Prises de paroles du 2-5-2021

(liste à compléter)

Introduction par les trois collectifs à l’initiative du rassemblement :

L’Appel des Appels, Roland Gori

Printemps de la psychiatrie, Delphine Glachant

Collectif des 39, Selma Benchelah

Représentants et collectifs de psychologues :

Syndicat National des Psychologues – Pierre Ange Raoult

Alain Abelhauser et Albert Ciccone, Séminaire Inter-Universitaire Européen d’Enseignement et de Recherche en Psychopathologie et Psychanalyse.

Gladys Mondière, Fédération française des psychologues et de psychologie

Cyrille Le Jamtel – Collectif POP

CMPP :

Mariette Murat – Fédération CMPP Bretagne

Maya Vair- Piova, CGT

Associations : La Main à l’Oreille, Le Fil Conducteur Psy

Autres praticiens du soin psychique :

Association des Psychiatres du secteur infanto-juvénile

Patrick Landman et Louis Sciara, STOP DSM

David Ryboloviecz et Dominique Besnard- CEMEA (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active)

Pierre Delion

Delphine Glachant, le 2 mai 2021

Avant de considérer les atteintes portées des derniers temps aux soins psychiques, je veux parler de la réalité d’un service d’hospitalisation. C’est aussi cela que nous vivons dans notre quotidien.

J’ai été appelée dans la matinée du 1er mai par la cadre de pôle du service où je travaille, à l’hôpital les Murets dans le Val de Marne, pour me prévenir qu’une infirmière avait été gravement agressée la nuit précédente. Alors j’y suis allée. J’y ai passé la journée, dans un état de sidération que nous vivions en équipe et dans la tension du service. J’ai une pensée pour cette femme ainsi que pour sa collègue, traumatisées, pour un autre patient également agressé, et pour le patient auteur de ces violences, qui va très mal et portera peut-être plus tard le poids de ce qu’il a fait.

A l’heure où je devais organiser mes pensées pour dire quelque chose de cohérent aujourd’hui, sur l’état actuel de la psychiatrie, c’était très difficile et mes pensées s’entrechoquaient. Je pensais au drame de Pau, réactualisé ces derniers jours dans les débats puants qui suivent le jugement dans l’affaire Sarah Halimi ; je pensais à la profusion des dispositifs de sécurité (DATI) qui ont proliféré suite à ce drame, aux nombreuses structures hyper-sécurisées qui sont sorties de terre depuis (UMD, USIP et UHSA), au discours de Sarkozy de 2008 suite au drame de Grenoble….mais aussi au rapport d’Adeline Hazan, en juin 2020, qui dit à quel point la dignité et les droits des patients sont bafoués dans nombre de structures où nous travaillons. Rapport extrêmement intéressant et inspirant. Il dit entre autres qu’il faut ouvrir les portes du pavillon – c’est le cas de celui où je travaille.

Et je me disais que professionnels et patients sont pris entre ces deux types d’injonctions : le sécuritaire et les droits des patients.

Tout cela avec des moyens humains réduits à peau de chagrin relativement aux demandes de soins exponentielles depuis 20 ans et avec des formations de plus en plus dénaturées, complètement axées sur le comportemental, sur la gestion de situations, vides de sens clinique.

Ces injonctions contradictoires, elles se répètent à l’infini, et nous rendent fous. Elles amènent un certain nombre d’entre nous à démissionner de leur travail, de leur engagement. Elles amènent aussi, peut-être, à ces situations de violence extrême.

Travaillant à l’hôpital, je pense notamment à l’article 84, cette espèce d’usine à gaz censée contrôler les mesures d’isolement et de contention…qui nous oblige juste à fournir encore plus de pièces administratives, qui ne serviront à rien mais sont obligatoires, nous amènent à rester encore davantage derrière nos écrans et à être encore un peu moins disponibles auprès les patients. Temps cliniques et institutionnels raccourcis voire supprimés, pensées tronquées par des formations insuffisantes.

Et pourtant il y a peu, à la CNP, le Pr Lejoyeux disait que cet article 84 se situait dans une politique d’amélioration continue de la qualité des soins !

Tout est fait pour qu’il n’y ait plus de pensée. Seul le symptôme compte, à maitriser, à faire disparaitre au plus vite. Surtout que la personne souffrant de trouble psychique soit rapidement sur pied ! Retrouvant sa place de maillon de la chaine de production et, surtout !… qu’elle ne coute pas trop cher.

L’hôpital psychiatrique, comme le reste de l’hôpital public, est devenue une machine à produire du soin. Seul est pensé le fonctionnement de la machine dans un unique but de réduire les couts, sans projet de santé publique, sans pensée sur ce que sont la souffrance psychique et le soin psychique.

Derrière le symptôme il y a le cerveau. Vous aurez noté que le premier projet de recherche qui est sorti de la CNP concerne la systématisation d’IRM hyperspécialisées dont des algorithmes hypersophistiqués vont traiter les données, dans un grand big data au service d’on ne sait quelle firme. Les psychistes d’hier vont être remplacés par des informaticiens ! Attention à vos cerveaux !!

Aujourd’hui se produit l’aboutissement de 15 ans de lobbying des grandes entreprises capitalistes de France et d’ailleurs, qui ont transformé le paysage de la psychiatrie, avec l’introduction de programmes de rééducation à la norme, aussi bien des professionnels que des patients, de réadaptation à une vie sociale, où chacun est entrepreneur de lui-même, doit avoir un projet et le réaliser.

Pour les adultes, ces programmes s’appellent FondaMental. Lire l’épisode 2 du blog de M. Bellahsen sur le PassBipolaire.

Pour les enfants, cela s’appelle les plateformes d’orientation et de diagnostique pour enfants présentant des Troubles Neuro Développementaux.

Tout cela se passe dans l’absence totale de projet de loi-cadre sur la psychiatrie, mettant hors champ de pensée ce que l’on peut élaborer comme système de soins, non seulement pour soigner les personnes malades mais également pour faire société avec ces personnes présentant à un moment de leur vie ou toute leur vie, des troubles mentaux.

Le gouvernement, par la prochaine réforme du financement de la psychiatrie, va mettre tous les professionnels à ses ordres. Vont s’imposer, parce que ce sera le seul moyen d’avoir des dotations financières plus importantes, des prises en charge courtes de crise, hyperspécialisées en CMP ou lors d’hospitalisations courtes. A l’heure de la déstigmatisation, quand quelqu’un sortira d’un CMP, il aura son étiquette « psychotique en crise » sur le front. Encore une injonction contradictoire : faites dans la déstigmatisation mais organisez-vous par filières !

Par cette réforme du financement, le gouvernement va aussi privilégier les projets dits innovants, regroupant bien souvent la e-santé et les équipes mobiles intersectorielles.

Par cette réforme il balaie la psychiatrie de secteur, socle de la psychiatrie française, qui permet un accueil inconditionnel de tous, quand il en a les moyens. Système qui pourrait d’ailleurs servir de modèle à la réorganisation générale de notre système public de santé.

Le gouvernement utilise maintenant la Commission Nationale de Psychiatrie et bientôt les Assises nationales de la Psy et de la Santé Mentale pour appliquer les directives présidentielles, Emmanuel et Brigitte Macron ne cachant pas leurs relations privilégiées avec certains psychiatres, devenus subitement providentiels.

Les membres qui coordonnent les groupes ont déjà été bien triés sur le volet, faisant la part belle aux universitaires. Et on entend bien, dans le discours des technos de la DGOS qui encadrent ces réunions un recadrage sans cesse vers une nouvelle psychiatrie, où « l’allers-vers » est très à la mode, la gradation des soins, les parcours des soins, l’ingénieurisation des professionnels, les actes techniques des psychologues… alors que les incitations financières sont clairement énoncées comme levier d’organisation du modèle de soins.

Ces mêmes mots que l’on entend aussi de la bouche de Frank Bélivier, le délégué interministériel à la Psy et la SM, de FondaMental ou encore de Marion Leboyer, présidente de FM, qui refait surface dans les Assises Nationales de la Psychiatrie, voulues par le président dès le début de l’été.

Nous vivons dans une société complètement folle, où nous sommes de plus en plus contraints, tous, dans nos libertés et, pour ce qui nous concerne, dans nos métiers, dans nos soins. C’est le paradoxe de ce nouveau libéralisme qui n’en est pas un : déconstruire les politiques publiques de santé, laisser libre place aux marchés et à l’enrichissement, et serrer la vis de tous pour mieux servir ces intérêts-là.

AERI, Montreuil – 2 mai 2021

Delphine Glachant – Membre du Printemps de la psychiatrie

Selma Benchelah, psychologue, Collectif des 39

Mobilisation du 2 Mai 2021

Bonjour à tous,

Le Dr Hervé Bokobza fondateur du collectif des 39 a souhaité donné la parole aux membres actifs aujourd’hui. Je me présente donc à vous, Selma Benchelah, je suis psychologue clinicienne en psychiatrie adulte à l’hôpital Psychiatrique de Maison Blanche, aujourd’hui rattachée au GHU Psychiatrie et neurosciences de Paris.

Si les 39 ont initié ce rassemblement avec le Printemps de la psychiatrie et l’Appel des Appels, c’est parce que face à ces nouvelles attaques du prendre soin et de ses professionnels, ici principalement les Psychologues, nous avons pensé qu’il fallait absolument réunir nos forces pour lutter ensemble.

Et nous sommes heureux de nous savoir si nombreux ici présents à Montreuil mais aussi sur zoom pour défendre le soin psychologique mais aussi le rôle, le statut et la fonction des psychologues.

En effet, un Arrêté du 10 mars 2021 émanant de deux ministères, des solidarités et de la santé, mais aussi de l’économie des finances ; puis une proposition de projet de loi de constitution d’un ordre des psychologues sont venus nous interpeler à plus d’un titre.

Dans ces nouvelles dispositions, outre la violence de leurs mises en place sans aucune consultation de nos différents syndicats, collectifs, associations et autres instances de représentation des psychologues, nous avons pu, encore une fois constater, qu’étaient mis en cause les quatre grands axes sur lesquels se sont construites les actions du collectif des 39 :

Une conception des maladies mentales :

La folie n’est concevable qu’irréductiblement liée à la condition humaine. Contrairement à la maladie somatique, il existe une modalité particulière de souffrance psychique attachée à certains modes de structuration subjective. Elle ne relève pas d’une causalité linéaire mais d’un déterminisme plurifactoriel marqué du sceau de la complexité.

Or cet Arrêté du 10 mars 2021 repose sur une nouvelle trouvaille, un nouveau diagnostique à tiroir, le TND : troubles neuro-développementaux. Cette nouvelle nomenclature s’appuyant sur une approche biologique et neurologique regroupe, sous un même étiquette, les troubles envahissants du développement, troubles autistiques, les troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité et plus largement les troubles des apprentissages, des comportements et de la communication.

Une certaine conception du soin :

Notre engagement thérapeutique tient d’abord à la considération de la vulnérabilité et de la créativité des patients ; il doit par ailleurs nous conduire à promouvoir tous les lieux nécessaires à une hospitalité pour la folie qui constitue l’enjeu de notre travail : dans l’hospitalisation, comme dans les lieux ambulatoires qui doivent mettre l’accueil au cœur de leur projet. Mais qu’en est-il désormais de la dimension relationnelle, pourtant au cœur de tout processus de prévention et de soins psychiques, quand nous lisons dans cet arrêté du 10 mars que le soin psychique est réduit à des thérapies neuro-psychologique, cognitive, comportementale et psycho-éducative ? Les législateurs entendent donc, non seulement priver la majorité des psychologues d’exercer leur métier auprès des patients dits TND et de leur famille, mais par-delà empêcher les citoyens d’accéder à ces approches thérapeutiques.

La formation :

Nous défendrons un enseignement reposant en particulier sur la psychopathologie, et nécessitant la réintroduction de formations spécifiques désarrimées de la logique, du cadre théorique et des intérêts hospitalo-universitaires actuels autant que de l’emprise des laboratoires pharmaceutiques, et ceci pour tous les professionnels de la psychiatrie. Formations spécifiques d’infirmiers psychiatrique, pour les médecins de l’internat en Psychiatrie et maintien d’une formation universitaire plurielle en psychologie. Or nous voyons qu’ici, dans cet Arrêté, comme dans cette PPL, sur un Ordre des Psychologues, c’est la formationplurielle, nourrie de différentes approches de la psychanalyse, en passant par la psychologie systémique, la psychologie sociale, expérimentale, cognitive, qui est attaquée ou menacée. Et ce, au profit d’une conception biologique et neuro-cognitive du psychisme exclusivement.

Les moyens :

Nous réclamons des moyens au service d’une psychiatrie humaniste, pour que les patients ne soient plus abandonnés à la rue, à la prison, ou remis à leurs familles parfois démunies. Nous réclamons donc des moyens pour des lits d’hospitalisation, des structures d’hébergement, des structures de soins extra hospitaliers, et médicosociales, et du personnel pour que ces lieux soient habités. Alors qu’aujourd’hui on voit se développer des plateformes et centres dit experts. Mais de quelles expertises s’agit-il quand celles-ci se contentent de diagnostiquer et d’orienter vers les structures de soins publics et médicosociaux de plus en plus dépourvus de personnel ? Et donc finalement de plus en plus vers le privé ? De quelle expertise peut-on se prétendre quand on délocalise le soin vers d’autres petites mains, les professionnels que l’on désavoue « en même temps » dans leur savoir-faire pour les réduire à des exécutants de protocoles ?

Des moyens donc, pour des structures et le recrutement de personnels et notamment de psychologues plutôt que de prétendre répondre aux besoins accrus en santé mentale, en distribuant des miettes de prise en charge psychologique comme ces 10 séances de psychothérapie auprès de psychologues libéraux payés au rabais.

Et nous voulons des moyens humains en psychiatrie plutôt que des IRM à tout va ! Je vous invite à regarder les synthèses de la sous-commission « Recherche clinique et innovation », de la commission nationale de la psychiatrie, dont les missions ont été définies par le Président de la République lui-même, dans le cadre de l’organisation des Assises de la psychiatre de cet été. Comme l’a très bien dénoncé l’Union Syndicale de la Psychiatrie (USP), dans son communiqué la « Psychiatrie à visage non humain. » « L’homme est devenu machine comme celle qui va venir photographier son cerveau et en traiter les données. »

Au travers des psychologues, nous dénonçons donc des attaques coordonnées de la conception des maladies mentales, des soins, des formations et des moyens qui sont prétendument attribués.

Dans notre code de déontologie, il est préalablement posé que : « Le respect de la personne dans sa dimension psychique est un droit inaliénable. Sa reconnaissance fonde l’action des psychologues. »

Or, nous observons qu’aujourd’hui, la dimension psychique des patients (citoyens) est réduite à une dimension comptable, cognitive, neurologique et éducative.

C’est le sens de cet Arrêté du 10 mars 2021, en contraignant désormais les psychologues en charge de ses enfants souffrants de TND, de ne s’appuyer que sur les seules thérapies neuropsychologues, cognitives, comportementales et psycho-éducatives. On assiste là à une confiscation des professionnels de leur pouvoir de choisir librement leurs outils. Or, dans le 3ème principe de du code de déontologie, il est écrit : « Outre ses responsabilités civiles et pénales, le psychologue a une responsabilité professionnelle. Dans le cadre de sa compétence professionnelle, le psychologue décide et répond personnellement du choix et de l’application des méthodes et techniques qu’il conçoit et met en œuvre et des avis qu’il formule. »

Nous y reviendrons plus tard au cours de cet après-midi, concernant les recours légaux que nous pouvons mettre en place. Nous avons déjà consulté une avocate afin d’agir vite car il y a urgence, L’Arrêté du 10 mars a été publié le 4 avril et nous n’avons que deux mois, soit jusqu’au 4 juin pour déposer un recours.

Mais nous ne pouvons être seuls à nous mobiliser, car tous les citoyens sont concernés et plus encore les enfants souffrants de ce qui relèvent des dits TND et leurs familles. Eux aussi, eux plus que quiconque, sont désormais privés des autres approches psychothérapeutiques par cet Arrêté. Et c’est très grave. C’est pourquoi nous appelons tous les parents, les familles, les patients à se rassembler avec nous pour défendre leurs droits; Car ces attaques contre l’indépendance des professionnels sont tout autant une attaque contre leur accès au soin.

Les psychologues sont des professionnels issus de l’Académie des lettres, leurs enseignements relèvent des sciences humaines. Lesquelles sont plurielles, discutées et discutables. Elles ne relèvent pas de la science médicale à proprement parler et comme le soulignait, Emmanuel Garcin, les patients ne s’y trompent pas et savent justement fort bien apprécier ce pas de côté qu’offre la consultation d’un psychologue, dans leur prise en charge.

Cette indépendance de notre profession est à part, notamment dans la structure très hiérarchisée des institutions hospitalières. Et nous devons absolument la défendre en nous rassemblant, non pas malgré, mais forts de nos diverses approches. Nous devons nous prémunir du « narcissisme de nos petites différences » pour ne pas faire le jeu des divisions qui nous sont tendues.

Aussi, je ne peux m’empêcher de vous faire part de mes réflexions en relisant dernièrement, un article de Didier Anzieu datant de 1983, où il exposait son parcours pour défendre le statut des psychologues et construire une formation académique universitaire reconnue, au cours des 25 années précédentes. Il décriait ainsi les nombreux obstacles qu’ils avaient dû affronter et parmi ceux-ci, l’état d’esprit des psychologues, « eux qui ont généralement pour fonction d’aider à résoudre les problèmes des autres, attendent que ce soient les autres qui résolvent leurs propres problèmes professionnels. Au contraire, la profession des psychologues sera ce que les psychologues voudront activement qu’elle soit. » Et il en appelait ainsi à plus de dynamisme, d’assurance et de responsabilité dans notre corps de métier. Je vous dis ça car, il me semble que nous devons avertir tous nos collègues et ne faire preuve d’aucune passivité pour parvenir à nous mobiliser en masse face aux menaces qui guettent.

Enfin, la question de l’Ordre des psychologues peut séduire certains et demande de vrais débats, car c’est bien la para-médicalisation de notre profession qui menace. Là encore je vous invite à lire l’expérience de D. Anzieu dans cette aventure.

Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons laisser trois psychologues qui ne se revendiquent que d’eux-mêmes et de quelques abonnés sur leurs réseaux sociaux décider seuls du sort de notre profession. Dix-neuf organisations se sont mises au travail depuis déjà deux ans au sein du Cerédépsy, afin de renforcer notre statut de psychologues au travers de son code de déontologie et de sa reconnaissance. Si ce n’est déjà fait, je vous invite donc à suivre ces travaux qui nous concernent tous, et qui sont ouverts à la participation de tous de manière démocratique.

Je vous remercie pour votre attention.

Le Fil Conducteur Psy, le 2 mai 2021

Résumé de la prise de parole de Catherine Skiredj-Hahn, le Fil Conducteur Psy

Nous sommes une association issue d’un collectif regroupant des familles, des patients adultes, des soignants dont l’origine remonte à l’atelier « familles » qui s’est déroulé lors des Assises Citoyennes pour l’hospitalité en psychiatrie et dans le médico-social en 2013, à l’initiative des CEMEA et du Collectif des 39.

La force des témoignages nous a donné le courage de continuer à partager ensemble les épreuves que nous traversions chacun à notre place singulière : éprouver ensemble et constituer ainsi un groupe contenant pour chacune et chacun.

Éprouver mais aussi penser ensemble ce qui nous arrive et le contexte dans lequel cela nous arrive à partir d’un socle commun qui fait sens pour nous, à savoir que :

  • La maladie mentale n’est pas une maladie comme les autres, qui se réduirait à un dysfonctionnement organique. C’est d’abord une maladie du lien et de l’interaction sociale qui touche la personne dans sa globalité et qui bouleverse le rapport à autrui et le rapport au monde.
  • Dès lors, la psychiatrie ne peut être une médecine comme les autres : soigner, c’est prendre soin du lien et défendre une approche plurielle et humaniste de la folie.

Or, depuis des décennies, des pans entiers des services de santé sont attaqués : fermeture de lits, baisse drastique des effectifs soignants, réorganisations incessantes qui démantèlent les collectifs de soins, détruisent les solidarités de métiers, protocolisent les gestes professionnels pour les vider de toute initiative acquise au fil de l’expérience, tout ceci sous l’égide de la sacro sainte doxa de l’efficacité managériale, de la réduction des coûts.

La psychiatrie loin d’échapper à ce lent travail de sape généralisé ploie sous les coups de butoirs de cette logique gestionnaire qui sévit et fracasse partout où elle sévit depuis le milieu des années 80.

Les multinationales de la consultance, après avoir accompagné les gouvernements dans la mise en place la « Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) » puis contribué à « tricoter » la Loi Organique relative aux Lois de Finances, texte juridique qui fixe le cadre des lois de finances en France, ces multinationales se sont érigées en véritables opérateurs influents, principaux pilotes des politiques de démembrement des secteurs publics, dont la santé.

Voilà pourquoi les gestionnaires imposent leur monde fait de « missions, projets, territoires, axes stratégiques » qu’ils font tourner dans tous les sens en les maquillant d’une rationalité budgétaire devenue la manière naturelle et évidente de conduire les affaires et les organisations, le tout assaisonné d’une fausse scientificité percluse de donnés chiffrées se voulant rassurantes, le tout baignant dans une recherche effrénée de rentabilité…

Qu’est-ce que cela signifie dans le domaine de la santé et de la psychiatrie ? La mise en place des plateformes territoriales de tri des pathologies, la mise à l’écart des soignants des processus de concertation et de décision, la gestion uniformisée d’offres de produits labellisés par les agences régionales de santé (10 séances de remédiation cognitive, par exemple) … une sorte de néo taylorisation du soin psychique de la pédopsychiatrie. C’est ce à quoi on assiste.

Et que nous dénonçons, refusons : résister c’est créer. Merci à vous toutes et tous

Le Fil Conducteur Psy

Pierre Delion, le 2 mai 2021

Régression sociétale et progression de l’écart entre discours et réalité

Depuis quelques temps, notamment à propos de l’affaire Sarah Halimi, les médias, les personnes interrogées, les politiques réutilisent larga manu le mot « fou » pour qualifier un individu qui a des problèmes psychiatriques graves et dont le comportement délinquant est difficilement accessible à la raison cartésienne.

Lorsqu’en 1793, Pinel libère les fous de leurs chaînes, il les fait entrer dans une branche de la médecine, alors appelée l’aliénisme, qui deviendra la psychiatrie. Avant lui, la plupart des fous étaient enfermés, lorsqu’ils étaient dangereux, dans divers lieux de relégations (hôpitaux, maisons de charité, culs de basse fosse, prisons et autres formes de privations de liberté réglés par des lettres de cachet), et quand ils ne l’étaient pas, laissés au bon vouloir de quelques personnes généreuses ou à l’errance abondonnée (les idiots du village). Dès lors, il va, avec l’aide essentielle de Pussin, œuvrer pour inventer des lieux dédiés pour « soumettre » ces nouveaux malades au traitement moral. Ce sont Esquirol et ses collègues qui réussiront à obtenir la fameuse loi de 1838, créant dans chaque département français un asile d’aliéné destiné à transformer l’idée de Pinel. Mais ce projet deviendra très vite une des formes de l’enfer pour les humains qui y seront « internés ». Cette régression qui donnera au mot « asile » sa connotation très péjorative, durera jusqu’en 1972, date à laquelle une révolution appelée psychiatrie de secteur, pensée par quelques psychiatres humanistes pendant la seconde guerre mondiale en réaction à la mort par inanition de 45000 malades hospitalisés, commencera à changer radicalement les pratiques psychiatriques. De 1793 jusqu’à maintenant le mot de fou avait progressivement diminué dans le vocabulaire pour quasiment disparaître avec les pratiques de secteur. Quelques personnes continuaient à l’utiliser soit par provocation, soit par esthétisme désuet, mais globalement la notion de maladie mentale avait remplacé ce vieux vocable. Plus récemment, sous l’impulsion de quelques associations familiales proches des malades mentaux, le terme de handicapé psychique a fait son apparition pour tenter de masquer l’aspect médical de la psychiatrie, et de mettre ainsi en exergue les difficultés d’intégration que ces malades rencontraient dans leur vie quotidienne. Plus récemment encore, sous l’impulsion de psychiatres persuadés de la seule origine génétique et neurobiologique des pathologies psychiatriques, les maladies mentales étaient appelées à rentrer dans une forme de neurologie réactualisée (la cérébrologie décrite par M. Bellahsen) à l’aide des plates formes des troubles du neurodéveloppement, des IRM et autres recours à l’Intelligence Artificielle, reléguant la psychiatrie classique à un monde d’avant, qui refuserait les progrès extraordinaires des neurosciences. C’était sans compter sur le décret de mars dernier concernant la formation obligatoire des psychologues à des méthodes exclusivement comportementales pour légitimer le paiement de leurs expertises.

Nous voilà donc devant une nouvelle conception de la psychiatrie.

D’un côté, les malades violents voire criminels, reconnus acteurs de leur meurtre sont à nouveau appelés des fous. De l’autre, les patients d’une maladie quasi-neurologique doivent se résoudre à devenir des patients comme les autres, accueillis par des médecins comme les autres, passant des bilans comme les autres, et suivant des protocoles de soins a priori comme les autres.

Le problème qui se pose vient du fait que si la psychiatrie est une discipline médicale depuis Pinel, l’histoire nous démontre que son exercice a toujours fait l’objet de spécificités qui nécessitent de « compléter » la pratique médicale classique par une approche centrée sur l’humain, articulant les aspects biophysiologiques avec les aspects psychopathologiques et socio-anthropologiques. Si pour certaines pathologies psychiatriques, les patients peuvent se considérer comme les autres, pour d’autres, notamment celles concernant les pathologies archaïques (autisme, psychose, schizophrénie), ils ne le pourraient absolument plus.

Commencer ou recommencer à introduire un clivage entre les premiers qui seraient de sympathiques clients d’un système de santé conçu par et pour les « bisounours », en dehors de toutes préoccupations sociopolitiques, et dont les progrès attendus en matière de recherche neuroscientifique permettraient de répondre de façon médicale à leurs souffrances psychiques particulières, et les seconds dont les symptômes comportementaux seraient tellement éloignés de cette première catégorie qu’il faudrait bien les appeler pour ce qu’ils sont, des fous.

Et tout le monde sait, notamment depuis le discours d’un président de la république à Anthony, que les fous sont potentiellement dangereux, et d’ailleurs, qu’ils usent de violence, tuent des personnes innocentes, et remplissent un tiers des prisons avec leur folie. Il n’en fallait pas beaucoup plus pour que des voix s’élèvent et demandent aux Politiques de modifier la loi, et à la Justice d’arrêter de les « irresponsabiliser » et ainsi, de les faire échapper à la sanction pénale ordinaire. Pourtant, sur ce point, la loi est claire depuis 2008, puisque le crime est qualifié en chambre de l’instruction, remplaçant le redoutable non-lieu, et l’irresponsabilité, totale ou partielle, n’est établie par des experts qu’après cette première opération symbolique essentielle.

Céder sur cette avancée démocratique serait une régression sans précédent.

Elle aurait pour conséquences de revenir sur la globalité de la psychiatrie qui accueille les patients dans leur secteur, quelque soient leurs symptômes, quelque soient leurs conditions sociales, quelque soient la durée de leurs pathologies.

Elle risquerait de renforcer les réactions de rejet dont sont l’objet les « fous » et de les considérer à nouveau comme des personnes dangereuses à enfermer dans des structures de type carcéral, voire à emprisonner davantage encore ? Inutile de dire que cela nuirait grandement à toute possibilité de les soigner de leur « folie ».

Mais en désignant ainsi ces boucs émissaires à la vindicte populaire, elle créerait de facto une autre catégorie de patients psychiatriques « médicalisables » pour laquelle il n’y aurait plus besoin de tenir compte de spécificités pour l’organisation de leurs soins puisqu’ils seraient désormais calqués sur ceux d’une médecine de spécialité ordinaire.

Les responsables politiques ne doivent pas s’imaginer que ce clivage, en passe de devenir réalité sous la houlette, à la fois de nos nouveaux penseurs d’une « psychiatrie fondamentale moderne » et des contempteurs d’une post-démocratie d’opinions, nourrie au lait démagogique des résultats de sondages orientés, sauvera ce qui reste d’une psychiatrie humaine dont les lambeaux disparaissent chaque jour davantage.

Ils doivent adopter une vraie réforme de la psychiatrie qui repose sur le développement de la psychiatrie de secteur et de tous ses alliés (CMPP, CAMSP, Associatif, privé,…) en leur donnant les moyens de leurs ambitions. C’est la seule solution pour éviter une nouvelle catastrophe sociétale dont les malades mentaux feraient encore une fois les frais. Ils ont besoin d’autres choses que des seules molécules, de protocoles de rééducation et des murs de multiples asiles périphériques pour les enfermer à nouveau.

Appel au rassemblement le 2 mai 2021 à Montreuil

APPEL A UNE MOBILISATION DES PRATICIENS DU SOIN PSYCHIQUE

La pandémie vient de nous rappeler ce que constatent tous les jours dans la prise en charge des souffrances psychiques et sociales les professionnels du soin. L’équilibre et le développement du sujet humain dépendent étroitement de son environnement social et culturel. Les relations humaines exigent un soin, un souci, une sollicitude qui mobilisent tact, délicatesse et parole pour accueillir et traiter la vulnérabilité spécifique de notre humanité. Et ce d’autant plus lorsque le sujet humain, conjecturalement ou structuralement, est en proie à l’angoisse et à la détresse. Les professionnels du soin doivent connaitre les techniques de santé sans pour autant se réduire à des techniciens taylorisés d’une chaine de production sanitaire sans âme et sans conscience. Plus encore que dans d’autres métiers soumis aujourd’hui à cette violence technocratique, les professionnels du soin psychique doivent pouvoir exercer leurs métiers en connaissance de cause.

Pourtant, là comme dans les secteurs de la recherche, de l’éducation, de la justice et du travail social, une politique de « casse des métiers » se met en place par le jeu de prescriptions normatives, d’arrêtés et de projets de lois purement sécuritaires augmentant les dispositifs de contrôle aux dépens de la qualité des soins (pour les plus récents : Plateformes diagnostiques, Arrêté du 10/03/2021, Proposition de création d’un Ordre des psychologues, …). La poursuite, voire l’accélération de cette politique, imposée de façon anti-démocratique, dans le mépris absolu des associations et organes de représentation des professionnels, se prévaut d’une vision réductrice, neuro-cognitive et sécuritaire du sujet humain et a pour conséquence la destruction des pratiques, des dispositifs de soins et des statuts professionnels. Plusieurs de ces « coups d’Etat bureaucratiques » ont été réalisés avec la complicité de responsables partisans d’une éradication des théories et des pratiques psychodynamiques, peu soucieux de masquer leurs conflits d’intérêts épistémologiques et marchands. Un sujet humain sans environnement, sans histoire, sans culture, sans responsabilité, piloté par ses neurones, ne correspond pas à notre expérience du soin, et pas davantage à notre désir de progrès et de justice sociale.

Face à ces attaques contre le soin tout autant que contre la démocratie, et dans la perspective des « Assises de la psychiatrie et de la santé mentale » montées dans la précipitation, il faut plus que jamais nous réunir pour envisager une réponse concertée. Cette réponse ne saurait être cantonnée à la psychiatrie ou à la psychologie, elle concerne tous les métiers aujourd’hui impactés par une logique purement comptable et instrumentale qui compromet les services que nous devons aux citoyens.

Nos trois collectifs appellent l’ensemble des associations, collectifs et collèges professionnels, organisations syndicales, associations de patients, organismes représentatifs de parents, et les citoyens à une réunion :

Dimanche 2 mai 2021 à 14h à Montreuil

Espace AERI, 57, rue Etienne Marcel, 93100 Montreuil, M°9 – Croix de Chavaux

ET en VISIO-RASSEMBLEMENT :

https://us02web.zoom.us/j/88228772901?pwd=SU0xK3FaUWgvWFVRbWw5am52T1h2dz09

ID de réunion : 882 2877 2901 ; Code secret : 343200

Paris, Marseille, Montreuil, le 16 avril 2021

Appel des Appels

Collectif des 39

Printemps de la psychiatrie

Covid-19, Macron, Castex : autant de raisons d’être inquiets (avec raison)

Communiqué de l’Union Syndicale de la Psychiatrie, du 4 février 2021

Emmanuel Macron a annoncé le 11 janvier 2021 la tenue avant l’été d’« Assises de la psychiatrie et de la santé mentale ».

Cette annonce vient à la suite d’une déclaration en décembre 2020 de quatre personnalités qui avaient fait le buzz en annonçant une « troisième vague psychiatrique » dans la pandémie de la Covid-19, reprenant docilement la formule utilisée un mois plus tôt par le ministre Véran. Ce groupe des quatre est constitué autour de Marion Leboyer qui est présidente de la fondation FondaMental, une fondation privée soutenue et financée par l’Institut Montaigne et onze groupes pharmaceutiques, ainsi que par des cliniques privées, et aussi par d’autres entreprises capitalistes dont l’objectif philanthropique est resté très discret à ce jour, dont Dassault. L’ambition de cette fondation est de privatiser la psychiatrie (cf. son site) et de considérer le savoir psychiatrique accumulé pendant les décennies antérieures comme obsolète. Elle propose une psychiatrie reconfigurée selon les seules références aux neurosciences, ce qui relève d’un scientisme préfigurant un retour de la psychiatrie sous le giron de la neurologie, science du cerveau. 

Certes, on peut dire qu’il y a une recrudescence des troubles psychiatriques dans notre pays, comme tout psy du secteur public ou privé peut en témoigner. Certes, des symptômes tels que les symptômes anxieux ou dépressifs font de plus en plus fréquents. Une hausse de 30 % des risques de nouveaux cas de dépression a été décrite par plusieurs études. Et, plus concrètement, les actifs en situation précaire, les vieux en Ehpad, les jeunes contraints à l’isolement des confinements issus de la Covid,  désarrimés de leurs amitiés, amours et simples relations sociales quotidiennes sont les plus atteints ; les épisodes récurrents de suicide dans ces populations sont extrêmement préoccupants. Qui l’ignore ? Qui en doute ?

Mais au-delà des bavardages médiatiques, que dire de cette évolution actuelle et persistante des pratiques d’accueil en psychiatrie, de cette augmentation si importante de la contention mécanique et de la sédation chimique, de l’augmentation des hospitalisations sans consentement ? Est-ce une fatalité ou bien est-ce une conséquence des politiques suivies depuis des dizaines d’années ? Politiques qui ont des responsables et qui se poursuivent. Cette utilisation massive de la contention en milieu psychiatrique et dans les services d’urgence est évidemment un signe gravissime de la détérioration des soins. Le secteur de psychiatrie laisse à l’abandon l’accueil de la souffrance psychique, réduit à la prescription de médicaments, sans l’approche multidimensionnelle nécessaire de la personne en souffrance… C’est, comme l’ont dit très récemment en un communiqué commun le Collectif inter-urgences et le Printemps de la psychiatrie, dû au manque d’investissement et à la politique de sous financement du gouvernement. Et pourtant, à l’inverse, de multiples adaptations, innovations, inventions ont été réalisées par temps de Covid-19 dans les services psychiatriques – malgré les bureaucrates.

Au-delà des effets d’annonce de Macron, Véran, Leboyer, il reste que le « Ségur de la santé » fut une véritable provocation quant à la prise en compte des revendications salariales des personnels non médicaux, quant aux recrutements indispensables. L’ouverture de lits supplémentaires tant attendue n’a non seulement pas été au rendez-vous mais, malgré la crise, la réorganisation des hôpitaux se poursuit avec des nouvelles fermetures de lits et d’unités. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2021 impose à nouveau 900 millions d’euros d’économies.

Bref, les soignants sont en grande détresse. Cela, Macron, Véran et leurs soutiens ne peuvent l’ignorer, car depuis 2018 les grèves d’infirmiers se sont multipliées dans les hôpitaux, en psychiatrie d’abord puis aux urgences, alertant sur la dégradation de l’accès aux soins et des conditions de travail des personnels.

Dire cela c’est se retrouver en phase avec Adeline Hazan, ancienne Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) qui, dans son rapport de juin 2020, a fait le constat des nombreux dysfonctionnements de la psychiatrie publique, et a également fait de nombreuses propositions, plaçant en priorité le respect des droits des usagers. Les ami.e.s de Macron ne s’en soucient guère.

Donc, pour conclure, nous apprenons que Macron s’intéresse maintenant à la psychiatrie. Est-ce une bonne nouvelle?  On peut en douter si l’on se souvient que son ami Sarkozy s’y était intéressé aussi. Ce Sarkozy, lors d’un discours prononcé le 2 décembre 2018 devant des soignants, décrivit le « schizophrène » comme dangereux, sut expliquer au public de soignants combien il savait que « des patients peuvent soudainement devenir dangereux ».

Monsieur Macron saura-t-il trouver des mots plus empreints de quelque humanité, lui qui partage avec Sarkozy la conviction que les capitalistes sont la fraction de l’humanité qui mérite toute son attention et toute son amitié ?

Pour l’USP

Pascal Boissel, Patrick Chemla, Jean-Pierre Martin et Delphine Glachant

Union Syndicale de la Psychiatrie

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