Programme et VIDEOS des assises citoyennes du soin psychique le 11 et 12 mars 2022

Vendredi 11, 9h15, ouverture à l’heure annoncée!

Les vidéos : ouvrir la vidéo dans youtube pour voir à quelle minute sont les différents intervenants (c’est indiqué en dessous)

OUVERTURE :

Textes des interventions de Dominique Terre Graille et Catherine Skiredj Hahn

Table ronde 1 : Comment sauvegarder l’accès aux soins dans un contexte de casse des services publics : Roland Gori, Marie Bakchine, Delphine Glachant, Pierre Delion, suivis de Tolten et le collectif Artaud.

Textes des interventions de la Table ronde 1 : ici

Table ronde 3 : La citoyenneté en question Où en sont les droits des uns et des autres dans les établissements ? avec Sarah Massoud et Mathieu Bellahsen, suivi du retour de l’Atelier 3, Quelle démocratie? puis d’un Débat avec la salle.

Retour des ateliers suivi de la discussion transversale.

Voir dans la rubrique ATELIERS les 6 arguments proposés

Mise à jour du 1er mars : Les inscriptions sont closes

Rappel : réunion du 10 avril à Montreuil (AERI) pour formuler ensemble des conclusions d’étape des Assises 2022.

 

Conclusions de l’atelier « Quel accueil pour la souffrance psychique? »

Conclusions Atelier 5


Isolement et contention : quel accueil pour la souffrance psychique ?

Isolement et contention, symptôme de la déshumanisation de la psychiatrie : construire, reconstruire des collectifs soignants pour une psychiatrie humaine.
Consécutivement à l’avis du CPT (Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements dégradants) exprimé en 2012, selon lequel la contention est un traitement dégradant et inhumain, la loi Touraine de 2016, en réduisait l’usage à une mesure de dernier recours, pour prévenir un dommage imminent ou immédiat.
Or les recommandations de la HAS qui ont suivi ont détourné ce qui devait être une mesure de sécurité de dernier recours en un traitement pour « agitation », décliné dans le vocabulaire du soin : la surveillance médicale imposée par la loi devient « surveillance et accompagnements intensifs » au point que l’on a pu parler de « soins intensifs » pour la contention, de « chambre de soins intensifs » pour la chambre d’isolement, et même, pour la contention de « réanimation psychique ». La confusion des pratiques entre soins et mesures de sécurité s’accompagne d’une perversion de langage.
L’atelier revient donc à la notion de la mesure contention comme dernier recours et reprend à son compte la position de la CGLPL (Contrôleur Général des lieux de privation de libertés), Adeline Hazan, dans ses rapports de 2016 et 2020 sur l’isolement et la contention, puis sur les soins sans consentement, à savoir que la contention n’est pas un soin.

1. Or les pratiques de contention, loin d’être le dernier recours, se sont banalisées et généralisées. Maltraitantes et déshumanisantes, elles sont contraires à la dignité et aux droits des patients. Souvent associées au « cocktail » de médicaments, elles barrent la possibilité d’échange et de parole avec le patient et sont contraires à l’objectif du soin. Mesure de sécurité, la contention est non sécurisante, non contenante. Elle perturbe les soignants comme les patients.
Déshumanisante, la contention renvoie patients et soignants à leur solitude quand il faudrait recréer du lien, faire équipe autour du patient, construire un cadre de soins contenants.

2.Pour construire un cadre de soins contenants, il faut des moyens matériels, psychiques et humains favorables à la formation de collectifs soignants.
Cela nécessite un encadrement suffisant, une stabilité des équipes pour les patients et pour établir des espaces de réflexion collectives sur la clinique et les pratiques.
Il est également souhaitable que puisse se former une équipe unique intra et extra- hospitalière, qui connaisse le patient, et qui puisse constituer autour de lui, au long cours, une constellation transférentielle bordant le morcellement psychotique.
Cela suppose de prendre soin des équipes, de remettre du sens : reconnaître la difficulté de la rencontre avec la souffrance psychique, notamment parce qu’elle impose une rencontre avec soi. Une rencontre qui soigne aussi bien le soignant que le soigné (J. Oury)

3.Réorganiser les soins.

Concevoir la continuité des soins en lieu et place du « parcours de soin » dont la fonction est d’organiser la discontinuité entre différentes interventions à la durée congrue. Discontinuité de la prise en charge qui favorise les crises, le passage aux urgences générales déjà surchargées et des mesures traumatisantes comme la contention.

Pour cela, réaffirmer le secteur, avec une équipe unique, comme dispositif central dans la prévention et la prise en charge des patients.

Travailler le milieu et la culture du milieu. Instaurer la démocratie sanitaire.

Travailler le projet d’établissement de façon à supprimer les chambres d’isolement et la contention.
Restaurer la priorité du soin et de la présence des soignants auprès des patients. Retrouver le temps du soin et de la clinique en lieu et place du temps consacré à la surveillance ou aux tâches administratives et numériques.

Créer des espaces et des temps d’échanges soignants-patients, outre les conditions favorables à des échanges spontanés. Diversifier les formes d’activités socialisantes et contenantes.
Favoriser la créativité des soignants, l’intelligence collective.

Restaurer une formation initiale et continue spécifique pour tout professionnel intervenant en psychiatrie avec les bases de la clinique pour accueillir la souffrance psychique et assurer la fonction contenante dans les soins.

voir aussi les articles sur le même thème sur ce blog :

https://printempsdelapsychiatrie.org/category/debats-en-cours/isolement-et-contentions/

Communiqué de l’atelier « Quel accès aux soins? » : Crise de l’accueil et de l’hospitalité

Communiqué Atelier 1 : quel accès aux soins ?
Crise de l’accueil et de l’hospitalité.

Des psychologues, des psychiatres et pédopsychiatres ont composé majoritairement cet atelier. Toutefois la présence d’autres professionnels du soin ont permis la tenue d’échanges nourris, de croiser des approches diverses, nous confortant dans la conviction que la lutte va bien au-delà de la psychiatrie, concerne tous ceux engagés dans le soin psychique, quel que soit leur métier et leur secteur.
Plus encore, la présence d’une réalisatrice de documentaire d’Arte, de syndicalistes, d’étudiants, de personnels administratifs (secrétaire, directeur, chef de service), de chercheur (économie), de patients, de représentants d’associations (LGBT) ont enrichi nos réflexions pour les porter sur la scène citoyenne.

La question de l’accès ou plutôt du non accès aux soins pour tous est fondamentale à l’heure où de nombreuses populations sont, du fait de leur marginalité, exclues des institutions publiques sanitaires, à l’heure où la destruction des lieux de soin n’a jamais été aussi dramatique.
Combien de malades psychiatriques gonflent la population carcérale ? Ces patients exclus des soins du fait de la destruction de la psychiatrie de secteur, la fermeture des lits dans la fonction hospitalière, se retrouvent en prison, confrontés au choc de l’incarcération. La psychiatrie en milieu carcéral opère un zoom sur l’état de la société et les choix des politiques. L’augmentation des pathologies psychiatriques en prison est corrélée avec la baisse drastique des lits en hôpital psychiatrique. La réalité est que 80 % des détenus souffrent d’un trouble psychiatrique. Pour les mineurs incarcérés, il n’existe pas de projets de soin psychique.
Il y a ceux qui sont en prison car malades dans la rue et ceux qui du fait de leur incarcération basculent dans la souffrance psychique et décompensent.
Cette réalité révèle une faillite des institutions attaquées par les gouvernements successifs : l’ASE, les maisons de l’enfance, les CSD, les institutions médico-sociales et enfin l’hôpital public avec la création de centres de réhabilitation psycho sociale dont l’objectif est de vider l’hôpital des malades chroniques, sans pour autant répondre aux besoins.
La question de la chronicité est aussi une question de fond. Que deviennent les patients au-delà de 60 ans ? Ils sont « évacués » des soins classiques vers les EHPAD et le médicosocial, dans des unités de soins de longue durée inadaptées à leurs psychopathologies, composées de personnels non formés. Le constat est sans appel : il n’y a plus de lieux pour accueillir les patients chroniques, ceux qui restent sont dégradés et inadaptés.
On arrête de soigner les gens qui ne sont pas rentables. L’objectif de l’ARS est clair : quand il n’y a pas de chance de guérir, on ne soigne plus ! Seuls les soins de courte durée ou les prises en charge en ambulatoire sont valorisés !
Les politiques publiques de santé nous font converger vers un monde sans soin pour une grande majorité de la population.
La situation concernant la population migrante nous appelle à une même indignation, à partir de laquelle on constate une crise de l’accueil et non une crise migratoire. Médecins du Monde a créé à Paris un accueil inconditionnel collectif en transformant une salle d’attente en un lieu de rencontres multiculturelles. C’est alors l’occasion d’une acculturation réciproque (accueillants-accueillis) et d’un travail sur la bonne distance. La nécessité de d’offrir un accueil inconditionnel des réfugiés-migrants est une réponse au non accueil des politiques gouvernementales.
Cette crise de l’accueil par nos gouvernants conduit à un tri des demandeurs d’asile pris dans des traumas multiples qui rendent la plupart du temps leurs paroles indicibles et les maintiennent dans un état traumatique permanent, présentant des tableaux cliniques mélancoliques ou délirants. Malheureusement, l’humanitaire ne traite que les symptômes.
Parmi les plus vulnérables de la population confrontée au non-accès aux soins psychiques, il y a aussi les enfants qui attendent sur des listes d’attente interminable dans les institutions médico-sociales. Le démantèlement des CAMSP, des CMPP, des IME … est un scandale sanitaire qui touche les plus jeunes et les plus défavorisés socialement d’entre nous.
En Nouvelle Aquitaine, l’ARS décide la dislocation de plusieurs CMPP sous prétexte de mettre en place des plateformes d’orientation et de coordination (PCO), en 2019 et 2020.
Une équipe d’un CMPP près de Bordeaux, dissoute avec beaucoup de violence par l’ARS, décide de créer un collectif Panser-Penser et d’imaginer des scénarios de sketchs qui mettent en scène ce trauma collectif, de le sublimer mais aussi de transmettre un message politique avec humour et efficacité.
A partir de ces exemples, quelle analyse ?
L’attaque de l’organisation du travail (rendre compte sans cesse par des évaluations, les protocoles standardisés, une hiérarchie de plus en plus contraignante et autoritaire), l’attaque du collectif de soin, aboutissent à une perte de sens des métiers et à une désertion des personnels. En un mot le néolibéralisme rend le travail clinique et l’accès à la subjectivité de plus en plus impossible. Il est donc indispensable aujourd’hui d’envisager une réflexion sur comment soigner le travail à travers les humains qui travaillent. Prendre soin des soignants et de leur cadre de travail institutionnel est une condition indispensable.
Les fondements de notre démocratie sont attaqués. La Sécurité Sociale, pilier de notre constitution, à la base de notre conception nationale du principe de solidarité issu du CNR de 1945, est démantelée. C’est donc un combat politique qu’il faut mener contre le néolibéralisme !
Christophe Dejours suggérait une résistance discrète, par de petites actions et la défense du travail de terrain. Faut-il s’en contenter ?
Au-delà de ce constat et de la plainte, alors que nous ne parlons pas le même langage, entre le discours néolibéral gestionnaire et celui des soignants engagés dans le soin et l’émergence de la subjectivité, que faire ?
Comment faire émerger une force de résistance et défendre une pratique du soin digne et humaniste, construire des contre-pouvoirs, mobiliser les collègues, les citoyens ?

Créer des collectifs pour résister à l’éclatement social, à l’isolement des individus sur leur lieu de travail, aux méthodes managériales issues du new public management.
Ces collectifs, de plus en plus nombreux à s’organiser répondent à un besoin des professionnels de sortir de leur isolement, de lutter contre la souffrance au travail que leur infligent ces directives gouvernementales, cette politique d’austérité qui crée des conflits éthiques pour les soignants contraints de trier les patients. Leur multiplication est le signe d’un élan de résistance et de lutte locale mais aussi nationale. Le Collectif Grand Est pour la défense du médico-social organise des réunions en Visio, pluridisciplinaires, qui regroupent des collectifs présents sur tout le territoire français, ce qui permet un tissage, des échanges, des partages entre toutes ces initiatives collectives locales.

Il est grand temps d’en appeler de nouveau à rassembler le champ du soin, du médico-social, du travail social, de l’éducation nationale, de la justice et de la culture afin d’œuvrer ensemble pour contrer l’attaque que ces métiers « essentiels » subissent depuis tant d’années.

Plusieurs niveaux de résistance et d’actions sont à définir

Sur le plan local :
– Détourner des dispositifs existants : par exemple, rattacher les équipes mobiles spécialisées aux CMP concernés pour les re sectoriser
– Utiliser des dispositifs existants : par exemple, la prime d’engagement collectif du Ségur pourrait financer l’analyse psychologique de la pratique
– Il existe de nouveaux dispositifs qui fonctionnent : exemple du Chez Soi d’Abord dans la région toulousaine, avec un excellent partenariat avec la psychiatrie.
– Soutenir les actions dans les établissements : exemple du CAMSP d’Epernay dont l’équipe soignante, après 3 semaines de grève, a pu sauver l’établissement d’un démantèlement programmé par la direction, au prétexte de se séparer des services du pédiatre-directeur qui soutenait une clinique humaine, contre le tri des enfants et la PCO de la Marne.

Sur le plan national et politique :
Défendre la Sécurité Sociale contre une politique de démantèlement des institutions et des services publics. Mais de quels services publics s’agit-il, sachant que le vrai accès aux soins est celui qui permet l’émergence de la subjectivité ?
Défendre les conventions collectives aujourd’hui violemment attaquée par le gouvernement.

Quelques lignes directrices :
– Revitaliser l’éducation populaire : toucher, transmettre, mobiliser, résister
– Parler directement à la population, porter ces problèmes sur la place publique
– Lutter avec les personnels administratifs, techniques, …
– Politiser la colère
– Sublimer par la culture et l’humour (cf. les vidéos du collectif Panser-Penser de Nouvelle Aquitaine)
– Soutenir le travail de l’Atelier pour la refondation du service public de santé.
– Sortir de notre champ professionnel
– Les collectifs sont des témoignages (des pulsions) de vie, mais constituent un risque de dispersion des forces, de clivages et d’épuisement. Il faut donc constituer des réseaux, un maillage, répertorier et relier les collectifs

Conclusion : On continue, on tient bon !

Bilan partiel de l’atelier « Quelle approche de l’humain? »

Bilan partiel de l’atelier 6

A partir de l’ introduction qui fut faite par Patrick Landmann, les enjeux ont été situés.

– Il y a plusieurs psychiatries, dont celles que l’on peut nommer humanistes ou transférentielles.

– Aujourd’hui, ici, quand on parle de psychanalyse, on parle de la psychanalyse en institution, c’est à dire d’une psychanalyse appliquée, appliquée à la la psychiatrie, à l’institution, à la psychothérapie (ce qui n’est pas le cœur de la psychanalyse). Il y a de nombreux travaux internationaux qui documentent l’efficacité de la psychanalyse mais ils sont peu cités (2).

– Les neurosciences sont multiples aussi. Certes il y une fraction des neuroscientifiques qui font affaire avec les milieux de l’argent (FondaMental) et du pouvoir pour promouvoir une conception scientiste des neurosciences où la maladie mentale est réduite à un dysfonctionnement du cerveau.

Patrick Ladmann nous propose de « décloisonner » nos approches et nos références théoriques.

Voici la bibliographie citée par P. Landmann :

1. Du néolibéralisme au Tsunami Cognitivo-Comportemental en Grande Bretagne : Est-il encore temps pour la France d’éviter la catastrophe britannique ?

2. L’efficacité des psychothérapies inspirées par la psychanalyse : une revue systématique de la littéraure scientifique récente », F. Gonon , P.-H. Keller

3. Réhabilitation sociale et psychothérapie institutionnelle : https://www.cairn.info/revue-l-information-psychiatrique-2008-10-page-907.htm

Le débat a permis l’expression de neuroscientifiques présents. L’importance de ne pas réduire les travaux des neuroscientifiques à leur vulgarisation ni à leur caricature fut soulignée.
Pour une neurophysiopathologiste devenue psychanalyste il y a deux épistémologies qui ne se superposent pas (celle de la psychanalyse et celle de la physiopathologie), on ne peut passer de l’une à l’autre que par une « éthique du renoncement ».
Puis fut soulignée la prévalence d’un fantasme politique : les neurosciences- ou quelque autre savoir scientifique- pourrait éradiquer la souffrance psychique. Ce fantasme politique est au moteur des volontés d’éliminer toute référence à la psychanalyse des facs de psycho, des facs de médecine , des services de pédopsychiatrie, de toute la psychiatrie, etc.
Si nous devons prendre garde à ne pas mésestimer les grands progrès en matière de diagnostic, de thérapeutique dans bien des domaines de la médecine et de la chirurgie, nous entendons aussi un appel dans ces services à prendre en compte la subjectivité des patients.
Dans cet atelier, comme dans d’autres, un appel au retour de la reconnaissance de l’intelligence collective (celle des collectifs soignants à reconstituer, mais pas seulement). De ce point de vue on peut dire que l’être humain est un être bio-psycho-social, un être parlant, un être multidimensionnel et complexe.
La deuxième partie de l’atelier a concerné les structures de réhabilitation psycho-sociales. Serge Klopp a publié sur ce blog son exposé introductif et des éléments du débat.
J’ajoute que dans ce débat, l’un d’entre nous, hébergé dans un centre d’hébergement d’urgence a témoigné de la difficulté à simplement se réunir, se rencontrer dans cette situation de grande précarité, or la possibilité de ces rencontres devrait être un préalable pour que l’on puisse parler de « réhabilitation psycho-sociale ».
Des soignants ont parlé de leur travail de réhabilitation psycho-sociale. Derrière ce mot des pratiques inventives, diverses peuvent se développer qui prennent en compte le transfert, au contraire de ce que certains textes semblent dire. L’objectif de ces équipes apparaît de persister comme équipe et ensuite de se réapproprier les outils dont elles disposent.
Dans un retour à la psychiatrie, surtout de secteur, il fut dit que cette discipline est nécessairement éclectique, pragmatique, voire « polythéiste », ayant recours à des « bricolages ». Des débats riches, divers ont ponctué cet atelier, ce n’est qu’un début. Le mot subversion a presque conclu ces journées.

Pascal Boissel

ASSISES CITOYENNES DU SOIN PSYCHIQUE – SUITE le 10 avril 2022

APPEL POUR LA REUNION DU DIMANCHE 10  AVRIL 2022, 14 h – 17 h à l’AERI-Montreuil.

AERI : 57 rue Etienne Marcel, 93100 Montreuil, Métro Croix de Chavaux, Ligne 9.

Les Assises citoyennes du soin psychique se sont donc tenues les 11 et 12 mars à la Bourse du Travail de Paris, rassemblant  500 personnes, alors qu’il manquait de la place pour au moins 200 autres. Les échanges auront été toniques, sensibles et même joyeux malgré le moment difficile que nous traversons.

Nous avions prévu un temps d’après-coup pour penser, élaborer, conclure provisoirement l’évènement. Ce moment a été annoncé  publiquement, pour permettre à toutes et à tous de se retrouver, afin de poursuivre les échanges et la mobilisation autour des enjeux cruciaux des soins psychiques. Le mouvement des psychologues se poursuit activement, pendant que des services entiers de psychiatrie, mais aussi de médecine, et bien d’autres se trouvent en très grande difficulté. Plusieurs collectifs ont surgi lors des Assises, à l’issue des Ateliers, à propos de l’enfance mais aussi des droits des patients.

Nous savions en nous engageant dans ce mouvement qu’il ne pourrait être que prolongé, à contre-courant de toutes les logiques ségrégatives, normatives et réductrices de l’humain, pour promouvoir la complexité du « prendre soin » relationnel, tenant compte des différentes strates constitutives du psychisme.

Se retrouver le 10 avril « en présentiel », c’est choisir de ne pas en rester à un événement même réussi, mais construire au long cours le mouvement citoyen et professionnel nécessaire pour faire entendre nos aspirations à une approche humaine et digne des personnes en souffrance psychique. C’est aussi affirmer que ce mouvement ne se fera qu’en rassemblant le plus largement possible toutes les personnes et organismes concernées, au-delà des multiples  groupes, collectifs, syndicats, et associations, à l’origine de ces Assises.  Ils ont tous leur place dans ce mouvement à construire sur la durée.

Nous vous proposons donc une Réunion ouverte le dimanche 10 avril de 14h à 17 h à l’AERI, pour formuler des conclusions d’étape et pour préparer les suites des Assises. L’ordre du jour en sera établi sur place par les participants. 

l’AERI : 57 rue Etienne Marcel, 93100 Montreuil

lien zoom pour les personnes habitant loin et souhaitant être partie prenante du mouvement :

https://us02web.zoom.us/j/82619543820?pwd=aDZ5enZaVWlDSEZOMmpFR0RrcThtUT09

ID de réunion : 826 1954 3820

Code secret : 995331