Réaction à la publication du « rapport psy »

Deuxième rapport Wonner sur la santé mentale : où l’on comprend que le lobbying a été efficace.

Mois de septembre chargé pour la psychiatrie.

Lundi 16 septembre, le décret liberticide Hopsyweb fichant toute personne hospitalisée sous contrainte et l’assimilant à un terroriste en puissance a volé en éclat grâce à l’action conjointe d’une association de psychiatrisés, le CRPA, d’un syndicat (le SPH) et du conseil national de l’ordre des médecins.

Mercredi 18 septembre, une mission d’information parlementaire dirigée par Martine Wonner (LREM) et Caroline Fiat (LFI) remet à la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale.

Jeudi 19 septembre, les professionnels de Saint Etienne du Rouvray repartent en lutte un an après leur grève de la faim mettant en lumière les engagements pris et non tenus par leur direction.

Jeudi 26 septembre, à l’appel du collectif inter-urgences, une mobilisation est prévue pour étendre les constats globaux mis en lumière par la crise des urgences à l’ensemble de l’hôpital public et du secteur de la santé. Des mobilisations locales sont prévues dans les établissements sous toutes les formes possibles : grèves, assemblées générales, blocages.

Le monde de la psychiatrie est attendu comme l’autre grand révélateur de la catastrophe sanitaire en cours orchestrées par des années de pénuries, de privations, de novlangue et de politiques destructrices qui plutôt que de privilégier des soin humains et accessibles pour toutes et tous préfèrent trier selon les critères rentabilité financières pour les établissements et de prises en charge de court terme car correspondant mieux au système concurrentiel contemporain.

En psychiatrie, comme pour les urgences, l’enjeu est d’investir financièrement sans tourner autour du pot des « réorganisations », du « tournant numérique » et du « virage ambulatoire » supposés composer avec la pénurie puis l’adapter aux budgets contraints. Pour autant, les conclusions des rapports flashs persistent dans ce même entêtement de « réorganisation », que ce soit le rapport Carli pour les urgences ou le rapport Wonner pour la psychiatrie.

Le rapport remis ce mercredi 18 septembre à la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale fait suite à la mission « flash » de la députée Wonner (avril 2019) qui proposait de réforme le financement de la psychiatrie en compartimentant les budgets. Dans les suites du rapport Aubert sur le financement de l’hôpital, la proposition de cette première mission est de financer les établissements en fonction des indicateurs qualité promus par la Haute Autorité de Santé.

Cette deuxième mission, une fois que le cadre du financement a été avancé, est celle des propositions concrètes pour réorganiser la psychiatrie dans un contexte de soulèvement sans précédent des professionnels de différents hôpitaux psychiatriques publics rejoints par des usagers et des familles. D’abord les finances, ensuite le sens. Cela précise le cadre dans lequel se place cette mission.

Le contexte est également celui de la mobilisation des urgences depuis plusieurs mois et des problématiques identiques de saturation, de manque de dispositifs d’amont (médecine de ville, structures préventives) et d’aval (notamment en termes de places en établissements puisque le recours aux solutions belges est fréquentes) sans compter le rôle de contrainte qui échoit à la psychiatrie et qui se développe d’une façon exponentielle en dépit des rapports du Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté, de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et du comité de suivi de l’ONU.

En mai 2018, un fichage sans précédent des personnes hospitalisées sans consentement a été créé, fichier croisé avec celui des personnes fichées S. Le recours du CRPA contre le décret Hopsyweb est en passe de censurer plusieurs articles de ce décret. Pourtant, au printemps dernier, le délégué ministériel à la psychiatrie dédramatisait sa portée liberticide lors des journées de l’ADESM. Car si les intentions désaliénistes et d’ouvertures sont mises en avant, dans la réalité des faits, le Ministère de la Santé ne pèse que peu de poids face au Ministère de l’Intérieur. C’est pourtant sous les auspices de Lucien Bonnafé, du printemps de la psychiatrie et des paroles de souffrance des usagers et des professionnels que débute ce rapport. L’ambition affichée est d’assainir la situation catastrophique de la psychiatrie, ambition que nous partageons car nous sommes aux premières loges de la dégradation voire de la destruction de l’hôpital public en termes d’accès aux soins et d’ambiance réellement soignante dans les services et les secteurs.

Si nous sommes en accord sur une partie du diagnostic, les propositions quant au traitement politique de cette situation diffèrent radicalement. Malgré les velléités d’ouverture, les pistes proposées par ce rapport sont pour la plupart liées au travail intensif du lobby de la fondation FondaMental au détriment des autres voix qui s’élèvent dans le paysage de la psychiatrie et de la santé mentale et notamment les voix des premiers concernés à savoir celles des usagers.

Diagnostic général de la situation

Comme l’écrivait Denys Robiliard en 2013 dans le rapport de la Mission d’Information sur la Santé Mentale et l’Avenir de la Psychiatrie (MISMAP), le nombre de rapports sur la psychiatrie et la santé mentale est inversement proportionnel aux solutions politiques proposées. Ce dernier préconisait même d’arrêter cet exercice puisque le diagnostic était fait et qu’il s’agissait désormais de passer aux actes. Depuis, il y eut le rapport Laforcade, le rapport de l’IGAS puis le rapport Aubert sur le financement de l’hôpital qui déboucha sur la première mission flash de Martine Wonner, sans compter les rapports annuels du Contrôleur Général des Lieux de Privation de Libertés. Il y eut également la feuille de route remis au délégué ministériel à la psychiatrie, fraîchement nommé en avril 2019.

Le diagnostic posé par les deux rapporteures complète cet état des lieux fait à répétition et qui s’est traduit dans les réalités de terrain par un étouffement de plus en plus grand de la psychiatrie publique, sa déréliction ayant provoqué les soulèvements des mois passés dans les HP. Le Printemps de la psychiatrie est cité et son manifeste repris dans l’introduction. Pour autant, il ne s’agit ici que de communication pour tenter d’étouffer les causes profondes de notre mobilisation et la question du renouveau des soins psychiques n’est pas à l’ordre du jour.

La première partie retrace l’importance historique du secteur, sa tombée en désuétude pendant quinze ans (2001-2016) et son rôle central dans la future organisation territoriale. Il est évoqué la place prédominante qui doit être donné à l’ambulatoire, au travail de proximité dans la cité, premier lieu des soins et des futurs investissements.

L’actuelle organisation de la santé mentale est décrite comme un « mille-feuille indigeste » comprenant des commissions sur différents échelons géographiques et administratifs (CPT, GHT, PTSM, PRS et tous les acronymes de la langue bureaucratique). Il est également pointé avec justesse l’augmentation ininterrompue de la contrainte et le manque accru de structures d’amont et d’aval. Ces deux phénomènes intensifiant « la pression de toute la filière de soins psychiatrique qui se concentre sur l’hôpital psychiatrique ».

Il est également dit, et cela est suffisamment rare pour le noter, « que le virage ambulatoire tant attendu ait été amorcé, mais le développement de l’offre ambulatoire reste largement insuffisant par rapport aux besoins ». Il sera donc question de développer les moyens sur l’ambulatoire pour qu’à terme 80% de ces moyens soient dans la Cité.

Le constat général tiré dans les deux premiers chapitres relève l’état de destruction de la psychiatrie : l’absence d’investissement depuis des dizaines d’années, la porosité avec l’évolution sécuritaire de la société se traduisant par l’explosion des contraintes aux soins : contraintes légales (avec les soins sans consentement et les mesures de protection type tutelles et curatelles), contraintes physiques (recours massif aux psychotropes, contentions et isolements) contraintes sociales (augmentation de la précarisation pour les personnes les plus malades en terme de logement, d’accès aux soins, à la culture, aux aides sociales).

Par ailleurs, il est abordé l’importance accordée aux soins physiques des personnes ayant des troubles psychiques, éléments nécessaires étant donné les écarts d’espérance de vie avec la population normale. Ainsi, former les médecins généralistes à la spécificité de prise en charge des personnes psychiatrisées et insister sur l’importance de l’articulation entre les services de soins psychiatriques et les services de soins somatiques sont également nécessaires. Aux côtés de ces deux éléments, il serait également utile de maintenir une formation psychiatrique spécifique pour les médecins psychiatres car, depuis une dizaine d’années, l’énoncé « les maladies psychiatriques sont des maladies comme les autres » a eu pour effet de faire progressivement des psychiatres « des médecins comme les autres » au détriment de leur rôle spécifique pour penser et travailler avec les psychés troublées.

Bilan pré-thérapeutique des « experts » de l’Institut Montaigne

Aux alentours de la soixantième page, les rapporteures expliquent l’importance du rôle de la Recherche comme levier d’action pour réorganiser l’ensemble du champ de la santé mentale puisqu’elle serait à même de proposer un cadre pour en finir avec « l’hétérogénéité des pratiques » et du « ça dépend » comme réponse organisationnelle.

Si la Recherche est bien un levier d’action, il ne l’est pas tant pour les soins des patients mais pour la conquête du pouvoir par une certaine organisation de la psychiatrie. Une organisation ciblée sur « l’expertise » et la « spécialisation » avec comme corollaire la nécessité d’un accès au diagnostic. Le rapport fait ensuite la place aux propositions de la fondation FondaMental et des auteurs de l’ouvrage co-édité par l’Institut Montaigne, think tank néolibéral, également responsable de la réforme Blanquer avec son soutien à l’association « Agir pour l’Ecole ». Les professeurs Leboyer et Llorca sont cités à maintes reprises (p61, p62, p68). Les centres experts qui sont des centres de diagnostics sont promus comme l’une des solutions. Pour autant la distinction entre le « diagnostic » (intervention ponctuelle) et la prise en charge (intervention sur le court, moyen voire long terme en fonction des troubles présentés et de leur évolution) n’est pas suffisamment éclaircie.

Il est à noter des oublis notables qui sont des réalités de terrain quotidiennes. Aux côtés de l’insuffisance « d’alternatives à l’hospitalisation », il existe également une insuffisance d’alternatives à la délocalisation des patients en Belgique du fait du sous-investissement dans la construction de structures médico-sociales sur le territoire hexagonal compliqué par le cadre des « appels à projets » des ARS. Auparavant, les acteurs de terrain pouvaient proposer aux tutelles des projets répondant directement aux problématiques rencontrées sans attendre un hypothétique appel à projet et son cadre formaté. Nulle mention également du mille-feuille administratif des MDPH qui sous prétexte de valoriser les plateformes et la fluidification des parcours au nom de la « Réponse Accompagnée pour Tous » (RAPT), multiplient le nombre de réunions administratives (GOS, PAG…) bloquant toute possibilité de débouché rapide pour les personnes en attente d’orientation ou de structures médico-sociales. Enfin, la pédo-psychiatrie est encore une fois oubliée. La création de postes de professeurs d’université en psychiatrie de l’enfant est-elle réellement à la hauteur des enjeux ?

Une thérapeutique paradoxale

Il existe plusieurs éléments inconciliables en l’état des choses ce qui provoque des paradoxes sur le traitement politique du champ psychiatrique. En effet, l’expertise et le tri par pathologies qui sont le pendant, dans les pratiques, de la Recherche telle que l’envisage la fondation FondaMental vont à l’encontre de la volonté de démocratie sanitaire où les usagers et les familles pourraient dialoguer sur un pied d’égalité avec les professionnels.

Plusieurs paradoxes structurent les propositions du rapport :

–   Homogénéiser les pratiques et conforter le libre choix des usagers d’aller dans les services de leur choix. Ce qui sous-entend tout de même le maintien d’une hétérogénéité des pratiques du champ psychiatrique.

–   Simplifier le mille-feuille administratif en ayant recours au PTSM  

–  Avoir une attitude plus ouverte face à la maladie mentale alors que le gouvernement Macron a mis en place un fichage stigmatisant inédit « Hopsyweb » croisé avec le fichier pour radicalisés. La ténacité du CRPA est, heureusement, en train de le tailler en pièce.

Les lignes directrices sont confiées aux portes voix de la Fondation FondaMental (p71) : « Les structures devraient être labellisées et développer les bonnes pratiques reconnues ». La proposition centrale est celle d’une agence interministérielle : « vos rapporteures partagent entièrement ce constat [d’autres observateurs tels les professeurs Marion Leboyer et Pierre-Michel Llorca] » et celle de consolider le Projet Territorial de Santé Mentale (PTSM).

Contrairement à l’ambition centralisatrice de « l’institut national pour la santé mentale », nous pensons qu’une participation des acteurs de terrain aux soins qu’ils veulent recevoir et promouvoir soit le meilleur levier pour contrôler les dérives locales et repérer les « innovations » de terrain qui ne soient pas uniquement des vitrines pour attirer les financements. 

Plutôt que de suivre aveuglément les consignes gouvernementales et ministérielles, les agences régionales de santé devraient être des lieux de conflictualité pour les différents acteurs et non pas la promotion exclusive d’une certaine vision, souvent réductrice (car comptable), des soins et de la santé. 

Paradoxe également puisque laisser la liberté de choix aux usagers, cela permettrait de mettre en concurrence des pratiques hétérogène considérées comme désuètes par les centres experts. Ce qui est intéressant puisque le nombre de patients ayant recours à ces centres se retrouvent souvent déçus et sans soins réels une fois le bilan effectué. Si nous tenons le fait que le secteur s’applique d’abord et avant tout aux équipes et non pas aux usagers et aux familles, il serait temps de donner les moyens à celles et ceux qui se battent sur le terrain pour faire (ou pour tenter de faire) hospitalité d’une façon généreuse aux personnes les plus en souffrance.

Il existe aussi certaines propositions méritant l’attention puisque les établissements publics sont friands du recours aux cabinets d’audits, payés rubis sur l’ongle, pour appliquer les consignes dictées par les tutelles, tout en faisant croire aux acteurs de terrain que leur avis et leurs échanges est structurant pour les projets d’établissement : « En outre les acteurs se trouvent souvent dépossédés de leurs prérogatives au profit de cabinets de conseil privés, recruter par les ARS pour les assister. Il est fréquent qu’ils proposent des orientations opérationnelles « clefs en main » très morcelées, traduisant ainsi une technocratisation rampante du processus qui échappe par-là même à ceux qui devraient en être les seuls artisans ». Ici, nous avons affaire à un autre paradoxe : la volonté d’homogénéiser les pratiques alors que les situations locales varient et doivent laisser du jeu à l’adaptation des structures au milieu dans lequel elles se trouvent (qualité de la population, urbaine ou rurale, facilité d’accès au logement ou non, diversité de l’offre médico-sociale d’amont et d’aval…). Si une homogénéisation est nécessaire, elle doit cibler l’égalité de traitement des citoyens face aux libertés fondamentales dans les soins psychiatriques : liberté de circulation, accès aux soins (et pas uniquement l’accès au diagnostic et à l’ordonnance du centre expert), liberté de choix…

En conclusion : des missions « flashs pour éblouir »

Plus démocratique, plus accessible, plus citoyenne, l’ambition de ce rapport pour la psychiatrie est notable. Il présente des points positifs quand il s’agit de la reprise des thèmes désaliéniste : ouverture de la psychiatrie à la cité, respect des libertés fondamentales. Positif également, quand il s’agit que les acteurs de terrain puissent s’organiser au plus près de leur territoire sans les intermédiaires de la « technocratisation ».

Pour autant, il existe plusieurs contradictions.

La première est de ne pas insister sur l’une des raisons fondamentales du mal profond ayant participé à l’émergence du printemps de la psychiatrie et des luttes dans les hôpitaux psychiatriques : le sous financement. Comme pour les urgences, il est nécessaire d’investir dans le recrutement de professionnels en nombre pour promouvoir des soins humains de qualité.

La deuxième contradiction est de privilégier une organisation au plus près du terrain tout en voulant homogénéiser les pratiques par le biais d’un institut national laissé entre les mains d’un lobby ayant désormais ses entrées au gouvernement.

« L’organisation » ou plutôt la réorganisation est devenue le maître mot pour régler les problèmes de sous-investissement chroniques entraînant le désespoir des usagers et des professionnels comme en témoigne le « fonds d’innovations organisationnel » mis en place par le ministère de la santé (à hauteur de 10 millions d’euros) pour favoriser les projets « innovants » qui permettent d’habituer l’ensemble des acteurs à la pénurie organisée. Ces choix politiques sont d’abord et avant tout des investissements de communication. Ils ne résolvent rien sur le terrain et s’inscrivent dans des logiques de court terme sans augmentation de budget. Ce financement par projet et de durée limitée est en contradiction avec une réelle vision sur le long terme. Ici, le pire imaginable sera de financer une réorganisation de soin sur un mode purement rentabiliste et concurrentiel, laissant libre cours au développement d’une offre privée lucrative accrue et au délaissement toujours plus important des populations les plus précaires, les plus en souffrance et les plus à distance d’un accès facile aux soins en détruisant le service public de santé.

Ainsi, il y a tout lieu de penser que la réponse générale apportée par ce rapport soit dans la même ligne que les autres missions flashs : sur le financement de la psychiatrie (rapport Wonner 1) ou sur les urgences (rapport Carli et Mégnien). Ces flashs qui aveuglent temporairement l’opinion publique, une fois dissipés, laissent la question entière : la santé ne doit pas être une variable d’ajustement économique et financière mais bien un investissement pour la qualité de vie de la population. À défaut, ce rapport finira dans les tiroirs déjà bien encombrés des gouvernements successifs.

Tout comme la crise des urgences, de l’hôpital public, du système de santé, du travail social, la psychiatrie et la pédo-psychiatrie ont besoin d’investissements supplémentaires à hauteur de plusieurs milliards d’euros pour reconstruire un monde habitable pour ses usagers dans ce paysage détruit par des années d’abandon. Là aussi, la crise de la psychiatrie est une crise de sens, une crise environnementale, sociale et politique qui nécessite des remèdes polydimensionnels et s’appuyant sur la pluralité des acteurs. Nous appelons donc à la mobilisation générale de la psychiatrie aux côtés des urgences et des autres mobilisations du service public de santé.

Le 19 septembre 2019

Mathieu Bellahsen, Printemps de la psychiatrie

Assemblée générale le 10 septembre 2019

Le Collectif Inter-Urgences fait son Assemblée Générale, salle Marcel Paul, à la bourse du travail de Saint-Denis, Métro Porte de Paris.
Amendement d’une motion commune, calendrier d’actions…Les discussions se tiendront entre 12H et 16H, mais n’hésitez pas à les retrouver dès 10H. Seulement 400 places, pour s’inscrire : site interurgences

COMMUNIQUE DE PRESSE DU LUNDI 2 SEPTEMBRE 2019

LES MEDECINS REJOIGNENT LE MOUVEMENT

Les structures représentatives réunies ce jour appellent l’ensemble des médecins à rejoindre la mobilisation portée par le Collectif Inter-Urgences et les invitent donc tous à participer à la prochaine assemblée générale :

Mardi 10 septembre 2019, de 12h à 16h Bourse du travail, Saint Denis.

Tous, nous avons pu constater une dégradation de nos conditions de travail et de la qualité des soins. Malgré nous, nous bafouons chaque jour un peu plus nos valeurs de soignants.

Il est temps, aujourd’hui, de s’unir autour de revendications communes.

Nous réclamons, dans le respect des missions de service public, de pouvoir assurer la dignité des êtres humains qui arpentent les couloirs de nos structures de soins.

C’est pourquoi nous, soignants, médecins, syndicats, associations, collectifs, soutenus par les usagers, nous joignons aux revendications des paramédicaux en grève depuis six mois dans les services d’urgences. Nous demandons pour l’Hôpital Public de mettre fin aux restrictions budgétaires en place depuis des années en commençant par les mesures suivantes :

La valorisation de nos métiers :

Nous demandons des mesures immédiates en faveur de l’attractivité des carrières soignantes à l’hôpital public, afin d’en finir avec les recrutements de personnels contractuels ou intérimaires.

L’arrêt de la fermeture de lits pour des raisons économiques :

Nous demandons un moratoire sur la fermeture de lits et la création d’unités avec un nombre suffisant de lits pour répondre aux besoins de santé de la population.

Des engagements sur les effectifs :

Nous demandons que le recrutement de personnels soit à la hauteur des besoins identifiés par les équipes service par service.

Des conditions de travail améliorées :

Aujourd’hui, l’Etat français n’est pas en capacité de chiffrer la mortalité du personnel soignant. Face à une vague de suicides sans précédent, nous demandons la création d’un observatoire national des conditions de travail à l’hôpital. Chaque année, une enquête sur la qualité de vie au travail de tous les soignants devra être effectuée dans chaque établissement et ses résultats publiés.

Le mouvement ne faiblit pas aux urgences, il se propage et se diffuse aux autres secteurs. Les soignants de l’Hôpital Public sont déterminés à se battre pour préserver la qualité des soins. Nous sommes convaincus que, pour nos patients, nos collègues, notre système de santé, il devient vital d’agir.

AGENDA SEPTEMBRE

AGENDA SEPTEMBRE

samedi 6 et dimanche 7 à MARSEILLE : Journées de L’appel des appels (THÉÂTRE TOURSKY)

mardi 10 de 12 h à 16 h à SAINT-DENIS (93) : Le Collectif Inter-Urgences fait son Assemblée Générale, salle Marcel Paul, à la bourse du travail de Saint-Denis, Métro Porte de Paris.
Amendement d’une motion commune, calendrier d’actions…Les discussions se tiendront entre 12H et 16H, mais n’hésitez pas à les retrouver dès 10H. Seulement 400 places, pour s’inscrire : site interurgences

samedi 14, Fête de l’Humanité

11h – 12 h 30, stand de la Fédération de Seine et Marne :

« Pour développer une psychiatrie humaine il faut refonder le secteur »,  avec la participation de : Dr Delphine Glachant -USP/Printemps de la psychiatrie, Mireille Stivala – CGT santé, Olivier Mans -Sud santé, Laurence Cohen – sénatrice PCF, animé par Serge Klopp, commission Santé/protection sociale.

Stand Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité/ Notre santé en danger/ convergences nationale des comités de défense des services publics (avenue Georges Marchais) :

13H30 – 15H30   « Créer et développer le rapport de forces pour construire les services publics et la fonction publique du 21è siècle. » Avec la participation de Bernadette Groison -FSU, Christophe Delecourt – UGFF-CGT,  Gaelle Martinez Solidaires, Alain Gaulon – SG de la CNL, Michel Jallamion -Convergence SP,  Annie Lahmer – EELV, Sarah Legrain- PG (à confirmer), Isabelle Mathurin-PCF (à confirmer). 

16H30 – 18H00  « Hôpital en luttes, quelles perspectives ? » avec la participation de : Michèle Leflon, Coordination hôpitaux et maternités de proximité,  Pierre Schwob Collectif inter-urgences, Olivier Youinou, Sud Santé Sociaux (à confirmer), un représentant du Printemps de la psychiatrie.

samedi 21, 13 h- 17 h : réunion du Printemps de la psychiatrie, à la Bourse du travail, annexe Varlin, salle n°3, 85 rue Charlot, 75003 Paris.

samedi 21, 9 h, et dimanche 22, rencontre nationale du travail social en lutte, à la Fac de Nanterre ( RER A arrêt Nanterre-université)

jeudi 26 septembre, partout en France, journée de mobilisation à l’appel du collectif inter urgences : site du C.I.U. et leur page facebook

région PACA, le 26 septembre, 17 h – 20 h, Rencontre/débat : « Vers un renouveau du soin psychique », salle des Spectacles du C.H. Montfavet

 

 

Région PACA : première rencontre-débat le 25 juillet 2019

VERS UN RENOUVEAU DU SOIN PSYCHIQUE

Le renouveau du soin psychique appelé de nos vœux n’est pas l’affaire de spécialistes, autorisés ou non, ce n’est pas une énième resucée de vieilleries ânonnées par de grands anciens radoteurs, ce n’est pas la santé mentale des inspecteurs gadget de la HAS ou de Fondamental, qui sera aussi vite oubliée qu’énoncée mais qui nourrira les caisses des laboratoires, ce n’est pas l’application miraculeuse qui renseignera nos smartphones sur nos taux de dopamine et de noradrénaline, ce n’est pas non plus cette psychiatrie de programme de soins à vie, d’isolement et de contention.

Le renouveau du soin psychique c’est une réalité à fabriquer ensemble par l’échange et la réflexion collective, par la lutte aussi.

Quels soins voulez-vous pour demain ? Comment souhaitez-vous accueillir ceux qui souffrent de troubles psychiques ? Avec quels dispositifs ?  Comment voulez-vous être accueilli quand vous franchissez la porte d’un CMP ? Quand vous vous retrouvez aux Urgences ?  Quelle place pour le consentement ? Pour l’expérience de la folie (à ne pas confondre avec l’expérience de l’institution et du soin) ? Quelle formation pour les soignants ? Que faut-il jeter ou garder du dispositif actuel ? Comment trouver ou retrouver sa place dans une société sans cesse plus dure pour ceux qui vivent pensent et dépensent d’une façon différente ? Etc., etc.

Le printemps de la psychiatrie, les associations Serpsy (Soin Etudes et Recherche en PSYchiatrie) et le Point de Capiton, l’ USP (Union syndicale de la psychiatrie), se proposent de sillonner la Région PACA en tous sens et en tous lieux où on les invitera (lieux de soins, lieux de culture, Gems, clubs thérapeutiques, etc.) pour organiser des soirées/débat, susciter des rencontres entre usagers et professionnels, entre familles et théâtreux, entre travailleurs du social et artistes, entre citoyens tous concernés, de près ou de loin, par les troubles psychiques et la façon dont ils sont accueillis, soignés, accompagnés, dépassés, intégrés, cultivés, approchés, magnifiés, compris.

Ça commence le 25 juillet 2019 de 17 h 30 à 20 h

au Centre Hospitalier Montperrin, à Aix-en-Provence (13).

Ces rencontres/florilège nourriront un livre multicolore qui dessinera le soin à venir.

Toulouse : Hôpital Marchant en lutte, rassemblement le 11 juillet

« Le Printemps de la Psychiatrie s’associe à la lutte en cours au CHS G. Marchant menée par le collectif de la MILI’TENTE à Toulouse.
Il apporte son soutien total à la manifestation du jeudi 11 juillet qui regroupera les personnels, les patients et les familles dans une grande marche festive vers la direction des hôpitaux de Toulouse à l’Hôtel Dieu, afin de réclamer des moyens pour des soins dignes et humains. »Facebook de Marchant en lutte, la Mili’tente !

En 1926, Albert Londres, grand reporter et écrivain intransigeant qui provoqua la fermeture du bagne de Cayenne, lutta contre la traite d’êtres humains et dénonça l’exploitation coloniale écrivait : La maison de Braqueville (qui deviendra Hôpital G. Marchant) est une maison comme il n’en est pas une autre sur le territoire de la France républicaine. Si je suis dénoncé comme fou, je demande que l’on m’interne chez le docteur Maurice Dide.
L’histoire d’une institution de soins en psychiatrie est faite de périodes contrastée qui peuvent varier entre des moments sombres ou par défaut de moyens humains matériels et culturels l’institution devient maltraitante et d’autres, lumineux, au cours desquels toute une communauté s’unie pour exercer sa mission de protéger, accompagner, soigner, rendre la vie meilleure pour les personnes qui se confient à leurs soins ou leurs sont confiées.
Notre fierté de soignants, d’agents techniques ou administratifs et de concourir à l’existence de ces moments lumineux.
Aujourd’hui, la communauté hospitalière de l’hôpital Marchant se bat pour recouvrer ces moyens. Elle se bat au quotidien jusqu’à l’usure pour remplir au mieux sa mission, elle lutte pour sortir de la nasse financière dans laquelle elle est engluée, au risque de la santé des personnels et surtout des conséquences pour les personnes accueillis qui n’ont pas droit aux soins qui leur est dû.
C’est leur fierté.
Jeudi 11 juillet, ces personnels, avec les associations de patients et les familles, les élus et les personnes qui voudront bien les soutenir exprimeront dans les rues de Toulouse leur colère contre le sort qui leur est fait et exprimeront leur désir de moyens de soigner dignement, humainement à leur façon, déterminée, pacifique et ludique.

Facebook de Marchant en lutte, la Mili’tente !

 

 

 

 

Etat d’urgence en psychiatrie : Le lobby pharmaceutique au gouvernement ?

Etat d’urgence en psychiatrie :

Le lobby pharmaceutique au gouvernement ?

Le 10 avril dernier, à la suite d’un documentaire diffusé sur France 3 pour dénoncer l’état d’urgence dans lequel la psychiatrie se trouve, Agnès Buzyn, ministre de la santé, annonçait la nomination de Franck Bellivier au poste de Délégué ministériel à la psychiatrie.

Franck Bellivier est docteur, spécialisé en neurosciences. Depuis 2012, il est Professeur de psychiatrie adulte à l’Université Denis Diderot à Paris et dirige les services de psychiatrie et d’addictologie à l’hôpital Saint-Louis, tout en coordonnant une équipe de recherche en neuropsychopharmacologie.

Il est important de souligner qu’il reçoit par ailleurs de nombreux financements et avantages de la part de différents laboratoires pharmaceutiques.

En effet, entre 2013 et 2018, ce dernier a perçu 40728 euros d’avantages en nature et de rémunérations provenant de tous les grands laboratoires pharmaceutiques (Servier, Lundbeck, Otsuka, Janssen…), selon le site du gouvernement transparence.sante.gouv.fr.

Ce financement des laboratoires pharmaceutiques est une tradition largement répandue dans le milieu médical et cela dans toutes les spécialités. Malgré les « cadeaux » des laboratoires, les médecins affirment garder un point de vue objectif dans l’appréhension du soin. Pourtant, cela pose la question de possibles conflits d’intérêt, et de manière particulièrement aiguë quand on connait l’importance des nouvelles fonctions de Franck Bellivier.

En psychiatrie, l’emprise des laboratoires est peut-être encore plus grande que pour les autres disciplines. Or, l’objectif de l’industrie pharmaceutique n’est-il pas purement économique ? Il suffit de regarder les profits spectaculaires qu’elle engrange pour y répondre. N’a-t-elle pas tout intérêt à rendre systématique la prescription médicamenteuse dans le champ de la « santé mentale » comme seul traitement possible ?

Aussi, tous les laboratoires pharmaceutiques, se sont regroupés pour financer la fondation FondaMental, officiellement « une fondation de coopération scientifique dédiée à la lutte contre les troubles psychiatriques majeurs » mais en réalité le nouveau cheval de Troie du lobby pharmaceutique en psychiatrie, dont Frank Bellivier est membre.

Agnès Buzyn qualifiait récemment la psychiatrie comme étant «le parent pauvre de la médecine ». Cette formule est équivoque : s’il est nécessaire de mettre l’accent sur le fait qu’il manque des moyens financiers et humains en psychiatrie, celle-ci n’est pas dans une position déficitaire vis-à-vis des autres spécialités médicales. Dire qu’elle est le parent pauvre sous-entend que nous devrions l’enrichir médicalement pour la mettre au niveau des autres. Au contraire, nombre de collectifs en psychiatrie, comme par exemple le Printemps de la psychiatrie ou le Collectif des 39, regrettent qu’elle tende désormais à être trop médicalisée.

En effet, la place de la psychiatrie est spéciale par rapport aux autres spécialités. Nous n’attrapons pas une dépression comme nous attrapons le virus de la grippe. Nous ne sommes pas atteints de schizophrénie comme nous contractons un cancer du sein. N’oublions pas que les symptômes psychiques ne sont pas des pathologies du corps. Ce penchant organiciste de la psychiatrie semblait avoir été dépassé, et voilà qu’il revient en force ces dernières années. La nomination de Franck Bellivier n’en est qu’un énième avatar.

Certes, il dit ne pas opposer « les neurosciences et les sciences cliniques «  et donc, semble se situer au delà du conflit entre organicistes et défenseurs de la psyché. En réalité, ce dépassement affirmé se réalise au prix de l’évincement de la conception cartésienne de la pensée comme étant indépendante d’un fonctionnement cérébral. Car, l’idée qui nourrit les neurosciences est bien celle du cerveau-machine qui « sécrète la pensée comme le foie sécrète la bile » pour emprunter les mots de La Mettrie. Avec cette logique, je pense donc je suis… mon cerveau !

Désormais, tout est susceptible d’être neurologisé : l’amour, la souffrance, la religion, la pensée, l’économie, la politique. C’est une révolution en douceur mais dont les conséquences peuvent être ravageuses : si nous sommes uniquement notre corps, notre génome, alors la liberté de choix du sujet disparaît, au profit d’un déterminisme néo-naturaliste qui pourrait tout à fait alimenter des thèses eugénistes, voire racistes, comme ce fut déjà le cas auparavant.

Pourtant, l’expérience auprès des patients, nous démontre quotidiennement qu’il n’y a pas de réduction possible au neuro-biologique. Le symptôme psychique est à rebrousse-poil de toute uniformisation biologisante. À la différence des autres animaux, nous sommes parasités par le langage, qui n’est pas inné mais acquis. Les problèmes psychiques, « les pathologies mentales » se nourrissent de conflits identitaires, sexuels, moraux, pulsionnels ou familiaux. Perdre l’envie de vivre et tenter de se suicider n’est pas un problème génétique, ou dû à un déséquilibre neuro-chimique, comme supposé par les différentes vidéos à visée pédagogique proposées sur le site de la fondation FondaMental. Ce n’est pas parce que certaines molécules agissent sur l’humeur (anti-dépresseurs, thymorégulateurs, ou même alcool, cannabis et drogues) que la cause d’un trouble de l’humeur est cérébrale.

En 2007, Frank Bellivier a été mis à la tête d’un « centre expert » pour les troubles bipolaires financé par la Fondation FondaMental. Il faut rappeler que les troubles bipolaires constituent une catégorie, apparue dans le DSM III qui a remplacé la «psychose maniaco-dépressive », catégorie inventée par Emil Kraepelin en 1899. De par le remplacement sémantique effectué du terme « psychose » par « trouble », jugé moins stigmatisant, l’appellation trouble bipolaire peut désormais être attribuée à tout un chacun dès lors que l’on connaît des moments d’euphorie et de tristesse. Ce nouveau diagnostic présuppose dès le départ une vulnérabilité génétique et admet par sa définition même un élargissement des patients potentiellement ciblés.

Le mécanisme est rôdé : Introduire une nouvelle nomination dans une nosographie, former les prescripteurs au nouveau diagnostic, créer des centres expert pour diffuser le diagnostic et vendre les médicaments qui l’accompagne. Les entreprises du médicament récoltent ce qu’elles sèment.

En septembre 2018, la fondation Fondamental a édité le livre Psychiatrie, l’état d’urgence co-écrit par Marion Leboyer, directrice de thèse et collaboratrice de Frank Bellivier. Cette dernière a perçu 30774 euros d’avantages et de rémunérations des laboratoires pharmaceutiques entre 2012 et 2018 selon le site eurosfordocs.fr . D’après la même source et pour la même période, l’autre co-auteur du livre, Pierre-Michel Llorca a perçu, quant à lui, 254993 euros d’avantages et de rémunérations des laboratoires pharmaceutiques.

Ce livre a pour but de dénoncer le « retard français » concernant le développement de la psychiatrie biologique et de déplier 25 propositions pour sortir de cette crise (qui sont aussi consultables sur le site internet de Fondamental). Parmi les propositions, il y a la généralisation des centres experts (proposition 7), le remboursement des psychothérapies à condition qu’elles soient « psychosociales », autrement dit prenant pour référence les neurosciences (proposition 10) et l’appel aux financements du secteur privé (proposition 25).

Ce livre-programme, créé par deux représentants des intérêts privés des laboratoires pharmaceutiques remplirait-il la fonction de promouvoir leur vision de la psychiatrie auprès de l’opinion publique et du gouvernement?

Le fait est que, Frank Bellivier est désormais «l’opérateur ministériel» – que la fondation FondaMental appelle par ailleurs de ses vœux dans la proposition 1 du livre – pour « définir et piloter une vision stratégique de la psychiatrie et de la santé mentale ».

Nombre de professionnels se réunissent actuellement pour proposer une autre issue : celle d’une psychiatrie orientée par la prise en compte de la singularité de chaque patient pour lui assurer une prise en charge  sur mesure.

Une prise en charge sur mesure signifie que celle-ci ne soit pas obligatoirement centrée sur la chimiothérapie. « Le traitement » pourrait aussi bien consister à la mise en place d’activités thérapeutiques et/ou à la mise en place d’un traitement par la parole. La Norvège expérimente déjà ce modèle où c’est le sujet qui est au cœur de la prise en charge, et non le laboratoire pharmaceutique, comme cela se concrétise en France avec la nomination de Frank Bellivier par Agnès Buzyn. Une autre voie est donc possible, et souhaitable.

Romain Lardjane et Barbara Stern, psychologues cliniciens.

Lyon, le 27 juin : barbecue revendicatif devant la Préfecture

infos reçues de la CGT Vinatier  :

L’organisation syndicale CGT, santé, éducation, services publics de la Fonction Publique affirment de nouveau son attachement aux valeurs du service public, à une Fonction Publique et au statut général au service de toutes et tous, porteurs de l’intérêt général.

Elle appelle, ensemble, le gouvernement à entendre leurs demandes en matières Salariales.

Le projet de loi Fonction Publique, est la destruction de l’état Social. C’est l’externalisation des missions au profit du capital et au détriment du contribuable.

Alors que le Sénat étudie, à son tour, le projet de loi de transformation de la Fonction Publique, la CGT souligne son attachement aux instances actuelles de dialogue social qui permettent aujourd’hui de protéger les agent-e-s. Leur suppression risque d’entraîner une gestion opaque et priver les personnels de recours contre l’arbitraire.

A la veille du rendez-vous salarial du 2 juillet 2019, la CGT exige :

  • Le retrait du projet de loi Fonction publique
  • Un plan massif de résorption de la précarité
  • La création de postes statutaires pour répondre à tous les besoins
  • La valeur du point indiciaire
  • Le renforcement du statut
  • Un service public accessible partout et pour tous … page facebook