l’accès aux soins est mis à mal par les restructurations permanentes, la crise est majeure. Elle amène des centaines de médecins, psychologues et infirmier·ères à démissionner à force de ne plus pouvoir faire leur métier réduit à la contrainte et à la contention généralisée des patient·es. Dans sa psychose, le patient meurtrier le rappelle en disant s’attaquer aux blouses blanches.
La réponse gouvernementale est glaçante tant elle dénie la réalité de ces politiques gestionnaires de tri public-privé et ses propres responsabilités institutionnelles. Elle appelle à plus de contrôles d’isolement-enfermement, de contrôle social et de bracelets électroniques, comme dans les prisons.
Elle refuse une réelle politique de soin de service public pour l’inclure dans les recommandations de baisses des financements publics de l’Union Européenne. Le déni est ici cynisme. La perte du discernement est bien l’irresponsabilité pénale qui appelle à soigner et non le populisme pénal de l’emprisonnement. L’accès aux soins ne peut se réduire ni à un tri d’orientation, ni à la mise en observation contrainte de 72 heures à l’hôpital (véritable garde à vue de la Loi sarkoziste du 5 juillet 2010 qui est à abroger).
L’alternative d’une pratique clinique humaine consiste à ne pas faire du délire une condamnation à perpétuité. Il s’agit de le traiter et de le stabiliser vers la guérison, par un accès aux soins d’accueil relationnel. Elle implique la continuité du soin institutionnelle avec son accompagnement social. Cela suppose, au-delà du traitement médicamenteux symptomatique d’apaisement, des soignant·es en nombre, à former au soin de la maladie subjective.
Le 25 mai 2023
Jean-Pierre Martin