Le mardi 6 janvier à 14h, Place Saint-Sulpice, 75006 PARIS.
(La préfecture ayant refusé que le rassemblement se fasse devant le CAC, 17 rue Garancière comme annoncé dans le communiqué ci-dessous)

Le mardi 6 janvier à 14h, Place Saint-Sulpice, 75006 PARIS.
(La préfecture ayant refusé que le rassemblement se fasse devant le CAC, 17 rue Garancière comme annoncé dans le communiqué ci-dessous)

En 2026, la grande cause nationale redouble. Faute de ne pas avoir suffisamment détruit la psychiatrie, la santé mentale doit poursuivre son travail opiniâtre. « Parlons santé mentale » pour étouffer ce qui reste de la psychiatrie qui soigne.
Après les cliniques de La Borde et la Chesnaie, lieux de pratiques de psychothérapie institutionnelle, c’est au tour du Centre d’Accueil et de Crise (CAC) Garancière créé par Ginette Amado et l’équipe du secteur des arrondissements du centre de Paris.
Aujourd’hui, les restructurations hospitalières sont plus intéressées par créer des vitrines qui engagent peu (soins de courte durée, thérapies brèves) que d’entretenir des véritables lieux collectifs de soins psychiques ayant démontré leur efficacité.
Jusqu’à son transfert pour cause de travaux, le CAC Garancière était situé au centre du secteur dans un local appartenant au Sénat et à la Mairie de Paris. Il était ouvert 24h sur 24, 7 jours sur 7. En termes d’accès aux soins, de continuité des soins, de psychiatrie communautaire et de proximité, on pouvait difficilement mieux faire. Ce qu’ont d’ailleurs écrit les parlementaires Dubré-Chirat et Rousseau dans leur rapport sur les urgences psychiatriques : le CAC est une solution éprouvée pour accueillir et soigner sans passer par les urgences, il peut démarrer et poursuivre des soins de proximité sur un temps adaptable aux besoins des personnes souffrantes psychiquement.
Au plus près de la population, l’engagement de l’équipe soignante contribue à la prévention de plus longues et de plus nombreuses hospitalisations avec les risques d’isolement et de contention.
L’ensemble des élus parisiens, toutes tendances politiques confondues, s’est prononcé contre cette fermeture. Tous les syndicats du si bizarrement nommé « GHU psychiatrie et neurosciences » sont également contre. Ils appellent avec le collectif de défense du CAC à un rassemblement le Mardi 6 janvier 2026 à 14 H (17 rue Garancière, Paris 6ème).
A l’heure où les soins psychiques de proximité tant géographiques que relationnels sont sommés de laisser la place à une cérébrologie de la distance, de l’expertise et du hors-sol comme modèles de soins (voir nos communiqués sur les centres experts ici et là), nous appelons à la mobilisation contre les décisions des directions hospitalières et de leurs complices qui se font contre les soins réels, au détriment des besoins de la population, décisions autoritaires sacrifiant des pratiques qui devraient plutôt inspirer la reconstruction de la psychiatrie et de la pédopsychiatrie publiques pour les années à venir.
Le Printemps de la psychiatrie, le 20 décembre 2025

(Proposition de Loi sénatoriale 385 « bis »)
Alors même que nous dénoncions1, avec d’autres, la proposition de loi 385 du Sénat cherchant à intégrer les centres experts de la fondation FondaMental dans le Code de la santé publique, les sénatrices et sénateurs ont revu entre temps leur copie, à quelques jours du débat du texte en hémicycle.
Cependant, loin de résoudre la problématique soulevée, cette nouvelle version ne fait qu’entériner la transformation de l’offre de soins en psychiatrie publique, venant élargir la logique de recours à l’expertise (dite de « troisième recours ») à d’autres structures (CHU), sans en exclure pour autant les centres de FondaMental.
Rappelons que la lutte contre l’inscription des centres experts dans le Code de la santé publique est très différente de celle menée il y a quelques semaines avec un succès au moins temporaire contre la marginalisation institutionnalisée de la psychanalyse. Celle-ci était une lutte contre un « en moins », ici c’est une lutte contre un « en plus ». En effet pourquoi s’opposer à une intégration plus formelle et plus officielle dans l’appareil de santé de centres de diagnostics protocolisés au développement récent ?
L’argumentaire les soutenant comporte d’une part une profonde modification du schéma national de soins et traitements psychiatriques qu’est dans son principe la psychiatrie de secteur, et fait d’autre part des promesses fallacieuses voire dangereuses, le tout couvert des oripeaux de la science.
La pédopsychiatrie et notamment les CMPP ont déjà traversé pareille supercherie avec le développement des plateformes de coordination et d’orientation (PCO), venant segmenter les prises en charge, au détriment d’un accueil primordial par une équipe cohérente.
Alors que le pays est confronté à des crises variées, de croissances économique, démographique, écologique et de son système de santé, l’époque voit malheureusement se développer un populisme scientifique qui expose une partie de la population à des simplifications optimistes et des fables scientistes.
Rappelons que le populisme scientifique a été décrit par Brown aux États-Unis avec l’infiltration politique partisane d’un débat scientifique délicat : le réchauffement climatique est-il d’origine humaine ou pas ? Bien que la réponse scientifique à cette question ne fasse plus de doute, on a vu les États-Unis se couper en deux : les Républicains déniant l’origine humaine du réchauffement climatique, tandis que les Démocrates acceptaient le verdict de la science. Le monde scientifique, loin d’être à l’abri de ce schisme, est profondément perturbé par cette immixtion de la politique.
Le même processus dissèque aujourd’hui la psychiatrie en France. Aux origines, la psychiatrie de secteur s’est développée là où psychiatres et pouvoirs politiques locaux étaient de la même couleur politique. En Vendée c’était démocratie chrétienne ; en petite couronne, c’était le parti communiste. Puis les lois de 1985 en ont fait l’affaire de l’État, et la psychiatrie de secteur s’est développée partout jusqu’au coup d’arrêt en 2001 avec la régionalisation de l’organisation des soins (ARH puis ARS). En 2008, Sarkozy a saboté les soins psychiatriques en imposant le tournant sécuritaire ; la loi HPST2 a fini le travail.
Le secteur psychiatrique est construit pour répondre aux besoins en soins psychiatriques de la population. Il est prépositionné, à bas seuil, avec sa gratuité (soins totalement pris en charge par la Sécurité sociale), sa proximité et l’accès direct. Il anticipe la demande de soins et la favorise. Sa structuration est antérieure aux définitions successives des soins primaires, de proximité, de « première ligne », de « premier recours », vocabulaire déjà instable pour les généralistes, et qui l’est encore davantage si l’on s’aventure dans les deuxièmes et troisièmes lignes. Faut-il rappeler aux sénateurs que pour le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM, 2020), la psychiatrie est une spécialité de premier recours en accès direct ?
L’utilité en psychiatrie de plusieurs portes d’entrée dans les soins n’est plus à démontrer. C’est qu’à la différence d’autres disciplines, le cheminement de la demande de soins y est plus compliquée. L’OMS a renoncé pour cette raison à préconiser une structuration en psychiatrie d’une gradation des soins3. Invoquer celle-ci comme un modèle dans les soins somatiques à dupliquer en psychiatrie est d’un simplisme et d’un scientisme affligeant. La patientèle d’un CMP est de provenance très variée : patient venu de lui-même, venu accompagné par des proches, orienté par un généraliste, adressé par un SAS ou un SAU, au décours d’une hospitalisation parfois sans consentement, …
En soixante ans, le périmètre de l’action psychiatrique a changé. Moitié par diminution des autres recours (religions, etc…), moitié par acculturation à la chose psy (et sur ce point la psychanalyse a fait beaucoup), moitié par durcissement des conditions de vie (précarité, durée du trajet domicile-travail, management néo-libéral), une souffrance existentielle s’est développée et généralisée et une demande de soins psychiques s’est développée rapidement, saturant les CMP et les psychiatres libéraux.
Inscrire les centres experts de FondaMental n’est pas la bonne réponse à cette inadéquation du système de soins actuel. D’une part, leur volume d’activité (20.000 consultations depuis 2006) est sans rapport avec la desserte en soins psychiatriques réalisée par les CMP (380.000 enfants et 2 millions d’adultes consultants dans la seule année 2023) et les CMPP (230 000 enfants et familles suivis et 2 millions de consultations par an, en plus des CMP). D’autre part, leur spécialisation dans les maladies graves les rend inaptes à répondre à la part de la demande qui est en augmentation. Rappelons qu’ils ne dispensent pas de soins.
Il faut une adaptation intelligente de la psychiatrie de secteur à l’émergence d’une demande croissante de soins psycho – et sociothérapiques, à côté de la nécessité toujours actuelle de répondre aux besoins en soins et traitements psychiatriques de la population, tout en promouvant l’auto-détermination des premiers concernés et en respectant les droits fondamentaux : droit à la santé et droit au respect des libertés fondamentales.
L’exploitation politique de la collusion entre l’adhésion populiste aux promesses d’une pseudo-science et l’opportunisme de quelques psychiatres fait miroiter une fausse solution à un vrai problème. La quête d’un diagnostic rapide par une lignée d’experts est une mascarade. Le diagnostic n’est pas à réaliser hors sol en quelques heures : il doit être réalisé par l’équipe qui prend en charge les patients par la suite, plus à même d’évaluer les dimensions bio-psycho-sociales de la personne. Ajouter une segmentation des soins, sous des prétextes scientifiques et de recherche, n’aura comme conséquence que la perte de moyens pour les équipes de secteur (aucune augmentation d’enveloppe n’étant envisagée), ainsi que la fuite de soignants vers ces centres diagnostics, soignants qui ne pratiqueront plus dès lors leur cœur de métier : le soin.
Pour améliorer les soins psychiques de la population, nous refusons cette tentative de segmentation des soins et affirmons la nécessité de renforcer les moyens des secteurs de psychiatrie, de pédopsychiatrie et du médico-social.
Le Printemps de la psychiatrie, le 15 décembre 2025

1 https://printempsdelapsychiatrie.org/2025/12/11/pour-une-democratie-du-soin-psychique/
2 dont le sénateur Milon avait été le rapporteur, avant d’être aujourd’hui le promoteur des centres experts Fondamental.
3https://www.who.int/publications/i/item/guidance-and-technical-packages-on-community-mental-health-services

A la suite de son précédent communiqué « Choisir ses soins », le Printemps de la Psychiatrie s’insurge contre les récentes attaques à l’égard d’une psychiatrie et d’une pédopsychiatrie humanistes, ainsi qu’à l’égard de la liberté de choix de leurs soins, pour les soignants comme pour les patients.
Depuis plusieurs mois maintenant, des communiqués de collectifs et de syndicats se multiplient pour dénoncer une forme de « police des soins psychiques », qui va à l’encontre d’une pratique soignante qui a besoin de pluralité et d’une compréhension élargie de problématiques complexes. Car le ton se durcit : M. Lionel Collet, président de la Haute Autorité de Santé (HAS), déclare ainsi souhaiter rendre opposables certaines recommandations afin de « s’assurer que les prescripteurs fassent ce qu’on recommande » (1) M. Étienne Pot, délégué interministériel à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement (TND) exprime même ouvertement : « Le non-respect des recommandations n’est pas entendable ».
Cette tentative de standardisation du soin, cherchant à transformer les recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) en obligations, ne rentre pourtant pas dans les prérogatives de la HAS. Comme le disait Agnès Buzyn, alors présidente de la HAS en 2017 : « Les recommandations de bonnes pratiques de la HAS n’ont pas à être opposables, car la médecine est un art évolutif. » (2) En réalité, ces préconisations, même si elles ne sont pas encore opposables légalement, imprègnent déjà les formations, la démarche qualité et les organismes de certification des établissements de santé. Peu à peu, la liberté de choix de leurs soins, pour les soignants comme pour les patients, est rognée.
Ainsi, une levée de boucliers a répondu à une nouvelle tentative de contrôle, contre l’amendement 159 présenté au Sénat « proposant d’interdire, tout financement public des soins, actes et prestations se réclamant de la psychanalyse ou reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques » et ce quel que soit le dispositif : CMP, Mon soutien psy, établissements médico-sociaux, exercice libéral… Une pétition a récolté en deux semaines 101470 signatures. (3)
Alors « Bas les Masques ! »
Alors qu’en 2017, la HAS souhaitait conserver la pluralité des approches cliniques, huit ans après en 2025, il est question d’uniformiser les prises en charge. Dans cette logique, au Sénat, la proposition de loi 385 voudrait intégrer les centres experts dans le code de la santé publique, centres experts promoteurs de diagnostics, avides de données pour faire « avancer la science » : recommandations de traitement médicamenteux ou rééducatifs soutenus par les progrès numériques.
Le texte justifie cette orientation en avançant la promesse d’une économie annuelle de 18 milliards d’euros, fondée sur la promesse fallacieuse d’une réduction de 50% des jours d’hospitalisation. Cette promesse a été jugée bien fragile, comme en atteste un article du Monde de Stéphane Foucart le 4 juin 2025 (4). Cette proposition de loi procède d’une analyse minimaliste et faussée des besoins en soins psychiatriques en France. Elle ne tient aucunement compte des difficultés pour la population d’accéder à des services publics de soins psychiques largement encombrés et en manque criant de moyens humains.
Ces centres experts se présentent comme des centres d’excellence qui font des diagnostics, comme si le geste diagnostique était l’essentiel du travail d’une psychiatrie dite « de précision ». Le soin, la temporalité du soin, le soin singulier sont niés de fait : une fois la batterie diagnostique réalisée (le plus souvent par des internes plutôt que par les professeurs à la tête de ces centres), les patients sont renvoyés à des soins hyper-spécifiques, inexistants ou inaccessibles sur le territoire, et donc à leur solitude déçue, avec des prescriptions médicamenteuses qui n’innovent en rien sur celles déjà proposées par leur psychiatre référent, dépouillés de leurs données de santé entre temps algorithmisées.
L’approche strictement bio-médicale et rééducative de ces centres, ne prenant en compte ni l’histoire de vie ni l’environnement, s’avère réductionniste : nous savons que les personnes vivant dans la précarité risquent statistiquement de développer plus de troubles psychiques que les autres (F.Gonon) (5). Prendre en compte la vie psychique, c’est considérer la singularité du patient dans son environnement familial et social. Cet aspect du travail des équipes pluridisciplinaires est écrasé par le diagnostic devenu l’unique stratégie en santé mentale !
Nous rejetons cette proposition de loi fomentée sans débat démocratique avec la population, sans consultation des usagers, soignants et chercheurs, et appelons les sénatrices et sénateurs à la rejeter lors de sa mise au débat le 16 décembre prochain.
Elle présente d’importants risques pour la santé publique. Les centres experts, actuellement au nombre de 54, sont loin du terrain et sont des émanations de la fondation FondaMental, dont les mécènes sont entre autres Dassault, Sanofi, BNP Paribas, fondation Bettencourt… et dont certains professionnels pourraient être soupçonnés de conflit d’intérêt, à être à toutes les places.
Pour une éthique respectée
La psychiatrie et la pédopsychiatrie de secteur, qui proposent un accueil à tous publics, ont besoin de moyens pour soigner dans les meilleures conditions possibles. Elles sont en souffrance depuis de longues années et les alertes n’ont aucunement été prises en compte, au point que beaucoup de structures ferment. Ce sont des personnes en souffrance psychique que l’on abandonne, ce qui n’est pas sans conséquences sur la vie sociale de chacun.
Mais il est politiquement aisé de s’en servir pour défendre une politique sécuritaire au lieu de s’interroger sur ce qui a mis en carence les institutions et services d’accueil des personnes en difficultés psychiques.
Les équipes de psychiatrie et de pédopsychiatrie de secteur travaillent à une clinique de proximité. Elles sont amenées à développer le plus de créativité possible pour mener à bien des soins sur mesure et en lien avec les partenaires sociaux et médico-sociaux. Protocoles et injonctions vont à l’encontre de la réflexion nécessaire pour réaliser ce travail minutieux : médiations thérapeutiques, entretiens avec les familles concernées, accompagnement du patient dans la quotidienneté…, pour rechercher un équilibre toujours fragile lorsque la souffrance psychique est intense.
Les missions du service public et des établissements médico-sociaux sont sans cesse mises à mal et ce dénigrement systématique devient insupportable. Cette attaque de la liberté de choix des soignants et des premiers concernés de leurs soins est une attaque en règle de l’état de droit, état sans lequel ne peuvent se faire une psychiatrie et une pédopsychiatrie respectueuses des droits fondamentaux des premiers concernés.
Ainsi, la mise en avant des centres experts comme solution unique est violente, tant vis-à-vis des populations concernées que des soignants, surtout quand l’enjeu apparaît être plutôt celui du gain financier pour les assurances privées, start-up et autres entreprises lucratives…
Comme l’a souligné Mathieu Bellahsen lors du forum de l’Évolution Psychiatrique (6), les centres experts sont les pointes avancées du santé-mentalisme au croisement de la cérébrologie (discours et pratiques centrés sur le cerveau) et du capitalisme algorithmique : produire des données, les valoriser, créer des marchés. L’enjeu, on l’aura compris, est la diminution des coûts des services publics, voire leur démantèlement et l’augmentation des profits des acteurs privés.
Voter cette loi serait participer à la privatisation du service public et le vendre à la découpe aux start-up de la Mental Tech.
Le Printemps de la Psychiatrie appelle toutes les organisations professionnelles, syndicales, associatives, mais aussi toutes les personnes concernées, professionnels, patients et proches, à signer la pétition Contre la PPL 385 avant le 16 décembre, et à lutter ainsi contre l’abandon de la clinique et du service public de proximité déjà bien attaqués en psychiatrie, en pédopsychiatrie comme dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux.
Nous les appelons à rester mobilisées et à participer à toutes les actions collectives et unitaires en train de se développer pour soutenir nos valeurs d’accueil et de solidarité sanitaire.
Le Printemps de la Psychiatrie, le 10/12/2025

Notes de bas de page
1) Dans une interview de l’APM News.
2) Interview d’Agnès Buzin : https://www.lequotidiendumedecin.fr/actus-medicales/sante-publique/les-recommandations-de-la-has-nont-pas-etre-opposables-assure-sa-presidente
3) Pétition « Non à l’amendement 159, oui à la pluralité des approches ! »
5) Interview de François Gonon : https://carnetpsy.fr/le-discours-des-neurosciences-a-des-effets-politiques/
6) version texte de l’intervention de Mathieu Bellashen sur son blog Mediapart , toutes les vidéos du forum Contre le démantèlement de la psychiatrie publique sur la chaîne d’Evolution psychiatrique.


Le mercredi 24 septembre 2025, la station France Inter axera sa programmation sur la santé mentale, lors d’une journée spéciale intitulée « Santé mentale : des solutions existent » se faisant relais des approches techno-scientifiques promues par cette fondation, faisant l’apologie d’une véritable révolution qui se ferait sans l’humain – qu’il soit soigné ou soignant.
Voici la lettre adressée par le Printemps de la psychiatrie à Madame Emmanuelle DAVIET, Médiatrice de Radio France
Madame,
Le mercredi 24 septembre 2025, la station France Inter axera sa programmation sur la santé mentale, lors d’une journée spéciale intitulée « Santé mentale : des solutions existent ». Le point de vue éditorial est limité à la valorisation des solutions telles que l’IA, la génétique, l’imagerie et la technologie, l’alimentation, l’épigénétique, le développement de thérapies ou d’applications pour anticiper et surveiller les crises, toutes présentées comme « une révolution globale » assurée par les technosciences.
Le mouvement Printemps de la Psychiatrie réuni le 20 septembre, s’inquiète et s’indigne qu’une radio du service public développe toujours en 2025 – alors que la santé mentale a été désignée Grande cause nationale – un point de vue unidimensionnel visiblement orienté par la fondation FondaMental, traversée par de nombreux conflits d’intérêts avec les firmes technologiques, industrielles et pharmaceutiques, alors que la mission d’une radio publique doit viser la pluralité de l’information. Un travail journalistique ne devrait pas permettre de relayer sans filtre ni analyse le lobbying financé par les intérêts privés[1].
Pourtant, la presse généraliste a diffusé l’information (article de Stéphane Foucard dans le journal Le Monde du 28 mai dernier dans la rubrique « Sciences et éthique scientifique ») que la valorisation des approches de Fondamental et de ses Centres Experts est erronée. En effet, plusieurs études scientifiques (de chercheurs et médecins)[2], contestent les résultats présentés par Fondamental, qui servent d’arguments pour une proposition de loi visant à réaliser 18 milliards d’économies en généralisant à l’ensemble du territoire les « Centres experts en psychiatrie » pilotés par cette fondation de droit privé (ici juge et partie). Ces scientifiques mettent en cause l’organisme pour usage « trompeur » de données scientifiques à des fins de communication.
Lors de cette journée d’émissions « Parlons Santé Mentale » se faisant relais des approches techno-scientifiques promues par cette fondation, faisant l’apologie d’une véritable révolution qui se ferait sans l’humain – qu’il soit soigné ou soignant. Les conflits d’intérêt devraient être clairement énoncés, nous tenons à insister fortement sur ce point.
Une radio publique ne devrait pas cautionner cette vieille rhétorique de la promesse de solutions pour la psychiatrie et pédopsychiatrie qui seraient dues aux neurosciences et aux technologies affichées comme une économie efficace, alors qu’il s’agit en réalité de légitimer le désinvestissement du social en général, et de la psychiatrie publique, faite pour et par des humains, en particulier.
Les solutions d’accueil, de soin et de l’accompagnement axés sur la reconnaissance de la primauté du soin relationnel proposées par de nombreux services de la psychiatrie publique ont fait leur preuve. Face à l’approche techno scientifique réductrice, nous défendons la spécificité de la maladie psychique, qui nécessite une approche singulière, un travail d’équipes pluridisciplinaires et la co-construction d’alliances thérapeutiques fécondes avec les personnes accueillies.
En espérant que notre lettre retiendra votre attention, nous vous adressons, Madame la Médiatrice, nos salutations respectueuses.
LE PRINTEMPS DE LA PSYCHIATRIE
Contact : printempsdelapsychiatrie@gmail.com
Autres liens bibliographiques :
Ajout de 3 articles en réf :
Lobbying forcené et méthodes scientifiques douteuses : comment la fondation FondaMental impose ses vues à la psychiatrie française
https://www.humanite.fr/societe/psychiatrie/sante-mentale-comment-la-fondation-fondamental-grace-a-ses-relais-politiques-et-ses-methodes-scientifiques-douteuses-impose-ses-vues-a-la-psychiatrie-francaise
Dans Le Monde Diplomatique N° 203 d’octobre/novembre 2025
Santé mentale, symptômes d’un monde fêlé (Le Monde diplomatique, octobre 2025)
Une psychiatrie sous influence, par Anne Waeles (Le Monde diplomatique, octobre 2025)
[1] Les mécènes de la Fondation FondaMental : Bouygues, Capgemini, Clinéa, Klésia, Doctissimo, Institut Montaigne, Fondations Dassaut, Bettencourt, Pinaut, et les laboratoires pharmaceutiques AstraZeneca, Jansen, Lilly, Roche, Lundbeck, Otsuka, Sanofi, Servier, …
[2] Gonon F., Gouraud H., Gillibere A., Falissard B., Cosgrove L., Kepp K. P., Cristea I. A., Naudet F. (2025). Advocacy by nonprofit scientific institutions needs to be evidence-based: a case study, SSM – Mental Health, 7, 1200464
Non à la maltraitance psychique de la population du Tarn !
Pour une psychiatrie publique de Secteur répondant à ses besoins de Santé Mentale !
Le Printemps de la psychiatrie dénonce la situation qui est faite au CH de Lavaur entrainant en quelques mois, la fermeture de lits, d’un service de post cure, d’un hôpital de jour, la fusion des CMP, la réduction des moyens humains des équipes pluridisciplinaires…
Ce qui a conduit récemment à jeter à la rue des patients hospitalisés, soi-disant faute de solution d’accueil adaptées. Et maintenant la transformation d’un service d’accompagnement et de resocialisation dans lequel il n’y avait pas de limite de durée d’accueil, en 2ème service d’admission. Une des raisons invoquées est de permettre de désengorger les services Toulousain, eux même victimes de fermetures de services, qui permettent entre autres de faire des économies sur la masse salariale à Purpan ! Pire ils envisagent d’y mettre une chambre d’isolement et sont en train de réfléchir comment fermer le service d’admission actuel resté ouvert pendant plus de 50 ans !!
Tout cela en mettant en avant le droit des patients, la désinstitutionalisation, le décloisonnement, l’ouverture sur la cité, le travail communautaire, le rétablissement…
Continuer à lire … « Communiqué de soutien au CH de Lavaur, 17 juillet 2025 »Communiqué commun, Convergence des Psychologues en Lutte, Manifeste psy et le Syndicat National des Psychologues.


Lire et signer la pétition : STOP AU DEMANTELEMENT DE LA PSYCHIATRIE A LAVAUR ET AUX FERMETURES DE SERVICES
Mobilisation contre la suppression de 15 lits au centre psychothérapique de Lavaur : le 27 juin RDV à 9 h 30 dans la cour d’honneur de l’Hôpital général de Lavaur
La direction a annoncé au personnel du service de soins psychiques intensifs La Gravette que 15 lits seraient supprimés à terme et qu’il n’y aurait plus d’aides-soignant.e.s. Un choc pour le personnel soignant. Avant une mobilisation prévue en fin de semaine prochaine(vendredi 27 juin) le témoignage de 3 d’entre eux a été recueilli par France 3.
Non au renoncement au « temps qu’il faut » pour soigner en psychiatrie !