





APPEL POUR LA REUNION DU DIMANCHE 10 AVRIL 2022, 14 h – 17 h à l’AERI-Montreuil.
AERI : 57 rue Etienne Marcel, 93100 Montreuil, Métro Croix de Chavaux, Ligne 9.
Les Assises citoyennes du soin psychique se sont donc tenues les 11 et 12 mars à la Bourse du Travail de Paris, rassemblant 500 personnes, alors qu’il manquait de la place pour au moins 200 autres. Les échanges auront été toniques, sensibles et même joyeux malgré le moment difficile que nous traversons.
Nous avions prévu un temps d’après-coup pour penser, élaborer, conclure provisoirement l’évènement. Ce moment a été annoncé publiquement, pour permettre à toutes et à tous de se retrouver, afin de poursuivre les échanges et la mobilisation autour des enjeux cruciaux des soins psychiques. Le mouvement des psychologues se poursuit activement, pendant que des services entiers de psychiatrie, mais aussi de médecine, et bien d’autres se trouvent en très grande difficulté. Plusieurs collectifs ont surgi lors des Assises, à l’issue des Ateliers, à propos de l’enfance mais aussi des droits des patients.
Nous savions en nous engageant dans ce mouvement qu’il ne pourrait être que prolongé, à contre-courant de toutes les logiques ségrégatives, normatives et réductrices de l’humain, pour promouvoir la complexité du « prendre soin » relationnel, tenant compte des différentes strates constitutives du psychisme.
Se retrouver le 10 avril « en présentiel », c’est choisir de ne pas en rester à un événement même réussi, mais construire au long cours le mouvement citoyen et professionnel nécessaire pour faire entendre nos aspirations à une approche humaine et digne des personnes en souffrance psychique. C’est aussi affirmer que ce mouvement ne se fera qu’en rassemblant le plus largement possible toutes les personnes et organismes concernées, au-delà des multiples groupes, collectifs, syndicats, et associations, à l’origine de ces Assises. Ils ont tous leur place dans ce mouvement à construire sur la durée.
Nous vous proposons donc une Réunion ouverte le dimanche 10 avril de 14h à 17 h à l’AERI, pour formuler des conclusions d’étape et pour préparer les suites des Assises. L’ordre du jour en sera établi sur place par les participants.

lien zoom pour les personnes habitant loin et souhaitant être partie prenante du mouvement :
https://us02web.zoom.us/j/82619543820?pwd=aDZ5enZaVWlDSEZOMmpFR0RrcThtUT09
ID de réunion : 826 1954 3820
Code secret : 995331



Synthèse
Puisque la formation – transmission était l’objet même de cet atelier, un soin particulier a été réservé à ce que puisse s’inventer un espace favorable à la circulation de la parole, le jour J : un espace où des traces de nos pratiques plurielles puissent se transmettre, en somme. Trois-quatre interventions ont été essaimées sur chaque demi-journée, propos d’une durée maximum de 5 minutes destinés à ouvrir ensuite un temps de trente à quarante minutes fait de débats, de réactions, de discussions à bâtons rompus. S’est produite une sorte d’association libre collective. L’état des lieux initial, constat souvent déprimant voire mélancolisant, a pu tout doucement se transformer en autre chose.
Constat parmi d’autres : il arrive que les formations-déformations soient conceptualisées voire protocolisées pour « boucher les trous », ces « trous dans le savoir » incontournables dans la pratique et qui suscitent de l’angoisse… Pourtant, une « formation » au sens d’une transformation personnelle devrait pouvoir transmettre à celles et ceux qui les suivent les modes par lesquels, a minima, ces trous peuvent être supportés.
Lorsque les trous ne sont pas supportés, alors ce qui vient rassurer, ce sont les convictions, les certitudes, la protocolisation des gestes, le scientisme qui empêche la pensée et la capacité d’apprendre à apprendre, qui ne laisse pas la place au doute.
La question suivante est revenue plusieurs fois, à la manière d’une répétition qui, tant qu’elle n’est pas entendue dans sa fonction, se poursuite, s’alimente : le problème viendrait-il du fait que « la » formation (des éducateurs, des enseignants, des infirmiers, des psychologues, des psychiatres, etc.) n’est plus comme elle a pu être par « le passé » ? S’agirait-il là d’un conflit générationnel, entre « jeunes » et « anciens » ? Ce conflit bien répandu et cristallisé au-delà des Assises, est venu se rejouer et se répéter au sein même de l’atelier. Mais il a aussi commencé ici à se (nous) traiter, voire à s’interpréter, à travers les échanges in situ. (Dé)Former, c’est déconstruire, reconstruire, déconstruire, reconstruire, etc. Oui, les plus ancien·ne·s transmettent. Celles et ceux qui « débarquent » (mais d’où débarquent-ils donc ?), le font aussi. Toutes et tous le font en (se) surprenant.
Il a aussi été question, dans l’atelier, des évolutions de la société. D’une évolution de la société, et des imaginaires, aussi. Comment pouvons-nous former, déformer et reformer nos/des imaginaires, quels imaginaires pourraient encore permettre l’engagement, le faire-en-commun, le doute ?
La question de ce qui permet l’articulation des résistances locales et des actions trans-territoriales s’est aussi posée : pour nous battre ensemble au travers des meetings, des Assises, des rassemblements, des manifestations, des grèves de codages, il faut déjà se sentir solides. Et pour se sentir solides, il est important de ne pas être seul·e·s, d’être à quelques-un·e·s, d’aller chercher les allié·e·s là où ils sont. Il est important d’être tenus ensemble pas uniquement au travers de notre défense face à tout ce qui occupe la place d’un extérieur destructeur ; mais aussi au travers de ce qui nous lie ensemble à travers des pratiques qui se veulent créatrices et inventives. Et ceci à partir des patients, et non de protocoles uniformes.
Nos mondes professionnels ont à répondre à des processus d’individualisation actifs comme à une intensification du travail. Or, sur ce point, il ne s’agit pas d’une simple augmentation quantitative. Cette question quantitative a deux versants : le premier concerne la quantité d’un travail dans lequel on ne trouve pas de sens (cf. fonctions au sein desquelles le travail est essentiellement prescrit). Le second tient à la quantité du travail que nous sommes empêchés de faire. Il apparaît donc indispensable de créer des espaces à l’intérieur des institutions, qui soient des espaces d’élaboration où l’on parle de l’objet du travail réel, pour se déprendre ainsi de la logique imposée par la centration sur le travail prescrit.
Les résistances locales s’exercent notamment via des médias qui favorisent la rencontre et l’accueil : le très important café, loin d’être anecdotique, est l’un d’eux. D’autres espaces font aussi leurs preuves au quotidien : l’art, les associations culturelles, les espaces de délibération qui donnent des idées et de l’énergie pour la « ruse ». La ruse et la pluralité des choix stratégiques, qui rendent ce que nous proposons désirable et intéressant, là où le désir nous paraît être aux abonnés absents dans l’apprentissage et l’application de protocoles. Par exemple, le refus de reprendre certains mots et concepts qui tentent de s’imposer par la novlangue gestionnaire lorsqu’ils semblent dangereux, voire à les subvertir afin de leur accorder un sens propre à notre praxis. Mais pour cela nous devons assumer la responsabilité de reconceptualiser, traduire, reformuler, afin de mettre en valeur ce qui est central dans notre clinique.
Et, le plus important, ces espaces d’élaboration, de délibération et de subversion collectives, sont des espaces avec les patient·e·s. Parce que ce qui est venu et revenu tout au long de l’atelier est bien cela : là où nous nous formons le plus sûrement – et ce pour quoi nous avons à nous battre – c’est à la rencontre de nos patient·e·s, et avec elleux.
A Paris, 14 h 30 : départ de la manifestation de Bastille. Arrivée place de la République, rassemblement festif à partir de 17 h.
Autres initiatives en régions : Tours, RDV 14 h 30 : Place Jean Jaurès.
Mise à jour du 4 avril : Préavis de grève SUD Santé Sociaux pour le 6,7,8 avril et…
… nouvel appel avec plus de signataires :


MARS
MARSEILLE/ LUNDI 21 : Théâtre de l’Astronef, « Suppression du diplôme d’ISP, trente ans après quelle transmission ? » Programme : SERPSY .

Festival SONIC PROTEST , les rencontres internationales des pratiques brutes de la musique, du 15 mars au 3 avril, suivre la page facebook : https://www.facebook.com/SonicProtest
JEUDI 25, 11 h 30 : Projection à la fac Paris VII du documentaire NOUS, les intranquilles de Nicolas Contant et le groupe cinéma du centre Artaud.
VEN-SAM-DIM du 25 au 27 : Congrès annuel de l’USP « COLLECTIF(S) »
SAMEDI 26 mars, 10 h – 18 h : Rencontres sociales anti-fascistes à la Bourse du Travail.`
du 28 mars au …

AVRIL
… 3 avril : la Semaine De La Folie Ordinaire francilienne (toutes les infos dans le lien).
SAMEDI 2 avril 14 h – 18 h : par le C.R.P.A, Cercle de Réflexion et de Proposition d’Actions sur la psychiatrie, Conférence – débat » Réforme de l’isolement – contention en psychiatrie, où en sommes – nous ? Entrée gratuite, inscription obligatoire (Clôture des inscriptions le 30 mars, 17 h). AGECA, 177, rue de Charonne, 75011 PARIS.
SAMEDI 2 avril h – h : Atelier pour la refondation du service public hospitalier /réunion de travail enquête sociale
Festival Sonic Protest jusqu’au 3 avril… voir plus haut en mars.
JEUDI 7 : appel signé par le Printemps pour la Journée Mondiale de la Santé. Paris, 14 h 30 départ de la manif de Bastille, vers République, rassemblement festif à 17h.

DIMANCHE 10 avril : Réunion pour formuler ensemble des conclusions d’étape des Assises 2022. A.E.R.I., 57 Rue Etienne Marcel, 93100 Montreuil, Métro : Croix de Chavaux, ligne 9.

SAMEDI 30 avril : Convergence des psychologues en lutte, « FORUM 1.5 » à la Mairie de Montreuil et en ligne. Pour s’inscrire, voir le programme :
Mise à jour du 5 mai, les journées seront diffusées en visio ! Toutes les infos, après le programme ci-dessous.


Pour le bulletin d’inscription voir le PDF :


pour info : joel.bouderlique@gmail.com
Plus d’infos à propos des Semaines De La Folie Ordinaire en région parisienne sur le blog : https://sdlfoparis2018.wordpress.com/




37e congrès de l’Union Syndicale de la Psychiatrie à Paris
À l’heure où la tentation du repli gagne certains, voire en a déjà poussés au renoncement, seule la mise en pensée collective pourra nous permettre de lutter contre les effets du néolibéralisme qu’incarnent nos dirigeants.
La mise en exergue de l’individu, sommé de s’accomplir tout en étant nié dans sa vie psychique, marque notre époque autant qu’elle signe la perte de notre société.
Sans prise en compte de ce qui nous rassemble et nous complète, les citoyens ne peuvent que se heurter les uns aux autres et la violence s’exacerber, les clivages étant alimentés depuis le sommet de l’Etat.
Pointer l’individu comme responsable de ses propres malheurs, incompétent, en burn-out quand les exigences qui pèsent sur lui sont trop fortes, permet de détourner le regard des graves désorganisations du travail et des questions sociales. Pour ce qui nous concerne aussi, de la faillite de notre système public de santé, démantelé depuis des années.
En psychiatrie, les soignants dans leur ensemble, réduits à des agents, alimentent la chaîne de production des soins et ont de plus en plus de mal à s’engager dans la relation thérapeutique, se réfugiant dans les actes techniques et protocolisés.
Pourtant çà et là, des initiatives nouvelles viennent repeupler notre imaginaire. Nous entendrons certains raconter leur expérience.
Et, de plus en plus nombreux, les collectifs se forment et tentent de résister, se détournant parfois des syndicats, corps intermédiaires niés par les pouvoirs publics depuis 15 ans. Souhaitons qu’ils finissent par allier leurs forces !
L’avenir sera collectif ou ne sera pas.

Lieu du congrès : AGECA, 177 rue de Charonne,75011 PARIS, Métro Alexandre Dumas.
Toutes les infos dans la plaquette :