Grève festive en pédopsy le 17 avril

Compte rendu de la journée de mobilisation du 17 avril du Collectif de la pédopsy du 19ème en lutte

Le collectif de la pédopsy du 19ème est né en 2016 porté par les mouvements sociaux contre la Loi travail et la nécessité de réagir aux regroupements des hôpitaux parisiens (Loi Bachelot, Loi Touraine, Loi santé 2022 de Buzin).

Localement, nous avons été en lutte pour la défense de nos budgets de formation et nous nous sommes également opposés au contrat de pôle ( cf. notre Appel).

Face aux attaques graves que subit la psychiatrie depuis des années, le collectif a été à l’initiative d’une mobilisation qui s’est traduite par une journée de grève en lien avec le mouvement du Printemps de la psychiatrie et les Semaines De La Folie Ordinaires.

Ce mouvement a pris la forme d’une grève d’occupation (dite journée de grève porte ouverte). Deux mois de travail et de nombreuses assemblées générales ont été nécessaires pour construire et donner du sens à cet événement. Nous avons voulu marquer cette journée en donnant un coté festif car la grève doit être aussi joyeuse par ce qu’elle libère dans son intemporalité et permet la réappropriation de nos actes et de nos pensées.

Pour démarrer cette matinée, nous avions invité le groupe de musique Binobin avec qui des soignants travaillent quotidiennement dans le cadre de groupes thérapeutiques avec des adolescents. Musique traversée par le soleil et les cultures multiples des autres continents. Puis la Compagnie des clowns, spectacle animé par des soignants artistes, a fait son apparition pour mettre une ambiance conviviale, drôle et pleine d’humour. Enfants et adultes, chacun a pu s’y retrouver et rire de bon cœur.

Puis est venu le temps de l’information et des débats auprès des familles et des partenaires sociaux de l’arrondissement, un moment tout à fait exceptionnel, peut-être inédit, par son caractère rassembleur. Jusqu’à ce jour personne sur notre secteur n’avait osé imaginer un espace aussi ouvert où, soignants, familles, partenaires du secteur du social, de la santé, de l’éducation, de l’associatif, du syndicalisme et des élus politiques pouvaient se retrouver pour évoquer les graves attaques de nos services publics et les difficultés liées à l’accueil et aux soins. Cette journée d’échanges et de rencontres a été une réussite et nous a rendu visibles mais elle sera à développer dans le temps pour produire des liens solides et rassembleurs qui permettront de nous battre ensemble face aux politiques néolibérales.

En amont de la préparation de cette journée d’actions, nous avons fait un gros travail d’information auprès de tous les acteurs de l’arrondissement et avons participé à de nombreuses réunions avec les enseignants et familles qui subissent des attaques (Loi Blanquer) identiques à nos réformes hospitalières. Notre présence dans ces réunions a rendu visible notre lutte mais a aussi lancé une dynamique tout à fait intéressante dont nous imaginons qu’elle pourrait déboucher sur des formes de solidarités actives au sein de nos quartiers. Créer des convergences de luttes est aujourd’hui une nécessité que nous allons essayer de construire et développer avec tout le monde. C’était aussi le but de cette journée porte ouverte.

Le repas participatif a ensuite permis des échanges et des rencontres plus individualisées comme par exemple avec les journalistes venus relayer l’information de cette journée.

Tout au long de la journée, un piquet de grève a été installé à l’extérieur avec nos banderoles pour informer et faire signer notre pétition.

L’après-midi a été marquée par la visite des représentants de la direction du G.H.U inquiets de voir se dérouler pareille manifestation. Les journalistes et notamment France Inter qui enregistrait l’émission « Comme un bruit qui court » ont été sommés de sortir du lieu car n’ayant (soit disant) pas l’autorisation du G.H.U. Nous sommes alors tous sortis en compagnie de ces journalistes, ce qui a donné lieu à quelques échanges assez vifs. Cette tension a duré un bon moment car nous étions constamment observés par les mouchards qui s’étaient introduits dans notre espace de lutte. Remettre en cause l’excellence de l’image du G.H.U et leur politique de communication hypocrite est bien entendu insupportable pour nos gestionnaires qui s’efforcent d’étouffer toute contestation. Il est important de rappeler que nous avons eu de nombreuses pressions de la direction pendant plusieurs semaines pour que cette journée porte ouverte n’ait pas lieu.

Pour le collectif de la pédopsy du 19ème, cette journée est une réussite à plusieurs niveaux. Sa visibilité a été très importante et surtout elle a permis des échanges et des rencontres précieuses pour l’avenir. Elle a contribué à souder l’ensemble des équipes du secteur et plus particulièrement le collectif. Cette journée a donné une formidable énergie à tout le monde pour continuer à construire cette lutte et à l’élargir.

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