Action contre la fermeture de 80 lits au Rouvray

La manifestation a été très bien couverte au niveau des médias, et ce dès l’action terminée, en voici quelques liens : 

https://actu.fr/normandie/rouen_76540/80-lits-bientot-fermes-a-l-hopital-du-rouvray- des-soignants-montent-au-creneau_36818383.html 

https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/les-soignants-de-l-hopital-de-saint- etienne-du-rouvray-manifesteront-contre-la-fermeture-de-lits-eb17341137 

https://www.ouest-france.fr/normandie/rouen-76000/rouen-manifestation-contre-la- suppression-de-lits-en-psychiatrie-7016393 

Les syndicats SUD et CGT n’accepteront aucune fermeture… ni de lit, ni de services!

Manifeste du Collectif de résistance éthique de Villemomble (93)

Suite à l’appel du Printemps de la Psychiatrie  Opération « Déconnexion » Halte au codage du soin ! un collectif de soignantes d’un intersecteur de psychiatrie infanto-juvénile de Seine-Saint-Denis s’est constitué, le Collectif de Résistance Ethique de Villemomble, pour développer la lutte localement au CMP de Villemomble. Voici son Manifeste qui explique leurs premières actions, dont la mise en place de la grève des codages.

 

 

Non à la fermeture de l’hôpital de nuit … Senlis

Non à la fermeture de l’hôpital de nuit, outil soignant indispensable rattaché au CPR !

Le lundi 18 mai à l’occasion de la réunion hebdomadaire de l’hôpital de nuit du CPR de Senlis, le directeur de pôle annonce brutalement la fermeture immédiate et définitive de cette unité…. pour signer et lire la suite de la pétition.

ARTICLE dans Le Parisien

TEXTE du Collectif Hôpital de Nuit, à l’initiative de la pétition  :

Tous les acteurs qui travaillent dans l’éducation spécialisée, s’expriment rarement, quelle que soit leur profession : éducateurs(trices), infirmières psychologues, maîtresses de maison, hommes d’entretien, secrétaires… Ils sont très engagés, passionnés et communiquent peu sur leurs pratiques car ils estiment que le cœur de leur métier est la relation d’aide auprès d’enfants ou d’adultes en souffrance, en perte de repères. Ils soutiennent également les familles.

Pourtant aujourd’hui, nous voulons prendre la parole pour vous faire savoir ce que nous sommes en train de vivre dans notre institution.

Nous travaillons dans le secteur pédopsychiatrique, au sein de l’Association de santé mentale La Nouvelle Forge. L’institution concernée est le CPR (Centre de Psychothérapie et de Rééducation) de Senlis (60) et plus spécifiquement un outil institutionnel de soin qui lui est rattaché : l’hôpital de nuit.

Ce lieu, dont la création remonte à plus de 40 ans, a connu des aménagements au fil des ans, mais reste un lieu fidèle à ses valeurs et solide sur ses fondations.

C’est un lieu unique, historique et ses différences lui permettent de se démarquer des autres propositions de soin offertes par l’association.
Il peut accueillir et accompagner 7 enfants et adolescents présentant différentes problématiques : problèmes d’endormissement, troubles du comportement, soucis d’apprentissages scolaires, problèmes de séparation, troubles du spectre autistique… Nous avons des coléreux, des explosifs, des bruyants, des introvertis, des violents, des agités, des abandonnés, des phobiques…. A cela peut s’ajouter une huitième place pour un enfant ayant besoin de travailler une rupture sur trois semaines (projet d’orientation en internat…)
Ainsi, du lundi au vendredi, 7 enfants par nuit sont accueillis par une équipe composée de 3 professionnels ( 2 éducateurs et/ou infirmier et une maîtresse de maison).

Nous proposons aux jeunes, ce rendez-vous hebdomadaire régulier avec les mêmes enfants et la même équipe thérapeutique. Ensemble nous formons le collectif hôpital de nuit, connu et nommé comme la nuit du lundi, la nuit du mardi…

L’amplitude horaire de ces nuits (de 16h à 9h le lendemain) permet de prendre le temps, de s’approcher des autres à son rythme, de prendre soin de soi, de se réinvestir, se rassurer, gagner en autonomie, bref d’être bien accompagné pour choisir de grandir !
C’est une première expérience d’accompagnement réussie en société, une sorte de « contrat indéterminé » pour apprécier et se rassurer sur le quotidien et goûter à l’imprévu, aux surprises et aux sorties…
Ici on peut dans la même soirée faire une partie de jeu de société ou de baby-foot avec les copains, avoir un temps pour apprendre à cuisiner avec la maîtresse de maison, jouer de la guitare avec un éducateur, parler de son corps qui change avec l’infirmière, sortir en forêt ou au cinéma…
À « la nuit », chacun a un rôle, sa place, son lit. Il y a une vraie vie de groupe, nous formons une tribu où chacun s’entraide, est présent pour l’autre et cela fonctionne. Les échecs sont minces, quasi nuls. Cela est constaté par le personnel soignant, les enfants et leurs familles, les psychologues du CMPP qui nous adressent ces enfants.

Cet hôpital est une maison familiale, au cœur d’un petit village proche de Senlis. À chaque 1ère visite, la surprise s’observe dans le regard des parents et des enfants qui y pénètrent. En passant la grille d’entrée, leurs inquiétudes d’une visite à l’hôpital s’effacent. Car oui, ce lieu de soin est différent, apaisant. Ici pas de blouse blanche, une odeur de gâteau sorti du four pour le goûter vous accueille. Ce n’est pas un internat ni une famille d’accueil. Nous proposons notre aide pour la fin de journée avec repas, nuit, petit déjeuner. Cet espace tiers est proposé une fois par semaine pour avoir un temps repéré, partiel mais continu, pour une séparation courte comme un souffle, un répit pour les enfants, la fratrie, les parents.

Mais mi mai, le bureau de l’association, à la sortie du confinement de la crise sanitaire du Covid, a décidé la fermeture immédiate et définitive de ce lieu, sous couvert de remaniements, d’obsolescences et de coûts élevés du dispositif. Resterons-nous dupes de ces sombres et fallacieuses manœuvres de rentabilité ?

Ce type de décision œuvre-t-il véritablement en faveur des patients et de leur famille ?

L’intelligence de l’être humain est sa faculté d’adaptation à son environnement. C’est sentir, comprendre et accepter la différence chez l’autre. C’est œuvrer ensemble pour offrir un avenir meilleur et équitable à tous.

Nous avons tous foi en l’intérêt de l’existence de l’hôpital de nuit, en son organisation et aux bénéfices de notre travail pour les enfants qui constitueront la société de demain.

Cette fermeture brutale dépossède les familles et les enfants d’un apport positif dans leur accompagnement thérapeutique et les professionnels d’un outil efficace et irremplaçable.

Depuis plus de 40 ans, nombre d’enfants et de parents ont pu vérifier le bien fondé et l’efficacité de cet outil thérapeutique.

Les enfants et les familles qui ont eu l’opportunité de bénéficier de cet accompagnement spécifique, celles dont les enfants utilisent cette structure de soin autant que les familles qui attendaient une inscription de leur enfant dans le dispositif sont dépitées, déçues et parfois en plein désarroi…

C’est pourquoi au nom du Collectif Hôpital de Nuit, nous avons crée une pétition pour soutenir l’ensemble famille/professionnels et peut-être, faire revenir sur leur décision nos administrateurs.

Lien vers la pétition

 

Facs et Labos en Lutte, communiqué du 6/06

Convergence : Les Facs et Labos en lutte, sur le site Université Ouverte, appellent à rejoindre la manifestation pour le service public de la santé le 16 juin 2020.

« La LPPR* est de retour, nous aussi ! » Communiqué du 6 juin.

*LPPR : Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche

 

Ce 6 juin, la rencontre numérique des Facs et Labos en Lutte a réuni jusqu’à 150 personnes, représentant 41 établissements de toute la France. Si le confinement a brutalement interrompu notre mobilisation menée depuis décembre contre la précarité, la réforme des retraites et le projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche, quelques jours après que nous avons été des dizaines de milliers en grève et dans les rues en France le 5 mars, notre action a néanmoins perduré et pris d’autres formes. La crise sanitaire a en effet fait exploser les inégalités et précarités préexistantes, qui étaient les axes principaux de nos luttes avant le confinement et a fait émerger des problèmes spécifiques auxquels nous avons dû répondre en urgence. Nationalement et localement, et en dépit des nombreuses difficultés, nous avons continué à nous battre pour imposer des modes de validation des examens qui évitent aux étudiant·es de payer le prix de la crise, contre la spoliation des congés des travailleur·ses, pour des conditions sûres de reprise du travail, pour le paiement des vacataires, etc. Partout, nous avons du faire face à l’aggravation dramatique des situations de précarité des étudiant·es – particulièrement violente pour les étranger·es – et des travailleur·ses,  et avons organisé des caisses de solidarité, des distributions alimentaires, etc.

Depuis les dernières semaines, c’est l’annonce que la rentrée universitaire pourrait s’effectuer à distance qui a focalisé toutes nos inquiétudes. Le ministère refuse de tirer un bilan de ce passage catastrophique au tout à distance sans préparation et sans moyens spécifiques dédiés, alors que les études menées par les collègues durant le confinement ont toutes souligné l’accentuation dramatique des inégalités entre les étudiant·es et les taux élevés de décrochage.

Dans ce contexte, la mise à l’ordre du jour de la LPPR lors de plusieurs instances nationales du CNESER (Conseil nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche) le 12 juin et  du CTMESR ( ) le 17 juin et du conseil des ministres du 8 juillet est un réel scandale : comment oser poursuivre un agenda politique qui a été contesté durant tout l’hiver par l’ensemble de la communauté universitaire alors même que les Universités et laboratoires sont fermés depuis 4 mois ?!

Alors que la crise sanitaire a montré dans les facs et les labos, comme à l’hôpital public, les effets délétères des politiques de casse du service public menées par les derniers gouvernements, notre ministre veut nous imposer une loi qui nous promet encore une plus grande précarisation et le développement de la recherche sur projet. Or, ce dernier dispositif – en entravant la recherche sur le long terme – est l’une des causes de de notre impossibilité à fournir des solutions face à l’épidémie.

Alors qu’il est désormais possible de se rendre au Puy du Fou ou de s’entasser à 100 dans un avion, nos facs sont maintenues fermées depuis la mi-mars, nous empêchant de nous rencontrer et de nous mobiliser, ce qui permet à notre ministre de tenter ce passage en force, contre la volonté de celles et ceux qui font l’université et la recherche publiques, étudiant·es et travailleur·ses.

Nous réaffirmons donc que seules les revendications votées lors de notre dernière coordination nationale, exigeant une hausse drastique des financements pérennes et un plan massif de titularisation au sein de nos facs et de nos labos, permettront de développer un enseignement supérieur et une recherche de qualité pour toutes et tous. 

Nous exigeons le retrait du projet de loi de la LPPR et nous refusons la généralisation de l’enseignement à distance.

A l’hôpital, dès la fin du confinement, des soignant·es ont manifesté pour dénoncer le manque de moyens. De même, plusieurs milliers de personnes ont bravé l’interdiction édictée par Didier Lallement et ont manifesté contre les violences policières et le racisme systémique le mardi 2 et le samedi 6 juin. Beaucoup parmi nous étaient présent·es à ces rendez-vous et nous participons pleinement, individuellement et collectivement, à ces luttes.

Nous, les Facs et Labos en Lutte, appelons également à des mobilisations partout en France les 12 et 17 juin, dates des examens de la LPPR par le CNESER et le CTMESR.

Nous appelons aussi à rejoindre la manifestation pour le service public de la santé le 16 juin, dans un cortège des Facs et Labos en Lutte.

 

Lettre ouverte du syndicat CGT du Vinatier

Le 4 mai 2020, à l’attention du directeur de l’ARS, du directeur du CHS Vinatier, du président et vice-présidente de CME, et des chefs de pôles…

cgt vinatier 4 mai

Revue de presse :

https://www.leprogres.fr/edition-lyon-villeurbanne/2020/02/04/vinatier-mobilisation-contre-la-fermeture-de-plusieurs-services

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/rhone/lyon/coronavirus-centre-hospitalier-vinatier-lyon-annonce-fermeture-unite-syndicats-denoncent-1817292.html

https://actu.fr/auvergne-rhone-alpes/bron_69029/fermetures-lits-lhopital-vinatier-pres-lyon-cest-provisoire-repond-direction_33235024.html

 

Manœuvres à l’hôpital du Vinatier

A propos du Vinatier lire aussi ce témoignage sur la fermeture des unités.

J’AI DÉCIDÉ QU’IL FALLAIT BIEN QUE JE DISE QUELQUE CHOSE SUR LES MANŒUVRES ACTUELLES À L’HÔPITAL DU VINATIER À LYON

Voilà des mois que, dans le monde de la psychiatrie publique, nous savons tous que la situation à l’hôpital du Vinatier à Lyon est devenue de plus en plus difficile. Le Canard Enchaîné du 22.04.2020 y consacre du reste une bonne partie de son article « Traitement de choc en psychiatrie ».

Les désaccords entre bon nombre de médecins et la direction se sont aggravés avec le temps qui passe. La direction est aujourd’hui en conflit aussi avec le personnel soignant non médical.

S’il n’y a pas de réelles solutions collectives à ce jour, cela tient à une attitude particulièrement idéologique du directeur de l’établissement. Ces positions idéologiques ont du reste été clairement exprimées par ce directeur lorsqu’il a soutenu et signé une pétition au contenu très agressif envers la psychanalyse.

Certes, c’est son droit en tant que citoyen, mais le peut-il en tant que directeur d’un hôpital psychiatrique ? Peut-il le faire avec l’étiquette de président de l’Association des établissements du service public de santé mental (AdESM) ?

Ce directeur semble bien déployer des stratégies et organiser ses manœuvres uniquement au service de son idéologie très liée à des positions de gestion purement comptable pour faire des économies sur les soins psychiatriques… Alliances, stratégie d’isolement, clivages qui aboutissent à des comportements tyranniques alors que le dialogue et la conflictualisation avec l’ensemble des équipes de terrain ont toujours été moteur de progrès en médecine et particulièrement en psychiatrie.

Est-il utile de rappeler que la politique de secteur a été construite par le ministère et des psychiatres dans le souci de créer des conditions d’accès à des soins de qualité pour tous les citoyens !

Et voilà qu’aujourd’hui, en pleine difficulté de la pandémie de coronavirus… et voilà que ce directeur en profite pour poursuivre son travail de destruction d’un hôpital reconnu par la profession… Voilà qu’il en profite, sous couvert de motifs pseudo-rationnels et économiques, pour pousser son idéologie de destruction de la politique de secteur et des acteurs qui la portent quotidiennement au côté des patients et des familles.

Le directeur décide de fermer des unités de soins, de regrouper les services sans l’avis des soignants du terrain et des médecins qui n’en reviennent pas.

Ce directeur a-t-il seulement, quotidiennement, été soutenir ses équipes dans les lieux de soins, a-t-il seulement rencontré les patients dans les différents services ? Ou reste-t-il confiné dans la forteresse administrative éloignée des conditions de la réalité quotidienne des patients et des soignants ?

Ces mêmes soignants, ces mêmes médecins qui dans cette crise qui frappe de front la pratique de la psychiatrie dans sa dimension du travail de lien à l’autre et du lien social, ces soignants et ces médecins inventent, innovent et mettent en place des moyens de soutenir les patients dans la traversé de ces multiples solitudes… pendant que le directeur sabote les outils de soins et enlève la dimension thérapeutique à l’institution lorsqu’elle se constitue en collectif.

Le ministère a démis le directeur de l’ARS Grand-Est pour ses déclarations. Et là, rien ne serait fait vis-à-vis d’un directeur d’établissement qui profite d’une crise et des difficultés de chacun à maintenir un lien social.

Rien ne serait dit devant ce procédé et sa mise en application alors que la mobilisation de chacun se doit d’être sur le front de la solidarité et de l’entraide.

Profiter d’une telle situation, même soutenu par certains, pose la question de la capacité à créer une équipe au service du public, une équipe soudée qui est un outil de soin du simple fait de son existence.

Il serait juste qu’aujourd’hui le directeur du Vinatier soit rappelé par l’administration centrale.

Le 27 avril 2020

Docteur Edmond PERRIER, Pédopsychiatre de secteur, 67170 BRUMATH

L’article du Canard enchaîné du 22 avril 2020

 

Bas les masques! : un appel de soignant.e.s à construire un mouvement populaire

« Bas les masques ! » est un appel de professionnels de la santé à poser dès maintenant les bases d’un mouvement populaire, sans attendre un « après-crise ». Parmi les objectifs prioritaires : que les aides financières octroyées avec l’argent public aillent en priorité aux services publics. Plusieurs médias indépendants ont relayé cet appel et leurs modes d’actions, dont Bastamag.net

Nous sommes des soignant.e.s et professionnel.le.s de la santé d’horizons divers. Bouleversé.e.s et en colère, nous décidons de nous lever et de crier haut et fort « Bas les masques ! » Nous disons stop aux mensonges, à l’hypocrisie et au cynisme du gouvernement !

Nous lançons un appel à tous nos collègues professionnel.le.s de santé et du médico-social qui partent travailler la boule au ventre.
Un appel aux « travailleurs et travailleuses essentiel.le.s », aux « premier.e.s de corvée », qui sont exposé.e.s pour faire tourner la machine.
Un appel à toutes les personnes qui n’en peuvent plus de cette gestion de crise calamiteuse, de ce qu’elles endurent depuis des années, d’un système économique, politique et social désastreux.

Retrouvons-nous dès maintenant pour construire un mouvement populaire. Partout, nous devons nous organiser sans attendre un « après-crise » illusoire. Sans cela, les perspectives sont sombres.

L’endettement des États aujourd’hui servira de justification aux politiques d’austérité de demain. Ces mêmes politiques qui ont déjà broyé nos services publics et nos systèmes de santé, d’éducation et de justice. Au prétexte de l’état d’urgence sanitaire, des mesures seront mises en œuvre au service de la surveillance généralisée, du tout sécuritaire faisant infuser dans les esprits la peur, le repli et la stigmatisation.

Alors construisons ensemble dès aujourd’hui, des lendemains heureux. L’avenir sera ce que nous déciderons d’en faire ! Le « monde d’après » nous le voulons juste, centré sur l’intérêt du plus grand nombre et non sur la recherche du profit au bénéfice de quelques uns.

Face à la crise actuelle, nos objectifs prioritaires sont clairs :
- Nous exigeons que des moyens urgents soient immédiatement réunis pour faire cesser la pénurie d’équipements de protection.
- Nous exigeons des mesures d’urgence pour une vie digne pour les plus vulnérables.
- Nous exigeons que les aides financières octroyées avec l’argent public aillent en priorité à nos services publics et que tous les professionnels essentiels à notre société soient enfin rémunérés à leur juste valeur
- Nous voulons mettre fin à ce système qui broie les vies au nom du profit, et construire ensemble une société plus juste, plus équitable, un monde où le soin et la solidarité seront enfin des fondamentaux.

Les actions que nous proposons, pour le moment, sont simples :
- À tous les professionnel.le.s de santé, du médico-social et du social qui se reconnaissent dans cet appel : rejoignez-nous, partagez vos témoignages.
- À tou.te.s les travailleurs.euses « essentiel.le.s », aux « premier.e.s de corvée » qui font tourner la machine : rejoignez-nous également, partagez vos témoignages, construisons un mouvement large au-delà de nos secteurs.
- À toutes et tous : faisons de chaque mardi une journée de mobilisation à nos fenêtres pour la défense d’un système de santé plus juste, et l’avènement d’un « monde d’après » égalitaire (concert de casseroles, banderoles, etc). Et continuons de déposer des plaintes en justice (plaintecovid.fr).

Sortons de l’isolement et retrouvons-nous (sur les réseaux sociaux dans un premier temps). Partageons nos témoignages, nos idées, nos actions. Organisons-nous pour construire un grand mouvement populaire !

« Bas les masques ! » n’est affilié à aucun parti, aucun syndicat, aucune organisation préexistante. Ça n’est pas un collectif figé et délimité, mais une initiative plurielle ouverte à tous et toutes. N’hésitez pas à la diffuser partout autour de vous !

Pour rejoindre l’initiative « Bas les masques ! » :

SITE : www.baslesmasques.co
FACEBOOK : https://www.facebook.com/BaslesMasques2020
TELEGRAM : https://t.me/joinchat/I-4Qt07Bg3MzJZB0qG3_Bg
TWITTER : https://twitter.com/BMasques
YOUTUBE : https://www.youtube.com/channel/UCUsUjdVzFBsXE2YTbMFOOTQ
INSTAGRAM : @mbasles https://www.instagram.com/mbasles/?hl=en
DIASPORA : baslesmasques@framasphere.org
MASTODON : baslesmasques@framapiaf.org

Contact : baslesmasques2020@riseup.net

L’appel est encore ouvert à signature :


Pour les individus, signez l’appel ici : https://baslesmasques.co/index.php/je-signe-lappel/
Pour les collectifs/organisations, signez l’appel ici : https://framaforms.org/signature-de-lappel-bas-les-masques-1587756545

 

Fermeture d’unité à l’hôpital psychiatrique du Vinatier

Un « autre projet » pour la santé ?

 Par le Dr M. KLIFA, psychiatre, praticien Hospitalier – CHS Le Vinatier

Le 17 avril 2020.

Au moment même où l’on déplore la fermeture de lits dans les hôpitaux, la direction du Centre Hospitalier du Vinatier a décidé de la fermeture d’une unité supplémentaire contre l’avis des médecins en responsabilité dans ce pôle de psychiatrie. La décision tombe par courriel vendredi 10 avril, sans aucune discussion préalable avec les personnes concernées du pôle : « Cette fermeture devra être effective le vendredi 17 avril à 17h. Les services techniques procéderont ensuite à la sécurisation des locaux. » Dans une unité au 10 avril, il y a 22 patients et toute une équipe pluri-professionnelle au travail. Cette fermeture d’unité serait la 3ème sur le Vinatier au cours de cette crise, soit 80 lits fermés, plus de 10% des lits de l’établissement.

À Lyon, dans ce deuxième hôpital psychiatrique de France, les fermetures d’unités se sont multipliées depuis le début de la crise sanitaire.

D’abord il s’est agi de « se réorganiser » et nous y avons participé, comme toujours.

La logique a été la suivante : créer des unités où les patients atteints de troubles psychiatriques et contractant le COVID pourraient être hospitalisés. Deux unités se sont d’abord transformées pour être ainsi dédiées au COVID. Le haut de notre vague a été de 15 patients hospitalisés dans ces unités. Mais la direction ne s’est pas arrêtée là. Deux autres unités se sont vidées, les patients ont été déplacés pour pouvoir accueillir de futurs patients COVID ; Au cas où.

Elles sont restées vides. L’ensemble de ces unités accueille actuellement 10 patients présentant des troubles psychiatriques et une infection au coronavirus pour 50 lits dédiés.

Par ailleurs, il s’est agi d’avoir du personnel « en réserve ». Si les soignants sont malades du COVID, il faut que d’autres personnels puissent prendre le relais. Alors deux pôles de psychiatrie adulte ont choisi de fermer chacun une unité ; Leurs soignants ont été placés en réserve. Dans le pôle où j’exerce, nous avons choisi que le personnel de l’hôpital de jour et du centre de soin groupal soit en réserve. Ces structures étant déjà contraintes à fermer du fait du caractère groupal pour diminuer la propagation du virus. Nous avons fermé dix lits aussi, ceux des chambres doubles, les patients sont sortis d’hospitalisation le plus vite possible. Mais la direction ne s’est pas arrêtée là. Et a décidé donc la fermeture d’une unité en une semaine pour avoir des personnels en réserve, nous a-t-on dit ; Au cas où.

Des personnels en réserve il y en a : 150 soignants en réserve sur l’établissement selon les syndicats, pas de difficulté d’effectif sur notre pôle.

Dans une unité qui devrait fermer au 17 avril, il y a toujours 22 patients, où devraient-ils aller ?

Et alors pourquoi ?

Après la justification par les effectifs, on nous a indiqué que c’était une mesure d’équité. Si les deux autres pôles de psychiatrie adulte ont choisi de fermer une unité, il faut que nous suivions. Pas question d’organiser les soins selon les positions des équipes qui y travaillent. En psychiatrie la situation est complexe, il se rajoute aux diminutions de moyens que nous subissons depuis 15 ans, des batailles idéologiques majeures qui brouillent les enjeux de ces fermetures.

Après le principe d’équité, on nous assure que cela est temporaire, uniquement le temps de la crise du COVID. Mais pourquoi ? Alors que les patients ont toujours besoin de soins psychiatriques, arrivent aux urgences et que l’on s’inquiète des effets du confinement sur la santé mentale.

Serait-ce pour ouvrir des lieux de soins ailleurs, ou autrement ? Une plateforme téléphonique s’est ouverte sur le Vinatier le 31 mars. Elle peut recevoir des appels téléphoniques tous les jours de 8h à 20h. Mais enfin, cela n’est pas comparable avec 80 lits d’hospitalisation à temps complet.

Au cœur de cette crise sanitaire où l’on paye le prix d’une gouvernance administrative et financière de l’hôpital, cette même logique est accentuée à l’hôpital psychiatrique du Vinatier. Sous couvert de la crise sanitaire, en argumentant sur celle-ci, on ferme des lieux de soins, on ferme des lits d’hospitalisation. On ferme pour fermer. On ferme pour moins dépenser. On ferme pour économiser. En ce moment même où on espère ce «plan massif» pour la santé.

Alors y a-t-il vraiment un « autre projet » pour la santé ?

Dr M. KLIFA, psychiatre, praticien Hospitalier – CHS Le Vinatier

(publié sur son blog Mediapart)