
L’idée cheminait depuis les Assises du soin psychique 2024, la carte interactive est en ligne !
https://resistancepsy.gogocarto.fr/map#/carte/@46.33,2.50,5z?cat=all
Pour toute information ou question : carte.resistance.psy@proton.me


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Communiqué du 07/04/2025
Frank Bellivier, délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, s’est fendu le 27 mars 2025 d’une interview dans l’Express au sujet de l’avenir des psychologues. Il y vante un projet gouvernemental de remise aux ordres des psychologues, au prétexte notamment du déploiement d’une version élargie du dispositif MonSoutienPsy.
Le contenu de ses propos au cours de cette interview et la conception réductrice du soin qu’il y promeut ont été largement dénoncés dans tous leurs aspects par les organisations de psychologues, notamment par la Convergence des Psychologues en Lutte (signataire du manifeste du Printemps de la psychiatrie). Nous rejoignons entièrement les critiques formulées par ces organisations.
Si de rares remarques de sa part apparaissent aller dans le bon sens (comme sur l’absence d’intérêt de la création d’un ordre des psychologues), M. Bellivier déploie a contrario de nombreuses contre-vérités cherchant à décrédibiliser une profession qui, pourtant, serait à l’heure actuelle en nombre suffisant pour contribuer largement et rapidement à atténuer la crise générale que connaît la psychiatrie publique.
Par la promotion intensive du dispositif MonSoutienPsy (déjà dénoncé à plusieurs reprises par le Printemps de la psychiatrie), le gouvernement vient renforcer la dégradation des services publics de psychiatrie, et particulièrement ceux du secteur. Celui-ci était pourtant initialement voué à accueillir toutes les formes de souffrances psychiques, des plus légères aux plus graves, dans des modalités adaptées au cas par cas, sans forcément passer par l’hospitalisation ou la psychiatrisation que beaucoup redoutent. Ainsi, des patient.e.s pouvaient (et peuvent encore) être accueilli.e.s par des psychologues en première intention, sans jamais rencontrer d’autre professionnel.le médical.e (psychiatre, infirmier.e.s, etc.). Cependant, en cas de besoin de soin ou d’accompagnement plus étoffé que des consultations ou une psychothérapie individuelle, le.la psychologue peut s’appuyer sur les divers professionnel.le.s de son équipe avec lesquel.le.s il et elle travaille déjà au quotidien.
C’est tout le contraire de ce que propose M. Bellivier : plutôt que de renforcer les équipes de psychiatrie de secteur, celui-ci prône le tout privé libéral et la création d’un deuxième échelon (MonSuperSoutienPsy) pour les patient.e.s aux pathologies les plus graves. Il poursuit ainsi la destruction de la psychiatrie publique, via la libéralisation et l’uberisation des interventions, dans une psychiatrie à la carte sans coordination ni continuité des soins.
Le Printemps de la psychiatrie ne saurait soutenir l’accélération annoncée de ce morcellement des prises en charge : nous affirmons au contraire la nécessité de renforcer les collectifs de soins, collectifs indispensables pour assurer une continuité des soins de qualité, le temps qu’il faut (et non pour un nombre restreint de séances), notamment auprès des patient.e.s les plus en difficulté.
M. Bellivier sous-entend par ailleurs que les psychologues n’ont actuellement pas les compétences requises pour exercer auprès de patient.e.s souffrant de pathologies lourdes, et qu’une réforme du référentiel universitaire serait nécessaire, avec notamment l’appui sur le ministère de la santé. Or, il semble méconnaître la réalité du métier et des formations des psychologues, historiquement et pertinemment rattachées aux sciences humaines et sociales. Les universités obligent déjà les étudiant.e.s en master de psychologie clinique à réaliser un stage en psychiatrie, dont tout le monde partage l’intérêt et la nécessité dans cette formation spécifique.
Même s’il s’en défend, son objectif est limpide : la paramédicalisation des psychologues (via une formation faite par le ministère de la santé, et un détricotage du titre unique des psychologues rattaché.e.s aux sciences humaines et sociales) et l’uniformisation des soins autour de pratiques spécifiques : une mise aux ordres visant à décréter quels soins, ou autrement dit quelles bonnes pratiques, seraient autorisés auprès de telles ou telles pathologies.
C’est une prise de position grave, qui ne touche pas que les psychologues : c’est toute la psychiatrie, ses professionnel.le.s, ses usager.e.s et leurs familles, qui sont concerné.e.s par cette tentative de contrôle du travail des psychologues. M. Bellivier précise en effet quelles pratiques devraient être selon lui labellisées : « la remédiation cognitive dans la schizophrénie, la psychoéducation dans les troubles bipolaires ou en prévention des rechutes dans les troubles dépressifs récurrents, les thérapies cognitivo-comportementales dans les troubles anxieux, ou l’EMDR dans le psychotraumatisme. » C’est une prise de position idéologique dévoilant une conception du soin psychique uniquement rééducative et fonctionnaliste, un dévoiement de la notion même de « soin psychique » faisant l’impasse sur les pratiques des professionnel.le.s ayant pourtant démontré leur pertinence (y compris l’approche psychodynamique) et surtout sur la nécessaire liberté de choix des patient.e.s des soins qu’ils et elles souhaiteraient recevoir.
M. Bellivier vise par ailleurs une « meilleure intégration des psychologues dans le parcours de soins et les accompagnements ». Le Printemps de la psychiatrie continue de dénoncer le fait que le dit « parcours de soins » conceptualise – à tort – les soins psychiques sur le modèle des soins somatiques. Ce modèle vide la psychiatrie de sa spécificité et contribue au soin morcelé, aux antipodes de la philosophie de secteur.
Nous sommes particulièrement inquiet.e.s de la direction que prendrait la psychiatrie française si de telles réformes venaient à être déployées. Nous appelons les citoyen.ne.s, les professionnel.le.s, les personnes concernées, les familles, à se mobiliser pour refuser ces réformes, pour exiger le rétablissement de moyens conséquents aux services publics pour des soins psychiques humains, dignes et respectueux de la liberté de toutes et tous.
Le Printemps de la psychiatrie

Contact presse : printempsdelapsychiatrie@gmail.com
Communiqué signé par le Printemps de la psychiatrie :

Le Printemps de la Psychiatrie apporte son soutien total au mouvement des PADHUE (Praticien À Diplôme Hors Union Européenne). Il est scandaleux que des collègues qui permettent aux établissements de santé français de continuer à fonctionner soient aussi maltraités.
Le Printemps de la Psychiatrie appelle à un soutien total du mouvement actuel et appelle toutes les organisations de la Psychiatrie et du médicosocial à participer à cette mobilisation. Au-delà il serait essentiel d’œuvrer pour l’intégration de tous les médecins à diplôme étranger actuellement en poste par validation des acquis de l’expérience, titres et travaux. Cela suppose de lutter contre les tendances xénophobes et néocolonialistes, afin d’accueillir dignement les collègues à diplôme étranger en les rémunérant dignement.

Ci-dessous, la Tribune de l’association IPADECC


Elle s’appelle Ahou Drayaei et selon nos informations[1] elle a été enfermée en psychiatrie pour avoir désobéi à l’ordre moral imposé par le régime iranien avec sa police des mœurs.
Ahou Daryaei est une étudiante iranienne qui après avoir été violemment agressée par une milice islamique pour sa tenue jugée non conforme aux règles vestimentaires imposées aux femmes a protesté en manifestant devant sa faculté en sous-vêtements. Elle a été immédiatement arrêtée et aurait été internée en psychiatrie.
En Iran, le pouvoir a régulièrement recours à la psychiatrie pour châtier les femmes qui s’opposent aux codes vestimentaires et pour réprimer les dissidences. Aujourd’hui, elle s’appelle Ahou Daryaei ; hier c’est Mahsa Amini qui a été assassinée pour avoir laissé une mèche de cheveux dépasser de son voile.
La violence qui s’exerce quotidiennement contre les femmes, au nom d’un pouvoir masculin institué, n’est malheureusement pas nouvelle. Des femmes et des hommes qui sont entré.e.s en dissidence en ont payé le prix fort, leur vie. D’autres sont déclarés fous/folles ou possédé.e.s.
Elle s’appelle Ahou Daryaei et elle représente aujourd’hui toutes les femmes qui, dans le monde, luttent pour la liberté, et pour que cessent les violences quotidiennes dont elles sont victimes.
Nous demandons la libération immédiate de Ahou Daryaei et de toutes les personnes internées de façon abusive, au moyen d’une instrumentalisation répressive de la psychiatrie.
Paris, le 16 novembre 2024
Le Printemps de la psychiatrie ; Union Syndicale de la Psychiatrie (USP) ; Syndicat des Psychiatres Hospitaliers (SPH) ; Collectif des 39 ; Le Point de Capiton ; Revue Pratiques ; Le Fil Conducteur Psy ; La Criée ;
[1] Amnesty International ; Huffington Post.

Contact : printempsdelapsychiatrie@gmail.com
Communiqué de presse du 23 septembre 2024
Le 22 septembre 2024, Michel Barnier a appelé à faire de la santé mentale « une grande cause nationale ». Depuis plusieurs années, cette volonté politique revient tel un marronnier de communication politique. Là comme précédemment, il n’y a rien à attendre d’un tel gouvernement qui évolue dans un imaginaire politique étriqué alliant réaction, austérité, sécuritaire le tout sur fond de déni de démocratie. Et puis de quelle « santé mentale » parle-t-on ? Pour qui ? Pourquoi ? Et comment ?
La santé mentale est devenue un fourre-tout dans lequel se retrouvent pêle-mêle le marché du bien-être, les grandes souffrances psychiatriques, les difficultés d’adaptation des individus au monde contemporain, les dispositifs et institution de soins et d’accompagnement, le marché de la e-santé mentale.
Continuer à lire … « Une « grande cause nationale » préalable à celle de la santé mentale : la démocratie. »à soutenir le Nouveau Front Populaire,
est publié avec ses premiers signataires là:


Dimanche 9 juin au soir, nous avons été saisi.es par l’événement : la dissolution décidée par le Président de la République a rendu possible l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir. Il est urgent d’agir pour se rassembler et empêcher cette bascule périlleuse. Permettre l’installation d’un régime d’extrême droite, c’est laisser libre cours à cette logique de destructivité et de déshumanisation contre laquelle nous luttons déjà au quotidien.
Souvenons-nous de la fondation d’une psychiatrie humaniste dans la résistance antifasciste pendant la Seconde guerre mondiale avec François Tosquelles et Lucien Bonnafé qui, dans le cadre de la Résistance, luttèrent pied à pied à Saint-Alban avec celles et ceux qui se tenaient là, patient.es, religieuses, paysan.nes, réfugié.es, alors que se produisait ailleurs une « hécatombe des fous » avec 45000 mort.es de faim. C’est depuis cette position résistante et inventive que cette révolution psychiatrique s’opéra, et que se construisirent ces mouvements émancipateurs en psychiatrie que sont la psychothérapie institutionnelle, le désaliénisme et la psychiatrie de secteur.
La destruction de l’hôpital public a été menée depuis quarante ans par les gouvernements successifs avec des attaques contre la Sécurité Sociale, contre la Solidarité comme organisatrice de notre système de santé, tentative d’effacement de ce que le Conseil National de la Résistance imagina dès le mois de mai 1943. Les dizaines de milliers de lits fermés en psychiatrie au fil des décennies, ainsi que la diminution coupable du nombre de structures ambulatoires (CMP, CATTP, hôpitaux de jour…) ont barré l’accès aux soins des « moins malades », adultes et enfants,obligé.es de se contenter de prescriptions de psychotropes à vie par leur généraliste, d’une inclusion au rabais, et jeté les plus fragiles, les exilés, les migrants dans la rue ou en prison. Depuis la construction de la figure du schizophrène dangereux jusqu’aux fichiers Hopsyweb, les gouvernements ont désigné les « hors la norme » comme une des figures de l’ennemi. La contention est réapparue, le recours à l’isolement s’est démultiplié, les hospitalisations sans consentement se sont généralisées.
Depuis la « nuit sécuritaire » du Président Sarkozy, nos différents collectifs citoyens – qu’ils soient d’usager.e.s, de familles, de professionnel.le.s (de soin, du social, du médico-social notamment)– œuvrent à défendre une psychiatrie humaine, celle qui permet à chacun.e, avec du temps et de la présence, de sortir de la catastrophe et de retisser les fils de l’existence humaine.
Les 24 et 25 mai, les Assises citoyennes du soin psychique se concluaient en insistant sur les principes qui nous portent : l’hospitalité à la folie, la défense de notre système de santé, l’accès aux soins pour tou.te.s, l’hôpital public, et la défense des soins psychiques dans le médico-social et partout.
On peut parier que l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir ne ferait qu’aggraver la casse d’une psychiatrie pour enfants et adultes soucieuse de l’humain et de l’altérité, luttant contre les processus ségrégatifs et discriminants. Le programme du Rassemblement National, en proposant d’augmenter le pouvoir d’achat des salarié.es en diminuant leurs cotisations sociales réduirait encore les moyens de la santé en général et de la psychiatrie en particulier.
Pour empêcher cette catastrophe, nous appelons à soutenir toutes les initiatives et à rejoindre les manifestations citoyennes, associatives et syndicales qui vont se tenir autour du mot d’ordre de Front Populaire. Dans nos pratiques et dans nos vies, dans la rue et par nos votes, pour que les 30 juin et 7 juillet prochains les urnes ne soient pas le tombeau de nos libertés, mobilisons-nous !
Et après les élections, quoi qu’il arrive, nous nous battrons pour ces valeurs et ces pratiques de soins psychiques respectueuses de toutes et tous, de l’Etat de Droit et des Libertés fondamentales.
Appel adopté le 23 juin 2024 par le Printemps lors de la réunion Post-Assises citoyennes du soin psychique, à l’A.E.R.I – 93100 Montreuil.

Signatures collectives :
Le TRUC, Terrain de Rassemblement pour l’Utilité des Clubs a voté ce soutien pendant la réunion du 25 juin à Villiers sur Marne.
Le Fil Conducteur Psy, l’USP et People’s Health Movement
Signatures individuelles, jusqu’au 27 juin, fin de la pétition :
Continuer à lire … « L’Appel du Printemps de la psychiatrie du 23 juin 2024 »
