Conférence de presse du 10 janvier 2022, intervention de Serge Klopp

Les conséquences sociales du Covid (isolement, menaces sur l’emploi,…) ont provoqué une explosion de décompensations psychiques.
Face à, cette situation le ministre Véran sur France Inter à reconnu le 29 septembre que cela fait 40 ans que l’on appauvri la psychiatrie de Secteur.

Ce dispositif a été conçu comme un parcours de soins allant de la prévention à la cure et la postcure, prenant en compte toutes les souffrances psychiques des plus bénignes aux plus sévères, fondé sur la continuité des soins relationnels.
Cet appauvrissement a obligé le secteur à faire sans cesse des tris
On a commencé par renoncer à la prévention et aujourd’hui seuls les situations les plus sévères sont suivies en secteur.
Les autres sont renvoyées vers le libéral, le plus souvent le généraliste, voir ont du renoncer aux soins.
Alors on aurait pu croire que le gouvernement allait enfin redonner au secteur les moyens de ses missions.
Il n’en est rien !
On se contente uniquement pour les ados suicidaires, de rembourser 6 séances de psychologues libéral à condition qu’ils n’utilisent que des techniques comportementales, interdisant les psychothérapies.
Et au lieu de redynamiser le secteur on va finir de le dynamiter
Depuis la Loi Touraine le secteur est censé ne s’occuper que de la crise les patients stabilisés relevant du généraliste et non plus du CMP ou du CATTP, alors que l’on sait que s’ils sont stabilisés c’est parce qu’ils bénéficie de ce suivi.
Vu la pénurie de généralistes je ne sais comment va pouvoir se faire ce suivi, si ce n’est au travers d’une consultation tous les 3 ou 6 mois pour un renouvellement de traitement comme pour les patients présentant des troubles cardiaques
Si tout ça c’est prévu dans la loi depuis 5 ans ça a du mal à se mettre en place.
Mais au travers de la loi de finances on va mettre en place des structures dites de réhabilitation psychosociale chargée de faire ce tri et d’exclure du secteur les patients stabilisés
Ces structures vont soumettre les patients à une évaluation préalable puis à différents programme comportementaux et à une évaluation finales sur la base de la quelle on va décider d’un parcours de soins associant ou pas une prise en charge médicosociale au suivi du généraliste
On est la dans une conception déshumanisante normalisatrice de la psychiatrie qui vient se substituer aux soins. Il ne s’agit plus de soigner des personnes mais de les programmer comme s’il s’agissait de machines

Pourtant la réhabilitation peut être tout a fait positive si elle s’inscrit dans une prise en charge singulière du patient et à côté d’autres modalités de soins du secteur (sociothérapie, psychothérapie …).
Et non dans une logique d’exclusion des soins

Nous ne sommes pas des machines !
Nous avons besoins d’être soignés pas programmés !

Nous exigeons le retour à une psychiatrie respectueuse de l’humain.

Serge Klopp pour le Printemps de la psychiatrie. Conférence de presse unitaire, précédant la Manifestation du 11 janvier 2022.

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