Agenda Juillet 2020

Agenda Juillet

Samedi 4, à partir de 17h : place des Fêtes 75019 Paris

 

Mardi 14 juillet  : à Paris, manifestation de République à Bastille

RDV à 13h devant l’hôpital Robert Debré avec le collectif pédopsy du 19eme en lutte et le CIH de Robert Debré. Ce cortège se rendra à République.
RDV devant le magasin Habitat à 14H avec pancartes et banderoles.

Non à la dictature des directeurs!

Communiqué du 17 juin 2020

NON A LA DICTATURE DES DIRECTEURS !

Le Printemps de la Psychiatrie soutient les opprimés du Rouvray

Le Printemps de la psychiatrie dénonce la répression dont font l’objet 9 soignants de l’hôpital du Rouvray, à Rouen, ceux-là même qui s’étaient mis en grève de la faim en juin 2018. Pour avoir diffuser sur les réseaux sociaux une note aberrante de leur direction durant la crise covid, note qui demandait au personnel de laver et réutiliser des masques chirurgicaux de protection et de ne pas en donner aux patients suspects de la covid, ces soignants sont aujourd’hui soumis à des sanctions et 2 d’entre eux vont passer en conseil de discipline. Par cette offensive absurde la direction de l’hôpital du Rouvray tente de détourner l’attention de sa mise en danger de la santé des patients et de ses agents et de discrimination envers les patients. Cela aggrave son cas.

En 2018 le collectif du Printemps de la Psychiatrie est né en réaction aux différents mouvements de grève qui s’organisaient dans les hôpitaux psychiatriques, notamment la grève de la faim de 18 professionnels de l’hôpital du Rouvray, mais aussi les grèves des Perchés du Havre, du collectif Pinel en lutte à Amiens, de la Psychiatrie Parisienne Unifiée du GHU parisien, du collectif La mili’tente à Toulouse et bien d’autres.

Ces grèves avaient toutes pour objet de dénoncer les conditions indignes d’hospitalisations des patients, l’état catastrophique de leur prise en charge, la perte totale de sens de leur métier pour les professionnels, leurs conditions de travail inacceptables et les fermetures de structures d’accueil.

Ces professionnels en grève réclamaient des moyens humains pour pouvoir exercer correctement leur métier, c’est-à-dire prodiguer un soin relationnel auprès d’un public vulnérable et pour en finir avec des mesures d’isolement, de contention, de camisole chimique.

En 2019 la contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan, a clairement pointé l’état catastrophique des conditions d’hospitalisation et de soins des patients hospitalisés au Rouvray, donnant ainsi raison à ce qui avait été dénoncé par les grévistes de la faim.

Depuis ces grèves, la répression envers les personnels impliqués n’a jamais cessé. Des poursuites judiciaires, toujours en cours, aux changements d’affectation ou de planning, toutes les pressions possibles ont été exercées, que ce soit sur les Perchés ou sur les Pinel et sur d’autres.

Actuellement, c’est aussi à l’hôpital Avicenne à Bobigny que la direction appelle des huissiers pour notifier les soignants qui manifestent chaque semaine leur mécontentement face à leurs conditions de travail et leur inquiétude sur l’hôpital public.

Aujourd’hui plus que jamais, après ce que nous avons vécu pendant cette crise sanitaire et au décours de celle-ci, voyant les répercussions psychiques de cette crise sur les plus vulnérables et l’augmentation des demandes de soins, nous ne laisserons pas des directions empêcher des professionnels de la santé de s’exprimer sur ce qui leur est devenu intolérable : l’incurie des directions et la casse organisée de la psychiatrie publique par les pouvoirs publics.

Nous voulons une gouvernance hospitalière partagée, dans laquelle usagers, familles, personnels médicaux et non médicaux, ont leurs mots à dire et ne laissent plus des manageurs technocrates décider de tout et punir en toute impunité.

printempsdelapsychiatrie@gmail.com

Un nouveau blog pour lutter contre la réforme du financement de la psychiatrie

Un blog à découvrir et partager pour que tout le monde comprenne les conséquences de la réforme …

Réforme du financement de la psychiatrie : ne soignez plus, faites du chiffre !

Pour les gouvernements successifs depuis 1995, l’hôpital doit être « géré » comme une clinique privée à but lucratif. Il doit produire des « actes », des « séjours », des « durée moyenne de séjour ». Il ne soigne plus des patients mais des « files actives », nombre total de patients soignés au moins une fois dans l’année. Les diagnostics sont codés et correspondent eux-mêmes à des sommes d’argent. Tous les éléments chiffrés se traduisent dans une somme d’argent. Le « codage », rentrée des données dans l’ordinateur par les soignants, permet d’évaluer la « rentabilité » de celui-ci.

Cette dynamique a entraîné une destruction insensée des services hospitaliers: fermeture de lits, fermetures de structures de proximité, mutualisation ravageuse des moyens. Elle a entraîné une mutation insupportable des métiers du soin: augmentation du temps passé sur l’ordinateur pour des protocoles technocratiques au détriment du temps passé auprès des patients, baisse drastique du nombre de travailleurs du soin, burn out généralisé des travailleurs. Elle a entraîné un tri et une maltraitance des patients, des dérives graves dénoncées tant par les soignants que par les patients.

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Appels pour le 16 juin 2020, USP, Sud, CGT…

L’Union syndicale de la psychiatrie (USP) a déposé un préavis de grève national pour la journée du 16 juin 2020.

L’USP appelle à manifester et à se joindre à la population et aux organisations et collectifs parties prenantes du communiqué unitaire « mobilisé-e-s pour obtenir satisfaction ». L’USP est membre d’APH et est un des membres fondateurs du mouvement Printemps de la psychiatrie pour un renouveau des soins psychiques et contre les violences institutionnelles.

L’USP porte les mêmes revendications concernant les augmentations de salaire d’au moins 300 euros pour tous, un recrutement massif, rattrapage de la mise en place des 35 heures (11 %) , un financement net, sans contrepartie contractuelle d’intéressement, de fragilisation statutaire, visant à imposer restructuration, privatisation ou revente aux usuriers des pseudo partenariats public-privé. POUR LIRE LA SUITE

Non à la fermeture de l’hôpital de nuit … Senlis

Non à la fermeture de l’hôpital de nuit, outil soignant indispensable rattaché au CPR !

Le lundi 18 mai à l’occasion de la réunion hebdomadaire de l’hôpital de nuit du CPR de Senlis, le directeur de pôle annonce brutalement la fermeture immédiate et définitive de cette unité…. pour signer et lire la suite de la pétition.

ARTICLE dans Le Parisien

TEXTE du Collectif Hôpital de Nuit, à l’initiative de la pétition  :

Tous les acteurs qui travaillent dans l’éducation spécialisée, s’expriment rarement, quelle que soit leur profession : éducateurs(trices), infirmières psychologues, maîtresses de maison, hommes d’entretien, secrétaires… Ils sont très engagés, passionnés et communiquent peu sur leurs pratiques car ils estiment que le cœur de leur métier est la relation d’aide auprès d’enfants ou d’adultes en souffrance, en perte de repères. Ils soutiennent également les familles.

Pourtant aujourd’hui, nous voulons prendre la parole pour vous faire savoir ce que nous sommes en train de vivre dans notre institution.

Nous travaillons dans le secteur pédopsychiatrique, au sein de l’Association de santé mentale La Nouvelle Forge. L’institution concernée est le CPR (Centre de Psychothérapie et de Rééducation) de Senlis (60) et plus spécifiquement un outil institutionnel de soin qui lui est rattaché : l’hôpital de nuit.

Ce lieu, dont la création remonte à plus de 40 ans, a connu des aménagements au fil des ans, mais reste un lieu fidèle à ses valeurs et solide sur ses fondations.

C’est un lieu unique, historique et ses différences lui permettent de se démarquer des autres propositions de soin offertes par l’association.
Il peut accueillir et accompagner 7 enfants et adolescents présentant différentes problématiques : problèmes d’endormissement, troubles du comportement, soucis d’apprentissages scolaires, problèmes de séparation, troubles du spectre autistique… Nous avons des coléreux, des explosifs, des bruyants, des introvertis, des violents, des agités, des abandonnés, des phobiques…. A cela peut s’ajouter une huitième place pour un enfant ayant besoin de travailler une rupture sur trois semaines (projet d’orientation en internat…)
Ainsi, du lundi au vendredi, 7 enfants par nuit sont accueillis par une équipe composée de 3 professionnels ( 2 éducateurs et/ou infirmier et une maîtresse de maison).

Nous proposons aux jeunes, ce rendez-vous hebdomadaire régulier avec les mêmes enfants et la même équipe thérapeutique. Ensemble nous formons le collectif hôpital de nuit, connu et nommé comme la nuit du lundi, la nuit du mardi…

L’amplitude horaire de ces nuits (de 16h à 9h le lendemain) permet de prendre le temps, de s’approcher des autres à son rythme, de prendre soin de soi, de se réinvestir, se rassurer, gagner en autonomie, bref d’être bien accompagné pour choisir de grandir !
C’est une première expérience d’accompagnement réussie en société, une sorte de « contrat indéterminé » pour apprécier et se rassurer sur le quotidien et goûter à l’imprévu, aux surprises et aux sorties…
Ici on peut dans la même soirée faire une partie de jeu de société ou de baby-foot avec les copains, avoir un temps pour apprendre à cuisiner avec la maîtresse de maison, jouer de la guitare avec un éducateur, parler de son corps qui change avec l’infirmière, sortir en forêt ou au cinéma…
À « la nuit », chacun a un rôle, sa place, son lit. Il y a une vraie vie de groupe, nous formons une tribu où chacun s’entraide, est présent pour l’autre et cela fonctionne. Les échecs sont minces, quasi nuls. Cela est constaté par le personnel soignant, les enfants et leurs familles, les psychologues du CMPP qui nous adressent ces enfants.

Cet hôpital est une maison familiale, au cœur d’un petit village proche de Senlis. À chaque 1ère visite, la surprise s’observe dans le regard des parents et des enfants qui y pénètrent. En passant la grille d’entrée, leurs inquiétudes d’une visite à l’hôpital s’effacent. Car oui, ce lieu de soin est différent, apaisant. Ici pas de blouse blanche, une odeur de gâteau sorti du four pour le goûter vous accueille. Ce n’est pas un internat ni une famille d’accueil. Nous proposons notre aide pour la fin de journée avec repas, nuit, petit déjeuner. Cet espace tiers est proposé une fois par semaine pour avoir un temps repéré, partiel mais continu, pour une séparation courte comme un souffle, un répit pour les enfants, la fratrie, les parents.

Mais mi mai, le bureau de l’association, à la sortie du confinement de la crise sanitaire du Covid, a décidé la fermeture immédiate et définitive de ce lieu, sous couvert de remaniements, d’obsolescences et de coûts élevés du dispositif. Resterons-nous dupes de ces sombres et fallacieuses manœuvres de rentabilité ?

Ce type de décision œuvre-t-il véritablement en faveur des patients et de leur famille ?

L’intelligence de l’être humain est sa faculté d’adaptation à son environnement. C’est sentir, comprendre et accepter la différence chez l’autre. C’est œuvrer ensemble pour offrir un avenir meilleur et équitable à tous.

Nous avons tous foi en l’intérêt de l’existence de l’hôpital de nuit, en son organisation et aux bénéfices de notre travail pour les enfants qui constitueront la société de demain.

Cette fermeture brutale dépossède les familles et les enfants d’un apport positif dans leur accompagnement thérapeutique et les professionnels d’un outil efficace et irremplaçable.

Depuis plus de 40 ans, nombre d’enfants et de parents ont pu vérifier le bien fondé et l’efficacité de cet outil thérapeutique.

Les enfants et les familles qui ont eu l’opportunité de bénéficier de cet accompagnement spécifique, celles dont les enfants utilisent cette structure de soin autant que les familles qui attendaient une inscription de leur enfant dans le dispositif sont dépitées, déçues et parfois en plein désarroi…

C’est pourquoi au nom du Collectif Hôpital de Nuit, nous avons crée une pétition pour soutenir l’ensemble famille/professionnels et peut-être, faire revenir sur leur décision nos administrateurs.

Lien vers la pétition

 

Appel du Printemps de la Psychiatrie à la mobilisation du 16 Juin 2020

DES MOYENS POUR UNE PSYCHIATRIE RELATIONNELLE ET VIVANTE !  

Il est temps d’informer les citoyens des véritables projets de ce gouvernement pour la Santé et la psychiatrie en particulier. Au prétexte de « moderniser » le financement et la prise en charge des patients et des usagers du médico-social, on constate que les réformes successives aboutissent toutes aux mêmes résultats : réduction des moyens, déqualification des personnels, inflation des procédures bureaucratiques, et surtout, disparition programmée des soins et des accompagnements qui ne sont pas « rentables ».

En effet le plan Ma santé 2022, dont le Ségur ambitionne « d’accélérer la mise en œuvre », ainsi que la Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2020, prévoient un financement de la psychiatrie basé sur des critères qui favorisent automatiquement les consultations ponctuelles (« Centres Experts » en diagnostics) et les protocoles d’interventions de courte durée, à l’issue desquels les personnes qui ne seront pas rétablies seront laissées seules avec leur souffrance psychique. Sont exclues de fait des soins les personnes, enfants et adultes, qui ont besoin d’un accompagnement régulier, au long cours, pluridisciplinaire, pour qui un manque criant de propositions adaptées existe déjà. Or, les politiques néolibérales entraînent la fin du secteur généraliste de psychiatrie publique, étranglent financièrement les lieux ambulatoires tels que les Centres Médico-Psychologiques et les hôpitaux de jours pédopsychiatriques et psychiatriques qui permettent une continuité des relations de soin, aussi longtemps que nécessaire.

Si les professionnels peuvent espérer du gouvernement quelques améliorations salariales en cette période de soutien de la population, il ne faut surtout pas s’en contenter car cela ne changera rien aux dérives actuelles dans l’accueil des patients. 

Cela fait plusieurs années que de nombreux collectifs, associations et syndicats de la psychiatrie cherchent à se faire entendre des pouvoirs publics. Mais ceux-ci favorisent une psychiatrie réduite à son schéma le plus archaïque « diagnostic/traitement/surveillance », présenté comme innovant, au prétexte de supposées validations neuroscientifiques. Les différents rapports et recommandations du ministère, dans une novlangue aux accents progressistes, entendent homogénéiser les pratiques pour faire de la psychiatrie une médecine « comme les autres », vidée de toute dimension relationnelle, ne prenant en compte que le circuit neuronal, le cerveau, les gènes…

C’est vers une médecine morte que ces politiques nous emmènent, pratiquée à grand renfort de protocoles bannissant la créativité des soignants, réduisant le corps et le cerveau à des objets d’étude et de stimulations, dépossédant la personne de son histoire, de sa subjectivité.

 La colère des usagers et de leurs proches est hélas fondée face au retour, avec une intensité renouvelée, des contentions, chambres d’isolement, ordonnances à rallonge, électrochocs, enfermement et programmes sous contrainte jusqu’au domicile… 

C’est une toute autre conception des soins psychiques qui réunit dans le Printemps de la psychiatrie, les patients, les usagers, les familles, et les professionnels : une psychiatrie fondée sur la relation humaine, le désir de comprendre autrui et de l’aider, des soins fiables qui prennent le temps, diversifiés, adaptés aux besoins de chaque personne.

Les droits et les choix des usagers et patients doivent être la clé de voûte de toutes les pratiques. L’écoute de leur ressenti concernant leurs soins doit être un élément structurant des réflexions des équipes de soin et d’accompagnement sur leurs propres pratiques.

Et pour cela il faut des moyens : des personnes qualifiées en nombre suffisant et rémunérées décemment, des lieux d’accueil vivants en dehors de l’hôpital articulés à celui-ci. Mais il faut aussi une organisation du travail qui soutienne les soignants au lieu de les détourner de leur mission en les transformant en transmetteurs de données numériques. Un travail qui favorise l’horizontalité des liens soignants-soignés. Une formation des soignants et accompagnants basée sur la relation prolongée avec les patients et les pratiques de terrain et non sur des protocoles et expertises. Une articulation des intervenants sanitaires, médico-sociaux, associatifs… 

Le Ségur de la Santé, nouvelle mise en scène d’une prétendue attention aux revendications de soignants, particulièrement mal jouée, déçoit déjà ceux qui ont accepté d’y participer. 

 Nous continuerons de nous mobiliser en manifestant le 16 juin et après, pour faire exister une psychiatrie relationnelle et vivante, où la science est au service de l’humain et non instrumentalisée par les nouveaux maîtres du management d’entreprise.

 Pour un accueil inconditionnel de toutes et tous, et les moyens nécessaires pour soigner et accompagner chacun selon ses besoins :

Soyons le plus nombreux possible dans la rue ce 16 juin !

Le Printemps de la psychiatrie.

à Paris, RDV à 13 H devant le Ministère des Solidarité et de la Santé, côté rue de Ségur (Métro École Militaire) pour partir à 14 H vers l’esplanade des Invalides, ou 12 H 30 place Saint-François-Xavier.

 

Pour un contre Ségur !

Communiqué de l’USP du 11 juin 2020

Le Ségur de la santé a commencé le 25 mai et dès le discours inaugural d’Édouard Philippe, nous avons compris qu’il ne s’agirait même pas de concertations mais d’une mascarade.
L’USP revendique pour la psychiatrie de secteur et pour la santé d’une façon générale :

- 300 € nets et budgétés de hausse de salaires pour tous les professionnels de santé.
- Les embauches de personnels médicaux et non médicaux et des revalorisations de carrière.
- Le maintien des 35 heures et le paiement des heures supplémentaires pour les personnels non médicaux.
- Le maintien du statut de praticien hospitalier.
- La suppression totale de la dette des hôpitaux sans condition de restructuration. La fin de la T2A et la fin du point flottant.
- L’arrêt de tout processus d’inclusion de l’activité et du codage dans le financement de la psychiatrie.
Une dotation à l’habitant, après rattrapage régional, comme nous l’avons défendue à l’Assemblée nationale.
- Une augmentation de l’ONDAM à 5 % lors du prochain vote du PLFSS 2021.
- L’interruption de la grande bascule public/privé et ses partenariats.
- Le respect d’une pluralité des pratiques en psychiatrie, sans hégémonie de l’approche neuroscientifique.
- Le changement de gouvernance : installation d’une vraie démocratie sanitaire avec instances décisionnaires incluant usagers, personnels médicaux et non médicaux en plus de la direction.

L’USP exige de revenir à un véritable service public de santé avec un accueil et des soins de toutes et tous, inconditionnels, et le 100 % Sécu.

L’USP appelle à se mettre en grève pour soutenir toutes ces revendications lors d’un contre Ségur le 16 juin 2020.

Delphine Glachant, présidente de l’USP

Facs et Labos en Lutte, communiqué du 6/06

Convergence : Les Facs et Labos en lutte, sur le site Université Ouverte, appellent à rejoindre la manifestation pour le service public de la santé le 16 juin 2020.

« La LPPR* est de retour, nous aussi ! » Communiqué du 6 juin.

*LPPR : Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche

 

Ce 6 juin, la rencontre numérique des Facs et Labos en Lutte a réuni jusqu’à 150 personnes, représentant 41 établissements de toute la France. Si le confinement a brutalement interrompu notre mobilisation menée depuis décembre contre la précarité, la réforme des retraites et le projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche, quelques jours après que nous avons été des dizaines de milliers en grève et dans les rues en France le 5 mars, notre action a néanmoins perduré et pris d’autres formes. La crise sanitaire a en effet fait exploser les inégalités et précarités préexistantes, qui étaient les axes principaux de nos luttes avant le confinement et a fait émerger des problèmes spécifiques auxquels nous avons dû répondre en urgence. Nationalement et localement, et en dépit des nombreuses difficultés, nous avons continué à nous battre pour imposer des modes de validation des examens qui évitent aux étudiant·es de payer le prix de la crise, contre la spoliation des congés des travailleur·ses, pour des conditions sûres de reprise du travail, pour le paiement des vacataires, etc. Partout, nous avons du faire face à l’aggravation dramatique des situations de précarité des étudiant·es – particulièrement violente pour les étranger·es – et des travailleur·ses,  et avons organisé des caisses de solidarité, des distributions alimentaires, etc.

Depuis les dernières semaines, c’est l’annonce que la rentrée universitaire pourrait s’effectuer à distance qui a focalisé toutes nos inquiétudes. Le ministère refuse de tirer un bilan de ce passage catastrophique au tout à distance sans préparation et sans moyens spécifiques dédiés, alors que les études menées par les collègues durant le confinement ont toutes souligné l’accentuation dramatique des inégalités entre les étudiant·es et les taux élevés de décrochage.

Dans ce contexte, la mise à l’ordre du jour de la LPPR lors de plusieurs instances nationales du CNESER (Conseil nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche) le 12 juin et  du CTMESR ( ) le 17 juin et du conseil des ministres du 8 juillet est un réel scandale : comment oser poursuivre un agenda politique qui a été contesté durant tout l’hiver par l’ensemble de la communauté universitaire alors même que les Universités et laboratoires sont fermés depuis 4 mois ?!

Alors que la crise sanitaire a montré dans les facs et les labos, comme à l’hôpital public, les effets délétères des politiques de casse du service public menées par les derniers gouvernements, notre ministre veut nous imposer une loi qui nous promet encore une plus grande précarisation et le développement de la recherche sur projet. Or, ce dernier dispositif – en entravant la recherche sur le long terme – est l’une des causes de de notre impossibilité à fournir des solutions face à l’épidémie.

Alors qu’il est désormais possible de se rendre au Puy du Fou ou de s’entasser à 100 dans un avion, nos facs sont maintenues fermées depuis la mi-mars, nous empêchant de nous rencontrer et de nous mobiliser, ce qui permet à notre ministre de tenter ce passage en force, contre la volonté de celles et ceux qui font l’université et la recherche publiques, étudiant·es et travailleur·ses.

Nous réaffirmons donc que seules les revendications votées lors de notre dernière coordination nationale, exigeant une hausse drastique des financements pérennes et un plan massif de titularisation au sein de nos facs et de nos labos, permettront de développer un enseignement supérieur et une recherche de qualité pour toutes et tous. 

Nous exigeons le retrait du projet de loi de la LPPR et nous refusons la généralisation de l’enseignement à distance.

A l’hôpital, dès la fin du confinement, des soignant·es ont manifesté pour dénoncer le manque de moyens. De même, plusieurs milliers de personnes ont bravé l’interdiction édictée par Didier Lallement et ont manifesté contre les violences policières et le racisme systémique le mardi 2 et le samedi 6 juin. Beaucoup parmi nous étaient présent·es à ces rendez-vous et nous participons pleinement, individuellement et collectivement, à ces luttes.

Nous, les Facs et Labos en Lutte, appelons également à des mobilisations partout en France les 12 et 17 juin, dates des examens de la LPPR par le CNESER et le CTMESR.

Nous appelons aussi à rejoindre la manifestation pour le service public de la santé le 16 juin, dans un cortège des Facs et Labos en Lutte.