Mardi 19 à la fac Paris 8, 18 H

La moindre des choses, de Nicolas Philibert

Dans le cadre des « Semaines de la Folie Ordinaire », l’université Paris 8 Vincennes à SAINT-DENIS (93), propose une projection-débat de La moindre des choses (1996) de Nicolas Philibert, en présence du réalisateur et de Linda de Zitter.

Entrée libre et gratuite : SALLE DE CINEMA  – BATIMENT A – Salle A1- 181

M° Saint-Denis Basilique  (face à l’université)

PROGRAMME de la Semaine de la Folie Ordinaire 2019 :
 
ET SUR LE SITE DE PARIS 8 :

 

Préavis de Rêve : 21 mars 2019

Mouvement pour un Printemps de la psychiatrie

  Préavis de Rêve le 21 mars

La psychiatrie veut sortir d’une insupportable hivernation qui a vu prospérer chambres d’isolement et contentions. Les formations initiales, réduites à leur portion congrue, ne savent plus que décliner des pseudos-compétences, de vagues savoir-faire, qui ne permettent plus de penser la clinique contemporaine.

La science est mise au service du pouvoir économico-politique et ne sait plus qu’énoncer : « Le cerveau ! Le cerveau vous dis-je. Il faut plein d’euros pour la neuro. Et des roupies pour la psychiatrie. »

Les usagers promus pairs-aidants aujourd’hui ne sont que des faire valoir, les dernières têtes de gondole des think tanks néolibéraux, alors qu’une reconnaissance du savoir expérientiel et du potentiel soignant de tous leur sont déniés.

Attention, les blouses ne réussiront bientôt plus à enfermer les soignants !

Ne sentez-vous rien ?

Le fond de l’air est nauséeux. Le désodorisant bon marché des communicants a beau tenter de le parfumer, il n’en reste pas moins un air vicié que l’on peut sentir, que l’on peut ressentir. Le fond de l’air de notre société est aux économies imposées aux services publics et aux services à la personne. Le fond de l’air est à la rationalisation économique, à la promotion de l’utilitarisme depuis de nombreuses années maintenant. L’humain se mesure à son utilité économique, à sa performance. Le fond de l’air est également aux dépenses toujours plus grandes pour les plus privilégiés, à l’absence toujours plus nette de socialisation des profits (CICE, évasion fiscale de soixante milliards d’euros par an). 

Une sève nouvelle irrigue nos veines. Des parfums chatoyants titillent nos narines.

La psychiatrie est à la rue !

Le soin et la relation qui le sous-tend se désagrègent, fracassés par les protocoles, cadenassés par la certification qui atteste surtout que les procédures sont respectées … à la lettre. A défaut de respecter les patients !

Il suffit d’attendre que le traitement fasse son effet… En étant attentif à la qualité de l’hôtellerie… Et à l’identitovigilance ! Il y a des giboulées qui se perdent.

Soignants et travailleurs sociaux, eux-mêmes précarisés, sont trop occupés à nourrir les ordinateurs, pour être présents au quotidien auprès des patients. Et vogue la nef. Plus de salles de réunions pour échanger mais une inflation de chambres d’isolement, un déluge de sangles, alpha et omega du soin néolibéral. Il n’y a plus de débat que grand. La pensée, elle, est aux abonnés absents … Mais ça bourgeonne de partout. Il se pourrait même que nous couvions un Igor Stravinski.

La psychiatrie est dans la rue !

La rue c’est chez nous, la rue des rencontres et des déambulations qui se sont muées, pour certains d’entre nous, toujours plus nombreux en quartier d’errance et d’abandon. Ces quartiers que les soignants de secteur parcouraient à pied, ces immeubles dont ils connaissaient chaque gardien, ces bistrots tranquilles où ils rencontraient les personnes qu’ils suivaient pour le lien, pour ne pas les envahir.  Les familles les recevaient en sortant les tasses en porcelaine. Elles les appelaient bien avant la crise. Nul n’avait encore formalisé l’éducation thérapeutique mais petit à petit chacun repérait des signes annonciateurs d’une rechute et savait auprès de qui chercher de l’aide. Les hospitalisations sous contrainte n’avaient pas encore explosé. Et puis, ces soignants ont été contraints de les abandonner, petit à petit. Faute d’être arrosées, nos rues, aujourd’hui territoire de santé, sont devenues un désert psychiatrique.

Les jardiniers sont de retour.

Rejoignez-nous pour le Sacre du Printemps à Paris le 21 mars.

Venez avec des fleurs à partir de 9h30 . Lieu de RDV en attente de l’accord de la préfecture.

9h30  Accueil

10h00 : Jardinage collectif !

11h-11h45 : Graines d’interventions pour expliquer la mobilisation

12h-13h  : Marche des jardiniers dans les rues de Paris

13h-15h00  : Récolte de paroles et de propositions lors du forum (place de la République)

15h-16h :  AG à la bourse du travail

Contact : printempsdelapsychiatrie@gmail.com

Intervention SUD Santé Sociaux le 22 janvier

Texte de SUD Santé Sociaux, lu le 22 janvier 2019, place de la République

La Fédération SUD Santé Sociaux remercie les personnels de l’hôpital psychiatrique d’Amiens, les « Pinel », d’avoir pris l’initiative de cet appel.

Elle tient également à saluer les luttes des nombreux collègues qui ont fait parler d’eux ces derniers temps : à Bourges, Allonnes, Rennes, Montfavet, Cadillac, Aix, Uzès, Morlaix, Quimper, Caen, Toulouse, Le Havre, St Etienne du Rouvray… La liste n’en finit plus…

Partout le même constat… ça ne peut plus durer !

L’offre de soins d’hospitalisation est saturée, au point que la pénurie de lits est devenue le critère déterminant la durée de séjour des personnes malades. Les délais de consultation dans les CMP s’allongent. Des structures ambulatoires ferment ici et là, faute de personnels. C’est autant de « perte de chances » pour les usagers de la psychiatrie publique, qui sont par ailleurs de plus en plus nombreux. Les patients et leurs familles se sentent abandonnés, sans recours. Des centaines de personnes en souffrance sont laissées pour compte, à la rue, dans les prisons ou hébergées sans soin dans des structures médico-sociales…

C’est le résultat de 30 ans d’attaques tout azimut : réduction des budgets, suppression de milliers de postes de soignants, d’administratifs, de techniques et d’ouvriers, réduction de 70 % de la capacité d’hospitalisation lits sans compensations alternatives, anéantissement progressif des espaces pluri professionnels de réflexion pour penser les soins…

La disparition des formations spécialisées de psychiatres et d’infirmiers, les lois liberticides, l’influence des lobbies pharmaceutiques et la montée en puissance de la psychiatrie biologiste ont méthodiquement détricoté les pratiques de secteur et désarticulé l’organisation globale des soins.

C’est au cœur de nos pratiques que nous soignants sommes touchés, nous dénonçons le recours toujours plus fréquent à l’isolement et à la contention. Près de 100 000 personnes sont traitées sans leur consentement et pas moins de 8,3 % des patients hospitalisés sont placés en isolement, c’est inacceptable !

Les patients en souffrent, nous aussi soignants.

Nous avons honte des conditions dans lesquelles nous sommes contraints d’exercer nos métiers aujourd’hui. C’est au nom de l’éthique que nous occupons des toits, entrons en grève de la faim, et que parfois certains d’entre nous se suicident…

Tous les signaux sont en rouge.

Malgré les alertes et parfois les drames, le secteur est confronté à la surdité et à l’aveuglement des puissances tutélaires. Plans de retour à l’équilibre, mise en GHT, télé consultation et bientôt e-neuroleptiques sont les seules réponses à nos revendications !

C’est d’un véritable plan d’urgence dont la psychiatrie a besoin !

Les psy sont venus dire aujourd’hui qu’ils n’étaient pas des gardiens de prisons, que leur rôle est d’accueillir la souffrance psychique, d’aider ceux qui la subisse à l’identifier, à la nommer, à rompre l’isolement et lutter contre la stigmatisation, à retrouver des conditions de vie décentes.

Nous ne sommes pas résignés au naufrage de la psychiatrie publique. Nous sommes en colère et déterminés. Après les longues luttes de ces derniers mois, ce 22 janvier, premier grand rendez-vous du secteur depuis des lustres, est l’Acte 1 de la mobilisation nationale de la Psy !

A la Ministre de la mauvaise santé qui doit présenter « sa stratégie » jeudi 24 janvier nous disons, il n’y a qu’une stratégie possible : l’arrêt de l’étranglement budgétaire, des travaux pour rendre décents nos hostos, la titularisation de tous nos collègues aux statuts précaires, la création de dizaines de milliers d’emplois, les formations qui vont avec, les salaires qui vont avec…

IL Y A URGENCE à retrouver de la dignité pour les personnes soignées et celles qui soignent ! Oui, ce 22 janvier est une réussite. Il rassemble professionnels, usagers, collectifs, associations, syndicats, élus et simples citoyens. C’est tous ensemble que nous allons construire les conditions d’un mouvement d’ampleur de la psychiatrie. Sous ces flocons doit fleurir le printemps de la psychiatrie !

[Plus largement, la Fédération SUD Santé Sociaux appelle l’ensemble du secteur sanitaire, social et médico-social à s’organiser et coordonner ses luttes. Les soins dans les EHPAD, maternités, services d’urgences médicales, l’accueil dans les foyers de l’enfance, de migrants, dans les CHRS (…) sont attaqués par les mêmes politiques austéritaires au détriment des publics les plus vulnérables et des professionnels.

Collectif La Psy Cause, texte lu le 22 janvier

Je voudrais tout d’abord, au nom de notre collectif, remercier toutes celles et ceux qui ont rendu cette journée possible.

Le collectif LA PSY CAUSE s’est formé suite au passage des CGLPL en janvier 2018 sur le CHU de Saint-Étienne.

Notre but commun est d’œuvrer pour une psychiatrie Humaniste en opposition aux politiques budgétaires qui réduisent nos métiers à des lignes comptables et autres tableurs Excel. Face à ces politiques qui nient le sens de nos métiers, nous cherchons à nous réapproprier nos pratiques.

Depuis de nombreuses années, malgré nos alertes, le nombre de personnel diminue. La précarisation des soignants, le turn-over des agents, la désertification des postes de psychiatres, la qualité de la formation initiale, altèrent la qualité de la prise en soins des patients.

Cela se traduit par des personnes laissées seules à l’abandon par notre système sanitaire et social.

Sans remonter trop loin dans le temps, il nous paraît important de pointer le fait que, 6 mois avant le contrôle des CGLPL, 17 lits d’hospitalisation complète adulte ont été fermés (30 entre juin 2015 et juin 2017).

A partir de là, les lits surnuméraires (activés en temps de crise) étaient constamment activés mais cela ne trompait personne, et les Contrôleurs Généraux de Lieux de Privation de Liberté ont constatés l’horreur normée, protocolisée :  « Conditions d’accueil indignes », « Traitement inhumain ou dégradant » …

Depuis la stratégie semble être de cacher la misère plutôt que de se questionner sur comment et pourquoi nous en sommes arrivés là… Oui, parce que sinon cela revient à faire un constat d’échec des politiques de santé de ces dernières décennies.

Pire ! Il faudrait mettre, ou plutôt remettre, des moyens humains là où le soin s’appuie en premier lieu sur la relation à l’autre. Là où le soin doit se penser de manière pluridisciplinaire et en fonction de la singularité de la personne souffrante.

Et ça, ça coûte de l’argent… Trop ? Un pognon de dingue ?

Alors très bien, parlons coût.

Expliquez nous à nous qui sommes de piètres gestionnaires :

– Qu’est ce que ça coûte l’hospitalisation dans un bureau au lieu d’une chambre?

– Qu’est-ce que ça coûte le sous-effectif ?

– Qu’est-ce que ça coûte de laisser des usagers et leurs familles seuls face à la souffrance?

– Qu’est-ce que ça coûte la pression au travail ?

– Qu’est-ce que ça coûte les chambres sur-occupées ?

– Qu’est-ce que ça coûte la restriction des espaces de pensée ?

– Qu’est-ce que ça coûte d’attendre des heures aux urgences ?

– Qu’est-ce que ça coûte le mépris de la souffrance ?

– Qu’est-ce que ça coûte de traiter l’hôpital comme une entreprise ?

– Qu’est-ce que ça coûte de travailler à l’encontre de ses valeurs soignantes ?

– Qu’est-ce que ça coûte les conditions d’accueil déplorables ?

– Qu’est-ce que ça coûte le manque de temps auprès de ses patients ?

– Qu’est-ce que ça coûte de rester dans ses urines pendant des heures ?

– Qu’est-ce que ça coûte d’avoir honte de son métier ?

-Qu’est-ce que ça coûte de laisser une personne des jours contenue sur un brancard ?

Pour nous, tout les jours ça coûte aux patients, leurs familles et aux soignants :  L’isolement, la peur, la douleur, l’insécurité.

Ça coûte la relation, le soin, notre métier

Ça coûte le respect de la vie Humaine

Si nous sommes ici aujourd’hui c’est pour affirmer que nous ne nous résignons pas aux économies et à l’austérité.

Nous n’accepterons jamais de faire payer à nos patients les politiques de santé qui mènent à la déshumanisation de l’hôpital.

Nous dénonçons la politique irresponsable et criminelle du gouvernement et de la ministre de la santé qui mettent en danger les usagers et les hospitaliers.

Nos revendications sont justes et légitimes.

Pour une psychiatrie, et même, tout un service sanitaire et social, Humaniste !

Appel du Fil Conducteur Psy

Le Fil conducteur réunit des familles, parents et fratries, des patients et des soignants, tous touchés à des places différentes par la maladie psychique et sa prise en charge.

Appel du Fil Conducteur Psy

Cet appel est le fruit de nos réflexions et d’un travail collectif. Il constitue notre Charte, notre Manifeste auprès des acteurs institutionnels en matière de Politique de Santé Publique.

LA MALADIE PSYCHIQUE N’EST PAS UNE MALADIE COMME LES AUTRES

En considérant la maladie psychique comme les autres maladies, en la réduisant à un diagnostic et à un traitement, en réduisant le soin, on assiste à un changement de « l’esprit » du soin psychiatrique.

L’accueil d’une personne en souffrance devient trop souvent aujourd’hui maîtrise d’une personne agitée. Et par maîtrise, il faut entendre pratiques de contention, d’isolement qui se généralisent. Une violence institutionnelle s’abat sur la personne en souffrance.

La psychiatrie ne peut être une médecine comme les autres. Une conception purement organique revient à nier que le lien et la relation nous constituent en tant qu’être humain. Les familles qui côtoient au quotidien la souffrance de leur(s) proche(s) savent que cette souffrance altère le lien. Soigner consiste à prendre soin des liens.

La personne en souffrance et son histoire singulière disparaissent derrière des conceptions qui réduisent le malade à son symptôme. Cette visée réductrice apparait dans un contexte de restrictions budgétaires.

La maladie psychique n’étant pas une maladie comme les autres, la psychiatrie ne saurait être une médecine comme les autres : les diagnostics et traitements ne doivent pas être les seuls critères pour orienter le soin. Une psychiatrie humaine est nécessaire, avec attention, écoute et parole.

La formation spécifique en psychiatrie pour les infirmiers n’existe plus depuis 1992. Ce manque de formation et d’expérience partagée en équipe contribue à la peur des patients en crise et à la généralisation des pratiques de contention. 

Une formation spécialisée pour les professionnels de la psychiatrie est nécessaire. Ils  sont le pivot dans le soin au quotidien. Il faut un savoir spécifique pour appréhender la maladie psychique afin de ne pas recourir à la contention par peur et par méconnaissance de la maladie.

LA DISCONTINUITÉ ET LE MORCELLEMENT DES SOINS

Le manque de coordination dans le suivi des patients les soumet à un parcours de soins chaotique au risque de rechutes de plus en plus fréquentes et profondes de nature à chroniciser l’état de maladie.

Une réelle coordination du suivi du patient par une seule équipe qui assurerait la continuité des soins et la coordination entre les différents intervenants successifs, et ce dans toutes les structures accompagnant le patient, quelles que soient ces structures : hôpitaux de jour, foyers, appartements thérapeutiques, CMP…

L’INSUFFISANCE DES STRUCTURES D’ACCUEIL ET DE SUIVI

L’insuffisance des structures et des capacités d’accueil favorisent les décompensations et renforcent les souffrances des patients et de leurs familles.

Les structures d’accueil du secteur sont essentielles dans la prise en charge des malades. Elles doivent pouvoir être jointes 24 heures sur 24. Elles doivent être en mesure d’envoyer une équipe auprès des patients en cas d’urgence ou à leur demande et/ou celles des proches

En cas de crise, depuis quelques années, on assiste souvent au passage obligatoire par le service des urgences d’un autre hôpital que celui où le patient est suivi et connu.

Lorsqu’une personne en souffrance est suivie dans un hôpital, en cas de crise, elle doit être emmenée directement dans cet hôpital. Et non passer par un circuit de secteur qui répond à une logique administrative du circuit des urgences hospitalières.

Il y a un manque criant de structures d’accueil et de soin, de logements thérapeutiques,  pour les malades au long cours..

L’accompagnement social est nécessaire mais ne peut se substituer au soin psychiatrique au long cours

Les patients atteints de maladie au long cours ont besoin de structures de soin et d’accueil dédiées. Il est nécessaire et urgent de développer des structures d’accueil dans la durée et des alternatives qui soient pérennes et réparties équitablement sur les territoires. 

Les sorties après hospitalisation sont peu ou mal préparées, voire inexistantes, souvent sans suivi.. Un protocole administratif ne suffit pas pour assurer une nécessaire continuité des soins.

La préparation de la sortie de l’hôpital doit faire partie du soin. Cette sortie du patient doit être préparée, en concertation avec le patient, son entourage et l’équipe qui le suivra.

Des hospitalisations qui se succèdent ne peuvent qu’aggraver la maladie.

L’articulation du sanitaire et du médicosocial ne peut pas se faire au détriment du soin.

L’aspect positif de la reconnaissance du statut de « handicapé psychique » qui ouvre des droits sociaux ne doit pas pour autant occulter la nécessité d’un travail psychothérapeutique aussi longtemps que nécessaire. Travail qui relève du champ sanitaire et non du seul champ médicosocial.

SOUTENIR LE LIEN, ACCOMPAGNER L’ENTOURAGE

Autrefois exclues, les familles sont aujourd’hui de plus en plus sollicitées pour pallier les multiples manques des services de soins tant hospitaliers que de suivi en matière d’accueil et d’accompagnement. Elles deviennent « aidants familiaux ».

Un adulte qui bascule dans la maladie psychique, doit être pris en charge par un ensemble diversifié de services et structures en fonction de la singularité de sa maladie et de ses aspirations.

L’accueil de l’entourage du patient est un moment du soin qui devrait être considéré comme une étape méritant toute l’attention de l’équipe soignante qui va prendre la situation en charge. 

Prendre du temps pour instaurer un dialogue apaisant avec les uns et les autres. Respecter les limites psychiques de l’entourage est indispensable.

Dans la maladie psychique,  le malade n’est pas le seul concerné, tout l’entourage est entraîné dans le maelström.

Apporter de l’attention, de l’écoute et du soutien aux personnes proches ou vivant avec une personne malade psychiquement. L’accompagnement des familles et des fratries ne peut se limiter à des programmes de formation.

Le  recours au domicile familial comme lieu de soin est banalisé : cette banalisation entraine des conséquences morbides pour l’entourage, en particulier les mineurs.

Dans un contexte de basculement des prises en charge vers les familles, la prise en compte de la situation de l’ensemble des personnes impliquées est une nécessité. La psychiatrie contemporaine ne s’intéresse qu’aux personnes adultes identifiées dans un rôle d’aidant. Il est pourtant impératif de prendre en compte les besoins spécifiques de l’entourage immédiat : les fratries ou les enfants des patients.

La pression budgétaire de plus en plus prégnante transforme insidieusement les parents voire les proches en « aidants », chargés de prendre en charge et d’assumer le glissement progressif des soins  vers le domicile.

La réduction drastique des lits, des moyens en personnel hospitalier, en structures d’accueil et de suivi, contribue à ce que le système de soins de la maladie psychique qui prend forme, soit de plus en plus dégradé, inégalitaire et inhumain, hormis quelques lieux singuliers qui se battent pour maintenir dignité et humanité dans le soin et le respect des personnes en situation de maladie psychique.

Comment traiter les troubles psychiatriques ? ARTE (07/02/2019)

 

Enfermement, soins : comment traiter les troubles psychiatriques ? 
Déjà connue de la justice et du milieu médical, la principale suspecte dans l’incendie d’un immeuble du 16e arrondissement de Paris présente des troubles psychiatriques. Son profil interpelle : était-elle suivie ? Des médecins tirent la sonnette d’alarme au sujet de ces personnes souffrantes délaissées et le personnel médical se mobilise, partout en France, contre le manque de moyens et les sous-effectifs dans les hôpitaux psychiatriques. Malgré 50 millions d’euros alloués à ce secteur cette année, la situation semble délétère. Comment se passe la prise en charge de la folie en France ? La psychiatrie est-elle le parent pauvre de la médecine ? Pour en débattre, nous recevons Mathieu Bellahsen, psychiatre, médecin-chef d’un secteur de psychiatrie publique, Marie-Jeanne Richard, présidente de l’Union des familles de personnes malades psychiques et Daniel Zagury, expert psychiatre auprès des tribunaux.


Présentation : Elisabeth Quin

Pays : France

Année : 2019

à partir de 13Min40

https://tinyurl.com/yc7buhvl

46 min
Disponible du 07/02/2019 au 08/04/2019

Lettre ouverte du 22 janvier

par les collectifs : Pinel en Lutte, P.P.U., et les Blouses Noires

Lettre ouverte à Madame Buzyn, Ministre de la santé

Madame la Ministre,

Le mépris est le fait de considérer une personne ou un groupe de personnes comme indigne d’attention. La communauté psychiatrique souffre du mépris des dirigeants depuis des dizaines d’années et ce gouvernement dont vous faites partie est tout aussi méprisant que les autres. La psychiatrie est la grande oubliée des différentes politiques de santé et, à trop tirer sur la corde, elle craque… vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous avait pas prévenue.

25% de la population est touchée par la maladie mentale au cours de sa vie, c’est donc la 3ème cause de maladie après les cancers et les maladies cardio –vasculaires. Mais seul 4,1% du budget de la recherche en santé est consacrée à la psychiatrie alors que 14% est consacré à la recherche contre le cancer. Pourtant, les patient.es atteint.es de cancer nécessiteront le plus souvent un soutien psychologique et pourront avoir besoin de se tourner vers des professionnel.les de la santé mentale. Mais qui pourra les recevoir ? Et surtout, dans quelles conditions ?

Continuez à diminuer nos moyens, à dégrader nos conditions de travail, à isoler les familles et à fermer les lieux de soins de proximités qui font le maillage indispensable de notre territoire. Continuez à cacher derrière des murs ceux que vous jugez comme indésirables : le nombre de personnes hospitalisé.es sous contraintes et de détenu.es a explosé ces dernières années.
Votre obsession de la rentabilité ne fait qu’empirer la situation.

100 milliards d’évasion fiscale par an pour 1.5 milliards de déficit des hôpitaux publics ? Il n’y a rien qui vous choque ? Continuez à nous prendre pour des idiots, mais on récolte ce que l’on sème et notre colère ne fait qu’amplifier.

AMIENS, PARIS, ROUEN, CAEN, NIORT, SAINT-ETIENNE, NANTES, ALLONNES, TOULOUSE… Ceci n’est pas une leçon de géographie, mais une liste non exhaustive d’hôpitaux psychiatriques qui se démènent pour redonner sa dimension humaine aux soins et qui n’ont jamais eu l’honneur de votre visite.

C’est pourquoi nous venons à vous aujourd’hui, notre détermination est inaliénable. Nous en appelons aux citoyens, aux familles et aux patients mais à vous aussi, Représentants de l’état et médias.
Le temps de la résignation est révolu depuis longtemps, nous multiplions les appels et les actions depuis des mois pour réanimer ce système de santé dont nous voudrions à nouveau être fiers.

Comment pouvez-vous rester insensible à notre engagement ? Comment pouvez-vous nous laisser nous battre à votre place ? Nous qui sommes mal payés et jamais augmentés et pourtant , qui sommes toujours dévoués et jamais résignés ! Prenez vos responsabilités, et vite.

Pas vraiment cordialement,

Les usagers et soignants du service public de la psychiatrie française.