Communiqué de l’atelier « Quel accès aux soins? » : Crise de l’accueil et de l’hospitalité

Communiqué Atelier 1 : quel accès aux soins ?
Crise de l’accueil et de l’hospitalité.

Des psychologues, des psychiatres et pédopsychiatres ont composé majoritairement cet atelier. Toutefois la présence d’autres professionnels du soin ont permis la tenue d’échanges nourris, de croiser des approches diverses, nous confortant dans la conviction que la lutte va bien au-delà de la psychiatrie, concerne tous ceux engagés dans le soin psychique, quel que soit leur métier et leur secteur.
Plus encore, la présence d’une réalisatrice de documentaire d’Arte, de syndicalistes, d’étudiants, de personnels administratifs (secrétaire, directeur, chef de service), de chercheur (économie), de patients, de représentants d’associations (LGBT) ont enrichi nos réflexions pour les porter sur la scène citoyenne.

La question de l’accès ou plutôt du non accès aux soins pour tous est fondamentale à l’heure où de nombreuses populations sont, du fait de leur marginalité, exclues des institutions publiques sanitaires, à l’heure où la destruction des lieux de soin n’a jamais été aussi dramatique.
Combien de malades psychiatriques gonflent la population carcérale ? Ces patients exclus des soins du fait de la destruction de la psychiatrie de secteur, la fermeture des lits dans la fonction hospitalière, se retrouvent en prison, confrontés au choc de l’incarcération. La psychiatrie en milieu carcéral opère un zoom sur l’état de la société et les choix des politiques. L’augmentation des pathologies psychiatriques en prison est corrélée avec la baisse drastique des lits en hôpital psychiatrique. La réalité est que 80 % des détenus souffrent d’un trouble psychiatrique. Pour les mineurs incarcérés, il n’existe pas de projets de soin psychique.
Il y a ceux qui sont en prison car malades dans la rue et ceux qui du fait de leur incarcération basculent dans la souffrance psychique et décompensent.
Cette réalité révèle une faillite des institutions attaquées par les gouvernements successifs : l’ASE, les maisons de l’enfance, les CSD, les institutions médico-sociales et enfin l’hôpital public avec la création de centres de réhabilitation psycho sociale dont l’objectif est de vider l’hôpital des malades chroniques, sans pour autant répondre aux besoins.
La question de la chronicité est aussi une question de fond. Que deviennent les patients au-delà de 60 ans ? Ils sont « évacués » des soins classiques vers les EHPAD et le médicosocial, dans des unités de soins de longue durée inadaptées à leurs psychopathologies, composées de personnels non formés. Le constat est sans appel : il n’y a plus de lieux pour accueillir les patients chroniques, ceux qui restent sont dégradés et inadaptés.
On arrête de soigner les gens qui ne sont pas rentables. L’objectif de l’ARS est clair : quand il n’y a pas de chance de guérir, on ne soigne plus ! Seuls les soins de courte durée ou les prises en charge en ambulatoire sont valorisés !
Les politiques publiques de santé nous font converger vers un monde sans soin pour une grande majorité de la population.
La situation concernant la population migrante nous appelle à une même indignation, à partir de laquelle on constate une crise de l’accueil et non une crise migratoire. Médecins du Monde a créé à Paris un accueil inconditionnel collectif en transformant une salle d’attente en un lieu de rencontres multiculturelles. C’est alors l’occasion d’une acculturation réciproque (accueillants-accueillis) et d’un travail sur la bonne distance. La nécessité de d’offrir un accueil inconditionnel des réfugiés-migrants est une réponse au non accueil des politiques gouvernementales.
Cette crise de l’accueil par nos gouvernants conduit à un tri des demandeurs d’asile pris dans des traumas multiples qui rendent la plupart du temps leurs paroles indicibles et les maintiennent dans un état traumatique permanent, présentant des tableaux cliniques mélancoliques ou délirants. Malheureusement, l’humanitaire ne traite que les symptômes.
Parmi les plus vulnérables de la population confrontée au non-accès aux soins psychiques, il y a aussi les enfants qui attendent sur des listes d’attente interminable dans les institutions médico-sociales. Le démantèlement des CAMSP, des CMPP, des IME … est un scandale sanitaire qui touche les plus jeunes et les plus défavorisés socialement d’entre nous.
En Nouvelle Aquitaine, l’ARS décide la dislocation de plusieurs CMPP sous prétexte de mettre en place des plateformes d’orientation et de coordination (PCO), en 2019 et 2020.
Une équipe d’un CMPP près de Bordeaux, dissoute avec beaucoup de violence par l’ARS, décide de créer un collectif Panser-Penser et d’imaginer des scénarios de sketchs qui mettent en scène ce trauma collectif, de le sublimer mais aussi de transmettre un message politique avec humour et efficacité.
A partir de ces exemples, quelle analyse ?
L’attaque de l’organisation du travail (rendre compte sans cesse par des évaluations, les protocoles standardisés, une hiérarchie de plus en plus contraignante et autoritaire), l’attaque du collectif de soin, aboutissent à une perte de sens des métiers et à une désertion des personnels. En un mot le néolibéralisme rend le travail clinique et l’accès à la subjectivité de plus en plus impossible. Il est donc indispensable aujourd’hui d’envisager une réflexion sur comment soigner le travail à travers les humains qui travaillent. Prendre soin des soignants et de leur cadre de travail institutionnel est une condition indispensable.
Les fondements de notre démocratie sont attaqués. La Sécurité Sociale, pilier de notre constitution, à la base de notre conception nationale du principe de solidarité issu du CNR de 1945, est démantelée. C’est donc un combat politique qu’il faut mener contre le néolibéralisme !
Christophe Dejours suggérait une résistance discrète, par de petites actions et la défense du travail de terrain. Faut-il s’en contenter ?
Au-delà de ce constat et de la plainte, alors que nous ne parlons pas le même langage, entre le discours néolibéral gestionnaire et celui des soignants engagés dans le soin et l’émergence de la subjectivité, que faire ?
Comment faire émerger une force de résistance et défendre une pratique du soin digne et humaniste, construire des contre-pouvoirs, mobiliser les collègues, les citoyens ?

Créer des collectifs pour résister à l’éclatement social, à l’isolement des individus sur leur lieu de travail, aux méthodes managériales issues du new public management.
Ces collectifs, de plus en plus nombreux à s’organiser répondent à un besoin des professionnels de sortir de leur isolement, de lutter contre la souffrance au travail que leur infligent ces directives gouvernementales, cette politique d’austérité qui crée des conflits éthiques pour les soignants contraints de trier les patients. Leur multiplication est le signe d’un élan de résistance et de lutte locale mais aussi nationale. Le Collectif Grand Est pour la défense du médico-social organise des réunions en Visio, pluridisciplinaires, qui regroupent des collectifs présents sur tout le territoire français, ce qui permet un tissage, des échanges, des partages entre toutes ces initiatives collectives locales.

Il est grand temps d’en appeler de nouveau à rassembler le champ du soin, du médico-social, du travail social, de l’éducation nationale, de la justice et de la culture afin d’œuvrer ensemble pour contrer l’attaque que ces métiers « essentiels » subissent depuis tant d’années.

Plusieurs niveaux de résistance et d’actions sont à définir

Sur le plan local :
– Détourner des dispositifs existants : par exemple, rattacher les équipes mobiles spécialisées aux CMP concernés pour les re sectoriser
– Utiliser des dispositifs existants : par exemple, la prime d’engagement collectif du Ségur pourrait financer l’analyse psychologique de la pratique
– Il existe de nouveaux dispositifs qui fonctionnent : exemple du Chez Soi d’Abord dans la région toulousaine, avec un excellent partenariat avec la psychiatrie.
– Soutenir les actions dans les établissements : exemple du CAMSP d’Epernay dont l’équipe soignante, après 3 semaines de grève, a pu sauver l’établissement d’un démantèlement programmé par la direction, au prétexte de se séparer des services du pédiatre-directeur qui soutenait une clinique humaine, contre le tri des enfants et la PCO de la Marne.

Sur le plan national et politique :
Défendre la Sécurité Sociale contre une politique de démantèlement des institutions et des services publics. Mais de quels services publics s’agit-il, sachant que le vrai accès aux soins est celui qui permet l’émergence de la subjectivité ?
Défendre les conventions collectives aujourd’hui violemment attaquée par le gouvernement.

Quelques lignes directrices :
– Revitaliser l’éducation populaire : toucher, transmettre, mobiliser, résister
– Parler directement à la population, porter ces problèmes sur la place publique
– Lutter avec les personnels administratifs, techniques, …
– Politiser la colère
– Sublimer par la culture et l’humour (cf. les vidéos du collectif Panser-Penser de Nouvelle Aquitaine)
– Soutenir le travail de l’Atelier pour la refondation du service public de santé.
– Sortir de notre champ professionnel
– Les collectifs sont des témoignages (des pulsions) de vie, mais constituent un risque de dispersion des forces, de clivages et d’épuisement. Il faut donc constituer des réseaux, un maillage, répertorier et relier les collectifs

Conclusion : On continue, on tient bon !

Bilan partiel de l’atelier « Quelle approche de l’humain? »

Bilan partiel de l’atelier 6

A partir de l’ introduction qui fut faite par Patrick Landmann, les enjeux ont été situés.

– Il y a plusieurs psychiatries, dont celles que l’on peut nommer humanistes ou transférentielles.

– Aujourd’hui, ici, quand on parle de psychanalyse, on parle de la psychanalyse en institution, c’est à dire d’une psychanalyse appliquée, appliquée à la la psychiatrie, à l’institution, à la psychothérapie (ce qui n’est pas le cœur de la psychanalyse). Il y a de nombreux travaux internationaux qui documentent l’efficacité de la psychanalyse mais ils sont peu cités (2).

– Les neurosciences sont multiples aussi. Certes il y une fraction des neuroscientifiques qui font affaire avec les milieux de l’argent (FondaMental) et du pouvoir pour promouvoir une conception scientiste des neurosciences où la maladie mentale est réduite à un dysfonctionnement du cerveau.

Patrick Ladmann nous propose de « décloisonner » nos approches et nos références théoriques.

Voici la bibliographie citée par P. Landmann :

1. Du néolibéralisme au Tsunami Cognitivo-Comportemental en Grande Bretagne : Est-il encore temps pour la France d’éviter la catastrophe britannique ?

2. L’efficacité des psychothérapies inspirées par la psychanalyse : une revue systématique de la littéraure scientifique récente », F. Gonon , P.-H. Keller

3. Réhabilitation sociale et psychothérapie institutionnelle : https://www.cairn.info/revue-l-information-psychiatrique-2008-10-page-907.htm

Le débat a permis l’expression de neuroscientifiques présents. L’importance de ne pas réduire les travaux des neuroscientifiques à leur vulgarisation ni à leur caricature fut soulignée.
Pour une neurophysiopathologiste devenue psychanalyste il y a deux épistémologies qui ne se superposent pas (celle de la psychanalyse et celle de la physiopathologie), on ne peut passer de l’une à l’autre que par une « éthique du renoncement ».
Puis fut soulignée la prévalence d’un fantasme politique : les neurosciences- ou quelque autre savoir scientifique- pourrait éradiquer la souffrance psychique. Ce fantasme politique est au moteur des volontés d’éliminer toute référence à la psychanalyse des facs de psycho, des facs de médecine , des services de pédopsychiatrie, de toute la psychiatrie, etc.
Si nous devons prendre garde à ne pas mésestimer les grands progrès en matière de diagnostic, de thérapeutique dans bien des domaines de la médecine et de la chirurgie, nous entendons aussi un appel dans ces services à prendre en compte la subjectivité des patients.
Dans cet atelier, comme dans d’autres, un appel au retour de la reconnaissance de l’intelligence collective (celle des collectifs soignants à reconstituer, mais pas seulement). De ce point de vue on peut dire que l’être humain est un être bio-psycho-social, un être parlant, un être multidimensionnel et complexe.
La deuxième partie de l’atelier a concerné les structures de réhabilitation psycho-sociales. Serge Klopp a publié sur ce blog son exposé introductif et des éléments du débat.
J’ajoute que dans ce débat, l’un d’entre nous, hébergé dans un centre d’hébergement d’urgence a témoigné de la difficulté à simplement se réunir, se rencontrer dans cette situation de grande précarité, or la possibilité de ces rencontres devrait être un préalable pour que l’on puisse parler de « réhabilitation psycho-sociale ».
Des soignants ont parlé de leur travail de réhabilitation psycho-sociale. Derrière ce mot des pratiques inventives, diverses peuvent se développer qui prennent en compte le transfert, au contraire de ce que certains textes semblent dire. L’objectif de ces équipes apparaît de persister comme équipe et ensuite de se réapproprier les outils dont elles disposent.
Dans un retour à la psychiatrie, surtout de secteur, il fut dit que cette discipline est nécessairement éclectique, pragmatique, voire « polythéiste », ayant recours à des « bricolages ». Des débats riches, divers ont ponctué cet atelier, ce n’est qu’un début. Le mot subversion a presque conclu ces journées.

Pascal Boissel

ASSISES CITOYENNES DU SOIN PSYCHIQUE – SUITE le 10 avril 2022

APPEL POUR LA REUNION DU DIMANCHE 10  AVRIL 2022, 14 h – 17 h à l’AERI-Montreuil.

AERI : 57 rue Etienne Marcel, 93100 Montreuil, Métro Croix de Chavaux, Ligne 9.

Les Assises citoyennes du soin psychique se sont donc tenues les 11 et 12 mars à la Bourse du Travail de Paris, rassemblant  500 personnes, alors qu’il manquait de la place pour au moins 200 autres. Les échanges auront été toniques, sensibles et même joyeux malgré le moment difficile que nous traversons.

Nous avions prévu un temps d’après-coup pour penser, élaborer, conclure provisoirement l’évènement. Ce moment a été annoncé  publiquement, pour permettre à toutes et à tous de se retrouver, afin de poursuivre les échanges et la mobilisation autour des enjeux cruciaux des soins psychiques. Le mouvement des psychologues se poursuit activement, pendant que des services entiers de psychiatrie, mais aussi de médecine, et bien d’autres se trouvent en très grande difficulté. Plusieurs collectifs ont surgi lors des Assises, à l’issue des Ateliers, à propos de l’enfance mais aussi des droits des patients.

Nous savions en nous engageant dans ce mouvement qu’il ne pourrait être que prolongé, à contre-courant de toutes les logiques ségrégatives, normatives et réductrices de l’humain, pour promouvoir la complexité du « prendre soin » relationnel, tenant compte des différentes strates constitutives du psychisme.

Se retrouver le 10 avril « en présentiel », c’est choisir de ne pas en rester à un événement même réussi, mais construire au long cours le mouvement citoyen et professionnel nécessaire pour faire entendre nos aspirations à une approche humaine et digne des personnes en souffrance psychique. C’est aussi affirmer que ce mouvement ne se fera qu’en rassemblant le plus largement possible toutes les personnes et organismes concernées, au-delà des multiples  groupes, collectifs, syndicats, et associations, à l’origine de ces Assises.  Ils ont tous leur place dans ce mouvement à construire sur la durée.

Nous vous proposons donc une Réunion ouverte le dimanche 10 avril de 14h à 17 h à l’AERI, pour formuler des conclusions d’étape et pour préparer les suites des Assises. L’ordre du jour en sera établi sur place par les participants. 

l’AERI : 57 rue Etienne Marcel, 93100 Montreuil

lien zoom pour les personnes habitant loin et souhaitant être partie prenante du mouvement :

https://us02web.zoom.us/j/82619543820?pwd=aDZ5enZaVWlDSEZOMmpFR0RrcThtUT09

ID de réunion : 826 1954 3820

Code secret : 995331 

Synthèse de l’atelier Formation-Transmission

Synthèse

Puisque la formation – transmission était l’objet même de cet atelier, un soin particulier a été réservé à ce que puisse s’inventer un espace favorable à la circulation de la parole, le jour J : un espace où des traces de nos pratiques plurielles puissent se transmettre, en somme. Trois-quatre interventions ont été essaimées sur chaque demi-journée, propos d’une durée maximum de 5 minutes destinés à ouvrir ensuite un temps de trente à quarante minutes fait de débats, de réactions, de discussions à bâtons rompus. S’est produite une sorte d’association libre collective. L’état des lieux initial, constat souvent déprimant voire mélancolisant, a pu tout doucement se transformer en autre chose.

Constat parmi d’autres : il arrive que les formations-déformations soient conceptualisées voire protocolisées pour « boucher les trous », ces « trous dans le savoir » incontournables dans la pratique et qui suscitent de l’angoisse… Pourtant, une « formation » au sens d’une transformation personnelle devrait pouvoir transmettre à celles et ceux qui les suivent les modes par lesquels, a minima, ces trous peuvent être supportés.

Je fais des trous, des petits trous, encore des petits trous

Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous

Des trous de seconde classe, des trous de première classe

Je fais des trous, des petits trous, encore des petits trous

Lorsque les trous ne sont pas supportés, alors ce qui vient rassurer, ce sont les convictions, les certitudes, la protocolisation des gestes, le scientisme qui empêche la pensée et la capacité d’apprendre à apprendre, qui ne laisse pas la place au doute.

La question suivante est revenue plusieurs fois, à la manière d’une répétition qui, tant qu’elle n’est pas entendue dans sa fonction, se poursuite, s’alimente : le problème viendrait-il du fait que « la » formation (des éducateurs, des enseignants, des infirmiers, des psychologues, des psychiatres, etc.) n’est plus comme elle a pu être par « le passé » ? S’agirait-il là d’un conflit générationnel, entre « jeunes » et « anciens » ? Ce conflit bien répandu et cristallisé au-delà des Assises, est venu se rejouer et se répéter au sein même de l’atelier. Mais il a aussi commencé ici à se (nous) traiter, voire à s’interpréter, à travers les échanges in situ. (Dé)Former, c’est déconstruire, reconstruire, déconstruire, reconstruire, etc. Oui, les plus ancien·ne·s transmettent. Celles et ceux qui « débarquent » (mais d’où débarquent-ils donc ?), le font aussi. Toutes et tous le font en (se) surprenant.

Il a aussi été question, dans l’atelier, des évolutions de la société. D’une évolution de la société, et des imaginaires, aussi. Comment pouvons-nous former, déformer et reformer nos/des imaginaires, quels imaginaires pourraient encore permettre l’engagement, le faire-en-commun, le doute ?

J’aime les gens qui doutent, les gens qui trop écoutent leur cœur se balancer

J’aime les gens qui disent et qui se contredisent et sans se dénoncer

J’aime les gens qui tremblent, que parfois ils ne semblent capables de juger

J’aime les gens qui passent moitié dans leurs godasses et moitié à côté
J’aime leur petite chanson 

Même s’ils passent pour des cons

La question de ce qui permet l’articulation des résistances locales et des actions trans-territoriales s’est aussi posée : pour nous battre ensemble au travers des meetings, des Assises, des rassemblements, des manifestations, des grèves de codages, il faut déjà se sentir solides. Et pour se sentir solides, il est important de ne pas être seul·e·s, d’être à quelques-un·e·s, d’aller chercher les allié·e·s là où ils sont. Il est important d’être tenus ensemble pas uniquement au travers de notre défense face à tout ce qui occupe la place d’un extérieur destructeur ; mais aussi au travers de ce qui nous lie ensemble à travers des pratiques qui se veulent créatrices et inventives. Et ceci à partir des patients, et non de protocoles uniformes.

Nos mondes professionnels ont à répondre à des processus d’individualisation actifs comme à une intensification du travail. Or, sur ce point, il ne s’agit pas d’une simple augmentation quantitative. Cette question quantitative a deux versants : le premier concerne la quantité d’un travail dans lequel on ne trouve pas de sens (cf. fonctions au sein desquelles le travail est essentiellement prescrit). Le second tient à la quantité du travail que nous sommes empêchés de faire. Il apparaît donc indispensable de créer des espaces à l’intérieur des institutions, qui soient des espaces d’élaboration où l’on parle de l’objet du travail réel, pour se déprendre ainsi de la logique imposée par la centration sur le travail prescrit.

Les résistances locales s’exercent notamment via des médias qui favorisent la rencontre et l’accueil : le très important café, loin d’être anecdotique, est l’un d’eux. D’autres espaces font aussi leurs preuves au quotidien : l’art, les associations culturelles, les espaces de délibération qui donnent des idées et de l’énergie pour la « ruse ». La ruse et la pluralité des choix stratégiques, qui rendent ce que nous proposons désirable et intéressant, là où le désir nous paraît être aux abonnés absents dans l’apprentissage et l’application de protocoles. Par exemple, le refus de reprendre certains mots et concepts qui tentent de s’imposer par la novlangue gestionnaire lorsqu’ils semblent dangereux, voire à les subvertir afin de leur accorder un sens propre à notre praxis. Mais pour cela nous devons assumer la responsabilité de reconceptualiser, traduire, reformuler, afin de mettre en valeur ce qui est central dans notre clinique.

Et, le plus important, ces espaces d’élaboration, de délibération et de subversion collectives, sont des espaces avec les patient·e·s. Parce que ce qui est venu et revenu tout au long de l’atelier est bien cela : là où nous nous formons le plus sûrement – et ce pour quoi nous avons à nous battre – c’est à la rencontre de nos patient·e·s, et avec elleux.

Résiste
 ! Prouve que tu existes
 Cherche ton bonheur partout, va
, Refuse ce monde égoïste

Résiste 
Suis ton cœur qui insiste
 Ce monde n’est pas le tien,
viens
 Bats-toi, signe et persiste
 ! Résiste

Jeudi 7 avril 2022 : Journée Mondiale de la Santé

A Paris, 14 h 30 : départ de la manifestation de Bastille. Arrivée place de la République, rassemblement festif à partir de 17 h.

Autres initiatives en régions : Tours, RDV 14 h 30 : Place Jean Jaurès.

Mise à jour du 4 avril : Préavis de grève SUD Santé Sociaux pour le 6,7,8 avril et…

… nouvel appel avec plus de signataires :

AGENDA Mars-Avril 2022

MARS

MARSEILLE/ LUNDI 21 : Théâtre de l’Astronef, « Suppression du diplôme d’ISP, trente ans après quelle transmission ? » Programme : SERPSY .

source?

Festival SONIC PROTEST , les rencontres internationales des pratiques brutes de la musique, du 15 mars au 3 avril, suivre la page facebook : https://www.facebook.com/SonicProtest

JEUDI 25, 11 h 30 : Projection à la fac Paris VII du documentaire NOUS, les intranquilles de Nicolas Contant et le groupe cinéma du centre Artaud.

VEN-SAM-DIM du 25 au 27 : Congrès annuel de l’USP « COLLECTIF(S) »

SAMEDI 26 mars, 10 h – 18 h : Rencontres sociales anti-fascistes à la Bourse du Travail.`

du 28 mars au …

AVRIL

3 avril : la Semaine De La Folie Ordinaire francilienne (toutes les infos dans le lien).

SAMEDI 2 avril 14 h – 18 h : par le C.R.P.A, Cercle de Réflexion et de Proposition d’Actions sur la psychiatrie, Conférence – débat  » Réforme de l’isolement – contention en psychiatrie, où en sommes – nous ? Entrée gratuite, inscription obligatoire (Clôture des inscriptions le 30 mars, 17 h). AGECA, 177, rue de Charonne, 75011 PARIS.

SAMEDI 2 avril h – h : Atelier pour la refondation du service public hospitalier /réunion de travail enquête sociale

Festival Sonic Protest jusqu’au 3 avril… voir plus haut en mars.

JEUDI 7 : appel signé par le Printemps pour la Journée Mondiale de la Santé. Paris, 14 h 30 départ de la manif de Bastille, vers République, rassemblement festif à 17h.

DIMANCHE 10 avril : Réunion pour formuler ensemble des conclusions d’étape des Assises 2022. A.E.R.I., 57 Rue Etienne Marcel, 93100 Montreuil, Métro : Croix de Chavaux, ligne 9.

SAMEDI 30 avril : Convergence des psychologues en lutte, « FORUM 1.5 » à la Mairie de Montreuil et en ligne. Pour s’inscrire, voir le programme :

Journées de recherche et de formation : Destin et liberté, 12-13 mai 2022

Mise à jour du 5 mai, les journées seront diffusées en visio ! Toutes les infos, après le programme ci-dessous.

Pour le bulletin d’inscription voir le PDF :

Ne pas oublier de mentionner votre adresse mail et téléphone portable

pour info : joel.bouderlique@gmail.com