Colloque à l’Assemblée nationale le 18 juin 2025

Intitulé La psychiatrie d’aujourd’hui et de demain : répondre à l’urgence, répondre aux besoins et porté par Elise Leboucher de LFI, ce colloque faisait suite à plusieurs rencontres entre le Printemps de la psychiatrie et les parlementaires du Nouveau Front Populaire depuis le mois de septembre 2024.

Au programme, un exposé du neurobiologiste François Gonon ouvrait la discussion de la table ronde « Quelles politiques de santé mentale en partant des besoins? » avec Bruno Fallissard, Sonia Charapoff, et Martin Pavelka pour le Printemps de la psychiatrie. La députée Anne Stambach Terrenoir de LFI présentait ensuite son rapport sur la santé mentale des mineurs.

Entre un projet de loi transpartisane qui a beaucoup déçu le Printemps pour ses nombreuses concessions et l’hypothèse d’une « Loi cadre » pour la psychiatrie, quelques contradictions ont été discutées en conclusion.

Voici le tract distribué aux participants :

Carte des lieux de résistance à la déshumanisation des soins psychiques

L’idée cheminait depuis les Assises du soin psychique 2024, la carte interactive est en ligne !

https://resistancepsy.gogocarto.fr/map#/carte/@46.33,2.50,5z?cat=all

Pour toute information ou question : carte.resistance.psy@proton.me

https://resistancepsy.gogocarto.fr/

UberPsy, la suite

Communiqué du 07/04/2025

Frank Bellivier, délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, s’est fendu le 27 mars 2025 d’une interview dans l’Express au sujet de l’avenir des psychologues. Il y vante un projet gouvernemental de remise aux ordres des psychologues, au prétexte notamment du déploiement d’une version élargie du dispositif MonSoutienPsy.

Le contenu de ses propos au cours de cette interview et la conception réductrice du soin qu’il y promeut ont été largement dénoncés dans tous leurs aspects par les organisations de psychologues, notamment par la Convergence des Psychologues en Lutte (signataire du manifeste du Printemps de la psychiatrie). Nous rejoignons entièrement les critiques formulées par ces organisations.

Si de rares remarques de sa part apparaissent aller dans le bon sens (comme sur l’absence d’intérêt de la création d’un ordre des psychologues), M. Bellivier déploie a contrario de nombreuses contre-vérités cherchant à décrédibiliser une profession qui, pourtant, serait à l’heure actuelle en nombre suffisant pour contribuer largement et rapidement à atténuer la crise générale que connaît la psychiatrie publique.

Par la promotion intensive du dispositif MonSoutienPsy (déjà dénoncé à plusieurs reprises par le Printemps de la psychiatrie), le gouvernement vient renforcer la dégradation des services publics de psychiatrie, et particulièrement ceux du secteur. Celui-ci était pourtant initialement voué à accueillir toutes les formes de souffrances psychiques, des plus légères aux plus graves, dans des modalités adaptées au cas par cas, sans forcément passer par l’hospitalisation ou la psychiatrisation que beaucoup redoutent. Ainsi, des patient.e.s pouvaient (et peuvent encore) être accueilli.e.s par des psychologues en première intention, sans jamais rencontrer d’autre professionnel.le médical.e (psychiatre, infirmier.e.s, etc.). Cependant, en cas de besoin de soin ou d’accompagnement plus étoffé que des consultations ou une psychothérapie individuelle, le.la psychologue peut s’appuyer sur les divers professionnel.le.s de son équipe avec lesquel.le.s il et elle travaille déjà au quotidien.

C’est tout le contraire de ce que propose M. Bellivier : plutôt que de renforcer les équipes de psychiatrie de secteur, celui-ci prône le tout privé libéral et la création d’un deuxième échelon (MonSuperSoutienPsy) pour les patient.e.s aux pathologies les plus graves. Il poursuit ainsi la destruction de la psychiatrie publique, via la libéralisation et l’uberisation des interventions, dans une psychiatrie à la carte sans coordination ni continuité des soins.

Le Printemps de la psychiatrie ne saurait soutenir l’accélération annoncée de ce morcellement des prises en charge : nous affirmons au contraire la nécessité de renforcer les collectifs de soins, collectifs indispensables pour assurer une continuité des soins de qualité, le temps qu’il faut (et non pour un nombre restreint de séances), notamment auprès des patient.e.s les plus en difficulté.

M. Bellivier sous-entend par ailleurs que les psychologues n’ont actuellement pas les compétences requises pour exercer auprès de patient.e.s souffrant de pathologies lourdes, et qu’une réforme du référentiel universitaire serait nécessaire, avec notamment l’appui sur le ministère de la santé. Or, il semble méconnaître la réalité du métier et des formations des psychologues, historiquement et pertinemment rattachées aux sciences humaines et sociales. Les universités obligent déjà les étudiant.e.s en master de psychologie clinique à réaliser un stage en psychiatrie, dont tout le monde partage l’intérêt et la nécessité dans cette formation spécifique.

Même s’il s’en défend, son objectif est limpide : la paramédicalisation des psychologues (via une formation faite par le ministère de la santé, et un détricotage du titre unique des psychologues rattaché.e.s aux sciences humaines et sociales) et l’uniformisation des soins autour de pratiques spécifiques : une mise aux ordres visant à décréter quels soins, ou autrement dit quelles bonnes pratiques, seraient autorisés auprès de telles ou telles pathologies.

C’est une prise de position grave, qui ne touche pas que les psychologues : c’est toute la psychiatrie, ses professionnel.le.s, ses usager.e.s et leurs familles, qui sont concerné.e.s par cette tentative de contrôle du travail des psychologues. M. Bellivier précise en effet quelles pratiques devraient être selon lui labellisées : « la remédiation cognitive dans la schizophrénie, la psychoéducation dans les troubles bipolaires ou en prévention des rechutes dans les troubles dépressifs récurrents, les thérapies cognitivo-comportementales dans les troubles anxieux, ou l’EMDR dans le psychotraumatisme. » C’est une prise de position idéologique dévoilant une conception du soin psychique uniquement rééducative et fonctionnaliste, un dévoiement de la notion même de « soin psychique » faisant l’impasse sur les pratiques des professionnel.le.s ayant pourtant démontré leur pertinence (y compris l’approche psychodynamique) et surtout sur la nécessaire liberté de choix des patient.e.s des soins qu’ils et elles souhaiteraient recevoir.

M. Bellivier vise par ailleurs une « meilleure intégration des psychologues dans le parcours de soins et les accompagnements ». Le Printemps de la psychiatrie continue de dénoncer le fait que le dit « parcours de soins » conceptualise – à tort – les soins psychiques sur le modèle des soins somatiques. Ce modèle vide la psychiatrie de sa spécificité et contribue au soin morcelé, aux antipodes de la philosophie de secteur.

Nous sommes particulièrement inquiet.e.s de la direction que prendrait la psychiatrie française si de telles réformes venaient à être déployées. Nous appelons les citoyen.ne.s, les professionnel.le.s, les personnes concernées, les familles, à se mobiliser pour refuser ces réformes, pour exiger le rétablissement de moyens conséquents aux services publics pour des soins psychiques humains, dignes et respectueux de la liberté de toutes et tous.

Le Printemps de la psychiatrie

Contact presse : printempsdelapsychiatrie@gmail.com

Agenda Avril

AVRIL

1er avril, appel à grèves et mobilisations.

Mercredi 2 avril à 18 h 30, Fontenay-sous-Bois: La psychiatrie va mal… Parlons en et agissons ensemble ! – Maison des citoyens et de la Vie Associative, 16 rue du Révérend Père Aubry.

Vendredi 4 avril, de 9h à 16h30 à la Mairie de Gennevilliers : Rencontres publiques « Pour une psychiatrie populaire de proximité » Salle du conseil municipal, 177 Av. Gabriel-Péri, 92230.

Samedi 5 avril, Place de la République à Paris de 14H- 17H avec Notre Santé en danger, et le Tour de France pour la santé pour lancer les actions du 7 avril…

7 avril, Journée mondiale de la Santé

Mercredi 9 avril, 19 H, Café associatif « La commune » à Paris : La psychiatrie dans le 12ème, parlons-en !

La psychiatrie va mal…Parlons-en et agissons ensemble !

Le 2 avril à Fontenay-sous-Bois et le 9 avril à Paris dans le 12ème, le Collectif pour l’avenir des hôpitaux saint Maurice et les Murets organise 2 soirées publiques pour parler de psychiatrie et notamment de la lutte contre la cession aux promoteurs immobiliers d’une partie de l’hôpital Esquirol.

Communiqué de soutien au mouvement des PADHUE

Le Printemps de la Psychiatrie apporte son soutien total au mouvement des PADHUE (Praticien À Diplôme Hors Union Européenne). Il est scandaleux que des collègues qui permettent aux établissements de santé français de continuer à fonctionner soient aussi maltraités.

Le Printemps de la Psychiatrie appelle à un soutien total du mouvement actuel et appelle toutes les organisations de la Psychiatrie et du médicosocial à participer à cette mobilisation. Au-delà il serait essentiel d’œuvrer pour l’intégration de tous les médecins à diplôme étranger actuellement en poste par validation des acquis de l’expérience, titres et travaux. Cela suppose de lutter contre les tendances xénophobes et néocolonialistes, afin d’accueillir dignement les collègues à diplôme étranger en les rémunérant dignement.

Ci-dessous, la Tribune de l’association IPADECC

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