Prise de parole du Printemps à la manif du 29 mai 2021

Prise de parole du Printemps de la psychiatrie

Manifestation internationale du 29 mai 2021 pour l’égalité d’accès à des soins de qualité

Boulevard de l’Hôpital, Centre hospitalier Pitié Salpêtrière

Le collectif Printemps de la psychiatrie s’est créé en 2018 dans un moment où des soignants de la psychiatrie en étaient venus à mettre en œuvre des actions fortes, par exemple les soignants de l’Hôpital du Rouvray à Sotteville-les-Rouen qui ont fait une grève de la faim, longue. Si de belles promesses leur ont été faites à la fin, à l’heure actuelle, il ne s’est pas passé grand-chose, voire la situation s’est aggravée. Il y a eu aussi les Perchés du Havre et d’autres. À ce moment-là, beaucoup de soignants des hôpitaux psychiatrique de la France entière et de l’Ile de France se sont regroupés au sein d’un collectif nommé Printemps de la psychiatrie, et ils ont publié le manifeste « Pour un renouveau des soins psychiques », d’où le nom de Printemps avec l’idée que cela peut repousser.

Il y a eu ensuite plusieurs manifestations à Paris mais je vais repartir d’un moment précis, celui du 14 février 2020, où les soignants des collectifs Inter-Urgences, Inter-Hôpitaux, etc. avaient appelé à une manifestation avec le slogan « J’aime mon hôpital » donc je me bats pour lui. Le Printemps de la psychiatrie était partenaire de cette manifestation. Il y a eu des réunions inter-organisations, inter-collectifs pour travailler à une convergence des actions.

Deux jours auparavant nous avions appris qu’une infirmière d’un hôpital psychiatrique, près de Poitiers avait été tuée par un patient. Le patient s’était enfui, puis était revenu et s’était livré à la police. Ce matin, j’écoute France Info et j’entends qu’une policière a pris des coups de couteau à La Chapelle-sur-Erdre, d’un homme probablement, peut-être, schizophrène, qui avait séjourné en prison. Peut-être n’était-il pas là où il aurait dû être, c’est-à-dire en hôpital psychiatrique et en prison où les possibilités de soins sont encore plus dégradées qu’à l’hôpital. Nous n’en savons rien. En entendant cette information ce matin, cela faisait un curieux écho avec cette manifestation du 14 février 2020.

Pour penser et construire l’avenir, nous étions ce matin réunis en AG du Printemps de la psychiatrie à Montreuil qui faisait suite à une mobilisation du 2 mai où avec les collectifs L’Appel des Appels et le collectif des 39 – La nuit sécuritaire, nous avons débattu. D’abord de ce qui se passe actuellement pour les psychologues, les multiples attaques auxquelles ils font face.

Il y a un double discours : ces pauvres enfants, ces pauvres étudiants, ils souffrent sur le plan psychique, il faut faire quelque chose. Alors on sort des arrêtés, des projets de loi qui visent à imposer aux psychologues de travailler d’une certaine façon, « mono-orientée » comme on aime bien le dire au ministère de la santé mais dans un autre contexte. Les psychologues devront faire la preuve qu’ils ont suivi telle formation et s’ils ne l’ont pas faite, ils devront la faire obligatoirement s’ils veulent rentrer dans le dispositif. Il s’agit là de l’arrêté du 10 mars 2021. Olivier Véran lui-même a pris un autre arrêté, daté du 12 mai 2021, faisant suite aux annonces d’Emmanuel Macron à Reims en avril où ce dernier avait promis de faire quelque chose pour les enfants.

Il s’agit d’un forfait de 10 séances, pour les enfants de 3 à 17 ans avec un tarif de consultation validé – pour les psychologues qui travaillent uniquement en libéral. Bientôt, avec l’arrêté du 10 mars, les familles et les patients n’auront plus la liberté d’avoir accès au psy de leur choix avec une orientation qui leur convienne. Ça se passe déjà dans les CMPP de Nouvelle-Aquitaine. Et les psychologues n’auront plus le choix de leur orientation.

L’heure est grave. Quelles sont les perspectives de lutte ?

Le 10 juin, rassemblement à l’appel des psychologues au ministère de la santé.

Un rendez-vous est demandé avec les ministères et instances concernées y compris avec Emmanuel Macron. Celui-ci-ci a voulu que s’organisent des Assises pour la psychiatrie et la santé mentale. Au sein du Printemps de la psychiatrie, on a une idée de la coloration qu’elles vont prendre, là aussi ce sera « mono-orienté », car il y a une fondation, FondaMental, qui dicte au gouvernement toute la politique concernant la psychiatrie, à savoir rééducation, réhabilitation psychosociale, centres experts, et bien sûr médicaments. Exit la parole, le lien social…

Le Printemps de la psychiatrie se prépare à organiser des contre-assises de la psychiatrie.

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